‹ Supplément au "Lake St. Louis" &c [microforme]Chapitre 4 sur 43 · A AT TE ON · texte numérisé non relu

A AT TE ON

CONSTRUITS VERS 1687.— LA PRÉSENTATION. La MONTAGNE.

— LACHINE. — SENNEVILLE, — BAïE D'URFÉ. — VILLEà MARIE. — COUT DES TRAVAUX ENTREPRIS EN VUE DE LA ;: GUERRE DE 1687. — EFFECTIF DE L'ARMÉE. — OFFICIERS TUÉS. — JACQUES DE MaLLERay DE La MoLLEeRIE, —

D'’AïILLEBOUST D'ARGENTEUIL.

La Correspondance générale déposée aux archives canadiennes, depuis que le Zake S£ Louis a été publié, fixe d'une manière exacte des dates importantes, qui, sans cette source d'information, seraient restées plus ou moins incertaines.

(1) Lake St. Louis, 89 à 98, 140 à 163.

À la page 89 du Zake St Louïs, je dis que les forts de Lachine furent construits vers 1687. La Correspondance générale établit ce fait d'une manière indubitable, elle dit même que l’erceinte de pieux construite autour de Villemarie ne fut terminée que cette année-là. Jusqu’alors, la ville et presque toute la campagne de l’île de Montréal étaient ouvertes, ce qui ne causait aucune inquiétude, car la paix avec les Iroquois n'avait cessé de régner depuis 1666. On voyait bien quelques places fermées comme la Montagne et La Présentation et aussi quelques moulins à vent à Lachine, Senneville et ailleurs, lesquels, au besoin, pouvaient servir de redoutes. Le vieux fort de bois de Villemarie, construit : la Pointe à Callières en 1643, tombait de vétusté et n'offrait aucune protection à la ville qui s'étendait bien au-delà sur le côteau où se trouve aujourd'hui la partie commerciale de Montréal. Egalement le fort des Sauvages de la Montagne, flanqué de tours de pierres que l'on voit encore et entouré d'une bonne palissade, (Marery, III, 523) était trop éloigné et trop étroit pour en recevoir la population qui dépassait 1,000 âmes. Dès 1684, les Iroquois devenaient menaçants et faisaient la guerre à nos alliés de l'Ouest. M. de Denonville résolut d'aller les surprendre et les attaquer dans leur pays situé au suüd du lac Ontario. (Cette décision nécessitait la construction de palissades et de petits forts de bois pour protéger particulièrement Villemarie et tout le haut .de l'île de Montréal, où se trouvaient les habitations le plus exposées, car l'expérience du passé avait démontré que les Iroquois n'attaquaient jamais une place palissadée d'où grondait le canon, qu'ils appelaient le tonnerre des blancs.

M. de Caillières écrit au ministre en 1685 : “ La ville de Montréal n’a pas de closture, ny réduit. ” Il se propose de faire travailler les soldats, ‘ à une closture de palissades terrassées autour de Ville-Marie avec des redans dans les endroits les plus nécessaires”. Tous les habitants de l'ile “s'y retireroient avec leurs meilleurs effets.” (Cor. gén., VII, 107.)

(1) De la Potherie en fait une description complète.

Le gouverneur de Denonville écrit au ministre le 12 novembre 1685 : ‘ A l'isle de Montréal, il n'y a aucure apparence de réduit que celuy des sauvages de la Montagne que Mr de Belmont a fait fermer avec beaucoup de soin et d'application. Ainsy l’on peut dire avec vérité que depuis la rivière du Loup jusqu’à la pointe de l'isle de Montréal, qui sont plus de cent lieues de long, il n'y a pas un seul endroit à pouvoir mettre quoique ce soit à couvert d'un ennemy.” (/6r4., 205.)

Le 8 mai 1686, M. ce Denonville écrit : ‘ Pas de réduits ou de lieux fermez encore sur l’isle de Montréal... Il faut en avoir un pour chaque Seigneurie pour y mettre en seureté le peuple, ses grains et ses bestiaux. — I] faut des murailles pour Villemarie afin de tenir les magasins en seureté et de réfugier toute l'isle pour tenir teste aux ennemis.” (/Z44@., VIII, 0, Margry, V, 15.)

Le 12 juin 1686, M. de Denonville représente au ministre que les habitations sont trop éloignées et qu'il n'y a pas encore de fort ou réduit. (Cor. gén., VIII, 129.)

La même année 1686, le ministre écrit à M. de Denonville : “ Il ne faut bastir des forts, réduits et retranchements que dans des passagès importants... Il faut construire un magasin à Villemarie pour mettre les poudres qui sont dans une chapelle.” (/6id., 69, 84.)

Le 10 novembre 1686, M. de Denonville écrit au ministre : ‘ Ayant la guerre comme il est impossible de l'éviter, il faut s'estudier absolument et s'appliquer à resserrer les habitants, ce qui ne se fera pas sans de grandes peines, et ce qu'on n'ose entreprendre que la guerre ne soit déclarée.” (/6id., 200.)

M. de Belmont dit dans son Æistoire du Canada qu'en 1686 Villemarie fut entourée d'une enceinte de pieux ; mais la vérité est qu'elle fut commencée cette année-là et ne fut finie que l'année suivante. En 1687, M. de Denonville écrivait à ce sujet : ‘“ J'ai fait faire quantité de gros et longs pieux dont il y a les deux tiers de plantés, au moins plus de la moité”. (Z4rq., IX, 38, 40.)

Les forts de Lachine ont été construits à la même époque.

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Le 8 juin 1687. M. de Denonville écrivait à son départ pour la guerre : ‘‘ Palissade de pieux faite autour de Villemarie. Je laisse M. le Chevalier de Vaudreuil dans le pays pour y commander les troupes et pour avoir l'œil sur les postes nécessaires à occuper et retrancher pour leur sûreté et celle des habitants ; il travaille à leur faire des palissades, tandis que M. de Champigny yra de seigneurie en seigneurie pour donner tous les ordres nécessaires ”. (/624., 40, 45.)

M. de Denonville modifia son plan de campagne. M. de Vaudreuil l'accompagna tout le temps de l'expédition et M. de Champigny les devança jusqu'à Cataracoui ; mais il reprenait le chemin de Montréal deux jours après son arrivée, pour aller surveiller les fortifications du gouvernement de Montréal et préparer la traversée des prisonniers [roquois.

Au retour de son expédition, qui certes fut loin d'être glorieuse, le premier soin de M. de Denonville fut de s'occuper des fortifications. Les Iroquois, furieux de la perfidie dont ils avaient été victimes à Cataracoui, l'avaient même attaqué sur la route en descendant et il avait raison de voir, sans plus de retard, à la défense des avant-postes du haut de l’île de Montréal. Quelques jours après son retour à Villemarie, le 20 août 1687, il écrit au ministre: ‘ Nous allons obliger tous les peuples à faire des réduits et à se clore de palissades.” (7414. 104.) Puis, le 6 novembre de la même année, il ajoute ‘On vous rend compte ailleurs, Monseigneur, de tous les petits réduits qui se font par les habitants et les soldats pour leur seureté avec des palissades sans qu'il en coûte rien au Roy”. (/bid. 9.) Le Roi fit cependant quelques dépenses pour les fortifications. La Correspondance générale constate qu'elles s'élevèrent en 1687 à 20,000 liv. et en 1688 à 19,990 liv. (Z414., X, 304, 311.).

Enfin, le 10 août 1688, M. de Denonville écrit. ‘ Le party qui a été pris de faire des forts dans chaque seigneurie pour y réfugier les peuples et les bestiaux, est le seul expédient que l'on a pu prendre pour garantir le peuple de sa perte asseurée.”

(Zbid., 105.)

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Les événements de l'automne de 1687 démontrèrent que ces mesures de défense n'avaient pas été prises trop tôt. ‘“ Les Iroquois, ” dit le Père de Lamberville, ‘dès la fin de 1687 avoient insulté nostre colonie en divers endroits par le meurtre et la captivité de plusieurs françois.” (Aockemonteix, VI, 618.) Le 9 novembre 1687, les Iroquois descendirent jusqu'à Contrecœur, où ils tuèrent un habitant nommé Pierre Caillonneau, dont tous les biens furent ‘pilléz, bruslés et abbandonnéz”. (/ug et Dél, VII, 865.) En septembre et octobre de la même année, ils firent une descente sur le haut de l'ile de Montréal où ils tuèrent deux soldats de M. du Crusel et huit habitants dont le lecteur trouvera les noms à la page 113 du Lake Sz. Louis. .La localité était cependant protégée par le moulin à

. vent de M. Le Ber, entouré d’une bonne palissade ; mais il se

trouvait à la pointe de l'ile, loin de la baie d'Urfé, où étaient la mission et plusieurs habitations. Le missionnaire, M. D'Urfé, et presque toute la population furent forcés de chercher refuge

à Lachine et Villemarie. C'est dans cette fuite que probable-

ment M. D'Urfé laissa le premier régistre de sa nouvelle paroisse au presbytère de Lachine, où il est encore aujourd'hui relié avec ceux de la paroisse, dont elle redevenait une simple mission. Lachine était alors en état de défense, d’abord par le fort de la Présentation (Dorval) qui était fermé dès 1685, lorsque le Séminaire l'échangea avec Pierre Le. Gardeur de Repentigny, et c'est là que logèrent les premières troupes qui furent envoyées à Lachine à l'automne de 1687 sous le commandement de Du Crusel ; en second lieu, par le fort Rolland et le fort de l'Eglise ou Rémy, où des compagnies de réguliers étaient certainement én garnison en février 1688. (Lake St. Louis, 90 à 92, 98); et enfin par le fort Cuillerier, au bas de Lachine, à quelques arpents plus haut que la Commune, bien que les registres de Lachine ne fassent aucune mention de mili

taires qui y fussent stationnés. Il est possible que ce poste fût. temporairement desservi par le missionnaire des Sauvages de la Commune, M. Louis de la Faye, jeune prêtre de Saint-Sul-

pice, dont le registre serait perdu. Quoi qu'il en soit, il est

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