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De l’examen de ces tableaux, il ressort que les oscillations de la température et des quantités d’urée et d’acide phosphorique,ont été parallèles, et que l’urée et l’acide phosphorique diminuaient au fur et à mesure que l’on obtenait un abaissement de la température générale du malade.
Il y avait donc moins de combustions, moins de métamorphoses, moins de déchets, et, avec notre appareil, nous n’avions pas seulement déterminé une soustraction de calorique, mais nous avions abaissé la régulation thermique pathologique.
Notons que les analyses portaient sur toute la quantité des urines rendues dans les vingt-quatre heures.
De nos recherches expérimentales il ressort pour nous cette conviction qu’avec l’appareil réfrigérateur on peut obtenir un abaissement de température régulier, progressif dans une mesure voulue, et cela au grand avantage des malades, — et nous n’hésiterions pas dans des conditions bien déterminées â en prescrire l’emploi.
Les indications de l’appareil sont nettement marquées dans les cas où la régulation thermique est considérable, c’est-à-dire dans les cas où l’hyperthermie constitue un danger pour les malades. La constance et la régularité de son action ont été publiquement démontrées. La seule objection qui puisse être faite à notre appareil, c’est qu’il exige, de la part des médecins et des personnes qui lui prêtent leur concours, une attention soutenue. Mais est-ce là une ob-
jectioa sérieuse lorsque l’oti se trouve eu face d’un danger imminent?
Ce n’est pas le moment de comparer l’action thérapeutique de notre appareil'avec les autres moyens qui ont été conseillés dans les derniers temps pour combattre l’hyperthermie pathologique. Toutefois, nous pensons que les récentes recherches expérimentales de Pasteur, de M. le professeur Bouley et de M. le docteur Gibier sur l’évolution des microbes de la septicémie indiquent la voie à suivre dans de nouvelles recherches thérapeutiques de la fièvre typhoïde, et s’il existe un microbe typhique, notre appareil perrhettra de reconnaître quelle est la part de la température des malades dans le développement des microbes.
N" 8A. — Action ihérapeutiqao da vont d'un soufflet ordinaire dirigé sur les muscles ou sur les tendons des m uscles contracturés chez les hystériques. — Même résultat lorsque l’on fait agir le vent du soufflet sur les extrémités des membres contracturés.
Pour obtenir ce résultat thérapeutique, il convient de mettre la malade en hypnotisme et d’agir avec le soufflet.
Je ne rappellerai ici que brièvement l’observation d’une malade hystéro-épileptique qui s’était échappée d’un hospice et avait eu une attaque d’hystéro-épilepsie daus la rue. Elle avait été transportée à la Pitié. Je n’avais jamais vu cette malade et quand je la trouvai dans mon service, elle était réveillée, mais il existait une contracture des quatre membres, des sterno-mastoïdiens et probablement aussi une contracture des muscles du larynx; la malade était aphone. Ipterrogée sur le procédé qu’on employait pour l’endormir, elle me fit comprendre qu’on l’endormait par le regard. En quelques secondes, l’hypnotisme fut obtenu, et le vent du soufflet étant dirigé sur ses membres contracturés, sur les régions sterno-mastoïdiennes et sur la région laryngée, nous vîmes successivement les contractures disparaître et la malade recouvrer la voix.
Dans cette observation comme dans, les autres observations analogues, l’action du soufflet détermine un acte réflexe cutano-musculaire qui a pour conséquence la cessation de la contracture musculaire.
N” 85. — De la lypémanie hystérique modifiée par la léthargie provoquée.
(Société de Biologie, 7 janvier 1881)
Chez une malade devenue lypémaniaque à la suite d’une attaque d’hystéro-épilepsie, nous avons provoqué l’état léthargique; nous avons maintenu la malade dans cette période de l’hypnotisme pendant une heure et, après avoir déterminé le réveil de la malade, nous avons constaté la cessation de la lypémanie.
N“ 86. — Aphonie hystérique, modifiée par l’application de plaques métalliques, pendant la période somnambulique de l’hypnotisme provoqué.
- Chez cette malade, il existait une aphonie, hystérique, aphonie presque complète depuis une année; l’application de plaques métalliques sur la région laryngée, pendant la période somnambulique de l’hypnotisme, a eu pour conséquence de rendre la voix à la malade.
Mais sa voix était de nouveau éteinte si l’on enlevait les plaques métalliques ou si l’on faisait cesser la période somnambulique.
L’état somnambulique et l’application simultanée des plaques métalliques sur la région laryngée avaient donc une action spéciale sur les muscles du larynx.
Cette action était modifiée, lorsque l’on déterminait J’hémi-somnambulisme ou lorsque les plaquettes étaient appliquées seulement sur un des côtés de la région laryngée.
Peut-être, en répétant chaque jour cette expérience, pourra-t-on obtenir une action thérapeutique sur l’aphonie, que celle-ci soit la
conséquence de la paralysie ou de la contracture des muscles de la glotte? ;
Quant aux faits d’experimentation clinique et thérapeutique, con-, signés dans ce supplément de notice, nous n’ignorons pas, bien qu’ils aient eu pour témoins les. hommes les plus autorisés dans les. sciences, qu’ils ne sont pas encore acceptés par des maîtres dont nous respectons la critique bienveillante.
Mais les faits existent et lorsqu’ils auront été reproduits et constatés par d’autres observateurs, ils seront acquis à la science, comme est acquis aujourd’hui à la science le fait du transfert dont la découverte appartient aux expériences métalloscopiques.
Il nous importe toutefois de rappeler que nos expériences sur’ l’hypnotisme ont mis en grande évidence l’impressionnabilité réflexe, excessive, des hystériques et nous ont conduit à une interprétation physiologique générale de plusieurs phénomènes nerveux.
De plus, la méthode expérimentale clinique nous a conduit à admettre l’entrecroisement de fibres nerveuses et l’existence décentres synergiques en des régions de l’axe médullaire où on ne lesavait pas soupçonnés.
La même méthode expérimentale nous a encore permis de consta-, ter, par des procédés nouveaux, l’indépendance fonctionnelle de chaque hémisphère cérébral et d’étudier les zônes réflexogènes motrices et psychiques du cuir chevelu.
L’hypnotisme nous a permis de modifier favorablement la léthargie hystérique et les contractures récentes ou anciennes que l’on observe si fréquemment dans l’hystérie.
Nos recherches expérimentales cliniques ont donc eu une utilité, incontestable, et le temps assurément en consacrera la valeur physiologique, séméiotique et thérapeutique.