‹ Supplément à la traduction française de la cinquième édition du Système de chimieChapitre 73 sur 131 · DES SELS · texte numérisé non relu

DES SELS

de l’inertie des molécules, c’est-à-dire de leur résistance au changement d'état ou d’équilibre, à laquelle peuvent donner lieu la difficulté des changemens de position des molécules dans un milieu parfaitement homogène ; la viscosité du dissolvant ; la propriété conductrice du calorique,qui, en opposant de la résistance au dégagement ou à l'absorption du calorique, peut maintenir l'équilibre des molécules ; enfin peut-être une influence électrique. Ainsi l’eau se congèle toujours à o°, elle bout à peu près à 100 degrés dans des vases de verre ; elle ne prend point un excès d'acide carbonique, ou elle l’abandonne quand on a soin de l’agiter. A la vérité un morceau de glace initroduit dans. de l’eau restée liquide au - dessous de 0°, détermine très-sûrement sa cristallisation, à cause de l’affinité réciproque des molécules aqueuses qui est plus grande à l’état solide qu’à l’état liquide ; mais ce n’est qu'un moyen de plus de détruire l’inertie, et souvent des corps inertes, surtout quand ils ont des aspérités , produisent le même effet. A 1

On peut obtenir des dissolutions salines sursaturées, , en évaporant très-lentement une portion du dissolvant ; mais il vaut encore mieux laisser refroidir, par degrés insensibles, les dissolutions saturées. Pour quelques sels, le refroidissement peut-être considérable avant que la cristallisation se détermine; mais, pour la plupart, ce refroidissement doit être très-faible; et la cause générale qui produit la sursaturation est évidemment la même pour chaque sel. | | Une dissolution sursaturée d’un sel, du carbonate de soude, par exemple, cristallise comme l’eau restée liquide au - dessous de son point de congélation avec laquelle les dissolutions salines sursaturées ont les plus grands rapports, soit par l'agitation, soit par l’immersiôn d'un cristal du même sel ou d’un corps étranger. De même encore que pour l’eau, on ne peut assigner le terme auquel la sursaturation s’arrête ; ce terme pouvant dépendre accidentellement , dans chaque expérience, de la nature. du vase, de son poli, de sa propriété conduc- trice, de l'agitation de l'air. Or, puisqu'on détermine la cristallisation dans une dissolution saline sursaturée par la simple agitation, il faut que la sursaturation ne

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dépende pas de l’affinité, mais bien d’une force purement mécanique ; car le mouvement ne peut produire ar lui-même des effets chimiques.

M. Gay-Lussac avait déjà fait voir par des expériences, qu il regardait comme très-concluantes , que des dissoluüions salines saturées , dont la température est constante, n’abandonnent pas de sel, et qu’elles restent homogènes dans toute leur étendue ; cependant, pour mettre Lette opinion à l'abri de toute objection , il a cru devoir faire les nouvelles expériences suivantes , dont le résultat a été précisément le même que celui des premières. | Ayant pris deux tubes de verre de deux mètres de lon-

sueur et de trois centimètres de diamètre, il introduisit

dans l’un de ces tubes une dissolution de nitre , saturée à:

la température des caves de l'Observatoire a Paris, et dans l’autre une dissolution, également saturée de sel

marin : deux autres tubes firent remplis avec des disso-

lutions semblables, dans lesquelles il n’y avait environ

que quatre centièmes de chaque sel. Ges tubes, bien fer-:

més , ayant été laissés pendant six mois dans les caves

de l OHtetalrE ‘dans une situation verticale , on a dé-

terminé, au bout de ce temps, par l’évaporation, la quantité de «ta contenue dans l'éau de la partie supérieure et de la partie inférieure de chaque tube, et les dissolutions ont été trouvées parfaitement homogènes.

M. Gay-Lussac ajoute que des cristaux db nitre suspen-

dus au-dessous de la surface d’une dissolution saturée de ce sel, n’ont éprouvé aucune diminution sensible depuis plus dé deUL ans qu’ils sont placés à une température constante dans les caves de l'Observatoire.

M. Gay-Lussac termine ces observations générales sur la dissolubilité des sels, par l° exposé de ses expériences sur ce sujet. Î y procédait ainsi qu'il suit. Après avoir saturé l’eau d’un sel à une température donnée , ainsi

qu'il a été indiqué plus haut, on prend un matras de la

capacité de 150 à 200 grammes d’eau, et dont le col a de 19 à 18 centimètres de longueur ; ce matras ayant été pesé vide, on le remplit au quart environ de la dissolution DER T et on le pèse de nouveau. Pour é évaporer l’eau, on saisit le matras par son col avec des pinces , et on le tient sur un brasier ardent sous un angle d’en-

LUN viron 4o°,.en ayant soin de le remuer continuellement “et de donner, au liquide un mouvement giratoire , afin de favoriser l’ébullition et de prévenir les soubresauts qui sont très-fréquens pour quelques sels, dès que, par l’évaporation , il commence à se déposer des cristaux. Lorsque la masse saline est desséchée, et qu'il ne s'en dégage plus de vapeur d’eau à une chaleur presque rouge, on souflle dans le matras avec un tube de verre adapté à l’extrémité d’un soufllet, afin d’en chasser la vapeur aqueuse qui remplit sa capacité : on laisse ensuite refroidir le matras, et on le pèse. On connaît alors la proportion de l’eau au sel qu’elle tenait en'dissolütion, et on l’exprime en représentant le poids de l’eau par 100. C’est ainsi que M. Gay-Lussac rechercha la solubilité du chlorure de potassium, du chlorure de barium, du chlorure de sodium, du sulfate de potasse, du sulfate de magnésie, du sulfate de soude, du nitrate de baryte, du nitre, et du chlorate de potasse. Ge savant a construit, au moyen d’une planche, les résultats, qu’il obtint ainsi, dont chacun était la moyenne au moins de deux expériences , en prenant pour abscisses les degrés de température, et pour ordonnées les quantités de sel dissoutés par cent parties d’eau ; il en résulte qu'ils ont pu être établis par une ligne droite, qu’on a assujetti à passer successivement par l’extrémité de chaque ordonnée, représentant la solubilité ; et il indique le moyen de trouver facilement l’équation de la ligne de solubilité pour chaque sel essayé. jan pr 9h ; pote 1 M. Gay-Lussac a considéré cette manière de tracer graphiquement ses résultats, comme offrant l’avantage de donner promptement et sans calcul, avec une précision au moins aussi grande que par une expression alsébriqüe , Ja solubilité pour toutes les températures comprises entre celles auxquelles les expériences ont été faites. Il annonce cependant, qu'il se propose dé donner, dans un second mémoire , la solubilité d’un plus grand nombre de sels, en la présentant sous forme de table, au moins de 5 en » degrés de température.

En attendant, M. Gay-Lussac conclut de ses résultats obtenus, qu'ils suffisent, quoique peu nombreux, pour faire voir que, si on ne peut se flatter de réduire la solu-

Hyposulfite.

Seléniates

d'ammoniaque.

bilité des corps à des principes généraux, elle mérite au moins une attention particulière, précisément à raison

- dés écarts qu’elle présente. *

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