PHOSPHORE
l’a eneffet établi ; et, si nous reconnaissons avec ce savant,
que l'acide phosphoreux est un composé d’un atome de phosphore et d’un atome et demi d’oxigène, alors cet acide consistera en
phosphore . .. . . ...%.,. 100 oxigène 4e 410 0e Mel 1 fe HUDOMTS
La moitié de 75 est de 37,5, ce qui représente le poids de l’oxigène, constituant, suivant la manière de voir de M. Dulong, l'acide hypo-phosphoreux, par son union avec 100 de phosphore; mais
. donc, en considérant ainsi la composition de l’acide hypophosphoreux , elle consisterait dans un atome de phosphore et trois quarts d’atome d’oxigène. Or, ce mode de fraction de l’oxigène, non-seulement en moitiés, mais en quarts, est, pour ne rien dire de plus, très-peu satisfaisant. Nous pourrions , à la vérité, rendre les nombres un peu moins compliqués, en considérant l’acide hypophosphoreux comme un composé de deux atomes de phosphore et d’un atome et demi d’oxigène; car
2 atomes phosphore = 4 ou 100 1,9 atome oxig ène = 1,5 37,9
Mais la manière dont j'ai annoncé, dit M. Thomson, que je considerais la constitution de cet acide, dans la supposition qu’un atome de phosphore pèse 1,5, me paraît beaucoup plus satisfaisante , et plus simple que celle de M. Dulong. Il est néanmoins évidemment indispensable qu'il soit fait de nouvelles recherches à ce sujet, avant qu'on puisse considérer la discussion comme terminée. * |
La publication , dans les Transactions philosophiques pour 1818, d’un Mémoire de sir Humphry Davyÿ , sur da composition des acides du phosphore , et par conséquent postérieurement aux travaux, sur le même sujet,
: 6e édition de Thomson, vol. 1, page 265; Annales de chimie et de physique ,tome II, page 141,
Observations.
de MM. Dulong etBerzélius , a donné lieu à ce dernier chimiste de réclamer contre l’assertion de sir Davy, qui cherche à établir, dans le mémoire dont il s’agit, que 100 parties de phosphore se combinent avec 33,63,67,25 et 134,5 parties d’oxigène, pour produire les trois acides de ce corps, nombres qui sont entre eux comme 1, 2 et 4. M. Berzélius fait observer que les expériences de M. Dulong, qui concordent avec les siennes , indiquaient que l’oxigène de l’acide phosphorique est à celui de l’acide phosphoreux comme 5 est à 5, et non ainsi que sir Davy annonce l’avoir trouvé, comme 4 est à ©. Relativement à ce que sir Davy prétend que les expériences de M. Dulong étaient trop compliquées pour pouvoir donner des résultats exacts, M. Berzélius remarque qu’il y a eu lieu de reconnaître que , dans les expériences dont le résultat doit servir à corriger et fixer , suivant sir Davy, le poids de l’atome d’une substance quelconque ;, les meilleures méthodes analytiques sont celles dans lesquelles les erreurs inévitables n’affectent pas les millièmes du nombre qu'il s’agit de détérminer , et que c’est là le terme au delà duquel il n’est jamais parvenu , si ce n’est accidentelle ment. Mais lorsque , malgré les soins nécessaires , les résultats diffèrent de 1 pour 100, on ne peut les considérer que comme une approximation. Or, dans trois expériences de sir Davy, expériences qu’il donne comme (es plus exactes qu'il ait jamais faites, la quantité d’oxigène, absorbée par 100 parties de phosphore, a varié de 131 à 197,2 parties, ce quine fait pas moins de 1,66 pour 100 du poids de l’acide phosphorique; et dans celles des expériences de sir Davy, exécutées sous sa surveillance, par son préparatèur M. Faraday, les différences sont encore tellement fortes , qu’on ne peut pas même en considérer les résultats comme des approximations. M. Berzélius annonce, en conséquence, qu'il ne lui est pas possible: d'adopter l'opinion de sir Davy, et qu'en considérant l'accord qui’ existe en général entre les expériences de M: Dulong et les siennes, on doit d'autant plus considérer comme fondée la manière de voir qui leur est commune sur la composition des acides phosphoriques et phosphoreux, qu'aucun d’eux n’avait connaissance du travail de l’autre sur cette matière, et qu'il est trop peu
PHOSPHORE. 277 vraisemblable que le hasard. fasse commettre la même er-
reur, surtout lorsque cette erreur fait exception à des
lois générales. *
Si nous considérions le chlorure du phosphore, comme un composé d’un atome de chlore et d’un atome de phosphore, il s’ensuivrait, d’après la composition du proto chlorure, déterminée par sir Humphry Davy, aumoyen du nitrate d'argent, qu’un atome de phosphore est seulement 1,26, nombre qui ne s'accorde, dit M. Thomson, ni avec le poids d’un atome de phosphore, tel que l’a donné M. Berzélius, ni avec celui établi par lui.
M. Berzélius a également donné une analyse du protochlorure de phosphore , à laquelle il avait procédé précisément de la même manière que sir Humphry Davy: il trouva la composition de ce corps ainsi qu’il suit :
chlore 1,705,: ou 4,5 phosphore 0,506: 1,335 2,22
Cette analyse donne aussi le poids d’un atome de phosphore trop faible , quoiqu'il se rapproche de plus près de celui 1,5, que M. Thomson considère comme le nombre véritable , que celui 1,26 résultant de l’analyse de sir Humphry Davy."Au total , on ne peut guère, hésiter à considérer le proto-chlorure de phosphore comme un composé d’un atome de chlore =4,5 un atome de phosphore= 1,5. Il s'ensuit que sa composition réelle doit être
1. atome chlore=/,5 ou 100 1 atome phosphore=1,5 388,93 Cette composition est, d’après les analyses de sir Huraphry Davy et de M. Berzélius ; ainsi qu'il suit : Davy: . . .. 100 chlore+ 28,07 phosphore. | Berzélius. . 100 chlore+26,67 phosphore...
| Or je n'ai pas dû considérer, dit M. Thomson, cette déviation du résultat théorétique éomme très - surpre-
en
* Pnnales de chimie'et de physique, tome X, page 278, |
Proto-chlorure de phosphore.
nante, eu égard à la difficulté des analyses ;, et la petite échelle sur laquelle ces analyses furent faites. * agaee L'analyse du perchlorure de phosphore , par sir Hum- * phry Davy, est confirmée par celle de M. Dulong , qui le trouva composé de |
, phosphore 1 .... ou .... 1,6
chlore : ; 5,491. . ,,, . .. : 8,250
+ Getie proportion de chlore est plus petite que celle que trouva sir Davy; mais le terme moyen des deux analyses nous donne, pour la composition du perchlorure ,
phoéphore £ 4215. 7 MCE enlofe nl. . 40 ste MN OMIBE
Or, ce résultat coïncide presque avec les nombres indiqués par la théorie, et il donne beaucoup de force à l’opinion que 1,5 est le poids d’un atome de phosphore. *
+ | Du Soufre:
ge hype Suivant M. Thomson, une observation de M. Higgins de Dublin, si on y avait fait attention , aurait dù porter , il y a long-temps , les chimistes à en induire l’existence de l’acide hypo-sulfureux. M. Higgins trouva que l'acide sulfureux a la propriété de dissoudre le fer , sans donner lieu à aucun dégagement de gaz (Higgins’s comparative View, p. 49); mais il ne détermina pas la nature de la dissolution ainsi obtenue ; c’est à quoi réussit ‘ M. Berthollet, en 1789. Ce savant reconnut qu'il existait, dans cette dissolution , une proportion de soufre plus grande que n’en contient l’acide sulfureux ( Annales de chimie, tome 2, pages 58 el 59), il en donna pour raison, que le fer est oxidé aux dépens de l'acide sulfureux, dont une portion , en cédant son oxigène au fer, est convertie en soufre; le soufre se combine avec-le sulfite de fer formé, et il en résulte une espèce particulière de sels, auxquels les chimistes français donnèrent le nom de sulfites sulfurés. M. Bex- PCR EPST AAA V2 CRT CT NME IS SRRSNRESSMES NN ORNE EE “OT * 6e édition de Thomson, vol. E, page 269.
2 6° édition, vol. I, page 270. ip
SOUFRE. 270 thollet et Fourcroy, et M. Vauquelin, décrivirent quelques autres de ces sels; et, en 1813, M. Gay-Lussac annonça ( Annales de chimie, tome Lxxxv, pag. 199) quelques faits nouveaux concernant ces sels, Ge fut dans l’année 1815, dit M. Thomson , que j’examinai le premier avec une attention plus particulière la dissolution du fer dans l’acide sulfureux ; je conclus des phénomènes qui se présentèrent , que cet acide abandonnaït la moitié de son oxigène au fer , et le convertissait en protoxide de fer. Je reconnus que le sel formé était à l’état neutre; mais; lorsque j’essayais de séparer l'acide , ce sel était aussitôt décomposé en acide sulfureux et en soufre. J’en tirai l'induction , qu'il-contenait un acide particulier du. soufre , consistant dans de l’acide sulfureux privé de la moitié de son oxigène, et composé , par conséquent, d’un atome de soufre, + un atome d’oxigène. Je donnai, à cet acide nouveau , le nom d’acide hkypo-sulfureux , et j'annonçai l'existence de cet acide , dans la cinquième édition de mon Système de chimie, publié en 181 7:Dans cette édition , l'existence de l’acide est établie , etles sels, précédemment décrits dans les ouvrages sous le nom de sulfites sulfurés, sont appelés kypo-sulfites. Depuis cette époque M. I.-F.-W. Herschell, a publié (Edin. philos. , journal, x, 8 et 396, et 11, 164) une suite d'expériences , très-intéressanles et faites avee beaucoup de soin , sur cet acide. IFnous a indiqué diverses méthodes de préparation: des hypo-sulfites ; il a décrit les propriétés de ces sels, et: reconnu leur composition. Mais les essais, que fit M. Herschell , dans ses recherches sur ces sels, pour en isoler l'acide , ne lui réussirent pas complétement. Lorsqu'on verse de l’acide sulfurique, en léger excès , dans une dissolution étendue d’hypo-sulfite: de strontiane , cette base est précipitée en totalité ,tet la kqueur filtrée consiste principalement dans une dissolution aqueuse d’acidehyposulfureux. Ge liquide est transparent et incolore , il n’a. : point d’odeur, et sa saveur est acide, astringente:et trèsamère. Après quelques heures de repos, l'acide éprouve: une décomposition spontanée , le liquide devient laiteux, il se dépose du soufre , et il reste en dissolution de l'acide sulfureux. Il suit de là , que l'acide hypo-sulfureux n’est: pas permanent dans son état de combinaison avec une:
Acide byposulfurique,
base. J’eus la satisfaction de reconnaître , en 1815, dit Thomson , que lacide hypo-sulfureux est un composé d’un atome de
soufre + un atome oxigène , ou de soufre 2, ou, 100
Oxipène, 4 50"s0/006 40h ne UN OR
e cette déterminaison a été confirmée par les expériences plus récentes de M. Herschell. |
MM. Gay-Lussac et Welter ont découvert dernièrement un quatrième acide du soufre , auquel ils ont donné le nom d'acide hypo-sulfurique. Get acide est formé par Funion d’une molécule intégrante d'acide sulfurique avec une molécule intégrante d'acide sulfureux, où, ce qui revient au même , de deux atomes de soufre , et de cinq atomes d’oxigène. 1 #
En faisant passer un courant de gaz acide sulfureux , dans de l’eau , tenant du péroxide de manganèse en suspension , M. Welter remarqua qu'il se formait un sel neutre , qu'il invita M, Gay- Lussac à examiner. Ce fut en procédant ensemble à l'examen de ce sel, qu'ils découvrirent l’acide nouveau. Par la combinaison qui s'opère , de l’acide sulfureux avec loxide de manganèse tenu en suspension dans l’eau, on obtient une dissolution parfaitement neutre, consistant dans un mélange de sulfate et d’hypo-sulfate de manganèse. En versant , dans cette dissolution , de l’eau de baryte , jusqu’à excès, le sulfate de manganèse est précipité en totalité, et l’hyposulfate , transformé en hypo-sulfate de baryte , reste en dissolution ; on fait passer ensuite dans la dissolution un courant d'acide carbonique , pour saturer et précipiter
Vexcès de-baryte. En évaporant la liqueur, on obtient
l’hypo-sulfate de baryte cristallisé. Après avoir dissous les cristaux: dans l’eau , on précipite la baryte, au moyen d'acide sulfurique introduit jusqu’à saturalion parfaite dans cette dissolution , où il ne reste plus alors que l'acide hypo-sulfurique. Get acide est incolore, et sans odeur, On peut le concentrer jusqu’à ce qu’il soit parvenu à la densité de 1,547, mais pas au delà; car alors il commence à se décomposer par l’action de la chaleur ; il s’en exhale de l’acide sulfureux, et dans ce cas, il se produit de l'acide sulfurique.