Cela posé on voit que, quand les deux aimans
AB, AB’, ne sont pas vis à-vis l’un de l’autre, mais placés comme dans la figure 34, il y a répulsion entre tous les courans voisins dont les plans ont avec la ligne qui en joint les centres une obliquité plus grande que celle où la répulsion se change en attraction, tandis qu’il y a attraction entre tous les autres pour lesquels l’obliquité est moindre, ét l’on conçoit ainsi qu’en faisant mouvoir l’un des aimans de manière à rapprocher de plus en plus deux pôles de nom contraire, tels que A et B’, il y a un instant où la répulsion se change en attraction. Gar le nombre des courans dont-la situation est analogue à celle de ad et a”’d'", fig. 31, et donne lieu à la répulsion, va en diminuant, et au contraire le nombre de ceux qui s’altirent parce que leur situation respective se rapproche de celle ad! à l'égard de ad, va en augmentant. C’est pour cette raison que deux aimans s’attirent dans la situation représentée fig. 34, quand le pôle B’ de l’aimant A'B' répond à un point de l’autre aimant suffisamment rapproché de À. Alors deux pôles de nom différens A et B' sont voisins.
De même en partant de la position de deux aimans où leurs axes sont situés dans la même droite et s’attirent, ce qui a lieu quand les pôles de même nom sont voisins et les courans des deux aimans dans lé même sens, on verrait, en les faisant passer de cette position à celle de la fig. 34, que l'attraction s’affaiblit de plus en plus, et qu’en continuant de les déplacer dans le même sens, elle devient nulle et fait enfin place à la répulsion : alors deux pôles de même nom se trouvent voisins.
77. Pour examiner un des cas où les aimans agissent sans avoir leurs axes parrallèles , partons de la position qu'occupent les deux aimans AB , A'B', fig. 33 , où les deux pôles voisins À et A’ se repoussent, et plaçons l’aimant A’B' en AB” pour le faire agir sur l’aimant AB ; il devra y avoir encore la répulsion que l’on observe dans ce cas. En effet, les courans des faces cd, a”b!', se repoussent encore comme dans la position précédente, quoique plus faiblement, à cause de l’augmentation de distance; mais de plus le courant ascendant en &, par exemple , repousse le courant descendant en d”. En passant de suite au cas extrême où les deux aimans AB,
Aimantation d'un barreau par l'oction d'un courant, en considérant l’aunant comme Un assemblage à&e eouraps éleciriques.
A//B/! ont leurs axes sur la même ligne, et leurs pôles de même nom voisins, on‘voit que les courans projetés en ad , par exemple , tournent en sens contraire de ceux qui sont projetés en ad”, et qu'il y. a répulsion en général, entre deux tranches quelconques des deux aimans. , |
Quand on applique le calcul à ces phénomènes, le cas que nous venons d'examiner ici, où les axes des aimans ne sont plus parallèles, se rapporte à l’action des deux courans, que nous avons considérée ( art. 75 ), avec la seule différence que les plans de ces courans au lieu d’être parallèles, font un angle quelconque entre eux; circonstance qui doit être introduite dans les formules. Nous avons encore supposé que les deux axes des aimans étaient dans le même plan ; dans le cas contraire, le calcul doit être appliqué à la détermination générale de l’action mutuelle de deux courans en courbes fermées situés dans des plans quelconques.
78. Nous avons vu qu'un aimant agissait, quant à sa longueur, comme un fil conducteur plié en hélice, et quant aux surfaces perpendiculaires à son axe qui en termine les deux bouts comme un conducteur plié en une spirale plane. Cette identité d’action se soutient dans celle qu’un aimant exerce sur un barreau d'acier pour lui communiquer la verlu magnétique, précisément comme le fait le fil métallique qui joint les deux extrémités de la pile , dans les expériences où l’on emploie ce fil pour aimanter un barreau.
Supposons d’abord qu’on place sur ce barreau une spirale dont le centre réponde à un point quelconque de sa longueur , on verra à ce point se former un point conséquent , et les deux parties du barreau de chaque côté de ce point s’aimanter de manière que les courans électriques qu’admet, dans les aimans, la théorie que nous exposons , se trouvent dirigés comme ceux de la spirale dans les points où elle touche le barreau , et que les deux extrémités de celui-ci soient par conséquent des pôles de même nom, de l’espèce des pôles magnétiques que représente la spirale vue du côté où elle agit sur le barreau. Cette expérience, facile à répéter ne diffère point de l’aimantation d’un barreau par un fil transversal, d’a-
ET DE L'ÉLECTRICITÉ. | 15 près le procédé de sir H. Davy. Substitüons maintenant à la spirale le pôle d’un aimant où les courans tournent dans le même sens que dans cette spirale, de manière que son axe soit comme celui de la spirale perpendiculaire au barreau , celui-ci sera aimanté précisément de la même manière , il se formera de même un point consé- : quent au milieu de la partie du barreau touchée par le pôle de laimant , et ses deux extrémités présenteront, comme dans le cas de la spirale , un pôle de même nom que celui de l’aimant qui aura touché ce barreau.
79. En faisant glisser, soit la spirale , soit l’aimant, d’une extrémité à l’autre du barreau toujours dans le même sens, la partie de ce barreau qui se trouvera à chaque instant du côté par où commence le mouvement conservera les courans qui:y auront été produits ; mais les courans produits dans l’autre partie seront détruits et changés en courans dans la direction opposée, à mesure que le mouvement de la spirale ou de l’aimant les fera trouver de l’autre côté: de cette spirale ou de cet aimant, en sorte que l'extrémité du barreau par laquelle ‘aura commencé le mouvement devra présenter un pôle de même nom que celui de l’aimant, et l'extrémité par laquelle il aura fini offrira un pôle de nom contraire, ce qui est conforme à l'expérience. On voit, par exemple, dans la figure 30,
| Fig. 30. |
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où B’ A’ représente le barreau , que quand on le frotte avec le pôle boréal d’un aimant élevé à angle droit. au-. dessus de lui, em allant de B' en A’, cet aimant doit, en supposant que ses courans agissent comme: ceux,d'un fil conducteur dans les expériences de sir H. Davy, produire, depuis l'extrémité B'-jusqu'au point de contact,
des courans mn, dans la direction des flèches marquées de ce côté dans la figure, tandis qu’il doit produire , depuis le même point de contact jusqu’à l’autre extrémité A’ du barreau B’A’ des courans m'n!, dirigés en sens contraire, comme les flèches qu’on voit de ce côté. Mais quand l’aimant, en parcourant le barreau, sera arrivé en À’, tous les courans produits dans ce dernier sens auront été détruits et produits en sens contraire à mesure que l’aimant se sera porté entre eux et le point A’; ils se trouveront donc tous dirigés comme les premiers courans m n ; le pôle B’ sera à gauche d’un observateur placé dans ces courans et le dos tourné à l’axe de l’aimant B’ À’; ce sera done un pôle boréal, et le pôle A’ un pôle austral, comme on l’observe en effet.
Mais si le barreau est d’un acier très-dur , les courans m'n! produits d’abord en sens contraire entre le point de contact et le point A’, pourront subsister malgré l'ai mantation en sens Contraire que tendent à recevoir ensuite les points du barreau où ils existent, et alors ce barreau offrira des. points conséquens , comme il arrive en effet souvent quand on emploie ce procédé d’aimantation.
80. Si l’on suppose qu’on incline l’aimant dont on se sert pour aimanter le barreau en lui donnant la situation où il est représenté en À B dans la figure, on rendra l’annantation plus facile et on tendra à diminuer le nombre des points conséquens , pourvu que linclinaison ne soit pas trop grande. Pour bien concevoir cette circonstance , il faut faire attention que si elle tend à diminuer l’action d’une partie des courans de l’aimant situés vers p q, parce qu'on les éloigne par-là du barreau ; cette action est augmentée pour les courans m n qui se trouvent entre B’ et le point où l’aimant touche le barreau, parce que les courans de l’aimant AB, au lieu d’agir pour produire dans le barreau des courans situés dans des plans perpendiculaires aux Jeurs, agissent pour en produire dans des plans avec lesquels ils forment un angle aigu, égal à l'angle des axes de l’aimantet du barreau , ce qui ne peut manquer de favoriser leur action; c’est précisément le contraire pour les courans mn’, à la production desquels l’obliquité de l’aimant À B ne peut être
ET DE L'ÉLECTRICITÉ. 247 que défavorable , comme le montre la grande faiblesse de l’action qu’à exercée, dans les expériences de M. Arago, un fil conducteur plié en hélice pour aimanter une aiguille placée en dehors de cette hélice. Les courans m2 qui subsistent seuls après l'aimantation , devront donc être plus énergiques quand l’aïmant. est incliné que dans le cas où on le tient dans une direction perpendi-. culaire à celle du barreau, malgré l'inconvénient d'une distance plus grande entre quelques-uns des courans de l’aimant et les points du barreau qu'ils tendent à aimanter, tandis que les courans m'»#', qui doivent être détruits, ne peuvent que perdre de leur intensité à mesure que l’axe de l’aimant s'incline sur celui du barreau, du moins tant. que l’angle de ces axes ne devient pas trop petit, parce. que dans ce dernier cas le changement de distance prenant une plus grande influence , l’action de aimant pour produire les courans mn, irait à son tour en diminuant , et le barreau s’aimanterait moins bien que quand l’aimant est. médiocrement incliné sur le barreau. Il est inutile de rappeler que ces divers résultats .sont tous conformes à l’expérience. É tie
81. Si au lieu de promener le long du barreau un seul aimant dont l’axe fasse un angle droit avec le sien, on en emploie deux , à une petite distance l’un de l’autre, qui le touche par des pôles de noms contraires , il est évident que d’après la manière dont les courans électriques tendent à en établir dans un barreau d'acier, les actions des courans que nous admettons dans ces deux aimans , se contrarieront pour tous les points du barreau situés hors de l’intervalle des deux aimans, tandis qu’elles
.se réuniront pour produire des courans dans le même sens pour tous les points du même barreau situés dans oet intervalle. Ces derniers courans acquérant ainsi une énergie bien supérieure à celle des premiers, subsisteront seuls lorsque les aimans ayant parcouru toute, la longueur du, barreau , l'intervalle qui les sépare aura occupé successivement toutes les parties de cette longueur. C’est ce moyen d’aimantation qui est connu sous le nom de double touche, et il.est aisé de voir que-toutes les circonstances qu'il présente. sont une suite nécessaire de notre théorie et de l’aimantation d’un barreau
248 DU MAGNËTISME d’acier par un conducteur voltaïque. L’analogie de l’explication déduite de cette théorie et de celle qu’on donne de la double touche dans l'hypothèse de deux fluides magnétiques agissant d’après les imêmes lois que les deux fluides électriques, nous dispense d’entrer à ce sujet dans de plus grands détails. | 1.
- 82: M: Arago a montré par une expérience très-simple que quand un barreau est aimanté’ sur une partie de sa longueur , cette partie tend , par son action sur le reste du barreau , à en continuer l’aimantation dans le même sens, pourvu qu'il ne soit pas d’une trempe trop dure, afin que cet effet ne soit pas empêché par la difficulté d’aimanter un acier irès-fortement trempé, et même dans ce cas l’aimantation a encore lieu dans le même sens dans les parties voisines de la partie déjà aimantée ; on s’en assure aisément en enveloppant d’un conducteur plié en hélice une partie seulement d’un fil d'acier pendant quelque temps, et en examinant ensuite ce fil d'acier avec une petite aiguille aimantée, on trouve qu’il est aimanté dans le même sens sur une étendue qui èst ordinairement à peu près double de celle qui était enveloppée par le conducteur ; seulement l’intensité va en diminuant graduellement à mesure qu’on s’éloigne de la partie enveloppée. Ce fait qui est une conséquence nécessaire et immédiate de la théorie où l’on considère les phénomènes magnétiques comme produits par des courans électriques | s'explique également dans la théorie ordinaire de l’aimant , puisque dans un ‘barreau aimanté en partie, chaque particule de la portion aimantée tend à décomposer le fluide de la particule suivante, de manière à lui donner des pôles situés dans le même sens que les siens, afin que les pôles voisins dans ces deux particules soient d'espèces opposées, comme cela doit être dès qu'on admet que les deux fluides magnétiques s’attirent mutuellement et que chacun d’eux repousse les molécules magnétiques de même espèce que les siennes, | | 85: Lorsqu’à l'extrémité d’un barreau d'acier ou de fer, on applique le pôle d’un aimant en ligne droite avec le barreau , celui-ci s’aimante dans la partie qui est voisine du point de contact, dans le même sens que l’est éet
aimant, ce qui s'explique également bien dans les deux hypothèses, puisque si l’on admet dans laimant des courans électriques , ils doivent, d’après l'expérience de M. Arago, que nous venons de citer, en produire dans le barreau, qui tournent autour de son axe dans la même direction , et en font par conséquent un nouvel aimant dont les pôles sont situés, l’un par rapport à l’autre, dans le sens que ceux du premier aimant; et que si l’on ‘attribue au contraire les phénomènes magnétiques à la séparation, dans chacune de ses particules, des deux fluides qui s’y neutralisaient auparavant par leur réunion, l'effet de l’aimant , quand il touche par exemple le barreau par son pôle austral, est d’attirer le fluide boréal de chaque particule et d’en repousser le fluide austral, en sorte que toutes les particules deviennent des aimans dont le pôle boréal est du côté de l’aimant, et le pôle austral du côté opposé, en sorte qu’elles se trouvent toutes aimantées dans le même sens que lui. Quelle que soit celle de ces deux hypothèses qu’on adopte, on en doit conclure également que la partie déjà aimantée ne eut agir sur celle qui ne le serait pas encore que comme L fait l'aimant lui-même , puisque les pôles de cette partie sont situés dans le même sens que ceux de l’aimant ; elle ne peut donc que tendre à propager successivement l'aimantation toujours dans le même sens jusqu’à l’autre extrémité du barreau , c’est ce qui atrive en effet quand il est de fer doux, et la propagation des propriétés magnétiques le long du barreau est en général très-rapide dans ce cas , parce que cette substance n’oppose qu’une très-faible résistance , soit dans l’une des hypothèses à la production des courans électriques ; soit dans l’autre à la séparation des deux fluides magnétiques.
84. Mais quand le barreau est d’acier , surtout quand il est trempé de manière à ce qu’il n’acquière qu’avec difficulté les propriétés de l’aimant , on observe un phénomène très-remarquable dont l'explication mérite une attention particulière. Ce phénomène consiste en ce qu'alors il se forme un point conséquent sur le barreau , et que ce barreau présente, au delà de ce point, des pôles situés en sens opposé à celui des pôles de la partie qui est en contact par son extrémité avec l’aimant, et en
a recu une aimantation semblable à celle de cet aimant,
Il est bien démontré par l'espèce des pôles qui se développent aux extrémités des deux fragmens d’un aimant que l’on casse, par lesquelles ces fragmens adhéraïent avant la rupture , que l’hypothèse des deux fluides magnétiques ne peut subsister, qu'en admettant, comme l’a établi le célèbre Goulomb , que ces deux fluides ne passent jamais, ainsi que le fait l'électricité , d’une particule à l’autre, et que tous les phénomènes magnétiques sont dus à leur séparation dans une même particule , en sorte qu'un aimant n’est qu’un assemblage d’autant de petits aimans qu’il contient de particules, dont chacun a un pôle austral et un pôle boréal. Il est évident alors que quand un barreau a été aimanté sur une partie de sa longueur par le contact d’une de ses extrémités avec un aimant , la partie aimantée l’étant dans le même sens que cet aimant, elle ne peut agir que comme lui, et qu'elle joint nécessairement son action à la sienne pour propager l’aimantation le long du barreau, toujours dans le même sens ; à quor peut-on donc attribuer dans cette supposition la production d’un point conséquent, et l’aimantalion en sens contraire de la partie du barreau située au delà de ce point ? )
85. Il paraît d’abord qu’on tombe dans le même inconvénient lorsqu'on attribue les phénomènes magnétiques aux courans électriques qui: s’établissent dans le barreau , car lorsqu'il n’y a encore des courans que dans une partie du barreau, ils doivent tendre à en produire de proche en proche , dans le même sens, dans toute la partie où il n’y en a point encore. Pour voir comment il peut arriver, par la difficulté que ces courans éprouvent ù se produire dans l'acier fortement trempé, qu'il se forme un point conséquent, et au dela de ce point des courans qui tournent dans le sens opposé, considérons
les trois barreaux AB, A’'B"”, AB’ (fig. 35 ),
Le (A red
Fig. 33.
OI EN el 2 (8 AR LATE ONE (4 d “1 5» b b a td B' AN A
VAN B c"
et supposons que le premier seul soit aimanté , et qu'en les laissant dans les directions où ils sont représentés dans cette figure, on les rapproche les uns des autres de manière que l'angle « du premier touche l’angle 4” du second , et l’angle d’ de celui-ci l’angle a” du troisième, il est clair qu’en regardant À comme le pôle austral de Taimant AB, ses courans dans sa face antérieure suivront la direction ad, puisque c’est en plaçant l’observateur dans cette direction, le dos tourné à l’axe de l’aimant , que l’extrémité À se trouve à sa droite ; le courant qui s’établira dans le barreau AB’ devra , d’après tout ce que nous avons dit, avoir la même direction au point où l’angle d est supposé en contact avec l’angle a/’; il passera donc par la face postérieure de ce barreau de a” en d”, et reviendra par la face antérieure dans la direction d/a/', d’où il suit que AB’ s’aimantera de manière que son pôle boréal sera en A” à gauche de l’observateur placé dans ce courant et tournant le dos à l'axe du barreau A’B/'; ainsi aimanté ce barreau communiquera les propriétés magnétiques à A/’B/”, de manière que leurs courans aient la même direction aux angles d' et a” par lesquels ils se touchent; les courans produits dans le barreau AB" iront donc sur sa face antérieure dans la direction a//d!", et comme l’extrémité A" est à la droite de l’observateur placé toujours de la même manière dans ces courans , Â/ sera le pôle aus. tral de A’/B/”.
L’aimant AB qui aurait aimanté A’’B/”" de manière que le pôle boréal de celui-ci fût en A/”, s’il l'avait tou-
ché immédiatement, l’aimantera donc au contraire de manière que À’ soit un pôle austral de même nom qué A, quand ils ne communiqueront que par l’intermède du barreau A/B”, dont l'axe est perpendiculaire aux leurs : or, c'est précisément ce qui arrive quand il se forme un point conséquent dans un barreau fortement trémpé qui touche le pôle austral d’un aimant par une de ses extré-
mités., La partie voisine du barreau s’aimante d’abord de manière que cette extrémité est un pôle boréal, comme l'extrémité B de l’aimant AB que nous prendrons pour la représenter, en représentant l’autre partie du barreau par A/”B°; tant que l'électricité de cette dernière partie pourra obéir librement à l’action des courans de AB, on
aura le cas où AB étant déjà aimanté et A//B// ne Te:
tant point encore , ils se touchent immédiatement, c’està-dire que l’aimantation se propagera toujours dans le même sens; mais si la dureté de la trempe s'oppose à cet effet, il arrivera dans le barreau , quoique continu, ce qui arrive à AB et à A//B// quand ils ne communiquent
qu’à l’aide du barreau A’’B”, dont l’axe est perpendiculaire à la direction des leurs ; il se formera dans le barreau continu des courans tournant autour d’une normale à sa surface, semblables à ceux qui se produisent, dans A''B/. Ces courans tendront donc à aimanter le reste-du barreau dont nous parlons en sens contraire , comme ceux de AB aimantent A/”B/’, de manière queses pôles soient situés en sens inverse de ceux de AB ;ret il se produira ainsi un point conséquent, conformément, à l’expérience que nous nous étions proposé: d’expliquer.
86. C’est par cette tendance des courans éleétriques établis autour de l’axe d’un aimant à en produire ; dans le sens que nous venons d'indiquer, autour de l’axe d’un barreau dont la direction est perpendiculaire à la sienne, qu’on explique , lorsqu'on considère les phénomènes magnétiques comme dus à des courans électriques, toutes les circonstances des effets produits par les armures. Les bornes dans lesquelles cel exposé devait être renfermé , et que nous n’avons déjà que trop dépasséess, ne nous permettent pas d'entrer à cet égard dans. des détails que le lecteur pourra aisément suppléer d’après
tout ce qui précède. Le même motif nous empêche de discuter toutes les circonstances que présente l’aimantation d’un barreau à l’aide d’un ou de plusieurs aimans dans les diverses situations qu’on peut leur donner Pun à l’égard de, l’autre, et suivant les divers mouvemens qu'on peut leur imprimer. Ces circonstances peuvent être facilement prévues dans chaque cas, en partant de la théorie que nous avons adoptée, et dont nous venons d'expliquer les principes ; elles en deviennent ainsi une confirmalion très-propre à en compléter les preuves.
87. L'existence des courans dans le globe terrestre.et dans les aimans se rattache naturellement à la propriété connue de deux corps en contact dont chacun enlève à l’autre une des deux espèces d’électricité. Lorsqu'ils communiquent en même temps, dans un autre point de leur surface , par des conducteurs liquides dont l’action ne détruit pas la leur, il se produit nécessairement ce que nous avons nommé courant électrique. Il suffit, comme nous l'avons dit plus haut, de supposer que dans l'acier aimanté les molécules sont rangées de manière à former transversalement à son axe la même disposition qui a lieu dans: une pile dont les deux extrémités se rejoignent; chaque molécule avec l’espace qui la sépare de la suivante , faisant le même effet que dans la pile un élément cuivre ,.zinc et liquide. Nous ferons remarquer à ce sujet qu’il n’est pas nécessaire pour produire une action électromotrice que deux corps de nature différente agissent l’un sur l’autre, puisque l’on’sait qu’au moyen d’une simple différence de température ou même de forme entre les deux parties d’un même métal, ce métal peut être employé à former une pile dans laquelle il fera un effet analogue à celui que le cuivre et le zinc à la fois font dans la pile ordinaire.
La direction des courans du globe terrestre de l’est à l'ouest est remarquable par sa direction à peu près opposée à celle du mouvement de la terre avec lequel cette direction à sans doute un rapport qu’on ne peut encore établir d’une manière incontestable. Dans l’hypothèse où l’espace serait rempli d’une matière très-élastique , le mouvement apparent de cette matière rapporté au globe coïinciderait aussi à peu près avec la direction des cou-
Causes auxquelles on peut attribuer les courans électriques de:
la terre et des aimans,
rans électriques , qui doit, peut-être, être attribuée à celte cause, :
D’après les expériences connues où deux corps de même nature , mais à des températures différentes , agissent galvaniquement l’un sur l’autre , il est d’ailleurs
robable que les courans du globe sont dus en partie à let calorifique du soleil qui, traversant dans son mouvement diurne tous les méridiens, en allant de l’est à l’ouest, échaufle successivement toutes les parties du globe qui sont sous ces divers méridiens , et établit ainsi des courans dans un sens déterminé. Au reste , indépendamment de cette considération , il n’est guère possible que dans un assemblage de matériaux hétérogènes, tel que le globe, les actions galvaniques ne fassent naître des courans qui, même en supposant leur intensité très faible, ne laisséraient pas de produire un effet sensible à cause de leur grand nombre. Mais, quelle que soit la cause de la disposition électrique du globe , c’est dans l’action du soleil sur les courans de sa surface, dont il doit * faire varier l'intensité, qu'il faudra chercher la cause des variations diurnes et annuelles de l'aiguille aimantée , tandis que les changemens de l'inclinaison et de la déclinaison, qui embrassent une période beaucoup plus longue, semblent devoir dépendre des variations bien plus générales qu’éprouverait la disposilion de l’électricité en mouvement dans toutes les parties du giobe à la fois.
88. La déclinaison de l'aiguille aimantée dans Phypothèse que nous adoptons sur la cause des effets de l’aimant, est due à la différence qu'il y a entre l’est et l'ouest géographiques et la direction des courans terrestres auxquels l'aiguille est toujours perpendiculaire.
rs
+ L'action de la température sur l’intensité des courans électriques prouvée par divers phénomènes offerts par les piles voltaïques expo-
sées à différentes températures, vient de recevoir une nouvelle con- .
firmation par ceux que sir H. Davy a observés en chauffant ou refroidissant des parties d’un fil conducteur élevé par l’action voltaïque à la température où ce fil commence à rougir; dès qu’une partie est un peu moins chaude que l’autre, cet effet disparait, et la partie qui l’est un peu plus passe à l’état d’incandescence. Comme nous ne connaissons point les détails des expériences de ce grand physicien, nous ne pouvons ici que les indiquer,
L’inclinaison se rapporte de la même manière à la direction d’un aimant par un conducteur , et elle est produite, pour les aimans comme pour les conducteurs électriques (art. 19.), par la tendance générale des courans à se disposer parallèlement et dans le même ‘sens.
89. Nous avons considéré, dans cet exposé, les courans électriques des aimans comme tournant autour de leur axe; on peut aussi les considérer comme tournant autour de chacune de leurs particules, ainsi que M. Ampère l’a expliqué dans un mémoire lu à l’Académie royale des Sciences le 8'et le 15 janvier 1821. Dans celte seconde manière de concevoir les courans dans les plans perpendiculaires à l’axe , toutes les explications restent les mêmes ; seulement ce que nous avons dit jusqu’à présent de l’aimant entier doit alors se dire de chaque particule, et toutes étant dirigées, attirées et repoussées comme nous l’avons expliqué, l’aimant formé de leur réunion est dirigé , attiré et repoussé de la même manière. Au reste, quand on admet que les courans ont lieu autour de chaqué particule , il faut toujours, pour se faire une idée juste des effets qu'ils doivent produire, considérer une particule comme nous avons considéré l’aimant entier ; et dans ce cas même il serait plus commode d'appliquer d’abord directement à celui-ci ce qu’il y aurait à dire de chaque particule, et d’ajouter ensuite cette simple observation que l’on peut toujours substituer à l’aimant total autant de petits aimans qu'il contient de particules. C’est ainsi que’ dans l'hypothèse des deux fluides magnétiques on supposa d’abord que lorsque ces deux fluides se séparaient dans’ un barreau d’acier , ils étaient chacun transporté à une des extrémités du barreau , et qu’on admit ensuite que la décomposition n’avait lieu que dans leurs plus petites parties , et qu’iln’y entrait ni n’en sortait jamais aucune molécule de Fun des deux fluides. Quoique ces deux manières de considérer la séparation des deux fluides magnétiques conduisent en général aux mêmes résultats, la nature des pôles qui se développent aux extrémités des deux fragmens d’un aimant que l’on casse, par lesquelles ils adhéraïent avant la rupture, eut bientôt décidé entre elles, parce que cette circonstance ne pouvait s'expliquer que dans la