‹ Supplément à la notice sur les titres et travaux scientifiques de M. Emile Perrot, publiée à l'occasion de sa 20e année de ProfessoratChapitre 5 sur 12 · IV. — Yagé, Yocco, Peyotl, etc · texte numérisé non relu

IV. — Yagé, Yocco, Peyotl, etc

Depuis longtemps aussi, je constitue au Laboratoire une documentation importante sur les drogues toxiques, sensorielles ou stimulantes, dps vieilles populations autochtones des Pays chauds, et je rappelle, à ce sujet, l’ouvrage publié en 1910, avec mon préparateur M. VoGT, sur les Poisons de flèche et Poisons d’épreuve, dont quelques-uns, comme le Curare, le Téli, la Fève de Calabar, [’Onaye des Pahonins, etc., ont fourni ^ la thérapeutique des alcaloïdes ou glucosides de valeur : strychnine, ésérine, érythrophléine, strophantine, ouabaïne, etc.

11 semble désormais qu’on n’ait plus guère à apprendre de ces poisons, sauf dans l’Amérique centrale ou les Andes de l’Amérique du Sud, où il existe de très vieilles races, en voie d’extinction, possédant •encore des drogues enivrantes ou sensorielles à peu près inconnues.

Le D‘ Reinburc, de retour de la Colombie et de l’Equateur, avait signalé en 1923 VAyahuasca, le Yagé, etc., et depuis cette époque, nous avons fait tous nos efforts pour réunir des matériaux d’études en vue de fixer leur origine botanique, leur composition et dégager les connaissances utiles au thérapeute.

Au Mexique, les pratiques mystérieuses qui entourent la récolte et l'usage de la plante sacrée, le Peyotl, avaient attiré l’attention de M. Roühier, qui voulut bien accepter notre direction pour tirer parti de ses documents. Avec une patience et un labeur de sept ou huit années, il a été possible d’établir une monographie complète qui forme un volume des plus intéressants sur cette drogue sensorielle si curieuse. Connue aux Etats-Unis sous le nom de « Mescal-buttons «, le commerce en est interdit, par crainte exagérée d’enrichir le groupe des stupéfiants, qui font tant de victimes dans ce pays.

La plante est rare au Mexique, où les Indiens Huichols vont la rechercher dans des régions presque inaccessibles; il faudra la cultiver et c’est vers ce but que tendent désormais tous nos efforts. C’est seulement alors qu’on pourra aborder son étude chimique complète et rechercher des applications thérapeutiques. Il n’est pas téméraire de prévoir qu’un jour cette drogue constituera un agent précieux du traitement de certaines affections mentales.

Des territoires amazoniens de la Colombie et de l’Equateur, nous avons reçu différentes lianes curieuses, dont le yocco, Sapindacée, voisine de celle qui est la base de la drogue connue sous le nom de Guarana, dont l’analyse montre que le principe actif est la caféine. C’est la première fois qu’on trouve une quantité élevée de cette substapce, dans une écorce qui vient ainsi se placer à côté de la Kola, du Guarana, du Maté, du Thé, du Café, et ce qui justifie l’usage qu'en font les Indiens.

Quant à rAyaZmasrca, nos documents sont encore insuffisants, malgré la bonne volonté de notre ministre à Quito, qui nous a fait parvenir, ainsi que M. Claes, botaniste belge, quelques échantillons incomplets. Enrevanchô, parlamême voie, il nous est arrivé le Y âgé, drogue sensorielle, voisine sinon identique à Ja précédente, dont l’écorce renferme un alcaloïde des plus intéressants, encore à l’étude, et qui a reçu le nom de télépathine ou de yagéine.

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