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certain que le fort Cuillerier était construit en 1689, car Catalogne affirme, dans sa relation du massacre de Lachine, qu'il y 2° alla chercher deux barils de poudre. Les registres de Lachine : du 5 juin 1695 et du 24 septembre 1702 font également men- FA tion du fort Cuillerier. (Co/., de mss., 1, 569 : Lake St. Louis, 75, 78, 92, 94, 96, 121, 165, 166.) 4 Les fortifications furent dirigées par M. de Villeneuve, mes assisté de M. de Catalogne. Villeneuve était ingénieur et fort bon dessinateur, observe M. de Denonville. Il repassa en France à l'automne de 1693, ‘‘ où il peut rester, ajoute M. de ne Champigny, qui n'aimait pas ses manières ; le capitaine de Beaucourt verra aux plans.” Le géographe Franquelin retourna . en France la même année. (Cor. gén., IX, 9; XII, 138.) Vers : cette époque, arriva Jacques Le Vasseur de Néré, qui, pendant des années, dirigea les travaux des fortifications. M. de Catalogne, cité à la page 00 du Lake S4 Louis, nous ! informe également qu'au retour de M. de Denonville, ‘les 1 troupes furent envoyez dans les quartiers d’hyver, une partie qu occupée à travailler à l'enceinte de la ville, et moy envoyé à f Laprairie de la Magdeleine et St-Lambert, y faire deux forts, ne un autre au Sault pour les Sauvages où l'on mit garnison. On. 1 fit en outre vingt-huit forts dans le gouvernement de Montréal où l'on obligea tous les habitans à s’y retirer et d'y apporter tous leurs effets, y ayant mis garnison dans chacun ”. (Co/. de : mss., 1, 564.) Malheureusement, ces ordres furent bientôt oubliés, ce qui fut la cause du massacre de Lachine et de tant
d'autres qui le suivirent.
On lit dans un mémoire du 18 novembre 1689 non signé : $ ‘ On a commencé dès l’année 1687 à réunir les habitations du .. haut de la rivière et à fortifier les postes.” (Cor. gén., X, 538.) à Enfin, en 1688, M. de Callières fait rapport au ministre
“qu'il a fait travailler à faire des réduits à chaque seigneurie avec des pieux de 13 à 14 pieds de long, afin que les habitans Li. et les trouppes qui y sont en quartier puissent se garantir des courses des [roquois ; ils sont venus depuis peu de jours au haut de cette isle au nombre de 200 qui ont bruslé cinq habi-
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endroits et ils y ont aussi perdu de leurs hommes ; ces courses de nos ennemys ont faict connoître à nos habitans la nécessité qu'il y a de se fortifier.
‘“ J'ai faict enclore cette ville de Villemarie de bons pieux en attendant qu'il plaise à Monseigneur de la faire fermer de murailles on du moins y faire construire quelque fort où l'on puisse estre en sûreté”... (Cor. gén., X, 241.)
Chaussegros de Léry, en 1721, dit : ‘“ Mr de Callières fit clore la ville de Montréal d'une enceinte de gros pieux d'environ 15 pieds hors de terre, avec de petites guérites et plateformes, en sorte que cette place était fermée et gardée comme elle doit être et comme sont les villes de guerre” (Cor. gén., XLIV, 116), c'est-à-dire des villes qui n'attendent que les attaques des sauvages.
Ce ne fut qu'en 1692-93 que M. de Callières fit bâtir un petit fort de pieux à Villemarie, à l'endroit où était le moulin à vent, c'est-à-dire la place Dalhousie de nos jours ou la gare de
4 l'Est, qui a longtemps été connue sous le nom de la Citadelle. fi n (/bid., XII, 392: XII 4ës, 425, 428.) 1 “À Quant aux murailles en pierre, elles ne furent faites que | plusieurs années après, aux frais des habitants, au moins pour la plus forte partie. En 1715, une taxe fut imposée qui devait être prélevée annuellement jusqu'à l’année 1718. (Z414., XL, 274; XLI, 144.) Les travaux furent commencés en 1717 par Chaussegros de: Léry, puis suspendus pendant plusieurs années. Repris en 1722 et 1723, ils étaient entièrement termiñés vers 1732. (/&:d., XLIV, 135, 224; LVIII, 112.) Quant aux postes du Bout-de-l'Ile, M. de Denonville écrit, le 8 novembre 1686 : ‘ Songez, s'il vous plait encore, Mer, combien le poste du bout de l'Ile de Montréal est de conséquence, celui de Chasteaugué, celui de la Chesnaye et de l'Ile Jésus.” (Z41a., VIII, 176.) M. de Denonville écrit au ministre, le 10 novembre 1686 : “MM. du Séminaire de Montréal, pour favoriser l’augmentation des établissements dans l'Ile de Montréal, ont, à ma
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prière, concédez au Sr Le Bert le privilège de kastir un moulin de pierres, que j'ai veu commencé, qui nous servira de redoute sur une hauteur au bout de l'Isle de Montréal, qui voit la rivière des :Outaouax, le lac des Deux-Montagnes et la rivière des Prairies qui ferme l'Isle du côté du nord ;Ÿ au près de celuy-là, on travaille à une église pour y faire une cure dont M. l'abbé D'Urfé sera le prélat.” (/414., 200.)
Le 16 novembre 1686, l'intendant de Champigny écrit au ministre : ‘ J'ai entretenu icy leur Supérieur qui me paroist honneste homme et avoir de bonnes vues pour le bien et l'établissement de cette Isle, où on a basti de nouveau un moulin cette année et M. lPabbé D'Urfé m'a promis d'y faire bastir une église dans peu de temps à la teste de l'Isle.” (7474, 322.)
En septembre et octobre 1687, les Iroquois firent plusieurs descentes à la baie D’Urfé, où ils tuèrent plusieurs habitants et soldats de M. du Crusel. (Xegistre D'Urfé à Lachine.)
Le 27 octobre 1687, Champigny écrit: ‘Un autre party de soixante hommes (Iroquois) a attaqué la maison du sieur Le Bert à la pointe de l'Isle. Il y en à eu d'assez hardis pour vouloir arracher des palissades ; ils eurent cinq ou six de leurs gens tuez et blessez et se retirèrent après avoir tué seulement une pauvre vieille sauvagesse et pris un sauvage.” { Cor. gén., IX, 220.)
Le 28 octobre 1687, Denonville ajoute : ‘ J'ay posté Monsieur le Chevalier de Vaudreuil à la teste de l'Isle de Montréal avec six vinct Canadiens pour être en état de tomber brusquement sur l’ennemy.” (/4r4., 227.)—Ces Canadiens furent envoyés le 15 septembre 1687, avec quatre lieutenants et un aide-major. (254.)
Mgr de Saint-Vallier, dans son mémoire ‘ Estat présent de l'Eglise”, écrit et imprimé en France en 1688, page 59, dit :
“M. l'abbé D'Urfé a désiré qu'on le mit au nombre de ceux qui desservent des paroisses e/ 1/ en conduit une des plus exposées avec toute l'application et toute l'ardeur de son zèle.” Le
(1) Evidemment sur la butte où l’on voit aujourd’hui les ruines d’un moulin-à-vent incendié. Le second moulin aurait été bâti au bas de la côte et M. Clouston, le propriétaire actuel, m’assure que les fondations en sont encore visibles. Un croquis en sa possession fait par un officier anglais après la conquête confirme cette impression.
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prélat fait allusion à un état de choses existant en 1686, car il partit du Canada le 18 novembre de l'année 1687. Le registre de M. D'Urfé constate qu'il devint curé de la paroisse de St- Louis du Bout-de-l'Ile en 1686 et qu'il cessa d’en exercer les fonctions à l'automne de 1687. Il a dû s'enfuir devant les [roquois qui ne cessaient d'attaquer sa paroisse, et depuis cette époque jusqu'à la fin de la guerre, le Bout-de-l'Ile redevint une mission de Lachine. Voilà ce qui explique l'observation de M. de Beauharnoïs au ministre, le 3 novembre 1702, que, cette année-là, on avait été obligé d'établir cinq cures nouvelles, entre autres une au haut de l'ile de Montréal et une autre à Saint-Laurent. (Cor. gén., XX, 24 ; Lake St. Louis, 156, 157.)
On pourrait croire que l'effectif de l’armée employée pour défendre tous ces forts et ceux des Trois-Rivières, de Québec et des Pays-d'en-haut, était considérable. Loin de là : il comprenait d'abord la milice canadienne, qui, de l’aveu des autorités, était la plus efficace mais ne devait pas dépasser 10 à 1200 hommes, et en second lieu les troupes venues de France. De 1668, année où le régiment Carignan-Salières fut licencié, à 1684, pas un seul soldat ne fut envoyé, et la défense de la colonie fut laissée aux miliciens et aux soldats et officiers du régiment Carignan établis au pays. (Cor. gén., XL, 211.)
En 1685, M. de Denonville arrivait avec quelques compagnies de troupes de la marine. (Zakontan, 1, 83.) En 1686, M. de Champigny amenait aussi quelques compagnies.
En 1687, juste au moment du départ de M, de Denonville pour Cataracoui, M. de Vaudreuil arrivait avec 800 recrues, formant 16 compagnies de cinquante hommes chacune. En 1688, M. M. de Gallifet débarquait à Québec avec 300 recrues, ce qui éleva le chiffre total des troupes à 32 compagnies. (Cor.,
gén., IX, pp. 13, 10, 144, 243, 374.) Le 5 juillet 1689, vingt-deux :
compagnies étaient campées près de Villemarie, sans compter les garnisons aux différents postes. (Co. de mss. 1, 567, 568 ; Cor. gén. X, 374, 385). En 1600, un an après le massacre de Lachine, il ne restait plus que 1300 soldats. (/4:4., XI, 255.)
De 1687 à 1690, la colonie avait perdu à la guerre 500 soldats
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et officiers et ‘‘ quantité des meilleurs Canadiens ”. (/414., XII, 267, 272, 312.) En 1687, la rougeole fit de terribles ravages. Le 27 octobre de la même année, M. de Denonville écrivait : ‘ [l est mort bien du monde de tous âges et de tous sexes. [Il est bien mort des sauvages de nos missions. Du seul village de Sillery, il y a plus de cent trente morts.” (Coz. de mss. 1, 405.) En 1691, M. de Frontenac demanda 1000 recrues, qui, observe-t-il, suffiron à peine pour compléter vingttrois compagnies. (Cor. gén. XI, 368, 526.) En 1692, il ne restait plus que 987 soldats, y compris les officiers, mais l’année suivante, arrivèrent 400 recrues. (Z414., XII bis, 470.)
Parmi les officiers et notables tués durant la guerre avec les Iroquois, je relève les noms suivants :
De La Rabeyre.
Le sieur de Monténon.
1689, à Lachine.
1690, Pte-aux-Trembles.
‘de Coulombe, 005 à ts “Le Moyne de Ste-Hélène, ‘au siège de Québec. dé CIBRMONE Le aime ni de
de La Touche ‘ Dommerque. 1691, à ou près Laprairie
de la Madeleine.
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Le Moyne de Bienville, : . . :," 1:
Le sieur de Blainville. . . . fe si
“de Lusignan. 1692, aux îles du Richelieu.
‘“ De la Brosse de Beau- Long-Sault de EDR, oi... l'Outaouais.
Joachim de Boucherville. . . 1692, Long-Sault de
Pierre Nicholas Jetté, fils d'Urbain, l'Outaouais. ancêtre du lieutenant-gouverneur. ‘ “ Le Gardeur de Montesson. . d d Lé sieur de Hertel, fils... . is ‘de -LatPotterie:. is à 4 “de La Valtrie, fils . . 1693 au rapide de Ste- Anne.
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Au nombre des officiers, j'ai mentionné, à la page 99 du Lake St. Louis, le nom de Jacques de Malleray de Noiré, sieur de La Mollerie, enseigne, qui commandait à Lachine en 1690 et 1701. Il appartenait à une famille illustre, étant le fils de.la duchesse de La Mollerie, et, pour cette raison, eut moins de difficulté à recevoir le pardon de plusieurs homicides qu’il commit tant en France qu'au Canada. Le 10 octobre 1695, il demandait l'enregistrement au Conseil Supérieur de lettres de grâce du Roi pour l’homicide, en France, de Jean Guillot, sieur de La Forest, dans lesquelles Sa Majesté déclare que La Mollerie ‘s'est distingué dans toutes les occasions qui se sont présentées contre les Anglois et les Iroquois, de même que dans le commendement des forts qui lui ont été confiez ”. Plus tard, d'un coup d'épée, il tua en plein jour dans une des rues de Québec, le nommé Charles Justel de Soissons, qui l'avait injurié, mais lui avait fait excuse. Il eut son pardon du Conseil Supérieur de Québec. Une vie de crimes, si indigne d’un gentilhomme, devait avoir une fin tragique. En 1715, il fut tué dans un duel par d’Ailleboust d'Argenteuil, aussi enseigne, appartenait à une ancienne famille noble, d'origine allemande. Son ancêtre avait été le médecin de François rer. ( /ug. el Del, III, 1058, 1060, 1063 ; Cor. gén, IV, 56 ; XLI, 144.) Les d'Aiïlleboust ont encore des descendants dans le district des Trois-Rivières.