CARBONE
Un volume et demi de l’oxigène est employé à convertir l’oxide de carbone en acide carbonique ; le demi-volume d’oxigène restant se combine avec le volume d'hydrogène, et le convertit en eau.’ L pts |
On ne connaissait pas encore de combinaison du car bone , avec le‘chlore , lorsque, tout récemment, M. Faraday, préparateur au laboratoire de l'institution royale de Londres , est parvenu à l’opérer. |
En exposant à l’action des rayons solaires un mélange de chlore et d’éther chlorique, l’action da chlore sur l’éther donna lieu à une production de gaz hydro-chlorique , qui chassé à mesure par l'introduction dans le mélange de nouvelles quantités de chlore, laissa une sub-
stance cristallisée, que M. Faraday annonce être le per-
chlorure de carbone.
Ce perchlorure , mis à l’état de pureté par des procédés que M: Faraday indique, est transparent et incolore ; son odeur, qui a quelque chose d’aromatique, ressemble assez à celle du camphre. Il n’a que très-peu de saveur ; il est environ deux fois plus pesant que l’eau. On le réduit facilement en poudre , et, dans cet état , il a l’apparence du sucre blanc , avec à peu près sa dureté. Il n’est pas conducteur de l'électricité à la température ordinaire , il se volatilise lentement ; à celle de 71° centigrades il se fond, et à 83° il entre en ébulliuon. Il ne se dissout pas dans l’eau , mais l'alcool et l’éther le dissolvent bien: Il est difficilement combustible par les moyens ordinaires; mais chauflé dans le gaz oxigène, il brûle, et souvent avec éclat ; la chaleur le sublime sous forme cristalline, et sa dissolution éthérée fournit des cristaux qui afféctent la forme de tables quadrangulaires.
* Cette substance cristallisée, ou perchlorure de carbone , paraît consister en
8 atomes, chlore . . . 132,78 . . . 89,82 2 atomes, carbone « . 19,06... . , 10,18
1 6e édition de To aon vol. I, page 252, ex Annals of philosophy, XII. 105. Ha AE 2: |
Chlorure de carbone,
Perchlorures ‘
Ce perchlorure de carbone se dissout dans les huiles fixes et volatiles. L’oxigène agit sur lui à une température rouge ; mais à une température plus basse , il ne lui fait éprouver aucune action. Sa vapeur mêlée avec le gaz
| oxigène n’est point enflammée par l’étincelle électrique,
Proto-chlorure,
même à la chaleur de 95° centigrades. L’hydrogène , dans les mêmes circonstances , ne produit non plus sur ee corps aucun changement ; mais en faisant passer ces mélanges à travers un tube rouge de feu, la décomposition a lieu; il se produit de l’acide hydrochlorique et un dépôt de charbon. Le perchlorure de carbone ne paraît pas être altéré par l'acide sulfurique; presque tous les métaux le décomposent à une haute température. Le potassium, chauffé dans sa vapeur, y brûle avec éclat, et le fer, l’étain, etc. se combinent avec le chlore et précipitent du charbon. |
Lorsqu'on fait passer le perchlorure de carbone à
travers un tube chauffé au rouge il est décomposé. Il
y a dégagement de chlore, en formation de proto-chlorure, qu'on peut obtenir aussi en chauffant au rouge obscur le perchlorure. Celui - ci se sublime d’abord, mais ensuite il abandonne du chlore, et il se produit du proto-chlorure à l’état de vapeur, qui se condense en un fluide, que par des distillations répétées, on finit par obtenir parfaitement limpide et incolore.
Le proto-chlorure de carbone n’est pas conducteur de l'électricité, sa pesanteur spécifique est 1,5526, son pouvoir réfringent est à peu près le même que ‘celui du camphre. Il n'est susceptible de combustion que dans la flamme de l’alcool, et produit, en y brûlant, de l’acide hydrochlorique et une flamme d’un jaune vif.
Ce chlorure reste fluide à environ 8° centigrades au-dessous de zéro. Chauflfé sous l'eau à 24° centigrades il se réduit en vapeur, et conserve cet état tant que la température ‘est maintenué à ce terme. Lorsqu’on l’expose à une chaleur violente, en le faisant passer à travers un tube de verre rempli de fragmens de cristal de roche, il est en partie décomposé , et il se dépose du charbon dans le tube; mais M. Faraday n’a pas déterminé, si c’est à la chaleur seule, ou à l’action du proto-chlorure sur le verre, que sa décomposition
: PHOSPHORE. | 269 partielle doit être attribuée ; de même que lé perchlorure, le. proto - chlorure de carbone ne s’unit point à l’eau ,et'il se combine avec lalcool et l’éther. Ces dissolutions brûlent avec une flamme verdâtre, en répandant des fumées sensibles d’acide hydro-chlorique. Ge proto-chlorüre se dissout aussi dans les huiles fixes et volatiles. L'action. des métaux sur lui est à peu près la même que sur les perchlorures en général ;, celle. du potassium ne s'exerce que très-lentement à la température ordinaire: mais ce métal étant chauflé dans la vapeur du proto-chlorure de carbone, il y a combustion brillante et dépôt de charbon. Les acides nitrique, hydro-chlorique, ou sulfurique n’agissent point sur ce chloruré, et il ne se combine pas avec les dissolutions alcalines. L’hydrogène , qu’on fait passer à travers sa vapeur à une haute température, se décompose; il se produit du carbone et de l'acide hydro-chlorique.
Le proto-chlorure de carbone paraît formé d’un atome de chacun de ses ingrédiens, ou de
Ghloreris: onda ua C5 5 a Garboneïlt. 40 2, 58 UE, Ni , EU 14 50
CES à y SCAN + + «+ 100,00,00 Du phosphore.
Les chimistes ne sont pas d’accord sur la proportion d’oxigène qui s’unit avec le phosphore et le convertit en acide phosphorique, M. Thomson annonce donc qu’il va présenter aussi succinctement que possible, l’exposé des différentes opinions, jusqu’à présent émises, relativement. à la composition de cet. acide, ainsi que des.expériences sur lesquelles ces opinions se fondent.
1°, Il trouva que le gaz hydrogène phosphoré est un composé de |
. 1 volume gaz hydrogène, 1 volume phosphore , | condensésdans un volume. Ce gaz exige poursa combustion complète 1,5 volume de gaz oxigène; et, dans ce cas,
* Annales de chimie et de physique. tome XVI, page 85.
Acide phosphorique.
il est converti en acide phosphorique et en eau. Or, un volume de phosphore pèse 0,8328 = 0,0694 X 12 ,°ce qui est la même chose que 1 atome de phosphore + 2 atomes oxigène , ou
Phosphore &.1.#4 1138) 440102 id On Oxigène. . « , . Bebe et Ati st ORS
Cette détermination est confirmée par une suite d’expériences publiées par sir Humphry Davy dans les Transactions philosophiques pour 1815 ; il trouva qu’en mettant du phosphore dans un tube de verre étroit, et en le chauffant dans une cornue remplie d’oxigène, 100 parties de phosphore absorbaïient 135 parties en poids d’oxigène, et devenaient acide phosphorique. Or, M. Thomson considère cette expérience comme coïncidant presque avec son précédent résultat. Sir Davy en conclut, ainsi qu'il l'avait déjà établi lui-même, que l'acide phosphorique est un composé de 1 atome phosphore et 2 atomes oxigène ; et que le poids d’un atome de cet acide est 3,5.
De plus, la proportion d’oxigène qui s’unit avec 100 de phosphore, pour le convertir en acide phosphorique, est d’après les expériences de MM. Berzélius et Dulong, et de Lavoisier, savoir :
Berzélius.s. 1 9 «40, 120517 DUB ET Re terne 124,80 Lavoisier. . . .. D
‘Or le terme moyen de ces trois nombres , est 135 , 66, qui s'accorde presque exactement avec le résultat des ‘expériences de sir H. Davy, et peut être, par constquent , considéré comme:le confirmant. Ces faits portent M. Thomson à avoir confiance dans l’exactitude de ses expériences primitives, et à considérer l'acide phosphorique comme étant un composé de
1 atome phosphore — 1,5, ou 5, ou 100 2 atomes oxigène — 2,0 ou 4, ou 153,66
D’après les analyses par M. Berzélius , et les ME 08 dit M. Thomson, des phosphates de plomb , de barvte,
PHOSPHORE. | pnà
de soude et de chaux, le poids d’un atome d’acide phosphorique serait 4,5. Mais ,si le poids d’un .atome de phosphore est 1,5 et celui d’un atome d'acide phosphorique 4,5, il s’ensuit que cet, acide doit, être un com-
posé de 1 atome phosphore et 9 atomes oxigène ; où de
Phosphore. . 1,5, ou. . . . 100 Oxigène. . . 3,0, ou. . . . 200
Proportion d’oxigène plus grande que celle jusqu'à
présent trouvée par l’expérience , capable de s’unir avec le phosphore.
- Si l’on essayait de lever cette difficulté en augmentant le poids d’un atome de phosphore, et en l’élevant à 2, ainsi que l’analyse des phosphates semble l'indiquer, on trouverait que le rapport de 2 à 2,5 n’est pas tout-à-fait le même que celui de 1,5 à 2. Si le poids d’un atome de phosphore était considéré comme 2, alors l'acide phosphorique devrait être un composé de
1 atome phosphore — 2,0.
2,5 atomes oxigène = 2,9.
* Ces nombres coïncident presque avec l’analyse des phosphates. Ils ont, en conséquence été adoptés par M. Berzélius ; mais ils ne s’accordent pas avec l’analyse, par M. Thomson, du gaz hydrogène phosphoré. Il est donc disposé à soupçonner quelque inexactitude systématique dans l’analyse des phosphates. Ceux qu’analysa M. Berzélius n'étaient probablement pas des combinaisons d’un atome d’acide et d’un atome de base ; mais ils devaient contenir un peu plus d’un atome d’acide.
Lorsqu'on mêle un volume d’hydrogène phosphoré avec un volume oxigène , il se produit une détonation, ét toute la matière gazeuse disparaît, étant convertie en acide phosphoreux et en eau. Or l’hydrogène phosphoré est un composé de |
1 volume hydrogène, 1 volüme phosphore,
r Ge édition de Thomson, vol. I page 260, Annals of philoso hy VIIL, 87; Annales de chimie et de physique, tome IH, ns 217. ñ
Acide phog* nhoreux,
condensés en un volume ; d’où il suit évidemment qu'un demi-volume d’oxigène s’unit avec l'hydrogène, et le convertit en eau; tandis que l’autre demi-volume de l’oxigène, s’unissant avec le phosphore, le change en acide phosphoreux. Get acide consiste, par conséquent, dans un atome de phosphore , plus un atome d'oxigène, ou , en
Phosphore. . 1,5. , 3 ou 100 Oxigène. , . 1,0. . 2 ou, 66,66
L'analyse de l’acide phosphoreux donnée par sir Humphry Davy, dans son Mémoire publié dans les Transactions philosophiques pour 1818, concorde exactement avec celle de M. Thomson , et sert à la confirmer. Dans. cette manière de voir sur le sujet, l’oxigène , dans l’acide phosphoreux, est juste la moitié de celui contenu dans l'acide phosphorique , en supposant , le même, le poids du phosphore dans l’un et l’autre acide; et le poids d’un atome d’acide phosphoreux est 2,5. "
M. Berzélius fit dissoudre 2,211 parties de, ibrotochlorure de phosphore dans l’eau, au moyen de laquelle ilest bien connu que , par la décomposition d’une portion de ce liquide, ses deux principes constituans sont respectivement convertis en acide hydro - chlorique , et en acide phosphoreux. M. Berzélius précipita alors Pacide hydro-chlorique par le nitrate d'argent. Le chlorure d’argent fondu pesait 6,915 parties. Or, la quantité de chlore dans 6,915 de chlorure d’argent s'élève à 1,705, et celte quantité exigera , pour devenir acide hydro-chlorique , 0,0474 d'hydrogène. Get hydrogène est fourni . par la décomposition de l’eau, et l’oxigène de cette eau décomposée pesant 0,3792 de parties, doit s’être uni avec le phosphore, et l'avoir converti en acide phosphoreux. Mais le phosphore, dans le chlorure, était 2,911— 1,700 —0,906. D’après cette expérience, l’acide phosphoreux est composé de
Phosphore. . . . . , . 506, ou 100 Oxigènes 4. . . ..,:. 970,2 où 74,040 Cette expérience donne une proportion plus grande d’oxigène. dans l’acide phosphoreux , que celle de
PHOSPHORE. Fa 273
M. Thomson ou celles de sir Humphry Davy. Si, en considérant le poids d’un atome de phosphore comme 2, nous faisons le calcul d’après l’analyse de M. Berzélius, la composition de l’acide phosphoreux sera
1 atome phosphore =2 . .*+ . 100 1,9 atome oxigène 1,9 . . . 79 * C’est li manière de voir sur la composition de cet. acide que M. Berzélias adopte. D’après elle, le poids d’un atome d'acide phosphoreux est 3,5, et les quantités d’oxigène , dans les acides phosphoreux et phosphorique , sont entre elles comme 1,5 : 2,3, ou 3 : 5.
: Les deux phosphites, ou combinaisons d’acide phosphoreux et de bases, analysés par M. Berzélius, servent | à fortifier son opinion sur la constitution de l’acide phosphoreux. Ce savant trouva que les parties constituantes du phosphite de plomb , et de phosphite de baryte , sont, comme suit, savoir : NO Phosphité de plomb. Phosphite de baryte.
\ Acide 19,78. . 3,451. Acide, 24,31. . 3,525 : Base 80,22. . 14 Base 67,24. . 9,700
On voit que le poids d’un atome d’acide phosphoreux, est, par le premier sel, 3,45r, et, par le second, 3,525. Or, le terme moyen de ces deux nombres est 3,488, ce qui se rapproche de très-près de 5,5 , poids du même atome , suivant l’analyse de l'acide lui-même.
Il faut convenir que le cas d’évidence annoncé par M. Berzélius , se présente sous un aspect très-imposant ; mais M. Thomson regarde son mode de détermination de la composition de l’acide phosphoreux comme tellement plus simple que le sien, que la chance d’exactitude en sa faveur, s’en accroît beaucoup. Cependant, comme l'analyse de l’acide phosphoreux par M. Dulong coïncide, presque exactement, avec celle de M, Berzélius, le sujet ne doit pas être considéré comme définitivement établi, M. Dulong trouva que la composition de l’acide phosphoreux est de HAE
“ PRODAQRE EN Le de dans» ou 4 100!
SOON MR ER ARE eu 08 e 2h TDR ; | 10
Acide hypo-, phosphoreux, -
nombres qui s'accordent presque avec ceux de M. Berzélius. * |
Pour parvenir à déterminer la composition de acide hypo-phosphoreux, M. Dulong crut devoir transformer cet acide en acide phosphorique par l’action du chlore; et il trouva , d’après la quantité d'acide phosphorique formé, et la proportion de chlore nécessaire pour opérer ce changement, que l’acide hypo-phosphoreux devait être composé de |
Phosphones:;: 0444340162 TROP Oxigène,i sis is sue) Re 8 TON
M. Dulong convient que cette analyse est trop compliquée pour offrir des résultats d’une exactitude parfaite. Si nous considérions cette composilion comme étant :
PHOSDRUE ES AE ele Le AT A DD OH UT ETS lee 00,09
ce qui ne diffère pas beaucoup de la détermination de M. Dulong; et, si nous reconnaissons que l’atome de phosphore est, 1,5, alorsil est évident que l’acide hypophosphoreux est un composé d’un atome d’oxigène + deux atomes de phosphore; car
2 atomes phosphore = 3,00, ou 100 1 atome oxigène = 1, ou 93,53
cependant M. Dulong considère que la composition de l'acide hypo-phosphoreux, qui se rapproche le plus de la vérité , est celle de
phosphore . , . ,, 4 , : , . + 100 OXIGÈNE, + 6) sous iv she: 107,44
ce qui est juste la moitié de l’oxigène existant dans l'acide phosphoreux, uni au même poids de phosphore : mais il n’est pas facile de faire concorder cette détermination avec la théorie atomique. Si nous considérons un atome de phosphore comme 2, ainsi que M. Berzélius D
r 6e édition de Thomson, vol, I, pag. 265; Annales de chimie et de physique, tame IE, pag. 225. s4