‹ Supplément à la traduction française de la cinquième édition du Système de chimieChapitre 65 sur 131 · AI · texte numérisé non relu

AI

Préparation,

Propriétés.

\ 394 ACIDIS COMBUSTIBLES.

il la filtra: Elle devint ainsi presque incolore ; ik fit alors bouillir cette liqueur avec une quantité de craie suffisante pour décomposer tout le sulfate de fer qu'elle retenait encore, et pour saturer l’acide kramérique qui y était présent. Après l’avoir énsuite filtrée et concentrée par l'évaporation à un degré convenable, il en précipita la chaux par du carbonate de potasse, et le kramérate de potasse par l’acétate de plomb. Le kramérate de plomb ; lavé préalablement avec soin, fut décomposé par un courant de gaz hydrogène sulfuré , après quoi la liqueur ayant été filtrée et évaporée jusqu’à consistance convenable; elle ne consistait plus que dans une dissolution d'acide kramérique dans l’eau.

L’acide kramérique , ainsi obtenu, est d’une saveur fortement acide, et laisse sur la langue une sensation styptique particulière. On ne peut le faire cristalliser; il est sans action sur les sels de chaux et de magnésie ; mais il décompose tous les sels de baryte et de strontiane, for: mant avec chacune de ces terres deux sels, dont l’un à l’état de sur-sel , est soluble , et dont l’autre est un soussel qui ne se dissout point dans Veau. Le kramérate de baryte n’est ni décomposé, ni altéré par l’acide sulfurique; d’où il suit que l’acide kramérique a, pour la baryte, une affinité plus forte que Pacide sulfurique; il précipite les sels de plomb blancs. Les kramérates de potasse, de Sonde, d’ammoniaque , de chaux et de baryte; précipitent le sel de fer jaune. L’acide kramérique n’a pas d’action sensible sur les autres sels métalliques.

Le kramérate de potasse cristallise en prismes héxaèdres. ù

Le kramérate de soude affecte en cristallisant la même forme ; il est efflorescent à l’air.

* Le kramérate d’ammoniaque fournit des cristaux en barbes de plumes.

‘Tous ces sels sont insolubles dans l’alcoo! ; ils ont peu de saveur, et leur addition à un sel de baryie y occasione un précipité.

Telles sont , suivant que M. Peschier annonce les avoir reconnues, les propriétés de l’acide kramérique. M. Thomson observe qu’elles ont besoin d’être vérifiées; et, dans son opimon, reclifiées en plusieurs points, avant.que

ACIDE GALLIQUE. 595 l’existence de l'acide, comme acide particulier, soit pleinement démontrée , et ses caractères exactement déterminés.” |

De l'acide gallique. DUB 390% 0

M. Thomson annonce, que le procédé proposé, en 1818, par M. Braconnnot, pour la préparation et la purification de l'acide gallique, lui. paraît réunir le double avantage d’être ee économique , et d’un meilleur produit qu'aucun de ceux précédemment indiqués. Dans ce procédé, qui n’est qu’un perfectionnement de celui de Schéele, M. Braconnot opérait ainsi qu'il suit : Après avoir fait digérer, pendant quatre jours, 250 grammes de noix de galle en poudre, dans un litre d’eau, en ayant soin de remuer de temps en temps le mélange, le tout fut jeté sur une toile, en y exprimant fortement le marc ; et le liquide ayant été filtré , on l’abandonna à lui-même dans un vase de verre ouvert depuis le 22 juillet/jusqu’au 22 septembre, ou pendant deux mois. Au bout de ce temps, on trouva que la liqueur n'avait pas sensiblement diminué de volume ; mais il s’y était déposé

. une quantité considérable de cristaux d’acide gallique ,

qui furent séparés du liquide par une forte expression dans une toile. Ce liquide, séparé des cristaux , ayant été ensuite évaporé jusqu’à consistance de sirop, il fournit une nouvelle quantité de cristaux, qui furent séparés de la même manière. Le marc, provenant des noix de galle qui avaient produit la décoction , après avoir été humecté d’eau et abandonné à la fermentation spontanée, ensuile traité avec de l’eau bouillante , fournit une quantité additionnelle de cristaux. Dans ces différentes opérations , M. Braconnot obtint 62 grammes d'acide gallique; mais cet acide était encore coloré et mélangé à une poudre insoluble; il fit bouillir ces 62 grammes d'acide avec trois décilitres d’eau , et filtra la dissolution encore bouillante. La liqueur déposa, en se refroïdissant , 4o grammes de cristaux d’acide gallique d’un blanc jaunâtre, L’eau-mère qui élait brune, évaporée convenablement , donna encore 10 grammes des

1 6e édition de Thomson, vol. 11 , page 202; Journal de pharracie ; VIS 54: , VITE

LA

Préparation.

premiers cristaux obtenus. Pour dépouiller entièrement ces cristaux de leur matière colorante, on les mêla avec huit fois leur poids d’eau et cinq fois leur poids de noir d'ivoire , et ce mélange futtenu pendant environ un quart d’heure à la température de l’ébullition. On le filtra encore chaud; et il se prit, par le refroidissement, en une masse de cristaux blancs parfaitement purs d’acide gallique ; et ces cristaux furent séparés du liquide par expression dans une toile. |

L’acide gallique : obtenu par ce procédé, est blanc comme de la neige et parfaitement pur. Sa saveur est faiblement acide, et il laisse dans la bouclie un goût sucré. ? |

De l'acide ellagique.

C’est par ce nom, formé du mot renversé galle , que M. Braconnot a jugé convenable de distinguer une substance jouissant imparfaitement des propriétés acides, qu’il retira de la noix de galle en même temps qu’il en obtint l’acide gallique. Il paraîtrait, d’après une note de M. Chévreul , qu’il avait déjà annoncé, en 1815, la découverte de cet acide , et décrit plusieurs de ses propriétés dans la partie chimique de L Encyclopédie méthodique, au mot Tannin, et qu’alors il ne lui avait pas donné de nom particulier, parce qu’il ne croyait pas l'avoir obtenu à l’état de pureté.

M. Braconnot ayant filtré la dissolution d’acide gallique produite avec les cristaux qui s’élaient spontanément formés dans l’infusion de noix de galle, il resta sur le filtre une poudre qui consistait dans l'acide ellagique mêlé avec une certaine quantité de gallate de chaux. Pour la débarrasser de ce sel, M. Braconnot traita la poudre avec une dissolution faible de potasse , qui s’unit à l'acide avec dégagement très-sensible de chaleur. La liqueur, d’un jaune intense , ayant été filtrée et abandonnée à l'air, il s’y déposa peu à peu une quantité assez considérable de cristaux, nacrés, qui, après avoir été séparés par le filtre, furent décomposés par de l’acide hydro-chlorique affaibli. R ;

16e édition de Thomson, vol. II, page 204 ; Annales de chimie ct de physique, tome IX , page 161.

ACIDE HYDRO=CGHLORIQUE. 397

L’acide ellagique , ainsi obtenu , est sousla forme d’une poudre blanche avec une légère nuance de fauve. Il n’a point de saveur et n’est pas sensiblement soluble dans l’eau , lors même qu’elle est bouillante. Il ne décompose

pas les carbonates alcalins , même à l’aide de la chaleur ;

mais il s’unit à la soude ou à la potasse caustique, et sature entièrement leurs propriétés. Ces combinaisons neutres sont indissolubles dans l’eau ; mais elles le: deviennent si l’on a préalablement dissout dans ce liquide un peu de potasse ou de soude , et la dissolution de ces sels prend alors une couleur fauve très-foncée. L’ellagate d’am- . moniaque est également insoluble dans l’eau , et l’addition d’ammoniaque, même en excès, ne le rend pas susceptible de, s’y dissoudre. Lorsqu'on agite l'acide ellagique dans de l’eau de chaux, il sépare cette terre des liquides: L’acide nitrique ne semble pas agir d’abord.sur

ces acides ; mais, par une digestion prolongée , le mé-,

lange acquiert par degrés la couleur d’un rouge de sang. L’acide ellagique ne forme aucune combinaison avec l’iode. Chauffé, il ne se fond pas , mais il brûle avec une sorte de scintillation ; 1! laisse du charbon, et produit une vapeur jaune , qui se condense en cristaux transparens d’un beau jaune verdâtre. Ge sublimé est insipide et insoluble dans l’eau, dans l’alcool et dans l’éther ; mais il se combine aisément à une dissolulion de potasse, qu'il colore en jaune ; de manière que ces cristaux jouissent des mêmes propriétés caractéristiques que Facide à l'état de poudre. ? L (4 |

De l'acide hydro-chlorique.

M. Dalton a formé, d’après ses propres expériences, une table des différentes densités de l’acide hydro-chlorique, et celte table est d’une très-grande exactitude ; mais le docteur Hure en ayant donné une plus complète, M. Thomson a considéré, comme plus convenable, de la

présenter de préférence à l’autre dans sa nouvelle édition.

: 6e édition de Thomson, vol. II, page 223; Annales de chimie et de physique, tome IX, p. 187 et 329.

Propriétés,

Table de la quantité d'acide hydro-chloriqué sec correspondant aux pesanteurs spécifiques successives de l'acide liquide.

EEE — 7 '

Acide - || Pesanteur Acide || Pesanteur Acide |

daus 100. || spécifique. | dans 100. |‘ dans 100.

spécifique.

Pesariteur spécifique.

ee — ne | ne | | ———

Je menaennaen enr pncnesn met 0 267 7 PO DT CC POV Ne muet en due é ne mme ee mme nee Me nee nome com |

Le docteur Hure a indiqué une méthode très-utile de

la détermination approximative du poids de lacide réel

ACIDE HYDRO-CHLORIQUE. 399 dans 100 parties de l'acide d’une pesanteur spécifique quelconque. Ce moyen consiste à multiplier la partie dé: cimale du nombre qui désigne la pesanteur spécifique par 148, le produit donne, à peu de chose près, le poids de l’acide réel. En supposant, par exemple ; que la pesanteur spécifique de l'acide est 1 1192 ; alors 0,192 X 148 = 28,416, nombre qui, ainsi qu'on peut le voir dans la table, se rapproche de très-près-de la quantité d’acide réel dans un acide de cette pesanteur spécifique. |

M Dalton a formé la table dais suit du terme d’ébullition de l’acide hydro-chlorique de densités diverses.

Pesanteur l Terme d’ébullition.

spécifique. Degrés céntigrades.

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! Parini les sels que l’acide hydro-chlorique est susceptible de former avec les différentes bases salifiables , M. Thomson place dans l’histoire de cet acide la formation des sels suivans , qu’il décrit ainsi , savoir : Hydro-chlorate de lithine. Ce sel cristallise en cubes semblables à ceux du sel commun ( hydro - chloraté de soude ). Il est très - rapidement déliquescent à l'air. Le sel desséché ne se liquéfie point à une chaleur rouge ; et cependant , lorsqu'il est chauffé au blanc dans un creu-

: Ge édition de Thomson, vol. IT, page 246.

set de platine , il se fond. Dans son état naturel il entre en fusion à une très-basse température. à Hydro-chlorate de morphine. Ce sel cristallise en aïguilles , ordinairement disposées de manière à former des cristaux en barbes de plumes. Sa saveur est très-amère, et il se dissout dans dix fois et demie son poids d’eau froide. Hydro -chlorate de strychnine. W cristallise en. aiguilles très-déliées, qui paraissent être des prismes quadrangulaires. Sa saveur est excessivement amère ; exposé à l’air, il devient légèrement opaque. Lorsque ce sel est soumis à l’action d’une chaleur qui suffit pour le décomposer, il laisse dégager de l’acide hydro-chlorique. H se compose , d’après l’analyse de MM. Pelletier et Caventou , de Acide hydro-chlorique. . . 70725 Sitrébnine ne sie 130, 00 108087

Hydro -chlorate de brucine. Ce sel cristallise en prismes à 4 pans , terminés par des faces légèrement inclinées. Il est inaltérable à l'air, et très - soluble dans l’eau. Exposé à une chaleur suflisante , son acide hydrochlorique est séparé , et le sel est décomposé. Ses parties constituantes sont :

Acide hydro-chlorique. . . . 5,9993 Brucine... . ........ 94,0407

Hydro-chlorate de picrotoxine. L’acide hydro-chlorique de la pesanteur spécifique de 1,145 a peu d'action sur la picrotoxine. Il la dissout cependant à l’aide de la chaleur ; mais il ne s’en sature pas entièrement ; 5 parties de cet acide étendu de trois fois son poids d’eau, dissolvent environ une partie de picrotoxine à la température de l’ébullition. La liqueur, en refroidissant, se convertit en une masse cristalline grisâtre, formée de cristaux confus. Ces. cristaux, lorsqu'ils ont été lavés avec soin, sont presque insipides et élastiques sous la dent. Ils se dissolvent dans environ 400 fois leur poids

ACIDE FLUO-BORIQUE. On d’eau bouillante ?mais ils se déposent en totalité par le: refroidissement de la liqueur’ ‘Leur solubilité “est dé . beaucoup augmentée par la présénce'd’un excès d'acide.

Hydro-chloraté de cadmium. Ge sel cristallise’en pe tits prismes rectangulaires parfaitement transparens et très-solubles ‘dans Peau. Il perd, étant chauffé, son eau de cristallisation ; et alors il se fond avant que la chaleur ait été entièrement portée au rouge. En refroïdissant il: se congèle en une masse cristalline lamelleuse, avec” éclat nacré , se rapprochant de Véclat métallique; mais cette masse perd par son exposition à l’air sa transparence et son éclat, et tombe à l’état d’une poudre blanche ; à une forte chaleur fe sel fondu se sublime en ‘plaques micacées de là même transparence et avec le même éclat ; et éprouvant, par leur exposition à Pair, la même altération. L’hydro-chlorate de cadmium fondu est formé" de ki FRS |

Oxide de cadmium. .. ... . . 70,047 Acide hydro - chlorique. . . . . 29,9753 net* | 100,0000 de manière que 100 parties’ d’acide hydro:- chlorique. . sont saturées par 255,6196 parties decadmium , ou; si: nous. considérons ce composé comme un chlorure: de cadmium , ses parties constituantes seront y

Cadmium, .,,..,.4 + ..,: 01,8077 Ghlore. . . .. ..:.. 38,6195

… De l'acide fluo-borique. ji

MM. Gay-Lussac et Thenard , à qui est due: la découverte de l'acide fluo-borique, annoncèrent ; en présentant en 1811, dans leurs recherches physico-chimiques ,

: 6e édition de Thomson, vol. Il, pag. 253 et fi ; Annales de chimie et de physique, tome X . page 155; Idem, tome XI, pag. 764 Idem, tome XII, pag. 125, 126, 127 et 128; et Journal de pharmacie, vol. I, pag. 541.

lLo2. ACIDES, COMBUSTIBLES.

les propriétés de .cet acide, nouveau , qu'il, transformait en l'alcool en un véritable éther; et, depuis , le docteur Thomson avait dit que, l’ocide fluo-borique formait un. éther lorsqu'on le distillait avec l’alcool. Mais il paraît qu’on n’ayait point.encore examiné, quelle pouvaitêtre la nature de cet éther. C’est pour parvenir à la déterminer qu’il a été entrepris en dernier lieu par M. Desfosses, pharmacien: à Besancon , des recherches sur cette espèce d’éther. En faisant, passer l’acide fluo-borique gazeux dans de l’alcool rectifié à.38 degrés ; en distillant cet alcool ; en débarrassant ensuite le produit de la quantité d’acide qu’il avait pu entraîner , par une nouvelle distillation, après l'avoir, saturé par la potasse caustique ; et enfin, en le rectifiant sur le chlorure de calcium , on obtient un éther fluo-borique ayant une odeur entièrement,analogue à celle de l’éther sulfurique. Gomme ce dernier éther, lorsqu’après l'avoir enflammé, on exposait un vase de porcelaine au-dessus de sa flamme, il se formait un léger dépôt charbonneux, et l’on n’apercevait aucune vapeur acide. Get éther décomposé, en traversant un tube de verré chauffé au rouge , a fourni beaucoup d'hydrogène carboné ; mais l’eau à travers laquelle le gaz avait:été: reçu, n’était nullement acide, ne troublant ni l’eau de:chaux, ni lPacétate de plomb ; et, par:conséquent ; il n'y restait aucune trace de l’acide fluo-borique. Pendant son :éthérification il n’a point élé obtenu d'huile douce du vin: et l’on s’assura que les gaz dégagés dans l'opération n’avaient été produits que par l’action de l'acide fluo-borique sur les élémens de l’alcool. |

On peut conclure de ces nouveaux essais sur l’acide fluo-borique , 1° qu’on peut avec cet acide obtenir un éther analogue à l’éther sulfurique ; 2° que cette éthérification , qui ne donne pas naissance à l’huile douce du vin , et dans laquelle l'acide ne semble pas altéré dans sa nature , a probablement lieu en raison de l’affinité de

l'acide fluo-borique pour l’eau.’

#21 | to N'ES ds LEE ‘0 : Annales de chimie.et.de physique, tome XVI, page 72 et suiv.

ACIDE SULFO- LR TAPAQUR. AUS

Vi 2

De P noté sulfo chyasique j où chyasique sufuré.

M. Von Grétihds | qui Sala. en 1817 ÉArétats of philosophy; xi11, 39), une Suite d'expériences! faites par lui surcet acide , proposa une nouvelle méthode pou r le préparer , et chercha à le faire connaître çomme un composé d'hydrogène uni à une base particulière à la-

uelle il donna le nom d’anthrazothion , et qu’il considérait comme étant un ab Là particulier d de soufre ! de carbone et d’azote.

Ce travail de M. Von Grotthus fut suivi, en 1818 ( Annals of philosophy. xnr, 101 ), de celui sur le même acide , de M. Vogel de Munich, qui, en rectifiant le procédé de M. Grotthus , fit voir, par des argumens très-satisfaisans, que les notions présentées par lui sur la constitution‘de cet acide , sont inexactes: M. Porett ayant répété, en 1819, ses premières expériences , annonça (Annals of philosophy, xuir, 356) que l’acide sulfo- -chyazique est un composé de 2 atomes soufre 'el 1 atome acide chyazique.

Pour se procurer l’acide sulfo- ghyätique : d'aprés le procédé de M. Grotthus, rectifié par M: Vogel; on ôpère de la manière suivante : Après avoir réduit en poudre une certaine quantité de prüssiaté jaune de potasse ; on mêle celte poudre avec son bp br de fleur de soufre.

: M. Gay-Lussac, à qui est due la découverte de la tétitable, constitution de l’acide prussique , donna le nom de cyanogène aux deux de ses élémens , le carbone et l’azote, qu’il reconnut former le radical de cet acide; ê il proposa, en conséquence , le terme hydro-cyanique pour désigner lacide , résultant de l’action sur ce radical, de. lhiydrogène, troisième élément complétant la cornposition de Pic prussique. Depuis, M. Porett s’étant occupé de recherches sur la nature des

russiates triples, et sur des acides paiticuliers que forme, suivant lui, Enoion de certains corps avec les élémens de l’acide prussique, crut devoir changer la dénomination d’acide hydro-cyanique dans celle d'acide chyazique, mot formé des lettrés initiales de ceux, carbone, azote, hydrogène, les trois élémens de l'acide prussique, et auquel il ajouta la terminaison en ique. Et les acides particuliers qu’il annonça être produits par l'acide chyazique avec lé soufre , Poxide de fer, etc. , il les distingua Pa les noms d'acides chyazique sulfuré, ferruré, etc.; et il appela sulfo-chyazates où chyazates sulfurés, ferro-chyazates ou chyazates ferrurés, les sels formés par la combinaison de ces acides particuliers, avec le soufre , oxide de fer, ete. R.

Préparation.

Propriétés.

On expose le mélange dans un flacon , à une chaleur suffisante pour faire fondre le soufre, et on le maintient pendant plusieurs heures à l’état de fusion. Après l'avoir alors réduit en poudre , on met cette poudre.en digestion dans une suffisante quantité d’eau , afin de lui enlever tout ce qui est soluble dans ce liquide. La liqueur étant ensuite filtrée , on y ajoute de la potasse en dose suffisante pour précipiter toute quantité de fer qu’elle peut, retenir en dissolution. Dans cet état, la liqueur consiste-en une dissolution de sulfo-chyazate de potasse dans l’eau. Si, après l’avoir mêlée avec de l’acide sulfurique , on distille , ce qui passe dans le récipient est l'acide sulfo--chyazique pur, avec une certaine quantité d’eau. M. Thomson annonce avoir répété plusieurs fois ce procédé , et trouvé qu’il réussit très-bien.

L’acide sulfo-chyazique , ainsi obtenu , entre en ébullition à la température de 102,5 degrés centigrades ; et, à cette température , il est converti en vapeur, mais non en gaz. ! Lorsqu'on introduit de cet acide dans un creuset de platine chauffé au rouge, il se dégage du soufre, qui finit par brûler avec une flamme bleue, M. Vogel ayant ‘fait passer de l’acide sulfo-chyazique à travers un tube de porcelaine rouge de feu, il obtint à l’extrémité la plus éloignée de ce tube, du soufre, de l’acide sulfo-chyazique non décomposé, et de l’acide chyazique en partie saturé d’ammoniaque. En remplissant le tube de tournures de fer, il se forme du sulfure de ce métal , et il y a dégagement d’acides chyazique et hydro-sulfurique. L'acide sulfo-chyazique cristallise , suivant M. Vogel (Ænnals of philosophy. xui, p. 105), en prismes hexaèdres, à la température de 12,5 degrés centigrades. *

Si l’on mêle l'acide sulfo-chyazique , avec une suñlisante quantité de chlore , le soufre est converti en totalité en acide sulfurique , et il se dégage de l’acide chyazique, L’iode semble faire éprouver à l’acide sulfo-chyazique la même espèce de changement. ( Annals of phi

losophy,, xu1, p. 109.)

* Les autres propriétés de éet acide ont été décrites dans la précé-

dente édition de M: Thomson, et sont exposées dans la traduction de cette édition ,tom. 1], page 326. R.

ACIDE SULFO-CHYAZIQUE. 405

L’acide sulfo-chyazique , forme ; avec le protoxide dé

cuivre, un composé blanc insoluble; e’est un proto-

sulfo-chyazate de cuivre, composé, suivant l'analyse de M. Porett ( Annales of philosoph. xiu; p. 3591) , de

Agde. ut 4e HAT AA Protoxide decuivre. 55 . . . . 9,»

D’après cette analyse, le nombre équivalent, pour l'acide sulfo-chyazique, est 7,394 … 10 Pour déterminer la composition de cet acide , M. Porett exposa un mélange de 4,8 parties de protosulfo-chyazate de cuivré, ét 12 parties de peroxide de cuivre , à l’action d’une lampe à esprit-de-vin : il se dégagea : 104 centimètres cubes de gaz, consistant dans | | certim. cubes. - parties.

Gaz acide carbonique. , . . : . 57 ou 1,056 M2 TON CE JR PONION EEE: ET . Gaz acide sulfureux. . . . : . . 19 ou 0,090 :

Le résidu dans le tube se formait dé

| | A, A parties:

Protoxide de cuivre. . . . . . . 7,06 OUI. 7 à. ee LUNOEpeLe 2,10 Sulfure de cuivre. . . . . ét 00 | 13,56.

Or , 4,8 parties dé proto:sulfo-chyazaté de œuivre con sistant dans | LS

Acide. { ® \ L2 | [3 e L Ù LA LS | L e e L2 2 »1 6

2 "NME COL ht or ES 0

* La totalité de l’oxigèné , contenue dans le peroxide

de cuivre, et dans le proto-sulfo-chyazate,, était de

| parties.

Dans 12 parties de peroxide. . . . 2,400 Dans 2,64 de protoxide. .,. . . .. 0,293

‘Total; : : 2,698

Dont il restait encore 0,84 parties unies au cuivre dans les 7,56 parties du protoxide de cuivre ; de sorte, que le total de l’oxigène consommé dans l’expérience, s’é-

; parties 4 ! r É HS levait à 1,853. Voyons combien il en existe dans l'acide

arties carbonique et l’acide sulfureux produits. 4 1 d’acide carbonique contiennent À de 1,604 = 1,168 d'’oxigène.

0,779 parties d'acide sulfureux contiennent + de

| arties

0,779 ou 0,889. Ces deux quantités réunies font 1,557 ; mais la quantité consommée s'élevait à 1,853, d’où il suit, qu'outre les quantités d’oxigène existant dans l’acide carbonique et dans l’acide sulfureux , il en fut consommé 0,296 de partie. Cette quantité d’oxigène devait avoir donné lieu à formation d’eau; or, 0,296 partie de gaz oxigène représentent à peu près 12 centimètres cubes qui ont dû se combiner avec le double de son volume , où 24 centimètres cubes d'hydrogène.

Ainsi , il paraît que le carbone, l’azote et l'hydrogène de l’acide sulfo-chyazique, en les supposant à l’état gazeux , seraient respectivement entre eux dans les proportions suivantes, savoir :

centim. cubes.

Garbone: 4h RUN o7 7 Dire AGO LE AL EN OS TEUE TS 28 1 Hydrogène. . , . . . . . 24 0,919

Les proportions sont donc à peu près les mêmes que dans l’acide chyazique ; il y a seulement un peu de différence :en'moins dans la proportion de l'hydrogène ; mais en considérant le moyen employé pour la déterminer, on ne sera pas surpris de cette différence, qui s'élève à peine à 8 pour cent.

: Pour connaître actuellement la constitution de l’acide

ACIDE FERRO=CHYAZIQUE. 407 sulfo-chyazique , il ne veste plus qu’à rècherchér 14 quan tité de soufré qui ÿ est préseht, “La pésantéur spécifique du soufre , à l’état de DA Aie ré que celle du gaz oxigène ; et l'acide Sülfureux contieñt in volume égal au sien de sôûfre én ‘vapeur. Il'est donc faèilé, d’après ces données, de ‘déterminer ‘le vélume dé‘soufte ‘dans 3,16 parties d’acide’sulfo-Chyazique?'car la quatitité dé soufre, dans 3,90 parties de sulfure ‘dé‘cuivre ='0,78 parties = 38 centimètres cubes dé'vapéür dé soufre. Cette quantité ajoutée à celle de 19 centimètres Cubes, volame de l’acide sulfureux’, forme un ‘total'de 55 ‘centimètres cubes. On voit ainsi que le volume dé’soufre , à l’étatde vapeur , est le même que celui de ‘Carbone dans! Pacide sulfo-chÿazique ; d'où il paraftirésultér / que lés parties constituantes de l’acide ; sont: °°-°14 Ou 408 fous

1 21volumes soufre. 1 41 F 2 volumes carbone..;!.

hinlovritarmbvolame sazotqoiraos His x + 1. volume, hydrogène, :,,, :;

En substituant des atomes aux volumes, on a le poids et la constitution véritables de l'acide sulfo-chyazique ; il est donc composé de » fever As

. Alu ' ’ L à 14 À 2 atomes soufre : —=:#4 , :

>-atomes carbone = 2,075 1 atome ‘azote —: 1,179 1 1 atomehydrogène=— 0,125 : :

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