‹ Supplément à la traduction française de la cinquième édition du Système de chimieChapitre 126 sur 131 · POST-SCRIPTUM · texte numérisé non relu

POST-SCRIPTUM

Daxs lPexposé de ses recherches sur la lumière, M. Fresnel avait observé ; ainsi qu’on a pu Je voir, page 156 de ce volume, ce qui suit : En adoptant Île sysième des’ ondulations, le seul qui puisse se concilier avecles phénomènes de la diffraction , on ne pouvait pas considérer l’action chimique de la lumière, conime résultant d’une combinaison des molécules lumineuses avec les corps ; puisque, d’après cette théorie , l’intensité de la lumière ne tient plus à l'abondance du fluide lumineux, mais à la vivacité de ses vibrations. Il en résulte évidemment, que l’action chimique de la lumière doit consister dans une action mécanique de l’éther sur les D: OR A eo 75 Le | AR A RS à LA

‘ 6e édition de Thomson, vol. IV, page 561 ; Annals of philosophy, XILI,.75,

» 6e édition de Thomson , tome LV, page 570; Annats of philosophy, XV, 436. à “À

Urate d'ams moniaque,

Action chimique de la lumière,

Expérience,

k à dl où | . S \ : a 000.::° 1:43 ACTION CHIMIQUE s:

. molécules des corps, qu'il environne de toutes parts,

et qu'il oblige à dé nouveaux arrangemens d’ équilibre , à de Raurenes combinaisons plus stables , quand les vibralions augmentent d'énergie. On concoit que la na-

‘ture des HÉRtbre doit itfluéte sur les effets chimiques

qu’elles produisent.

M. Arago vient de confirmer, par une expérience irès-intéressante ,’ celte opinion de M. Fresnel , et démontrer ainsi directement que l’action chimique de la lumière ne peut être attribuée à une combinaison ee ses molécules avec celle ‘des corps.

En faisant tomber sur du muriale d'argent, fraichement préparé, les franges produites par rÉtitenércée de deux faisceaux réfléchis sur deux miroirs légèrement inclinés entre eux, M. Arago a reconnu qu’elles y tracajent des lignes noires, également espacéés et séparées par des intervalles blindés ; ce qui prouve que l'influence chimique des rayons lumineux est modifiée par leur interférence comme leurs propriétés optiques, et qu’elle varie d'intensité selon la différence des chemins parcourus. Quand cette différence est égale à un nombre entier d’ondulation, les deux systèmes d'ondes sont en accord parfait , et léuiks vibrations ont le plus d’énergie possible; c’est alors que leurs effets chimiques doivent atteindre leur maximum ; au contraire, dans les points où la différence des ARE parcourus, est un nombre impair de demi-ondulation, la discordance étant complète, les effets chimiques doivent être nuls , comme la sensation de lumière queles mêmes points produisent sur l’œil; c’est aussi ce que confirme l'expérience. Il

faut ph remarquer que les rayons violets ex-

trêmes étant ceux qui ont le plus d’ action chimique ,

les lignes noires tracées sur le muriate d’argent ne doivent pas correspondre aux bandes les plus.brillantes des franges produites par la lumière blanche , qui répondent

à peu près aux points d'accord parfait des rayons jaunes,

: L’impression de ce volume était déjà avancée lorsque cette expérence de M. Arago a été connue. Son objet est d’un si grand intérêt, et le fait qu’elle établit si important pour la science de. la chimie , qu’on a cru devoir la présenter ici par addition à l’article de la lumière qui commence ce supplément, R.

Cette expérience fournit un moyen simple et très-exact de déterminer la longueur moyenne des ôndulations lumineuses qui ont le plus d'influence chimique ; car il suffit pour cela de’ mesurer les intervalles compris entre les milieux des lignes noires tracées sur le muriate d’argent, et d'en conclure, par la formule que nous'avons “donnée , la longuear des ondulations qui les produisent.

En faisant tomber sur du miuriate d'argent la lumière modifiée par le phénomène des anneaux colorés’, M. Young a montré depuis long -temps que les mêmes modifications se soutenaient dans son action! chimique ; mais l’expérience de M. Arago a sur la sienne l’avantage de prouver directement que l’inégale action de la lu- “mière aux différens points de l’espace où les deux faisceaux se réunissént tient à leur influence mutuelle , puisqu'en soustrayant un des faisceaux, on voit le muriate d'argent prendre une teinte uniforme dans Île même espace où se formaient des lignes alternativement noires et blanches, quand les deux faisceaux y arrivaient simultanément ; tandis que dans l’expérience de ‘M. Young, faite au moyen des anneaux colorés, il était impossible de séparer les deux systèmes d’ondes. On peut démontrer aussi par l’expérience de M. Arago, que dans les poirits qui répondent à des différences de chemins parcourus égales à un nombre impair de demi-ondulations , l’action chimique de la lumière est insensible lorsque les deux faisceaux réfléchis y arrivent ensemble, tandis qu’elle reparaît. quand on soustrait un des fais- ‘ceaux. On voit que ce fait, indépendamment de toute ‘théorie , renverse l'hypothèse adoptée par plusieurs savans , d’après laquelle les’effets chimiques de la lumière résulteraient de sa combinaison avec les corps: car, s’il en était ainsi, il y aurait toujours d'autant plus d'effet ‘produit que la quantité de molécules lurhineuses serait plus considérable ; et l’on ne devrait, dans aucun cas, augmenter l’action chimique de la lumière en soustrayant une partie des rayons incidens.

L'expérience de M. Arago renferme encore un fait remarquable qui ne se trouvait pas dans celle de M. Young, où les rayons qui interfèrent sont parallèles et ne se quittent plus après leur réunion ; c’est que les deux fais-

- 838 | ACTION GHIMIQUE.

ceaux réfléchis par les miroirs formant entre eux. un angle sensible, il arrive que les mêmes rayons qui perdent dans nn point Jeurs propriétés lumineuses et chimiques par leur discordance complèle avec ceux qu'ils y rencontrent, se trouvant un peu plus loin dans. des circonstances différentes, recouvrent ces propriétés ; ce qui montre , comme l’observe M. Arago, qu'elles n’étaient pas détruites en eux, mais seulement neutralisées momentanément là où des mouyemens en sens opposé contre - balançaient leurs vibrations. On concevra aisément ce jeu d'interférences à l’aide de la figure 1°, page 91. | | L'expérience de M. Arago exige plusieurs précautions pour être répélée. avec succès. Il faut d’abord que les rayons solaires réfléchis dans la chambre obscure soient maintenus dans une direction constante par un bon hé- Jiostat, afin que les franges qui se projettent sur la.surface enduite de muriate d'argent n’éprouvent pas de déplacement sensible, au moins pendant dix minutes ; et pour que les très-petits déplacemens qu'elles pourraient encore éprouver pendant cet intervalle de temps ne nuisent pas à la netteté des lignes noires qu'elles impriment peu à peu sur le muriate d'argent, il est bon de donner aux franges le plus de largeur possible , en dirigeant les surfaces des. deux miroirs presque sur le prolongement l'une de l’autre. Au lieu de placer une lentille sphérique dans le volet de la chambre obscure , pour former un, point lamineux , ce qui donnerait une lumière beaucoup trop faible ; il faut se servir d’une lentille cylindrique , moyen précieux d'augmenter considérablement l'intensité de la lumière ; mais comme on produit ainsi une ligne lumineuse au lieu d’un point, il est indispensable de la tourner dans une direction bien éxactement parallèle à celle des franges , ainsi que nous

l’avons déjà dit, en indiquant ce procédé ingénieux ima-.

siné par M. Arago : on reconnaît aisément à la netteté

des franges quand cétie condition est remplie, La lenülle cylindrique employée dans l’expérience que, nous

venons de rapporter avait un centimètre .de foyer; les deux miroirs métalhques n’en étaient guère. éloignés que de soixante centimètres. , «et la plaque enduite de

, DE LA LUMIÈRE. 539 muriate d'argent était à peu près à la même distance des miroirs. Ce grand rapprochement des différentes parties de l’appareil était nécessaire pour conserver aux rayons une intensité suflisante. Il faut remarquer qu'il rendrait très-confuses des franges un peu fines, en raison de la largeur sensible de la ligne lumineuse produite par une lentille d’un centimètre de foyer; et voilà principalement pourquoi il est très-important de donner aux franges le plus de largeur possible. On obtiendrait bien une ligne éclairante plus fine avec une lentille d’un plus court foyer; mais l'intensité de la lumière serait affaiblie dans le même rapport ; et pour compenser cet affaiblissement , il faudrait rapprocher en proportion les miroirs et le muriate d’argent de la lentille ; ce qui ramenerait la même confusion dans les franges , si elles n’avaient pas une largeur suffisante. C’est la condition la plus difficile à remplir ; mais avec un peu d’adresse et beaucoup de patience on en vient toujours à bout... PURE | EUTe | VE * Get exposé de l’expérience de M. Arago est de M. Fresnel.

ms me + 7 A —————

te ——

Page 1