DES MOYENS DE PÉNÉTRER DANS LE SEIN DE LA TERRE
Il» SECTIOM.
Fleurets en acier fondu.
Ces outils sont originaires des districts houiIIersd*Essen et de Bochum , où se trouvent les fabriques d'acier fondu les plus importantes de TAllemagne. Les essais comparatifs auxquels on les a soumis durant plusieurs années ont suffisamment prouvé leur supériorité, quant à la durée et à l'effet utile , sur les fleurets ordinaires , c est-à-dire simplement aciérés à l'extrémité tranchante; aussi leur usage s'est-il rapidement propagé dans les mines allemandes, principalement dans les mines de la Westphalie» où les outils de Tancien système ne sont plus employés qu'accidentellement (i).
Des essais ont eu lieu à la mine de Vereinîgte Trappe , près de Bochum, avec des fleurets en croix, dits bonnets de prêtre, dont on se sert pour obtenir des trous de mine
(i) Prei4S$. Zeitschrift 1854. Bd. 11. Seite381.
à sectiou circulaire dans un grès solide et compacte. Leur travail, comparé à celui des fleurets en ciseaux était, quant au temps employé, comme 3 est à 4; le même rapport fut observé lors du percement d'une galerie à travers bancs de la même mine. Mais, dans les schistes et les grès sablonneux la proportion était inverse. Les fleurets des deux espèces soumises à un examen comparatif étaient en acier fondu.
Dans les houillères rhéno-westphaliennes, l'acier fondu a été appliqué non seulement aux fleurets , mais encore aux pics et aux coins servant à l'arrachement de la houille et de ses roches encaissantes. Il a également pris la place du fer dans la confection des marteaux de mine; ici, à une plus forte durée il joint le double avantage : d'abord d'éviter la perte de force due à l'évasement du fer et nuisible à l'avancement du forage, ensuite d'épargner cet évasement aux fleurets eux-mêmes.
L'Allemagne n'a pas été seule à adopter cette innovalion. Déjà, en 1855, les ingénieurs d'un grand nombre de mines de la Loîre , après s'être servis de fleurets en acier fondu, avaient trouvé que les frais d'usure et d'entretien se réduisaient à moins de moitié (i). Le lecteur verra dans la partie économique de cet ouvrage, le résultat des expériences faites par M. Lombard, ingénieur des houillères de Monthieux, dans le but de comparer, sous le rapport économique , les fleurets en acier fondu et en fer aciéré.
Les réparations des outils de la nouvelle espèce exigent beaucoup de précautions de la part du forgeron; car Tacier doit être modérément chauffé, sous peine de se brûler et de devenir excessivement cassant. Mais on peut toutefois écarter cet inconvénient par le procédé de M. Halberg, qui restitue à l'acier brûlé sa douceur et sa
(1) BtdUtin de la Société d* encouragement. Séance du 30 mars 1859.
malléabilité en le chauffant au rouge à trois reprises et le trempant chaque fois dans feau bouillante.
En présence des résultats obtenus par les mineurs allemands et français, on. ne comprend pas comment les exploitants belgBs se sont abstenus jusqu'ici de faire Fessai des outils de mine en acier fondu.
Diamètre de la tige ou corps des fleurets de longueur ordinaire.
Les fleurets d*une section très-forte relativement à celle du fourneau sont désavantageux en ce que leur masse absorbe une partie assez notable de la force motrice ; qu'ils s'empâtent facilement et que les débris de la roche ont de la peioe à se.dégager.
Si, au contraire, le diamètre est trop faible, l'outil fléchit sous le coup , ce qui occasionne également des pertes de force; en outre, des vibrations fatiguent le poignet du mineur ; enfin , un fleuret trop mince tourne malaisément dans la main et les trous ne sont pas rigoureusement cylindriques.
M. Lombard a cherché pratiquement, pour les fleurets en acier fondu, la limite de grandeur qui donne le maximum d'avancement du fourneau ; dans les six expériences suivantes, avec des instruments de 0.60 m. delongueur,et de 0.03 m. au tranchant, pour 400 coups de masse en faisant varier de la manière que voici le diamètre à la tige :
11.4 — 15.0 — 18.5 — 21.0 — 23.0 - 25.0 millim. il a obtenu des avancements correspondants de :