‹ Supplément à la traduction française de la cinquième édition du Système de chimieChapitre 64 sur 131 · ACIDE MALIQUE · texte numérisé non relu

ACIDE MALIQUE

d'apparence huileuse , et il reste un ,charbon pulvérulent. ; M à L’acide purpuriqué se combine avec des bases, formant des sels qu’on a appelés purpurates. Ges sels sont, pour la plupart, de couleur rouge , etil y en a de verts et de jaunes. Cet acide peut, à l’aide de la chaleur, décomposer les carbonates ; et, autant qu’on à pu le reconnaître, il n’est susceptible de combinaison avec aucun autre acide. | | id Le docteur Prout essaya de déterminer la compost tion de l’acide purpurique en le chauffant avec du peroxide de cuivre, les résultats de ses expériences lui donnèrent pour les parties constituantes de cet acide :

2 atomes hydrogène. . . — 0,29 2 atomes carbone. . . . = 1,90 1 atome azote. . + . « ,,# 170 2 atomes oxigène. . » «+ — 2,00

D'où il suit, que le nombre: équivalent pour l'acide pur purique , est 5, 5, ou un multiple de ce nombre, De l'acide malique.

On avait supposé que l’acide malique, obtenu d2 plusieurs plantes grasses, et surtout du semper vivum-lex- * torum , était beaucoup plus pur que celui retiré des pommes. On l’avait même considéré comme tout-à-fait exempt d'impuretés ; mais M. Gay-Lussac reconnut que même l'acide extrait du semper vivum-textorum retient encore de la chaux , qu'en peut en séparer en l’évaporant jusqu’à consistance de sirop , et en le mélant ensuite avec de l'alcool. Il se précipite du malate de chaux, et l'acide malique reste en dissolution dans l'alcool. Maïs dans cet acide ; lors même qu'il a été ainsi purifié, il reste de la matière muqueuse qui l’accompagnait dans le suc d’où il a été retiré, et il est difficile de l'en dé-

: # 6e édition de‘Thomson, vol. IF, page 187; Transactions philosophiques, 1818, page 420, | | PRE

pouiller entièrement , ainsi que M. Braconnot l’a fait voir.’ De l'acide pyro-sorbique.

M. Braconnot , après avoir démontré que l’acide sorbique n’était autre chose que l'acide malique à l’état de plus grande pureté, annonça depuis, qu'en soumettant l'acide sorbique à la distillation , il se formait des cristaux blancs acides à la voûte de la cornue, et que le produit liquide obtenu était composé d’un acide cristallisable , jouissant de propriétés particulières, auquel il proposa de donner le nom d'acide pyro-sorbique.

M. J,- L. Lassaigne en répétant les expériences de M. Braconnot, a entrepris de nouvelles recherches sur cet acide dans le but d'étudier plus particulièrement quelques-unes de ses combinaisons , et dé rendre ainsi son histoire plus complète. "©

Après avoir introduit 20 grammes d’acide sorbique cristallisé dans une cornue de verre , qu’il chauffa doucement, il observa qu’à mesure que l’eau de cristallisation de cet acide, dans laquelle il s’était d’abord fondu , s’en séparait, cet acide prenait une couleur jaune brunâtre, de plus en plus foncée ; le produit, qui s'était condensé dans le récipiént, était insipide et inodore, et sans action sur la teinture de tournesol ; les réactifs n’y ayant démontré aucune trace de substances étrangères , il ne paraissait être que de l’eau pure. En augmentant progressivement la chaleur, l’acide s’est coloré en un brun très-foncé, s’est boursouflé, et a laissé distiller une liqueur blanche transparente , ayant une légère odeur bitumineuse , et d’une saveur si fortement acide qu’elle a cautérisé sur-lechamp les parties de la langue et des lèvres sur lesquelles il en avait été placé. À la fin de l'opération, il s’est sublimé , à la voûte de la cornue , des aiguilles blanches très-fines , d'environ 3 centimètres de longueur, et il est resté dans la cornue un charben très - volumineux

qui ne contenait plus aucune trace d'acide.

La hiqueur obtenue de l’acide par distillation , après

Er

1 Ge édition de Thomson, vol. II, page 190; Annales de chimie et de physique, tome VI, page 331, ct tome VIII, page 1/9.

AGIDE :PYRO-SORBIQUE. 599

#, LA LA CA . ,.7 l’augmentation de la chaleur, ayant été évaporée à moiuig

de son volume , a fourni des cristaux blancs prismatiques d’acide pyro-sorbique. | PSS AURE En examinant les propriétés de cet acide , M. Lassaigne lui a reconnu celles d’être inaltérable à l'air , de se fondre à la température de +. 47, 5 degrés centigrades , et de se prendre par refroidissement , lorsqu'il est fondu, en une masse blanche nacrée , cristallisée en aiguilles divergentes. Cet acide , projeté sur des charbons ardens , s’exhale en une fumée blanche acide très-piquante, qui provoque la toux et ne laisse aucun résidu ; en le distillant en vaisseaux clos, il se sublime, pour la plus grande partie, en longues aiguilles , et le veste se décompose à la manière des substances végétales. | L’acide pyro-sorbique est très-soluble dans lalcool à 4o degrés. L'eau , à la température de + 10 degrés centigrades, n’en peut dissoudre qu'une demi-partie de son poids. Gette dissolution rougit fortement la teinture de tournesol ; elle forme avec l’acétate de plomb, et le nitrate de mercure , des précipités floconneux ; elle ne précipite point l’eau de chaux, et si l’on y verse de l’eau de baryte’, il s’y produit un précipité blanc pulvérulent, qui se redissout par l’addition d’une petite quantité d’eau froide ; et au bout de quelque temps , il se forme, sur les parois du vase qui contient la dissolution, de petites pail-

lettes blanches argentines , qui sont un véritable pyro- :

sorbate neutre de baryte, qui ayant été desséché et ana- Jysé, a donné pour sa composition :

ACIDOL A TE PURT EME 100

Baryles tr AE CU TEA

Il s'ensuit, que la capacité de saturation de l’acide pyrosorbique poür la baryte est plus grande que celle de l'acide sorbique ; car d’après M. Vauquélin, 100 parties de ce dernier acide ne saturent que 112,791 de baryle.

Le sel formé par la combinaison directe de l'acide pyro-sorbique avec la potasse ou le pyro-sorbate de potasse, cristallise en petites feuilles de fougère ; il est légèrement déliquescent ; sa dissolntion aqueuse ne précipite point les dissolutions de fer, de cuivre , de manganèse,

de zinc , de nickel'et de cobalt; mais.elle produit, avec

LA

Propriétes.

390 ACIDES COMBUSTIBLES, les nitrates d'argent, de mercure et de plomb , des précipités floconneux. | ?

En décomposant un sel de plomb soluble par le pyrosorbate de potasse , on obtient facilement un pyro-sorbate de plomb , qui se présente d’abord en flocons blancs , et se convertit peu de temps après en une gelée demi-transparente, comme de l’amidon cuit dans l’eau. Si, après avoir alors délayé cette gelée dans de l’eau , on recueille la matière gélatineuse sur un filtre de papier joseph, elle s’affaisse à mesure que l'eau s’en sépare; et au bout de quelque temps, elle est totalement cristallisée en petiles aiguilles nacrées très-brillantes.

M. Lassaigne continua ses recherches sur l'acide pyro-

sorbique, en examinant avec soin les cristaux blancs en aiguilles , qui, dans la préparation de cet acide, s'étaient sublimés vers la fin de l'opération , à la partie supérieure de la cornue. I] reconnut que ces cristaux , «éd lesdiéls M. Braconnot n’ayail pas fait d'expériences, différaient de ceux obtenus par l’évaporation du produit liquide passé à la distillation. Ces cristaux sublimés ont une saveur acide légèrement âcre, et une odeur bitumineuse, qu'ils perdent par plusieurs cristallisations successivement reproduites dans l’eau.

L'eau , à la température de + 12 degrés centigrades, en dissout environ == de son poids. Cette dissolntion , qui ne précipite ni l’eau de chaux, ni l’eau de baryte, forme avec l’acétate de plomb un précipité blanc floconneux , soluble dans un excès de ce sel. Elle précipite le nitrate d’argent en une poudre blanche très-fine , et le persulfate de fer neutre , en flocons d’un jaune chamois. Ces deux derniers sels ne font éprouver aucun chansement à l'acide pyro-sorbique dont il vient d’être parlé. La combinaison de cet acide avec la potasse produit un sel cristallisable , déliquescent. Avec l’oxide de plomb, il forme un sel blanc pulvérulent , grenu, qui ne cristallise point; et d’après les autres propriétés dont cet acide jouit, M. Lassaigne est porté à le considérer comme étant d’une nature particulière.

M: Lassaigne conclut de ses recherches sur l'acide , auquel M. Braconnot avait proposé de donner le nom d’acide pyro-sorbique, que les propriétés qu’il lui a reconnues,

ACIDE IGASURIQUE. 391 et dont quelques-unes avaient déjà été observées par

M Braconnot, suffisent pour le faire distinguer de l’acide sorbique ; et il pense en effet que pour rappeler tout: à la fois et son origine et sa préparation, cette dénomination lui convient parfaitement ; à moins que, d’après l’observation de M. Gay-Lussac, les chimistes ne préfèrent conserver le nom d’acide malique à l’acide sorbique dent l'identité avec le premier acide est actuellement constaté. Dans ce cas, l’acide dont il s’agit s’appellerait acide pyro-malique; et cet acide formerait désormais avec les acides pyro-tartarique et pyro-mucique, dont il diffère sous plusieurs points , une nouvelle classe d'acides végétaux. ’ fi le | De l'acide igasurique.

MM. Pelletier et Gaventou , qui découvrirent dans la fève de Saint-Ignace la nouvelle substance alcaline appelée par eux Sstrychnine, ont cru devoir distinguer un acide qui, dans cette semence, sature la strychnine, par le nom d'acide igasurique, du mot malais par lequel les indi; gènes désignent aux grandes Indes la fève de Saint-Ignace. Quoique, suivant M. Thomson, les caractères que MM. Pelletier et Gaventou ont reconnus à l'acide igasurique suffisent à peine pour le constituer une espèce particulière , il a cru cependant devoir en parler provisoirement, et en attendant que, par des expériences subséquentes , il soit déterminé si cet acide diffère de l’acide malique ou sorbique, avec lequel il a beaucoup de propriétés communes. |

MM. Pelletier et Caventou, après avoir lavé dans de l’eau froide , pour la dépouiller aussi complétement que possible de toute matière colorante , la magnésie, dont ils s'étaient servis pour séparer la strychnine de l’infusion de la fève de Saint-Ienace, ils firent bouillir celte ma-

gnésie . dans une grande quantité d’eau distillée pour dis- -

soudre le sel magnésien ou l’igasurate de magnésie. La dissolution ayantété alors concentréepar l’évaporation, ils y ‘ajoutèrent de l’acétaie de plomb. Une-double décomposition ayant eu lieu, l'acide igasurique s’unit à l’oxide de

* Aunales de chimie et de physique, tome XI, page 95. - ”

Preparatsou.

Propriétés,

392 ACIDEÉS GOMBUSTIB LES.

plomb , et se prévcipita dans cet état d'union en une poudre insoluble. Cette poudre ayant été mêlée avec de l’eau, le plomb en fut séparé au moyen du gaz hydrogène sulfuré. L’acide igasürique reste en dissolution dans l’eau, et on peut l’en obtenir isolé en faisant évaporer le liquide.

Cet acide cristallise en petits cristaux durs et grenus , colorés en jaune , ce qui provient probablement de ce qu'il n’est pas suffisamment dépouillé de la matière colorante de la fève de Saint-Ignace. Sa saveur est acide et astringente. Il est très-soluble dans l’eau et dans l'alcool, el il'en est de même des sels qu’il forme avec les alcalis et les terres. L’igasurate de baryte est très-soluble et il cristailise difficilement sous la forme de champignons. L'igasurate d’ammoniaque ne forme pas de précipité dans les sels d'argent, de mercure ei de fer. Lorsqu'on l’ajoute à une dissolution de sel de cuivre, la liqueur devient verte , et il s’y dépose peu à peu une poudre d’un blanc verdâtre , très-peu soluble dans l’eau. L’acide igasurique n’altère pas la couleur des sels de fer. |

Telles sont les propriétés qui , suivant MM. Pelletier et ‘Caventou, caractérisent l’acide igasurique. Il se distingue de l’acide malique ou sorbique, en ce qu'il précipite le cuivre à l’état d’une poudre d’un blanc verdâire , et par la solubilité de ses sels alcalins dans l’alcool. Maïs par ses autres propriétés il se rapproche de très-près de cet acide.” G |

| De l'acide lactique.

Lorsqu'on abandonne du riz et plusieurs autres sub-

stances végétales à la fermentation spontanée, ces sub-

-stances acquièrent une saveur et une odeur d'acide. Get

acide ainsi formé futexaminé par M. Braconnot, qui , le

considérant comme un acide nouveau, lui donna le nom

d’acidenancéique; etdans sa précédenteédition, M.Thomson changea celte dénomination, qui lui parut impropre, dans celle d'acide zumique; mais il annonça en même temps qu'il soupçonnait que cet acide , supposé nouveau ,

1 6e édition de Thomson, vol. IE, page 194; Annales de chimie et de physique, tome X., page 167, et Journal de pharmacie, V, 166,

/ ACIDE KRAMÉRIQUE. 399

n’était autre que l’acide lactique à l'état de pureté. M. Thomson observe que son opinion à ce sujet a été depuis confirmée par M. Vogel , qui, ayant comparé les deux acides , a trouvé leurs caractères pas HR identiques.

I} s'ensuit que l'acidelactique. dans son état de pureté, est incolore. Il n’est oh impossible qu’on parvint à le faire cristalliser , s’il était placé dans les mêmes circons-

tances qui rendent l'acide malique capable de prendre

la forme cristalline." ir De l'acide kramérique.

La krameria triandria est. une plante qui croit au Pérou; sa racine , qui se distingue par ses propriétés astringentes, est, dit-on, employée par les naturels du pays, comme remède d’une grande efficacité , dans les cas d’hémorrhagie atonique. Eile est apportée en grandes quantés à Londres , où il paraît qu’on en fait usage pour donner aux vins qu’on y fabrique artificiellement la cou- ‘leur convenable. Cette racine ayant récemment attiré l'attention de M. Peschier, pharmacien à Genève, il y découvrit un acide nouveau , qu'il a désigné sous le nom d'acide kramérique.

M. Peschier obtint l'acide Éraménique en opérant ainsi qu'il suit : En faisant bouillir dans l’eau la racine , et particulièrement l’écorce de la krameria triandra , il eut une forte décoction d’une saveur astringente , et précipitant en noir avec le sulfate de fer. Pour en séparer le tannin , qu'il présumait ÿ être contenu , il mêla la décoction , provenant de 30 grammes de la racine avec une dissolution de 3 grammes de gélatine , ce qui donna lieu à un dépôt d’un brun rougeâtre pesant 8 grammes. Pour dépouiller la décoction desa matière colorante et de son acide gallique qui l’accompagnaient encore, il ajouta 13 grammes de sulfate de fer par chaque quantité de 30 grammes de la racine employée à faire la décoction ; puis après Aer la liqueur de 3 à kilogrammes d’eau,

1 6e édition de Thomson, vol, IE, page 201; Annals of philosophy,

Page 1