CLINIQUE ET PHYSIOLOGIE EXPÉRIMENTALE
N» 7â. — Etude expérimentale sur la métalloscopie, l'hypnotisme et l’action de divers 'figents physiques dans l'hystérie, premier mémoire de MM. Dumontpallier et Magnin, présenté à l’académie des Sciences.
N“ 73. — Second mémoire sur le même sujet, présenté par MM. Dumontpallier etMagnin, à l’académie des Sciences.
(23 janvier 1882.)
Dans ces mémoires nous avons étudié l’action do différents métaux appliqués à la surface du corps chez des hystériques en état de veille et en état d’hypnotisme.
L’aptitude métallique ayant été reconnue sur les. malades en état de veille, nous avons pu, à l’aide de plaques métalliques disposées sur l’un des côtés du front ou de la région ombilicale, déterminer des phénomènes croisés alternes, à savoir le retour de la sensibilité dans le membre supérieur d’un coté et le membre inférieur du coté opposé.
De plus, les mêmes malades étant hypnotisées et les plaques métalliques étant disposées comme en l’état de veille, nous avons déterminé par une irritation de la peau des phénomènes croisés alternes, de contracture et de catalepsie.
Ces faits nous ont conduit à penser qu’il existe vraisemblablement un entrecroisement des fibres nerveuses, sensitives et motrices dans la région dorso-lombaare, ce qui expliquerait l’action croisée alterne des membres dans la marche des quadrupèdes, le balancement croisé alterne des membres supérieurs et inférieurs dans la marche ordinaire de l’homme, et lorsqu’il marche à quatre ■ pattes; dautres résultats de nos expériences nous ont de plus conduit à, penser qu’il existe des centres médullaires synergiques pour les membres inférieurs et supérieurs.
De tous ces faits ressort aussi cette conclusion qu’une irritation périphérique minime, d’une région -de la peau chez une hystérique hypnotisée, détermine des actes réflexes cutano-musculaires qui se manifestent par une contraction plus ou moins durable d’un muscle ou d’un groupe de muscles correspondant à la zône cutanée excitée.
. Bientôt l’expérimentation devait nous apprendre : 1° que l’application de plaques métalliques, sur les régions frontale ou ombilicale réveillent la malade hypnotisée; que le malade étant
éveillée, l’hypnotisation est impossible lorsque des plaques sont appliquées sur les régions frontale ou ombilicale.
' Dans le second mémoire nous avons étudié l’action de la force neurique. Dans nos expériences nous' avons déterminé maintes fois la contracture et la déoontracture des muscles par le regard, par le souffle, par l’action des extrémités digitales à distance. Cela est hors de doute pour les personnes qui ont assisté à nos expériences.
Ces manifestations ne procèdent-elles que de modifications périphériques déterminées sur la peau et sur les organes des sens par des agents physiques. Nous le croyons et. nous en avons établi la démonstration dans un grand nombre d’expériences où nous avons agi avec le vent d’un soufflet ordinaire, la chaleur, le froid, les courants électriques, la lumière solaire directe ou réfléchie, les raies du spectre, le son, etc., etc.
L’expérience des ondes sonores transmises au moyen d’un tube en caoutchouc de 7 mètres de long, et celadans des conditions ignorées des malades, a donné des résultats sur l’appareil musculaire qui ne peuvent laisser subsister aucun doute et mettent en grande évidence l’extrême impressionnabilité réflexe des hystériques en état d’hypno-
L’agent physique qui chez l’hystérique hypnotisée a fait une action défait cette action. De inême l’un quelconque des agents physiques que nous avons employés peut défaire l’action produite par les autres agents physiques.
La continuité d’action prolongée d’un même agent défait le phénomène produit par ce même agent.
La force dite neurique rayonnante ne serait donc qu’une manifestation des agents physiques.
N" 74. — Sur les règles à suivre dans Vhypnotisation dÿs hystériques. — Note présentée à VAcadémie des sciences (par MM. Dumontpallier et Magnin).
(Séance du 8 mare 1888)
' Dans cette note nous avons exposé les procédés les plus simples
pour produire chacune des trois grandes périodes do l’hypnotisme et pour faire cesser méthodiquement chacune de ces périodes.
Pour défaire une période isolée, il suffit d’avoir recours au procédé qui l’a produite.
Pour défaire la série des trois périodes, il convient, pour éviter toute complication, de faire disparaître successivement les états provoqués en ordre précisément inverse de l’ordre de leur production, en employant les procédés qui leur ont donné naissance.
Supposons la malade mise d’emblée en léthargie par le frottement des globes oculaires, puis en catalepsie par l’action de la lumière et enfin en somnambulisme par pression sur le vertex. Pour ■faire descendre l'échelle, il suffira d’abord d’exercer à nouveau la même pression sur le vertex pour faire cesser l’état somnanbulique et obtenir de nouveau la seconde phase, c’est-à-dire la catalepsie. Puis l’action de la lumière réfléchie sur les yeux du sujet défera la catalepsie pour reproduire le degré inférieur de l’échelle, c’est-àdire la léthargie. Enfin la pression sur les globes oculaires déterminera le réveil.
Dans l’exemple précédent, le procédé qui a fait l’un des états a défait ce même état, en reproduisant dans l’échelle descendante la phase qui -l’avait immédiatement précédée dans l’échelle ascen-
Nous pensons que, dans toutes les expériences d’hypnotisme, il faudra toujours avoir présent à l’esprit ce principe formulé par l’un de nous, à savoir, que la cause qui ,a fait défait. Il faudra toujours employer, pour faire disparaître un état produit, l’agent même qui a servi à le déterminer, quelle que soit d’ailleurs la nature de cet agent.
Nous insistons sur ce fait pour deux raisons ;
La première, pour éviter de se trouver en présence d’états mixtes, états qui se sont souvent rencontrés par le fait de la subtitution d’un agent à un autre dans le cours des expériences.
La seconde raison d’agir ainsi nous paraît bien justifiée par ce fait que le réveil s’effectue toujours normalement et avec calme.
lorsque, pendant-toute la durée des expériences, on s’est conformé rigoureusement aux règles que nous venons de poser. Les malades, dans ces conditions, déclarent n’éprouver aucune fatigue, une fois réveillées.
Nous pensons, en résumé, que tout expérimentateur qui voudra suivre cette méthode n’aura à redouter, pour le sujet en expérience, aucun inconvénient dans la détermination des différentes périodes de l’hypnotisme.
TnÉRAPEÜTïQUE
N° 75. — Da salicylate de soude dans le rhumatisme .— Action analgésiante locale. — Abaissement du pouls et de la température.
(Société dé Biologie, il août 1877.)
N“ 76. — Clinique thérapeutique. — Conférences à l’hôpital de la Pitié.
Dans les deux premières conférences, mettant à profit les expériences consignées dans les rapports que j’avais rédigés pour la Société de Biologie sur la métalloscopie et la métallothérapie, j’exposai la méthode expérimentale et thérapeutique dite le Burquisme et je m’attachai surtout à montrer comment l’inventeur avait été conduit à reconnaître l’aptitude métallique de chaque malade hystérique et à administrer à l’intérieur différents métaux suivant les indications que lui avaient fournies la métalloscopie, c’est-à-dire l'application externe du métal. Ce n’est pas le lieu de rappeler ici toutes, les phases de ces longues et consciencieuses recherches. Elles ont été consignées antérieurement dans nos rapports à la Société de Biologie et on en trouvera le complément historique dans les deux conférences auxquelles je fais allusion en ce moment.
Mais ce qui importe, c’est d’insister sur lefait suivant, à savoir quej les rapports de la commission de la Société de Biologie ont ouvert une voie nouvelle à l’expérimentation physiologique et thérapeutique ; aussi est-ce à partir de cette époque qu’à la Salpétrière et dans, d’autres hôpitaux de Paris lurent reprises des études intéressantes sur l’action thérapeutique des aimants, de 1 électricité, de l’eau à différentes températures. A partir de ce moment, les recherches furent nombreuses et fructueuses sur les agents dits esthésiogènes, et la science enregistra les mémoires importants du professeur Vulpian sur l’électricité, du professeur Charcot, du D' Proust et de son élève, M Ballet, duD'Debove, sur les aimants, duD' Thermes, sur l’action de l’eau chaude et de l’eau froide. Ces différents observateurs confirmaient par leurs expériences la découverte du transfert de la sensibilité et de la force musculaire au moyen de différents agents esthésiogènes.
C’est ici l’occasion de mentionner que mes recherches personnelles m’avaient conduit à poser cette loi consignée dans l’interprétation théorique des rapports de la Société de Biologie « que les modifications périphériques du système nerveux déterminent une modalité fonctionnelle des centres nei-veux ». Cette modalité pouvait, suivant moi, avoir un résultat thérapeutique et celte action relevait des actes dits réflexes.
Je continuerai donc mes expériences, guidé que j’étais par cette interprétation de physiologie, de pathologie et de thérapeutique générales, ainsi que cela est établi par la note suivante :
N“ 77. — Note sar l'analgésie thérapeutique locale déterminée par l'irritation de la région similaire du côté opposé du corps. (Lecture à l’Académie de médecine, novembre 1879.)
(Comptes renJus de la Société do B ologie. - Page 861. 1879.)
Dans cette note j’établis :
1° Que l’injection hypodermique médicamenteuse est un acte complexe, lequel comprend l’action du médicament, l’action irri-
tante du véhicule, c’est-à-dire de l’eau, et enfin l’action irritante de la piqûre de la peau.
La douleur peut être modifiée par la simple piqûre de la peau ; d’autres fois, l’irritation sous-cutanée par l’eau ordinaire ou distillée est suffisante. Enfin, dans d’autres cas, il est nécessaire d’avoir recours à l’injection médicamenteuse pour obtenir la cessation de la douleur.
a“ Je démontre que l’action irritante expérimentale, transmise de la périphérie aux centres sensitifs, détermine dans les centres nerveux une modification dont la conséquence est la cessation de la douteur.
L’action thérapeutique est produite lorsque l’on agit loco dolenti, et, de plus, elle est produite lorsque l’on porte l’irritation sur la région similaire da côté opposé du corps.
A l’appui de cette action irritante croisée thérapeutique. Je rappelle que l’expérience a été répétée plusieurs fois par mes élèves et par moi dans les cas d’arthrite rhumatismale, de pneumonie et de pleurésie.
N° 78. — Elude sur le même sujet, par Desenne. élève de mon service.
(Tlièse inaugurale 1830. Paris.)
Névralgie inter-costale; névralgie sciatique; Rhumatisme blennorhagique ;
Pneumonie ; pleurésie ;
Rhumatisme articulaire aigu ;
Coliques saturnines; pelvi-péritonite;
Cancer de l’estomac; phthisie pulmonaire.
Les observations consignées dans cette thèse sont au cingt-deux. Elles ont été recueillies dans mon service
nombre de et elles dé-
fiée favorablement, d’une façon passagère ou durable, par l’agent irritant appliqué loco dolenti ou sur la région similaire du côté opposé du corps.
Ces faits, conslatés par le docteur Desenne, l’avaient été déjà par mes internes, MM, Faisans et Millet, pour l’année 1879.
N" 79, — Conférences sur les actes réflexes et les zones réflexogènes. Application thérapeutique.
Dans ces conférences. Je me suis attaché à démontrer la part des irritations périphériques dans les actes physiologiques, pathologiques et thérapeutiques.
Toute impression périphérique, ayant pour siège les surfaces cutanée, muqueuse, séreuse ou un parenchyme organique, est transmise aux centres nerveux par un nerf centripète sensitif et détermine dans les centres nerveux une modification qui se traduit par un acte secondaire ou de retour vers la peau, les muqueuses, les séreuses ou les parenchymes organiques. Cet acte secondaire, transmis par les nerfs centrifuges de la vie de relation ou de la vie végétative , se traduit par des phénomènes physiologiques, pathologiques et thérapeutiques.
L’ensemble de ces actes constitue la chaîne réflexe et, les conditions dans lesquelles se produit cet ensemble constituent l’état physiologique, divers étafs pathologiques ou les modifications thérapeutiques.
Les systèmes nerveux cérébro-spinal et ganglionnaire interviennent isolément ou simultanémentdans la production des actes réflexes.
Cette théorie des actes réflexes m’a conduit à rechercher les zônes réflexogènes, c’est-à-dire les sièges d’élection des irritations périphériques, qui peuvent modifier les grandes fonctions de la respiration, de la circulation, de la digestion, etc,, etc.
Cette théorie permet d’analyser l’étiologie d’un grand nombre
d’états morbides et fournit des indications thérapeutiques dont les résultats sont souvent favorables.
Les remarquables découvertes de Brown-Séquard sur l’épilepsie expérimen taie donnent un appui considérable à la théorie des réflexes dans l’étude analytique de l’étiologie des maladies et dans les indications thérapeutiques.
Dans ces dernières années, M. le professeur Charcot et ses élèves ont étudié les zônes hystérogènes, et moi-même, en recherchant expérimentalement les conditions qui font et défont les diverses manifestations hystériques, j’ai pu établir que tous les phénomènes déterminés ne sont que des phénomènes d’ordre réflexe, et l’action souvent favorable de la métallothérapie, de l’électricité, des aimants et de l’hydrothérapie méthodique dans l’hystérie ne peut être sérieusement interprétée qu’en faisant intervenir la théorie des actes réflexes. — L’excitation périphérique consciente ou inconsciente poulies hystériques modifie les centres nerveux, et cette modification a pour résultat la cessation des actes morbides ou leur transformation en d’autres actes morbides.
N" 80. — Conférence sur la valeur séméiotique de la douleur; des indications thérapeutiques fournies par l’élément douleur-, des agents modificateurs de la douleur.
N" 81. — Confèrence sur les anesthésiques, le chloroforme, l'éther, le chloral.
Union thérapeutique simultanée de la morphine et du chloro-
Indications spéciales des différents anesthésiques dans les convulsions, dans l’éclampsie, les coliques hépatique et néphrétique.
Étude physiologique de l’analgésie sans production du sommeil anesthésique dans les affections douloureuses.
Étude de l’analgésie expérimentale dans les différentes périodes de l’accouchement.
N" 82. — Eiade expérimentale sur le refroidissement du corps
humain au moyen de l'appareil réfrigérateur de MM. Du-
montpallier et Galante.
L’hyperthermie dans les maladiesn'étant pas seulement un symptôme, mais une lésion mère de beaucoup de complicationsultérieures, un agent destructeur des humeurs et des tissus, ainsi que l’avait écrit le professeur Hirtz, nous avons recherché les moyens d'abaisser la température du corps humain d’une façon progressive, continue ou intermittente, par un procédé dont l'action fût scientifiquement mesurable à chaque moment de l'expérience thérapeutique et cela sans exposer le malade à aucun danger.
Nous croyons avoir résolu le problème au moyen de l’appareil que nous avons présenté à l’Académie dans sa séance du 2 mars
Je ne puis rapporter ici le résumé des nombreuses expériences que j’ai faites et qui se trouvent relevées dans plus de 150 tableaux graphiques qui indiquent la marche de la température sur l’homme sain et sur l’homme malade.
Les principales conclusions de cette communication à l’Académie peuvent .être formulées de la façon suivante :
1° La régulation thermique physiologique est plus difficile à vaincre que la régulation thermique pathologique, o’est-à-diré que l’on refroidit plus rapidementrhomme malade que l’homme en état de santé.
La réfrigérationpériphérique limitée au cuir chevelu, à la région occipito-rachidienne, aux membres supérieurs ou inférieurs, aux régions abdominale antérieure, hépatique, splénique, a une action peu importante sur la température générale.
La réfrigération de toute la surface du corps (le tronc et les membres inférieurs étant enveloppés dans la couverture réfrigé-
rante) permet, en un court espaee de temps, une heure, une heure et demie, d’abaisser la température centrale de 1 à a degrés centigrades.
Mais la réfrigération des surfaces thoraco-abdominales, au moyen de la ceinture tubulaire, suffit, dans un même espace de temps, pour obtenir un abaissement de 1 à a degrés de la température générale du corps humain. C’est donc avec cette ceinture que nous avons étudié ultérieurement Friction de l’abaissement de la température sur la circulation, la respiration, la quantité et la composition chimique des urines.
Toutes les températures étaient prises dans le rectum avec des thermomètres à maxima.
N" 83. ■— Experiencef scientifiques. — Applications et résultats thérapeutiques de l’appareil réfrigérateur.
{Congrès de Reims 1880.)
Nous avons continué nos expériences depuis notre communication à l’Académie de médecine et elles ont été confirmatives des premières expériences. ,
Il était donc parfaitement établi qu’avec notre appareil il était facile de vaincre la régulation thermique et qu’en prolongeant l’expérience pendant une heure et demie ou deux heures, on pouvait obtenir un abaissement régulier, progressif de tenipérature du corps humain, cet abaissement de la température étant général et se faisant dans tous les organes par rabaissement de la température du sang.
De plus, l’expérience ayant été pratiquée pendant vingt-quatre heures sur plusieurs malades, nous avons obtenu constamment, par l’ouverture et la fermeture alternatives des robinets, des tracés descendants et ascendants de la température générale.
Puis, dans le cours de nos expériences, nous avons constaté ;
1” Que de jour en jour on pouvait abaisser la régulation thermique des malades, et que l’on obtenait ainsi une échelle descendante de
la température, qui ne tardait pas à se rapprocher du degré physiologique. La durée des maladies se trouvait donc diminuée ;
a» Les tracés de la température, pris pendant vingt-quatre heures sur des sujets à l’état physiologique, nous ont démontré que la courbe thermique des vingt-quatre heures se composait de trois lignes : une première ascendante, de huit heures du matin à huit heures du soir ; une seconde ligne descendante, de huit heures du soir à,minuit; enhn une troisième ligne sensiblement horizontale, de minuit à huit heures du matin.
Cette notion expérimentale conduisait donc à l’indication d’agir surtout de huit heures du mâtin à huit heures du soir, lorsque l’on voulait abaisser la température des malades. Il n’est pas besoin d’in.sister sur l’importance de ce fait.
Ces résultats obtenus; on pouvait faire à notre appareil l’objection suivante : c’est qu’il fallait une grande quantité d’eau pour agir pendant plusieurs heures, et qu’en tous lieux on ne pourrait pas facilement disposer d’une quantité suffisante de liquide pour assurer le fonctionnement régulier de notre appareil.
Alors, nous avons recherché si la régulation thermique du malade étant vaincue, il ne suffisait pas d’une faible quantité d’eau, à 10 ou 15 degrés centigrades, au début de l’expérience, pour déterminer un abaissement régulier et progressif de la température des malades. Pour résoudre ce problème, nous avons eu recours à la disposition suivante : étant donnés deux vases d’une capacité de 60 litres, nous les avons disposés de telle façon au moyen d’un double siphon et d’une poulie, que ces deux vases pussent alternativement servir de réservoir et de récipient. L’expérience nous a appris que le même liquide, bien que sa température s’élevât de 10, 15 degrés centigrades â âO et même 21i degrés, conservait une puissance réfrigérante suffisante pour abaisser la température du corps humain de 1 à 2 degrés, si bien que l’eau ne devait être renouvelée ou rpfroidie qu’après une heure, deux heures, trois heures de durée de l’expérience, la nécessité de renouveler l’eau étant en rapport avec le degré de régulation thermique de chaque malade’.
Ce résultat était important, puisqu’il établissait qu’une faible quantité d’eau était, suffisante pour obtenir un abaissement thérapeutique de la température du corps.
Toutefois, en abaissant ainsi la température, faisait-on autre chose que de soustraire de la chaleur au malade ? Ne forçait-on pas le malade à fournir une plus grande somme de chaleur pour lutter contre l’action réfrigérante de l’appareil ?
On "pouvait répondre, avec les observations cliniques, que la fièvre baissait et que l’amélioration progressive dans l’état des malades permettait de croire qu’ils ne faisaient pas plus de chaleur, et qu’avec l’appareil réfrigérant on n’augmente pas le degré de régulation thermique. Mais cette réponse ne pouvait nous satisfaire complètement, et nous avons recherché si, pendant l’usage de l’appareil, les combustions, les métamorphoses organiques n’étaient pas diminuées.
Pour résoudre ce dernier problème, il convenait de rechercher si le sang contenait moins de gaz oxygène, moins d’acide carbonique, moins de glycose, moins de matières grasses, moins d’urée, etc., etc. Il convenait encore de faire l’analyse des. principales sécrétions, afin de constater si les déchets organiques s’y trouvaient en moins grande proportion, '
Nos recherches sur ces différents points sont encore incomplètes ; cependant, nous avons réuni déjà assez de résultats pour être autorisé à énonder que la médication réfrigérante., pratiquée au moyen de notre appareil, diminue les combustions, les métamorphoses, et, par conséquent, il était rationnel de conclure que nous ne faisions pas que soustraire de la chaleur au malade, mais que nous abaissions la régulation thermique et que nous agissions vraisemblablement sur l’une des causes de l’hypertHermie.
A l’appui de ces remarques, mentionnons que M. Laffont, préparateur du professeur?. Bert,'àla Sorbonne, a constaté que, par le refroidissement progressif et lent des animaux, on obtient la diminution progressive de la respiration, des batteménts du cœur, et que la glycose du sang qui, au commencement de l’expérience,
était de I gr. à 1 gr. 3 par 1.000, peut descendre à 0,7 et à 0,8 à la fin dès mêmes expériences, — que la pression sanguine est tombée des deux tiers et que les gaz du sang ont diminué de un tiers.
Enfin, lorsque l’on sacrifiait l’animal, on ne constatait, à l’autopsie, aucune congestion des organes, bien que la température rectale ait été abaissée de moitié dans certaines expériences.
Quant à nos recherches personnelles, ëlles ont porté sur l’analyse des urines des malades soumis à l’action réfrigérante de notre appareil, et, avec le concours de l’élève interne en phannacie de notre service, M. Maurice Robin, nous avms pu constater que les modifications on moins de l’urée, de l’acide phosphorique et de l’albumine étaient en rapport avec l’abaissement de température de nos malades. Voici trois tableaux qui établissent les résultats que nous avons obtenus ;
1" Observation. — Malade Beauchamp, fièvre typhoïde
21 It 0,33 1012
15 8,li0 0,27 1010
2” Observation. — Malade Frédet, (lèvre typhoïde
Observation. — Malade Fraisse, fièvre typhoïde
38,82 ■ sa,AO 2,16