M. DE LA POTHERIE
presqu'un contemporain, ‘dit: ‘“ Messieurs de Saint Sulpice, qui sont les curez primitifs, ‘ont une grande église de pierre de taille. Messieurs d'Urfé ét de Quelas'!, familles: illustres, ont jetté les premiers fondements de l'établissément de cette Communauté, qui a été gouvernée dans la suite par des personnes
(1) d’Urfé et de Queylus.
de qualité.’ Le revenu qu'ils tirent de cette Isle est assez considérable ; il le seroit encore d'avantage si le quartier de la Chine, qui en fait la plus belle côte, n’avoit pas été ruiné tout-à-coup par douze à quinze cens Iroquois qui vinrent y faire une irruption en 1689, dans le temps que l'on croyait qu'ils venoient demander la paix. Rien ne fut plus touchant ;: ils brûlèrent cinq lieues de pais, ils passèrent au fil de l'épée” tout ce qu'ils trouvèrent, nous perdimes plus de mille hommes, ils ouvrirent le ventre des femmes enceintes dont ils mangèrent les enfans, & en firent crever d'autres avec de la poudre.” (/Æ7ist. de l'Am., Sept., 1, 340.)
Plus loin, page 343 :
‘ La maison de Mr. l'abbé de Bellemont, de la maison de saint-Andé en Dauphiné, qui est à un quart de lieue de la Ville est un des plus beaux endroits du pais. Il est de la Communauté de Saint Sulpice. Il a dépensé plus de cent mille francs à former une Mission d'Iroquois, qui ont quitté leur pais pour adorer le vrai Dieu. Il en est le père et le soutien ; sa maison est un fort de pierre à quatre bastions ; il a une chapelle de cinquante pieds de long sur vingt-cinq de large, dont les murailles sont revêtues d’un lambris, sur lequel il y a plusieurs ornemens, comme d’Urnes, de Niches, de Pilastres & de Pieds-d'Estaux, en façon de marbre rouge vené de blanc. Les cabanes des Iroquois qui sont plus de cent vingt, joignent le Fort, & sont entourez de palissades. Mr de Bellemont qui scait parfaitement bien leur langue, les instruit lui-même ; il leur fait un catechisme les jours ouvriers après qu’ils ont entendu la Messe de grand matin. Ils se rendent le soir à la Chapelle, où ils font la prière en commun ; ils chantent les jours de Fête la Grande Messe et les Vêpres en leur langue ; il emploie tout son bien % à l'entretien de cette mission, qu'il a partagée en deux. L'autre moitié qui est de cent soixante personnes, est à quatre lieues de la Ville, du côté du Nord. Les Chefs s'aperçevant que le libertinage commençoit à corrompre les mœurs des jeunes Guerriers,
(1) La Potherie fait sans doute allusion au tomahawk, car les Sauvages, bien qu’armés de fusils et de pistolets, ne portaient pas l'épée.
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par la proximité de la Ville, où ils s’amusoient à boire à l'excès, engagèrent, il y a un an, Mr de Bellemont de faire une seconde Mission au Saut au Recollet, où les plus libertins demeurent, dont un Ecclésiastique prend le soin.” (/4:4., 340.)