CHAPITRE ONZIÈME
ÎL N'Y A JAMAIS EU DE CHAPELLE DANS LE FORT. — PREMIÈRE ÉGLISE BATIE EN 1713.
Le regretté Messire Bourgeault, vicaire général et puis administrateur du diocèse de Montréal, ancien curé de la Pointe- Claire, indubitablement la meilleure autorité sur l’histoire de cette paroisse, m'écrivait en 1894 que je fais erreur lorsque je dis à la page 194 du‘ Zake St Louis, qu'en 1706 il y avait une chapelle de bois dans le fort. ‘Il n'y a jamais eu, dit-il, de chapelle, ni de bois, ni de pierre, dans le fort.” J’ai évidemment mal interprété les notes que M. Bourgeault avait gracieusement mises à ma disposition et que je lui ai remises. Je lis cependant dans le résumé que j'en ai fait dans le temps, que la terre concédée à Pierre Barbary, le 15 février 1706, était ‘audessus de l'église de la Pointe Claire”. Le contrat de concession, dont
M. Bourgeault parle dans ses notes, fut peut-être préparé après la construction de la première église en 1713; et s'il le fut avant, il est possible que les parties aient voulu tout simplement indiquer que la terre de Barbary, aujourd'hui la succession Pilon, était voisine à l'ouest de celle de la Fabrique, ce qui est parfaitement exact. Une inscription aux registres de la Pointe-Claire confirme cette dernière interprétation. Judith Claire, fille de Pierre Barbary, fut baptisée le 29 juin 1711 au presbytère de la Pointe-Claire, “l’église n'était pas encore faite”, ajoute le registre. Ce baptême n'aurait pas été fait au presbytère, s'il y eut eu une chapelle au fort. Cette inscription se trouve sur la dernière feuille du registre de la Pointe-Claire pour l’année 1715, ‘ parce que l'acte baptistaire se trouve perdu”; il était probablement écrit sur une feuille volante. Les registres de Lachine et de Sainte-Anne de 1698 à 1713 contiennent plusieurs actes de l’état civil des premiers habitants de la Pointe-Claire, que j'ai signalés dans le Zake S£ Louis, pages 191 et 192. Ils établissent tous que les registres de la Pointe-Claire datent de l'érection de la paroisse et de la construction de l’église en 1713. Jusqu'alors, une partie de la localité allait à Sainte-Anne et l’autre était desservie, à titre de mission, par le curé de Lachine, et une chambre du presbytère, construit en 1705, a dû servir à célébrer la messe et à faire quelques baptêmes. Il est probable que les registres ou les feuilles de papier sur lesquels ils étaient inscrits ont été perdus, comme l'acte baptistaire de Judith Claire Barbary. Nous savons que M. Vilermanla, curé de Lachine durant une bonne partie de cette période, n’était pas toujours soigneux de ses registres. (Zake S£ Louis, 193.)