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Ces nombres, qui indiquent les rapports des capacités pour un même poids de différentes substances, ne laissent apercevoir aucune loi; mais si l’on remonte aux chaleurs spécifiques des particules matérielles, il est impossible de méconnaître la relation simple qu’elles ont entre elles.
Pour passer des quantités précédentes aux chaleurs spécifiques des atomes, il faudrait les diviser par le nombre des particules contenu dans un même poids de chaque substance : or il est clair que ces nombres de particules sont des poids égaux de matière réciproquement proportionnels aux densités des atomes. On peut donc arriver au résultat cherché, en multipliant Kia des ca- . päcités déduites de l’expérience par le poids de l'atome correspondant. Ges divers produits se trouvent réunis dans le tableau suivant.
Produits des poids de chaque atome par là capacité j correspondante,
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Ces produits, qui expriment les capacités des atomes de différente nature, approchent tellement d’être égaux entre eux, qu'il est impossible que les différences qu’on y remarque ne tiennent pas aux erreurs inévitables , soit dans la mesure des capacités, soit dans les analyses chimiques qui ont servi de base au calcul. MM. Petit et Dulong en concluent donc la loi suivante : Les atomes de tous les corps simples ont exactement la méme capacité pour la chaleur. 21
Ces savans ont aussi déterminé, par leur procédé, les capacités d’un assez grand nombre de combimaisons chimiques. Mais quand on cherche à remonter à la capacité des atomes composés, on se trouve bientôt arrêté par le nombre de suppositions, également vraisemblables, entre lesquelles il faut choisir. En eflet, si, jusqu’à présent, la fixation du poids spécifique des atomes simples n’a pu être soumise à une règle certaine, à bien plus forte raison celle du poids des atomes composés at-elle été, déduite de suppositions purement arbitraires. MM. Petit et Dulong, au lieu d’ajouter leurs propres conjectures à celles qui ont déjà été avancées sur ce sujet, aiment mieux attendre que le nouvel ordre de considérations, qu’ils vien-
nent de présenter, ait pu être appliqué à un assez grand nombre de corps, et dans des circonstances assez varices, pour que l'opinion qu’ils adopteront puisse être fondée sur
des raisons décisives. Ils se bornent à dire qu'en faisant:
abstraction de toute supposition particulière, leurs observations tendent à établir cette loi remarquable ; savoir : qu’il existe toujours un rapport simple entre la capacité
des atomes composés et celles des atomes simples. MM. Pe-
tit et Dulong partent de ce fait pour combattre la théorie généralement admise sur la production de la chaleur dans les phénomènes chimiques : ils font voir que cette théorie se réduit à de pures assertions dénuées de preuves , qu’il est impossible d’ailleurs de concilier avec les résultats qu’ils ont obtenus, et qui viennent d’être présentés. Ils pensent que la plus grande partie de la chaleur, développée dans les phénomènes chimiques, est due à la même cause qui produit l’incandescence des corps placés entre les deux pôles d’une pile voltaïque ; et ils présentent quelques conjectures sur l'utilité dont peuvent être les considérations qu’ils exposent pour les progrès ultérieurs de plusieurs théories physiques. : |
Si l’on considère que la dilatation des gaz a lieu d’une manière égale, c’est-à-dire, que la même addition de chaleur produit dans le corps la même augmentation de volume, il résulte des expériences qui ont été faites sur les liquides et les solides, que dans tous ces corps, le terme.d’expansion s'accroît avec la température. Les solides et les liquides sont composés de molécules qui ont - ensemble de la cohérence en s’attirant entre elles , et sont maintenues à l’état d'union en vertu d’une certaine force. La chaleur agit donc sur ces molécules de deux manières à la fois ; 1° elle opère leur séparation à une plus grande distance les unes des autres; 2° par cette séparation, V’attraction de cohésion est rendue de plus en plus faible, jusqu’à ce qu’enfin elle soit totalement surmontée, ou changée em répulsion. Oril est évident que l'effet d’expansion produit par la chaleur sur ces corps, doit s’accroître en proportion de ce que l'attraction de. cohésion devient plus faible. Ce résultat semble expliquer
‘ Annales de chimie et de physique , tome x, page 395.
Dilatation des gaz,
Termes d'ébulition de l’eau à différentes hauleurs du baromètre.
Pesanteur spécifique de Ja vapeur d'eau,
pourquoi le degré d'expansion dans ces corps augmente avec la température, et pourquoi chaque corps suit une progression qui lui est propre. Mais si cette explication était exacte, les corps, dont l'attraction de cohésion est la plus faible, doivent être ceux qui se dilatent le plus. ne peut déterminer s’il en est effectivementainsi , tant que nous n’aurons pas acquis plus de connaissance que nous n’en avons actuellement sur la force d’attraction ou de cohésion dans des corps diflérens. cut
Millimètres, Échelle centigrade.
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Lorsque les fluides élastiques, provenant de liquides ainsi convertis par la chaleur, ne sont point en contact avec ceux des liquides qui les ont produits , ils éprouvent précisément la même augmentation de volume que l’air, lorsqu'il est soumis à un changement semblable de température. Mais lorsque le fluide élastique se trouve en contact avec le liquide d’où il est provenu . la pesanteur spécifique des vapeurs augmente avec l’élasticité. Il parattrait, d’après les expériences de M. Sharpe et de M. Sou-
1, Traduit de la sixième édition du Système de chimie de Thomson. vol. 1, pag. 20. En parlant, dans cette édition, de la dilatation du mercure, du verre, du fer, du cuivre et du platine, l’auteur anglais cite, comme les plus récentes, et peut-être comme les plus exactes parce qu’elles ont été faites d’une manière qui semble jusqu’à présent susceptible d’une plus grande précision, les expériences de MM. Petit et Dulong sur la mesure de la dilatation de ces corps à différentes températures. Les tables que M. Thomson relate à ce sujet dans cette sixième édition font partie du travail de ces deux savans sur la mesure des températures et sur les lois de la communication de la chaleur, travail déjà présenté dans l’appendix qui termine la traduction française de la précédente édition, R, | #,
DE LA CHALEUR: 143 thern, que l’augmentation, de pesanteur spécifique est proportionnelle à l’élasticité. En supposant qu'il en est effectivement ainsi, la table qui suit présentera la pesanteur spécifique de la vapeur d’eau à différentes températures È lorsque cette vapeur est en Contact avec l'eau chaude qui lui a donné naissance , la pesanteur spécifique de l’air étant 1,000. : | ,
Température Pesanteur spécifique de la centigrade. | vapeur d’eau.
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La vapeur de l’eau étant employée comme force motrice dans la machine à vapeur, la détermination de son élasticité à différentes températures devient d’une grande importance; car c'est la connaissance de cette élasticité qui pourra mettre les constructeurs de machines à vapeur en état de se guider sûrement relativement à la tem= pérature , à laquelle il peut être fait le plus économiquement usage de la vapeur, et de calculer la force qu'il doit convenir de donner aux vaisseaux, lorsqu'on fait agir cette vapeur à des températures élevées,
Ce fut le professeur John Robison d'Edimbourg, qui fit le premier, sur cet objet, une suite d’expériences approchant de la vérité. Il en présenta , vers l’an 1797, l'exposé, dans la troisième édition de l'Encyclopedia britannica, article Steam. M. Dalton publi: , en 1802, sur le même sujet, Manchester Memoirs, V. 559, ane série d'expériences encore plus exactes. Il détermina, par expérience, l’élasticité de la vapeur d’eau de o à 100 degrés cenligrades ; mais les élasticités audessous de zéro et au-dessus de 100 degrés, furent déduites de celles trouvées par expérience , d’après la marche d’accroissement qu'il obserya que ces élasticités’
: Traduit de la sixième édition, vol. 1, page 59. L'auteur y cite, savoir : pour les expériences de M. Sharpe, Manchester, Memoirs, second series, n° 1, et, pour celles de M. Southern, les articles Steam and, Steam engines, Encyclopedia britannica, par Robison, avec notes de James Watt, page 163.
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suivaient, Malheureusement l'application de formules empiriques ne donne jamais les résultats qui peuvent en dépendre, à moins qu'elles ne soient restreintes dans ‘les limites des expériences. Le docteur Ure , de Glascow , fit, en 1816 , sur le même sujet, une suite d'expériences dirigées avec beaucoup de soin, dont le résultat présente dans les Transactions philosophiques pour 1818 , un appendix à l'édition de M. Watt, des articles Steam et Steam engines du professeur Robison.
Le docteur Ure ayant poussé ses essais jusqu’au 155° degré centigrade, il y a tout lieu d’en conclure que ses résultats se rapprochent beaucoup ‘plus de la vérité, à de hautes températures , que ceux présentés par M. Dalton. Le mode adopté par le docteur Ure , pour ses expériences, était ingénieux et susceptible de précision. Enfin, M. Southern avait fait aussi, en 1805 , des expériences sur les élasticités de la vapeur d’eau à des températures encore plus élevées que celles auxquelles le docteur Ure avait pu atteindre ; et par conséquent, ces expériences , qui paraissent avoir été faités avec beaucoup de sagacité, sont d’une très-grande importance.
La table qui suit présente les résultats des expériences du professeur Robison, du docteur Ure, et de M. Southern.
FORCE DE LA VAPEUR