‹ Supplément à la notice sur les titres et travaux scientifiques de M. Emile Perrot, publiée à l'occasion de sa 20e année de ProfessoratChapitre 6 sur 12 · V. — Drogues diverses · texte numérisé non relu

V. — Drogues diverses

Un certain nombre d’autres drogues médicamenteuses ont été. étudiées sous ma direction qui, finalement, font l’objet de Thèses de Doctorat de l’Université (Pharmacie). M. G. Blaque aécrit une monographie scientifique avec nombreuses analyses originales des plantes dont l’essence peut fournir du Thymol et notamment du Thymus Zygis, espèce du sud de l’Espagne et qui se trouve également au Maroc.

L’Abouaï des Antilles {Thevetia nerüfolia Juss.), arbre acclimaté aujourd’hui dans la plupart des régions tropicales, a provoqué les recherches originales de MM. Weitz et Boülay, notamment en ce qui concerne l’activité physiologique de son glucosiàela. thévétine, voisin des strophanthines.

La thèse de M. Jolivet, sur les Genêts indigènes, avait pour but principal de s’assurer définitivement si le Genista purgans, cette magnifique espèce des plateaux élevés de certaines régions du bord sud-est du Plateau Central, méritait son nom. Le résultat est franchement négatif; aucune partie de la plante n’est purgative, et ne jouit d’action médicamenteuse digne d’être retenue. M. J. Rousseau avait reçu pour mission de préciser les caractères différentiels des espèces des genres Lavatera et Mal'va qu’on rencontre sur le marché des plantes médicinales en Afrique du Nord et même en France. Ce travail d’histologie et de microchimie permet de conclure que certaines feuilles, notamment celles du Lavatera arborea, peuvent être substituées sans inconvénient à celles des Mauves indigènes inscrites à la Pharmacopée.

Les variations dans la teneur en alcaloïdes de la Belladone préoccupent les pharmaciens et droguistes et dans les Conférences internationales, on n’est pas encore arrivé à s’entendre sur le titre à exiger des préparations galéniques de cette plante si active. L'Office national des Matières premières, qui m’a chargé de trouver les conditions de culture assurant la production d’une drogue à teneur constante, se préoccupe vivement de cette question au sujet de laquelle ont été publiées diverses notes. 11 en est de même de l’Aconit. Ces recherches sont dirigées maintenant sur mon désir par M. Goris, et les études de M. Métin semblent montrer la voie à suivre pour l’obtention industrielle d’une drogue régulièrement active.

Je dois signaler encore la monographie, consacrée au Dirca palustris par M. Choquette, pharmacien de la Faculté de Médecine et Pharmacie de Montréal. C’est à l’état frais un émétique, dont le principe actif n’a pu être isolé.

M. Fluck, pharmacien suisse, poursuit dans mon Laboratoire des recherches ayant pour but final de déterminer, quelles sont les parties de la Fougère mâle les plus actives (tige rhizomateuse, base de frondes anciennes, frondes de l’année, radicelles) et a tout d’abord ete amené à reprendre les méthodes du dosage de la filicine pour en faire la critique; il a, comme conclusion, modifié ces méthodes de façon heureuse et fourni l’explication des écarts constatés.

Les recherches sur la constitution chimique de la Digitale sont egalement commencées : il s’agit de trouver un procédé de laboratoire permettant de façon certaine l’appréciation scientifique de la valeur des feuilles suivant l’âge, l’origine, et de dégager une méthode de culture fournissant à la thérapeutique une drogue d’activité sensiblement constante.

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