‹ Supplément à la traduction française de la cinquième édition du Système de chimieChapitre 72 sur 131 · Idem, rectifié trois fois · texte numérisé non relu

Idem, rectifié trois fois

Le naphte est très-volatil ; lorsqu'on en laisse tomber une goulte sur du papier , elle disparaît en peu de minutes. Cependant son terme d’ébullition cst plus élevé . que celui de l’huile de térébenthine. M. Thomson annonce s'être assuré que le naphte de Perse commence à bouillir dans un vaisseau de verre, à la température de 49 decrés centigrades, et qu’à mesure que l’éballition continue, la température s’élève ; il porta celle du naphte de Perse dans lune capsule d’argent , jusqu’à 178° centigrades. À la température de 23,9 degrés centigrades, la vapeur du naphte peut faire équilibre à une colonne de mercure de 45 millimètres de hauteur. M. Théodore de Saussure détermina la pesanteur spécifique de cette vapeur de naphte, en en pesant un mélange avec de l'air : ordinaire, etil obtint pour cette pesanteur spécifique 2,833. M. Thomson ayant recherché, par le même moyen,

la pesanteur spécifique de la vapeur du naphte de Perse, à la température de 12,78 degrés centigrades , il la trouva être de 2,263. L'expérience de M. de Saussure avait eu lieu à la température de 22,5 degrés; ainsi donc, il est probable que la pesanteur spécifique, de cette vapeur augmente dans un crand rapport avec la température. Lorsque la vapeur du naphte est à l’état de mélange avec de l’air ordinaire, il n’est pas facile de la remettre à l’état de séparation ; elle peut passer à travers l’eau sans éprouver d’altération. L'alcool l’absor- - berait sans doute , et ils’en condenserait une tr ès-grande proportion par le ‘refroidissement de la température.

Le naphte brûle avec flamme d’un jaune intense, et en produisant beaucoup de fumée. Il est insoluble dans l’eau, quoiqu'il communique à ce liquide une odeur particulière. L’alcool en dissout les 0,20 environ de son poids. L’éther sulfurique , le pétrole , les huiles grasses, la poix, l'huile volatile, se combinent avec le* naphie en toute proportion. Îl dissout'la.cire à l’aide dela chaleur , et en laisse déposer une portion -à mesure que la ds refroidit.' Le caoutchouc se gonfle dans le naphte, de plus de trente fois son volume, et devient gélatineux et transparent, mais il s’y dissout à peine. .Cependant , on peut, par ce moyen, mouler le caoutchoue en tubes d’une grande utilité pour les opérations de chimie.

Le APS dissout, à l’aide de la A Pate un peu de soufre et de phosphore , qu'il laisse se déposer ensuite à l'état de cristaux. Les alcalis fixes, non plus que les acides. minéraux concentrés, n’exercent d'action marquée sur le naphte. Jnsait que la potasse anhydre forme, en se combinant avec le naphte, un savon brun ; mais les alcalis hydratés ne contractent point d'union avec lui. Il absorbe environ deux fois son volume de gaz ammoniac.

Lorsqu'on fait passer du naphteà travers un tube de porcelaine rouge de feu, 1l est converti en charbon, en une huile empyreumatique brune, qui, sublimée à la température de 35° centigrades , fournit une portion de. cristaux incolores en tables rhomboïdales avec un éclat semblable à celui du spermacéli , et en une certaine quantité de gaz hydrogène carboné. M. Théodore de Saus-

‘DU NAPHTE. 431 sure essaya d'analyser le naphte ; en faisant détoner un mélange de sa vapeur et de gaz oxigène; et il reconnut , par cette expérience , que 1 volume de vapeur de ‘naphte exige, pour sa combustion complète, 14 volumes de gaz oxigène, eb qu'après la combustion il reste 8,2 volumes de gaz acide carbonique ; d'où il suit que 9,8 volumes de gaz oxigène devaient avoir été employés à la formation. d’eau ; de sorte. qué l'hydrogène dans un volume de vapeur de naphte , s’y trouvant à l’état isolé, s’éleverait à 11,6 volumes. Il en résulterait, pour la

‘composition du naphte , £ 8 atomes carbone. . . . . . . — 6,0 12 atomes hydrogène. . . . . — 1,9

M. Théodore de Saussure conclut cependant luimême de son analyse , que le naphte est un composé de

6 volumes vapeur de carbone } condensé en :

5 volumes gaz hydrogène volume.

Ou, ce qui revient au même, de

6 atomes carbone, . VOLS 7 AIN 5 atomes hydrogène. . . . , . . — 0,625

avec environ 1 p‘ur cent d’azote.

M. Thomson annonce avoir soumis à l’analyse du naphte de Perse dans un tube de cuivre avec du peroxide de ce métal. 1 partie de naphte, ainsi traitée, donna 106,5 centimètres ‘cubes de gaz acide carbonique'et 1,35 partie d'eau. Or, la quantité d'hydrogène dans 1,35 partie d’eau équivaut à 114,7 centimètres cubes , et le carbone dans 106,5 centimètres cubes d'acide carbonique, re présente 106,5 centimètres cubes, donc le naphie est composé de ;

‘6,5 volumes carbone, ou 13 volumes.

7 volumes hydrogène, ou 14 volumes.

Dissolubilité des sels dans l'eau,

452 CÔOMPOSÉS SECONDAIRES.

En substituant les atomes aux volumes, on aura pour la composition du naphte | |

13 atomes carbone. . . . . . = 9,79 14 atomes hydrogène. , , , . =: 1,795 ‘ 11,90

‘106,5 centimètres cubes de carbone pèsent 0,822: 114,7 idem d'hydrogène pèsent. . . . .. 0,148

De sorte que, dans cette analyse, il y a un déficit de

5 pour cent, que M. Thomson est disposé à attribuer à la

présence de l'azote , comme partie constituante du naphte dans cette proportion. |

Des Sels.

Dans l’exposé que M. Gay - Lussac à présenté de ses recherches sur la dissolubilité des sels dans l’eau, il commence par faire sentir toute l'importance de ce genre de connaissances, en observant que, comme opératon chimique, la dissolution mérite de fixer particulièrement l’attention. Considérant ensuite que la solubilité d’un corps dans l’eau dépend de deux causes, de l’afhnité et de la chaleur, il rappelle à ce sujet que c’est Lavoisier qui le premier ait expliqué d’une manière satisfaisante l'influence de la chaleur dans les dissolutions salines, en s'exprimant ainsi dans son Traité élémentaire de chimie : * « Si un sel très-peu soluble par l’eau, l’est beaucoup par le calorique , ce sel sera très peu so-. luble à l’eau froide, et le sera beaucoup , au contraire, à l’eau chaude. Si un autre sel, au contraire, est, à la fois , peu soluble dans l’eau, et peu soluble dans le calorique , il sera peu soluble dans l’eau froide comme

: Ge édition de Thomson, vol. IT, page 394 ; Annals of philosophy, XII, XV, 212, 218, 501. |. | 0 TEA } "are édition, tome IT, page 425.

DES, SELSUOUMUE , : 456 dans l’eau chaude , et la différence ne sera pas très-considérable. : HT AU tETT (y:

» On: voit donc qu'il y a une relation nécessaire entre ces trois choses; solubilité d’un‘sel dans l’eau froide , solubilité d’un même sel dans l’eau bouillante, degré auquel ce même sel se liquéfie par le calorique seul, et par le concours de l’eau ; que.la solubilité d’un sel, à … chaud et à froid , est d'autant plus grande , qu’il est plus soluble par le calorique, ou, ce qui revient au même, qu'il est susceptible de se liquéfier à un degré plus inférieur de l'échelle du thermomètre. » : 2

À la suite de ces observalions générales sur la dissolubilité des sels, M. Gay-Lussac rend ainsi compte de son travail sur cette partie intéressante de la chimie.

On obtient une dissolution saline parfaitement saturée de deux manières; en faisant chauffer l’eau avec le sel , et la laissant refroidir jusqu'à la température: pour laquelle on cherche la solubilité ; ou bien en mettant dans de l’eau froide un grand excès de sel ;eten élevant graduellement la température. Dans chaque cas, il faut maintenir constante la température finale pendant deux heures au moins , et remuer fréquemment la dissolution saline, pour être bien assuré de sa parfaite saturation. Par des expériences directes, que cite M. Gay-Lussac, il a reconnu que dans ces deux manières d’opérer , on obtient absolument le même résultat; et d’après d’autres expériences faites par les procédés que ce savant emploie ordinairement pour avoir des dissolutions salines , expériences dont les résultats ne lui ont offert que des différences , en général très-petites, tantôt dans un sens, tantôt dans un autre , il n’hésite point à admettre, comme un fait certain, que l’eau, pour une température : déterminée, parvient au même degré de saturation, soit en laissant précipiter par le relroidissement l’excès du sel qu’elle tient en dissolution, soit en. dissolvant immédiatement le même sel, pourvu que cette eau reste’ en contact-avec lui pendant un temps suffisant. M. Gay- Lussac fait observer ici, de plus, que le volume des cristaux qui se forment dans une dissolution, ou qu'on y met, n'a pas une influence sensible sur le terme de la saturation. C’est une conséquence de l’affinité chimique ,

454 GOMPOSÉS SECONDAIRES.

qui ne s'exerce qu’à des distances infiniment petites. Il arrive fréquemment que la dissolution d’un sel qui ne cristallise pas , et que, par cette raison, on regarde comme saturée, cède des molécules salines aux cristaux de même nature qu’on y plonge; et l’on en a conclu que les cristaux d’un sel appauvrissent sa dissolution en la faisant descendre au-dessous de son vrai point de saturation, M. Gay-Lussac considère ce fait comme certain , et même comme très-général; mais il l'explique autrement qu'il ne l’a été. Il fait observer que, dans une dissolution saline de température invariable , la saturation étant le terme auquel le dissolvant , toujours en contact avec le sel, ne peut plüs ni en prendre ni en abandonner aucune portion , il s'ensuit, que toute dissolution saline pouvant abandonner du sel sans que la température change, est nécessairement sursaturée. On peut considérer, suivant M. Gay -Lussac , la sursaturation , qui n’est point un terme fixe, comme étant produite par la même cause que celle qui retient l’eau liquide au-dessous de la température de sa congélation. Lorsqu'un liquide doit devenir solide , et même fluide élastique, le changement ne s'opère pas toujours à la température à laquelle il devrait réellement avoir lieu. L'eau, dont le point de congélation est à o°, peut, dans des circonstances convenables, rester liquide à 10 ou 12 degrés au - dessous; et son ébullition qui, dans un vase de métal , a lieu à 100 degrés , est très-sensiblement retardée dans des vaisseaux de verre. Le même liquide peut aussi conserver en dissolution ‘une plus grande quantité d'acide carbonique que ne le comporte la pres- ‘sion. Les effets de cé genre , qui sont très-nombreux, ne paraissent dépendre que de l’inertie des molécules ; cétte force , en général très-faible , cédant au plus léger effort , on n’est jamais sûr de parvenir au terme où l'intensité de ces effets serait à son maximum. On'a bien observé que , dans quelques expériences , l’eau était restée liquide à 10 degrés au-dessous de la température de 0; mais rien n'indique qu'elle ne puisse conserver sa liquidité à un froid beaucoup plus considérable. ; On peut, par des causes qui paraissent étrangères à l'affinité, prévenir ou détruire tous les effets résultant

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