DES LIGNEUX
tance paraît abandonner peu à «peu. uné.partie des élémens de l’eau, pour constituer d’abord le liber , les couches corticales, l’aubier, le parenchyme, et enfin .le bois proprement dit, lequel doit être extrêmement variable dans la proportion de ses principes, suivant qu'il est de nouvelle ou d’ancienne formation, Cette manière d’envisager la transformation du cambium en bois, pa- -raîtra assez probable, si l’on considère qu’on peut faire rétrograder ce dernier à son état primitif de mucilage.
Il n’est pas besoin de rappeler que le bois se con-
crète souvent en grande abondance dans le sein même dela matière muqueuse et sucrée , comme cela se voit dans les fruits à noyaux , dans les concrétions ligneuses des poires, etc. Observons en outre que la mort du végétal ne met pas un terme à: cette:soustraction, d'oxigène et d'hydrogène ; elle continue d’avoir lieu, et fait passer les matières ligneuses sous différens étais jusqu'à ce qu’elle soit ‘entièrement détruite. | |
Cet acide se forme pendant la réaction de l’acide sulfurique sur le tissu ligneux , et paraît être le résultat de la combinaison d’une matière végétale avec l'acide hyposuHurique. Il est très-aigre , déliquescent, incristalli- Jisable ; exposé à la température de l’eau bouillante , ilse décompose, et fournit, pour résultat, de l’acide sulfureux, de: l’acide sulfurique et une matière végétale en partie charbonnée.: Cet acide ne produit aucun changement dans les dissolutions métalliques; le: nitrate de baryte et le sous-acétate de plomb, n’en sont troublés en aucune manière. Îl paraît dissoudre tous les oxides métalliques avec lesquels il forme des sels incristallisables. | ÿ de SHO EE S eAORBA EEE Rd |
Si aulieu d’ajouter au bois de l’oxigène et de l’hydrosène , pour ‘le transformer en gomme ou en sucre , on lui-soustrait au contraire une portion de ces deux principes , il en résulte. une substance ayant: une parfaite ressemblance avec. lulmine qui exsude naturellement de l’ulcère sanieux desvieuxormes ; et dont M. Vauquelin fit connaître le premier la nature particulière. C’est en ‘étudiant l’action de la potasse'sur le ‘bois, que M. Braconnot est parvenu à produire artificiellement l’ulmine. Il s’est assuré que la matière ligneuse pure, n’est pas
Acide vêégetosulfurique.
Conversion du corps ki gneux en ulmine,
sensiblement soluble dans la potasse; mais il en est tout autrement, lorsqu'on chauffe avec cet alcali un poids égal de sciure de bois et un peu d’eau dans un creuset d’argent ou de fer pour le torréfier, en ayant soin d’agiter continuellement le mélange: il arrive un moment où toute cette sciure se ramollitet se dissout presque instantanément et se boursoufle beaucoup ; en versant de l’eau dans le creuset, toute : la matière se dissout avec une extrême facilité, sauf un léger résidu formé de silice, de carbonate de chaux , de phosphate de chaux, et de quelques traces de matière végétale. On obtient:une liqueur brune très-foncée qui reüent en dissolution la potasse combinée avec l’ulmine ; un acide en sépare celle-ci sous la forme d’un précipité brun floconneux abondant, qui ne demande plus qu'à être bien lavé. La sciure/peut fournir plus du quart de son poids d’ulmine artificielle desséchée. Le linge usé donne les mêmes résultats; il se produit de l’eau , de acide acétique et une petite quantité d’huile jaune empyreumatique. L’ulmine artificielle est noire, brillante comme du jayet , très-fragile, et se divise aisément en fragmens anguleux ; dans cet état de sécheresse , elle est insoluble dans l’eau ; mais lorsqu'elle vient d’être précipitée, elle s’y dissout en petite quantité , surtout à l’aide de la chaleur: cette liqueur, d’une couleur brune foncée , mousse par l’agitation comme la dissolution d’ulmine naturelle, et comme elle, elle est précipitée de son dissolvant par le nitrate de mercure ; le nitrate de plomb, le nitrate d’argent, le sulfate de fer rouge , le nitrate de baryte, l'acétate d’alamine ;' le chlorure-de calcium ; de sodium , la chaux et la litharge. f ss rh
L’ulmine artificielle , non desséchée et chaude, rougit le’ papier teint par le tournesol. Elle se combine avec une extrême facilité à la potasse et à l’ammoniaque , et sature entièrement leurs propriétés; ces combinaisons, inaltérables à l'air ,: pourraient servir en peinture. La même substance est soluble dans l’acide sulfurique concentré, ainsi que dans l’alcool, ces dissolutions sont abondamment précipitées par l’eau. 20 grammes d’ulmine artificielle ont fournià la distillation 4 grammes d’un liquide mcolore , contenant de l'acide acétique et quelques traces de matière huileuse , 3 grammes d'huile brune empyreu-
ÉCORCES. D09 matique , soluble en toute proportion dans l'alcool et dans la lessive alcaline; le résidu charbonneux, d’un aspect bronzé et irisé, pesait 9,8 grammes ; il a laissé, après sa combustion, 0,75 grammes de cendres, composées en grande partie de carbonate de chaux, de phosphate et de sulfate de ‘chaux, de silice et d’oxide de fer. Traitée par l’acide nitrique , l’ulmine artificielle fournit dé l’acide oxalique, une matière assez abondante, peu soluble, d’une saveur amère , et d’une couleur de tabac d’Espa- ‘gne ; enfin un liquide brun acide qui précipitait la colle ‘animale. L’ulmine existe dans plusieurs anciens produits du règne végétal, ainsi que l’a constaté M. Braconnot; elle fait partie constituante de l’hamus; il paraît même que la portion soluble de certains terreaux est formée d’ulmine et d’ammoniaque. On la retrouve aussi en abondance dans la tourbe, dans quelques lignites; mais elle n’a pu être produite avec la houille. :
Des quinquinas.
. MM. Pelletier et Caventou ayant entrepris de nouvelles recherches sur les quinquinas, se: sont particulièrement occupés de l’examen chimique du quinquina gris ( cinchona condaminea } , du quinquina jaune ( cinchona cordifolia} , et du quinquina rouge ( cinchona oblongito PT Eee ‘
MM. Pelletier et Caventou se sont d’abord procuré, par le procédé du docteur Gomès de Lisbonne, la matière cristallisable nommée par lui cinchonin ; mais ayant reconnu que par ce procédé le cinchonin obtenu-était encore accompagné d’une matière grasse, ils eurent recours à une autre méthode pour se le procurer parfaitement pur. Etcomme cette substance leur avait paru, lors même qu'elle contenait une matière grasse, jouir des propriétés
ï M. Thomson rend compte, dans sa 6° édition, vol. IV, pag. 183,
des expériences de M. Braconnot sur le ligneux , insérées dans le jour-
nal anglais Annals of philosophy, XNI, 92. Mais ce chimiste ayant bien voulu me transmettre l’exposé fait par lui de ses intéressantes recherches sur ce sujet, j’ai cru devoir le présenter ici de préférence à ce qui peut en avoir été dit ailleurs, R, :
Quinquina gris,
alcalinés , ils pensèrent qu'il convenait de changer le nom de cinchonin , que lui avait donné le docteur Gomès} en celui de cinchonine , puisque dans la nomenclature française Les bases salifiables organiques déjà connues ont une terminaison de ce genre. |
La cinchonine à l’état de pureté s’obtient en aiguilles prismatiques déliées, dont on ne peut pas déterminer la forme cristalline , ou en plaques blanches translucides , cristallines, réfractant la lumière, |
La cinchonine est très-peu soluble dans l’eau ; elle exige deux mille cinq cents fois son poids de ce liquide bouillant pour s’y dissoudre , et par le refroidissement la dissolution prend une teinte opaline. rare:
La cinchonine à une saveur amère particulière ; «elle est inaltérable à l'air ; cependant à la longue elle absorbe de l’acide carbonique. Exposée à la chaleur dans des vaisseayix fermés ; elle ne se fond pas avant de se décomposer. A la distillation à feu nu, elle fournit en général les mêmes produits que les matières végétales non azotées ; distillée avec de l’oxide de cuivre dans un appareil convenable, elle ne fournit que de l’eau et de l'acide carbonique ; d’où il suit qu’il n’entre dans sa composition que de loxigène, de l’hydrogène et du carbone ; brûlée par le nitrate d’ammoniaque , elle ne laisse aucune trace de matières minérales alcalines ou terreuses. A
La cinchonine est très-soluble dans l’alcool , surtout
à l’aide de la chaleur. Ses dissolutions alcooliques sont très-amères. Elle se dissout aussi dans l’éther , quoique beaucoup moins que dans l'alcool, surtout à froid. Les huiles fixes ou volatiles la dissolvent également, mais en très-petite quantité. Ces dissolutions sont amères. La cinchonine , comme substance alcaline , ramène au bleu le papier de tournesol rougi par un acide. Elle s’unit à tous les acides, et paraît former des combinaisons neutres et sans aucune action sur le tournesol avec les acides minéraux les plus énergiques. Elle ne s’unit pas aux corps combustibles , ni à celles de leurs combinaisons avec l’oxigène qui ne sont pas acides. |
MM. Pelletier'et Caventou ayant ensuite examiné les diverses combinaisons que la cinchonine est, susceptible de former, ils ont soumis le quinquina gris à l’analyse..
ÉCORCE SE A! 507 el ils ont reconnu , en réduisant ce quinquina à n'être plus que du bois, qu'il était composé , savoir :
1° De la cinchonine unie à l'acide kinique.
2°. De matière grasse verte, | 3° De matière ADR rouge très-peu pit: 0 4° De matière colorante rouge soluble ( tannin ). 5° De matière colorante jaune, RUE 6° De kinate de chaux.
7° De gomme. 4
8° D’amidon.
9° De ligneux.
MM. Pelletier et Caventou ayant traité celte écorce de la même manière que celle précédente , ils considé-
rèrent d’abord que la substance qu'ils avaient ainsi ob-
tenue ne devait être autre chose que la cinchonine!mêlée avec quelque matière étrangère particulière au quinquina jaune ; en conséquénce tous leurs soins se portèrent sur les moyens de l’en ‘séparer , et c'est en cherchant ainsi à obtenir isolée cette matière amère , qu’ils furent amenés à reconnaître que c'était une substance alcaline particulière et différente de la cinchonine; et pour la distinguer de celle-ci, par un nom qui pût indiquer également son origine , ils crurent devoir lui donner celui de quinine.
La quinine n’est pas susceptible de cristalliser. Dans son état de parfaite dessiccation , elle est sous la forme de masse poreuse d’un blanc sale. Sa saveur est 1rèsamère ; l’eau bouillante n’en dissout que les 0,009 de son poids , et l’eau froide encore moins.
L'alcool dissout très-facilement la quinine ; et celle-ci est plus soluble que la cinchonine dans l’éther sulfarique. Elle se dissout aussi, mais en petite quantité, dans les huiles fixes et volatiles. Cette substance n’éprouve aucune altération à l'air, et ne paraît pas mêmé altérer sensiblement l’acide carbonique. Elle se décompose par l’action du feu, et donne, comme la cinchonine, à la distillation à feu nu, les produits des matières: végétales non ‘azotées ; elle se comporte aussi comme la cmchonine avec le deutoxide de cuivre. La quinine rétablit la couleur bleue- du tournesol rougi par un acide, Elle s’unit aux acides ; et forme des éçls en cénéral moins 50 -
Quisquina jaune.
Quinquina rouge.
lubles et plus facilement cristallisables que ceux de cin-
chonine. | NON 2 Après avoir examiné les diverses combinaisons de la
quinine, MM. Pelletier et Caventou ont soumis à l’ana-
lyse le quinquina jaune , et ils ont obtenu pour résultats,
savoir :
Du kinate de quinine.
Du rouge cinchonique.
De la matière colorante rouge (tannin ).
De la matière grasse.
Du kinate de chaux.
De l’amidon.
Du ligneux. ù De la matière colorante jaune.
MM. Pelletier et Caventou ont obtenu de celte espèce de quinquina , et par le même procédé d'extraction, une matière alcaline en tout semblable à la cinchonine du quinquina gris , mais en quantité trois fois plus forte pour un poids donné des deux écorces ; par l'analyse, ils ont trouvé que le quinquina rouge est composé de,
Kinate de cinchonine.
Kinate de quinine.
Kinate de chaux. |
Rouge cinchonique. '
Matière colorante rouge soluble (tannin }.
Matière grasse.
Matière colorante jaune.
Ligneux.
Amidon.' 4 Anthemis pyrethrum)
Cette plante , (a pariétaire d'Espagne ou la camomille pyrèthre , produit dans la bouche, lorsqu'on la mâche, une sensation brûlante , et occasione une salivation abondante. M. Gautier ayant examiné cette plante, dans la vue. de reconnaître la nature de la substance qui donne lieu à ces effets , il trouva qu'ils étaient dus à une huile
# Annales de chimie et de physique, tome XV, pages 289 et 537.