TRAVAUX D*ENTAILLEMENT
les districts d'Essen et de Bochum, où se trouvent les fabriques d*acier fondu les plus importantes de TAlIemagne.
Tous les outils de havage et d'abatage de la houille , dont se servent les mineurs de la houillère Hagenbeck, près d'Essen, ont été fabriqués avec l'acier fondu provenant des usines de M. Krupp.
Les outils d'acier fondu ont plus de durée et d*effet utile que ceux qui sont simplement aciérés.
On a percé dans la couche Grossbanck de la mine Ver General und Erbstollen, une galeriede roulage de 83.60 m. de longueur et de 2.50 à 3 m. de hauteur ; les coins et les marteaux, qui avaient un poids, les premiers, de 3 à 4 kilogr. et les seconds, de 3.50 à 4.50 kilogr., se son^ conservés, pendant tout le travail, sans exiger la moindre réparation.
Des essais ont eu lieu de 1849 à d851, dans plusieurs mines des environs de Witten (Westphalie), pour Tabatage de couches sapées à leur base; les coins d'acier fondu, dont on s'est servi, ont donné d'excellents résultats, tant sous le rapport de l'économie que de l'effet utile, lorsque toutefois la houille ne renfermait pas de nodules pyriteuses de fer carbonate oud'intercalations gréseuses ; car ces substances déterminent la rupture des pointes en acier fondu et les affûtages fréquents occasionnent de grandes pertes de matière.
Les pics et les marteaux de même métal se sont également bien comportés ; mais on n'en peut pas dire autant des pointerolles, auxquelles il a fallu renoncer.
Emploi du trépan rubané pour exécuter des trous de mine dans la couche.
Les mineurs du district de Saarbrûcken doivent, la plu-
480 CIlAPlTnE IV. — l'*' SECTIOX.^
part du temps, avoir recours à la poudre pour Fabatage des couches, dont la houille est fort dure ; aussi ont-ils «n grand intérêt à ce que les opérations de forage , qui se répètent souvent, s*effectuent avec promptitude. G*est dans ce but que, depuis quelques années, ils ont subsUluéle trépan rubané au fleuret en ciseau, dont ils se servaient exclusivement.
Cet instrument, analogue à celui qu'emploient les soadeurs, est une lame tordue en vis aux arêtes tranchaotes. II se termine, à un bout, par une griffe à deux pointes et à Tautre, par un anneau, destiné à recevoir le levier, ou def de manœuvre. Un mouvement de torsion de gauche i droite imprimé au fleuret tend à expulser les débris de h roche, sollicitée par les révolutions hélicoïdales de h lame. Le trépan rubané est capable de percer dans la houille un trou d'un mètre de profondeur et de io millimètres de diamètre, pendant qu'un ouvrier confectionne la cartoucbe qu'on doit y introduire, c'est-à-dire en moins de la moitié du temps que prenait autrefois le fleuret en ciseau. Cependant on doit encore avoir recours à ce dernier lorsque les assises de la houille alternent avec des lits de substances dures.
Quelques mineurs westphaliens , entre autres ceux de la houillère Hagenbeck, près d*Essen, emploient aussi des trépans-en-langue-de-carpe en acier fondu , avec lesquels ils percent en moins de cinq minutes des trous de même diamètre que ci-dessus. Mais Tacier fondu dont ils se servent est celui de M. Krupp qui, comme le lecteur l'a déjà vu, a une durée plus grande et produit plus d'effet que facier ordinaire.
Cependant, l'application de cet instrument aux houilles maigres n'a pas eu le même succès, ce que l'on attribue aux intercalations gréseuses et aux nodules de fer carboné
TRAVAUX d'entaillemest. 487
litholde, ordinairement stratifiés dans les couches de cette nature.
Depuis quelques années, les mineurs de la houillère Reine-Louise, de même que ceux du bassin de Saarbrûcken se servent du trépan rubané pour le glaisage des fourneaux de mine forés dans les houilles humides ou dans les houilles qui, traversées par de courtes et nombreuses fissures, tendent à affaiblir Taction de la poudre. Le revêtement d*argile empêche l'eau de pénétrer dans Texcavation et les gaz de se dissiper partiellement sans produire d*efiet.
Aiguilles-coins.
Nous avons déjà parlé des aiguilles-coins à propos de Tabatage des roches dans le percement des galeries infestées de grisou. Mais ces instruments semblent devoir trouver leur application la plus utile dans Tarrachement des couches de houille et des roches adjacentes immédiatement en contact avec le gîte. Il convient donc d*en dire un mot dans ce chapitre.
On s'en sert très-avantageusement pour arracher la
houille solide et résistante des tailles en gradins pratiquées
dans des couches auxquelles le havage fait défaut. Les
trous percés à la tarière au milieu de chaque gradin re-
VMût raiguille, qui détache le parallélipipède presque
(Ha seul bloc. On le dépèce ensuite pour en descendre
.lu Mnmux sur la voie de roulage. Il suffit d'un second
MT eolever le reste de la masse. La durée du forage
procédé choisi. Cinq minutes suffisent pour
XMHB d*énviron un mètre de longueur.
de raiguille-coin à l'arrachement des cou-
k W houille est solide abrège la durée
CIIAPITIIE IV, — ^ I" SECTION.
de Topéf ation , dispense du havage et produit nm plui grande quantité de gros blocs de IiauiUe que le procédé ordinaire. Dans ce cas, elle semble avantageuse mêfficaiii couches qui ne renferment pas de ga^ inflaramable.
Excavateurs mécaniques propres à entailler la houille.
Les ingénieurs anglais cherchent depuis longtemps i
remplacer le havage à la main par le (ravaîl d'appareils mécaniques. Les premiers essais n*oiit pas eu grand succès. à cause des principes défectueux sur lesquels ils reposaieut, de la mauvaise disposition des organes et du peu de soto apporté à la confection des machines, faites à la hàtej Depuis quelque temps, les efforts semblent avoir redoublé d'énergie* ainsi qu*on peut s en convaincre par le nombn considérable des brevets délivrés en AngletciTe à ce sujet Parmi les dernières inventions» quelques*niies produiseari des effets utiles rt^marquables el semblent avoir atteint le but* D autres, quoir|ue incomplètes» renferment le germe de principes utiles, dont la connaissance peut avancer ta solution du problème ou, au moins, faciliter les recherche! uîtérieures*
La première machine véritablement pratique a été cous truite en 1863, par MM. Fith, Donisthorpe et Riddley,i ridée première en est attribuée à un simple ouvrier de ! mine de West Ardiey , près de Leeds (i). A dater de moment, la question de Tarrachement de la bouille par 1 machines, a été agitée à plusieurs reprises dans les séances des Instituts du Sud du pays de Galles, de Newcastle m la Tyne et d*autres Associations dlngénieurs des mina
TIUVAIX DEXTAILLKMENT,
Des opîûioûs eontradicloires om été émises sur la possibilité d'oblenir par le nouveau procédé des avantages tectiïiiques et pécuniaires; mais une considéraliou dominait le débat: c est que le nombre des ouvriers mineurs des bassins bouillers est loin de s accroître proportionnellement aux besoins de la production, et que, par conséquent, la force des choses doit nécessairement contraindre les ingénieurs à employer tous tes moyens possibles pour suppléer à ce déHiut de main-d'œuvre.
Les essais réitérés dont les excavateurs de West Ardley ont été l'objet ne laissent aucun doute sur la possibilité de construire des machines capables d'exécuter promptement et d'une manière convenable le coupage et le bavage de la houille* Mais ces expériences, faites en Angleterre, ont eu pour objet des stratiScations puissautes et faiblement inclinées; n est-il pas à craindre que les couches minces, fréquemment contournées et fortement inclinées du continent n'opposent de grandes diflicullés?
Quoiqu'il en soit, les excavateurs à pic de West Ardley se sont promptement propagés dans les mines du Nord et du Centre de rAnglelerre. Les progrès ont été plus lents dans le Sud du pays de Galles, à cause des préventions des ingénieurs de ces districls, qui ignoraient les résultats pratiques obtenus ailleurs; les circonstances de gisement des couches, et surtout le système d*exploitalion usité dans ces districts constituaient aussi des obstacles sérieux.
Il ne s'agît pas ici d*examiner tous les appareils proposés depuis quelques années , mais seulement d en décrire quelques-uns de chaque catégorie, afin de faire connaître au lecteur les plus pratiques et de lui donner une idée de la variété des principes mis à contribution- Les divers types d'excavateurs sont les suivants; Le plus ancien procédé consiste, soit à pratiquer une
ClUFiTRE JT< — l''* SKCTION-
série de trous joiiHiTs, ou à peu près, dans le pkades stratifications^ ou bien à faire pénétrer une lariëra dans b couche et h la faire mouvoir le long de la taille. Tels saut les deux moyens proposés et essayés pur MM, Dumas et Delahaye, d'un côlé» Johnsou et Dixon de fautre.
Le second type, aujourdliui le plus usité, est représenlé par tes machines à pic, ou haveuses proprement dites^ qui ont pris naissance 5 Wcst-Ardley. Ces appareils se divisent en deux classes qui, toutes deux, praticjueut le Iiavage; k dernier seul» dû à MM. Joues et Lewick, exécute la coupore, ou entaille verliL-ale,
Dans le troisième type, Voutil, soumis à un mouvemenl unifonne alternatif, agit à la manière des rabots. Les appareils de MM. Locke ei Warringlon , sont mis en jeu par une macbiïie h colonne deau-
Enfin, le quatiicme type a, pour organes d'enlaillemeut, des scies reclilignes ou circulaires. Telles sont les machines de M. Jenkins de Cardiff , celles de M. Harrissati, mises en mouvement par une turbine à air comprimé et celles de M. Nielson , de Galesbead.
Uavenses mécaniques de MM. Johnson et Diœon de Neweastle (i).
(PL XVni,fig. 13, 14 et 15). Deux cylindres horizomaui
à nir comprimé reposent sur un hâli en fonle. Les tiges des pistons impriment un mouvement rotatif aux roanivdles^, fixées aux deux extrémités d'un arbre sur lequel est calé une roue à denL Celle-ci engrène un pîgnon, dont Hxi se termine latéralement par une fiaîse (entier)^ prolongée
(t) ThM practlciU mccfuinic*s Journal Put CXXXYL 1 July laiô p. 107*
ÏVÂirx UEXTAILLOOT.
en dehors du hàtî, Cette fraise (fig- 15) est formée d'un
tronc de cône métaîlique et munie d'échancrures longitudinales, dans lesquelles s'engagent des dents ou burins en fonte, dont la partie poslérieure est découpée en queue d'aronde, ce qui permet de les changer dès qu elles viennent h s éraousser,
La marche de lexcavateur en avant provient de rarbre du moteur qui, au moyen de pignons et de vis sans fin» tranâmet un mouvement de rotation aux essieux des roues de support du bâti- Ces roues , armées à leurs circonférences de pointes saillantes, grippent sur des rails en bois et communiquent à l'appareil un mouvement de progression calculé d après lavancemeat linéaire que peut efilectuer la fraise.
La machine s'avance parallèlement au front de taille, en laissant denitTe elle une échancrure aussi voisine que possible du mur de la coiiche; mais, chaque fois qu*elle doit retourner à son point de départ pour recommencer un nouveau havage, Touvrier creuse, par les procédés ordinaires, un espace suflisant pour mettre Tappareil à peu près en contact avec le front d entatllement.
Les înventeui*s ont fait fonctionner leur appareil, à titre d'essai, dans les travaux de la miiie de Broomhill, près de Suoderland, —mine où fexploitation a lieu par piliers et galeries (pillars und stals)^ cest-à-dire par tailles fort courtes, — tandis que son mode d'action ne peut être favorable que par Tabatage de longues lignes, telles qu*en présentent seules les grandes tailles (hiuj watts). Toutefois, les essais ont prouvé que les auteurs ont obtenu le résultat qu'ils cherchaient.
La pompe à air, de même que la machine à vapeur qui la met en jeu, est installée à la surface, L*air comprimé est foulé dans finlérieurdes travaux h travers uneconduite
492 CHAPITRE IV. — l" SECTION.
métallique de 0.10 m. de diamètre; une base flexible en caoutchouc relie la conduite et Texcavateur, de manière à permettre à Tun des mouvements indépendants de Tautre, sur une certaine longueur. Ces appareils sont accompagnés d*un réservoir à air pourvu d*une soupape de sûreté. Un manomètre, placé à l'intérieur des travaux, auprès de l'excavateur, a fait connaître que les pertes de pression résultant d'un parcours de 152 mètres « distance comprise entre la pompe à air et lexcavateur, sont peu sensibles.
Voici quelques données numériques relatives à Tappareil essayé à la houillère de Broomhill.
La longueur de l'excavateur est de 1.83 m., sa hauteur et sa largeur, de 0.91 m. Les cylindres moteurs ont 0.20 m. de diamètre etO.30 m. de course. La fraisea une longueur de 0.91 et un diamètre déviant entre 0.10 h 0.125 d'une extrémité à Fautre. Elle fait 500 tours par minute, pendant lesquels elle avance de 0.91 m.; elle produit donc une excavation de 0.828 m. c. de surface et d'une hauteur de 0.12 à 0.13 m.
La pompe de compression se compose de deux cylindres, de 0.76 m. de diamètre et de 0.91 m. de course; la machine à vapeur motrice a une force de 10 chevaux-vapeur. Le nombre de pulsations doubles, de 30 à la minute, a suffi pour maintenir la pression entre 2 et 2 i/â atmosphères.
MM. Johnson et Dixon étabh'ssent, par des calculs, les avantages économiques résultant de leurs haveresses à l'air comprimé. Ils comptent aussi sur une économie de houille, fondée sur la diminution de hauteur de l'entaille. Ils regardent les conditions de l'abatage comme plus favorables en ce que leur procédé donne un plus grand nombre de blocs de houille que les procédés ordinaires.
TRAVAUX u'entaillement. 493
Baveuses mécaniques de West-Ardley , dans le Yorkshire.
Ce sont les premiers appareils basés sur un principe rationel qui aient été introduits dans les mines. Ils sont dus à MM. Fith, Donisthorpe et Ridiey et ils ont pour objet le havage de la houille , c'est-à-dire l'exécution d'entailles pratiquées à la base de la couche, parallèlement à ses stratifications. Cette opération est destinée à faciliter Tabatage de la houille et à la préserver de la casse dans une certaine limite. En sorte que le travail à la main se borne aux coupures, ou échancrures verticales.
Les figures 6 à 10 de la planche XVIII représentent les appareils qui fonctionnent à la mine dejletton, district de Durham. Le train de voitures se compose d'un plateau en fonte, monté sur quatre roues , qui roulent sur une voie ferrée, établie parallèlement au front d'entaillement et assez solide pour prévenir tout déraillement. Le cylindre à air, a, accompagné de la boite de distribution et du tiroir, est placé à la partie postérieure du plateau.
L ouvrier, installé derrière la machine, saisit de la main droite la poignée du levier de mise en train, fr, donne à l'arbre horizontal, Cy un mouvement de rotation, qui déplace la tige du tiroir par l'intermédiaire de la manivelle, rf. C'est ainsi qu'il règle la distribution de l'air comprimé dans le cylindre. 0 est l'orifice d'admission du fluide moteur. Sur cet orifice est vissée la boîte d'un tube flexible en caoutchouc, communiquant avec la conduite fixe, formée de tuyaux en fer.
La machine est de l'espèce désignée sous le nom de trunk-machine , la bielle se rattachant directement au piston. Cette bielle, e, après avoir traversé une boîte à
SGCTW^.
plaie» fy qui transmit 4 Les extrémités de la jfiKi maaivelles, g, dont lesl sur des tourillons , A, fîiés décrits par les maûivdlei] maintiennent le moBvedroite (fig. 10), au pic en bec- de- cane usîlé | f Allemagne, rei:oit un montelû imitant celui d'une have- .vréepar un ouvrier. Il est ordinai* je. afiû qu'en le retournant, <m nent un tranchant fraîchemeat yt détre émoussé par le travail.
-LMite encore Ta vanta ge d accroître conséquent, d'augmenter le mo- : pendant être utile d'employer des âmle pointe, dont ta manœuvre réclama U pic d entai] lement peut être placé h de lappaieil, suivant la position de au tVant de taitle. On riatroduit djaâ. Hiii^ sur le prolongement des tourillons ^ I 11 plate- ibrme. et on le serre avec tirm^
Ji roatU au-dessus du sol doil nrier ^«-^5 pe«écartées« mais suflisaates P^^'^^^i^ ^ Misse dioisir, comme havage, U smuficat^^^ parmi celles qui gîsaai wm k M^^ ^ ^ but, une tige» /, panllèle à tn^ ^ à UT* porte tme manivelle à Tuiie dt f^ ^-^tMil esi fitoée» tandis que Tautre extnéu ^^
aimles^OQS du
TnAVAUX D ENTAILLEMKÎÎT.
ëchancrure, dont la fourche, ?t, est pourvue. La rotaLioïi
de la tige par la maia de Thomme pouvant s*eftectuer en deux sens contraires, force le balancier à s'incliner en avant ou en arrière. Ce mouvement communiqué à la fourche, doni les branches embrassent le prolongement du tourillon, se transforme pour la douille en un It^ger mou- Tcmeat d'ascension ou de descente, auquel participe le pic d'enlaillemenU
La figure 8représente la plate-forme vue par dessous et fait connaître le moyen employé pour provoquer la marche de la machine le long de la taille. Pour cela» fouvrier agit de la main gauche sur une roue de commande, o, dont Tarbre porte un pignon angulaire, p. Celui-ci, par Tintermédiaire d'autres pignons, imprime un mouvement de relation 11 lessieu postérieur de la voiture; ce mouvement passe, par des organes de même espèce, k lessieu et aux roues antérieures. C'est ainsi que lappareil avance» le long de la taille, sous riufluence d'une faible pression, et recule lorsque les circonstances Texigont. L'amplitude des mouvements qui correspondent à chaque excursion successive du pic est égale à la largeur des échancrures qui composent la totalité du havage.
Pendant le travail, une lumière est placée sur le front d*attaque près de Tent aille, de manière que l'ouvrier aperçoive distinctement raciion de I outil et puisse le reculer, favancer ou en réitérer le choc sur un même point, en cas de rencontre de pyrites ou d'aulrcs matières dures. Le mineur-machiniste de service auprès de rappareit est assisté d'un garçon; il surveille la marche de la baveuse et règle la vitesse de l'outil qui doit frapper, en moyenne, 60 coups par minute. En outre, un ouvrier cantonnier est chargé de l'établissement de la voie ferrée et du boisage de Texcavaiion.
496 CHAPITRK IV. — 1" SECTION.
Le havage se fait en trois reprises, ou passages successifs de la machine (fig. 5). Elle creuse d'abord à une profondeur de 0.40 à 0.45 m. ; puis de O.S6h 0.28 m. ; enfin, elle termine par une entaille de 0.20 à 0.26 m. de profondeur. Chaque parcours réclame remploi d*un outil plus long que Toutil précédent. On a constaté que le havage pourrait être majoré de 0.30 m. ; mais une profondeur de 0.91 m. ayant été reconnue la plus convenable, on s*en tient généralement à ce chiffre.
Lorsqu'une des reprises est achevée, la machine revient à son point de départ en rétrogradant sur la voie , ce qui exige 2 à 3 minutes au plus. Pendant ce temps, le garçon qui assiste le machiniste enlève la poussière et les débris de houille qui encombrent la voie.
. La largeur de chaque échancrure, ou de la houille arrachée par chaque coup de pic, est de 25 mm. La hauteur de Texcavalion, qui est de 0.07 à 0.12 m. à Forifice, se réduit à 25 mm. au fond.
L'appareil pèse 640 kilogr. et frappe en moyenne 60 coups par minute. La moyenne du temps employé pour les trois havages consécutifs d*une taille de 91 m. de longueur s*élèvc à 3 minutes 16 secondes environ par mètre courant.
Lorsque le havage est achevé, l'appareil se relire de la taille afin de céder la place aux ouvriers abatteurs chargés des travaux complémentaires.
La force motrice vient d'une machine à vapeur installée au jour. Cette. machine met en jeu le piston d'une pompe à air, qui a 0.45 m. de diamètre et 0.91 m. de course. 12 à 13 excursions, par minute, de cette pompe amènent la pression de Tair k 3.8 kilogr. par centimètre carré, ce qui suffit à trois baveuses.
Le cylindre est enveloppé d*une caisse dans laquelle cir*
TRAVAUX d'entaillemfnt. 497
cule de Tcau froide destinée à rafraîchir Tair avant son arrivée dans le réservoir à vent. Au sortir de ce réservoir, (Jont la contenance est de 8 mètres cubes, Tair se rend par des tuyaux métalliques, de 0.117 m. de diamètre, au fond du puits et le long des galeries, et là s'engage dans des ramifications, de 0.025m. de diamètre, qui le conduisent dans les divers ateliers où fonctionnent les excavateurs. Ces ramifications, en fer étiré, semblables aux embranchements des tuyaux à gaz, se terminent par des tubes en caoutchouc, assez longs pour permettre le déplacement de la machine sur toute la longueur d'entaillement. Les conduites en fer d'un grand développement sont fixées près du toit des galeries sur des supports en fer encastrés dans la houille; les plus petites reposent sur le sol. Après plus de six mois de service, aucune n'a souffert ni dérangement, ni déplacement, ni affaissement ; les tubes en caoutchouc ont été constamment imperméables sur tous les points et ont fort bien résisté aux chocs.
Les baveuses, ou pics mécaniques, de West-Ardley ont été l'objet de fréquents essais. Les expériences faites sur celles de Hetton-Main ont eu lieu en présence de AIM. Daglish, Wood, Forster et Cochane, qui passent pour les premiers ingénieurs de l'Angleterre. Ces expériences, objet d'un rapport adressé à l'Institut des ingénieurs du Nord de l'Angleterre, se résument comme suit:
l'« expérience^ dans une taille de 9.14 m. de hauteur. 1"* reprise: 0.406 m. exécutée en 6 minutes. 2* » 0.254 » 7 »
Il a donc fallu 22.5 minutes pour entailler 1 mètre de longueur, non compris le temps de changer les outils et de transporter l'appareil du point d'arrivée à celui de départ.
— "^ SEOTIO^-
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^•'.'.-.?i^ les temps f arrt.
. u! :.- lie 16.45 m. ùi nssOBc 7. f:\iVîau>o en 20 înmiiLai
/. f rriîfjyù^, chaque édhmtrr^
- >'. fi.^ ^: 67 coups par jniui^
• ■;. / h: S2 m. de hsuipir
•s . *: r»ivnfr? a aitein: mu ir^-
;.> ; . roir mètre , ua mi ra
•■- :.--rr:.< .:'arrôt.
* :. V-..- .\:^ mille de 39 T: l.
■. ; . :V- m. do profoiif^iiV î*!
. r.;,- r;-: ;rî\ environ -t z-iauff.
r> ïv.;,-.i«v livres accf:»;irit.
•;;•:;. V île temps rnnui^a
''O*:.;-.' - ,-î> l:;:':> rr.-v:;;,,': ;... ;";r.>pv>rt de la :iii:aiiiL' 'J'j î'' M d d::.w"j ;. V-;-.,.. ..; /.^-jV,::. les char^fîniimit 'Jo/;". <::-■.
Oj ;j\:.:î cM-fi.^ii- à N\r>:- \V.';-> i;.:o. on une pirautf de 8 li<::j!(,'^, ]I < st jvrss.v» ^"^ ô,-* H* ^7 uuo coucbe ii une \A'h\h\M\n' ^\i: 0.01 m. ot ^i.r frV \*':t'^\our de 9i.50iiii.
Orj >:iit :jijKsi qu'il $lldSl ^^4»^' ^aute poUT XmVMW.wmA de 0.30 M. èHM WNàliWiUe i »«julcrncnt de 0*^'
TKAVAux d'extaillement. 499
n est &cile de se rendre compte des avantages économiques du nouveau procédé par la comparaison des frais qa*il entraîne avec ceux de Tarrachement direct à bras d'homme. Les nombreuses expériences de West-Ardiey prouvent , au moins pour cette localité , que Teifet utile des haveurs , travaillant 8 heures , ne peut excéder une Borface de 5.86 m. q. ; et comme chaque haveur reçoit pour ce travail un salaire de fr. 5-10, le mètre carré d'excavation revient à fr. 0.87. Dans le même temps, une machine excave la couche sur une longueur de 110 m. et une profondeur de 0.91 m. ; soit 100 mètres carrés pour un travail rémunéré comme suit :
Un machiniste à Tintérieur . . fr. 6-25
» au jour. ... » 4-25
Un garçon pour nettoyer le havage, » 3-75
Un cantonnier pour la voie ...» 5-00
fr. 19-25
Soit 19 i/4 centimes, ou une différence de fr. 0.69 par mètre carré de surface excavée.
On considère Tusure , la surveillance et les réparations des appareils mécaniques comme compensées par l'économie que l'on réalise sur les outils et les lampes de 17 haveurs qu'il aurait fallu employer et par la moindre consommation d'huile. '
Le bénéfice résultant de l'emploi de la machine ne se
^borne pas, au moins pour l'Angleterre, k la somme itidî-
|uée ci-dessus. En effet, dans ce pays, le havage ayant
ordinairement lieu dans la bouille, une assez grande quan-
île de combustible est détruite par Téchancrure ou plu-
it transformée ou menu, qui souvent ne vaut pas la peine
Télm mtnenë «tu|our. Or, dans le travail h la matn, Ten-
aillû irapé^Tdudj n une hauteur de 0,40 à 0.45 m, à
Si
soo
CilAHTttE IV. — î'* SECtlOK.
Porïfice et seulement do 0,03 k 0,04 m. au fond; taudis que par Vemploi d'une baveuse mécanique elle se réduit k 0,0T m,, pour décroître jusquà 0,025 m., ce qui représente un bénéfice important.
U. Firtb a eu Vidé6 de substituer aux cylindres fiies dont il se servait à Forigine, des cylindres oscillàutâ.agii- S3Qt directemenl sur routil, la tige du piston étant assemhUù avec le levier qui porte la douille du pic. Ce levier (%• 7) se fixe indifférera meut sur chacun des tourillons Je gauche et de droite de la voiture, afin de pouvoir baver des deux côtés deVappareiK
L'introduction du cylindre oscillant a Favantage de diminuer la longueur de rexcavatêuft quoique le paiij» nécessaire à la stabilité soit encore compris entre 450 et 550 kilogr. , suivant la force.
îtaveme mécanique fêvfecliomiée.
Cet appareil, communiqué à la réunion du 26 septembre] i863 de l'Institut du Sud du pays de Galles , à Swansea» est dû à MM. James Gtatton Jones, de Fentonville, coraté de Middlesex, et Robert Riddley, de Leeds (Vorkshire),
La figure 11 est rélévation longitudinale de lexcavriteur et de la voiture, dont la figure \% est la projeetiûn horizontale.
La cage, ou bâti, construite en fers d*angle, repose sai' quatre roues à rebords circulant sur des rails ordinaires»^ Le cylindre moteur est de la nature des cylindres à fourreau, fréquemment usités dans les machines marines. Soi: piston, formé de deux parties, Tune pleine et Tautre creusai est couché au fond de la eoge ; il est assemblé direeteo à la bielle^ qui * elle-même , se rattache à un bras Par cette disposition, celui-ci communique un mouvefl
TRAVAUX DENTAILLIÎMENT*