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Supplément aux titres et travaux scientifiques

I. Tumeurs malignes du voile du palais. — Le type le plus fréquent est l’épithéliome pavimenteux lobule. La tumeur peut être très petite et difficile à découvrir quand les adénopathies secondaires sont déjà très développées.

Une attention particulière doit être donnée aux sarcomes multiples hémorragiques spécialement étudiés par Massei et Prota.

On pratiquera l’exérèse si le néoplasme n’a pas franchi les limites du voile et si les adénopathies sont circonscrites. On doit avoir recours a la voie buccale pour enlever la tumeur avec les ciseaux courbes, ou avec le galvanocautère et l’anse galvanique si elle est de nature hémorragique.

Les opérations adjuvantes sont, suivant les cas : l’incision horizontale des joues, la trachéotomie préalable, la ligature de la carotide externe.

II. Tumeurs malignes des amygdales. — Les variétés principales sont : le lymphadénome, le sarcome (fuso-cellulaire, globocellulaire, lymphosarcome, mélanosarcome), et surtout l’épilhé-

La tumeur à ses débuts peut être enlevée comme une hypertrophie simple de la tonsille, par le morcellement, l’anse galvanique, etc., mais les épithéliomes de l’amygdale devront être abordés par la région sous-maxillaire afin d’explorer et d’enlever les ganglions contaminés. J’ai spécialement étudié ce procédé dans un travail communiqué à la Société et oto-rhino-laryngologie de Paris (14 novembre 1904).

Les résultats obtenus par les interventions larges pour cancers étendus aux parties voisines ne sont pas favorables. Elles ont été suivies, à court délai, de récidive sur place ou dans les ganglions et plusieurs fois de mort par épuisement (Statistique de Stanley Bady et W. H. Unwin, Practitioner, mai 1904, page 397).

III. Tumeurs malignes du pharynx. — C’est surtout chez l’homme et dans la seconde moitié de la vie qu’on aura à intervenir contre le cancer dupharynx. Il s’agit presque toujours d’épithéliome.

Je puis reproduire les conclusions auxquelles j’étais arrivé dans un mémoire paru en 1887, dans la Revue de chirurgie, sur « Les tumeurs malignes de l’arrière-bouche » : 1° Si le néoplasme est circonscrit sans retentissement ganglionnaire, on doit opérer ; 2” S’il s’accompagne d’adénopathies secondaires, tout en restant mobile, on peut opérer.

Les principales indications opératoires sont : la dysphagie mécanique ou douloureuse, les menaces de suffocation brusque, d’hémorragies graves, de pneumonie infectieuse.

Comme contre-indications : la grande extension du néoplasme, des ganglions volumineux et nombreux, un mauvais état général, la rolation limitée de la tête indiquant que la tumeur gagne la colonne vertébrale.

Ces tumeurs du pharynx seront presque toujours abordées par voie artificielle. Les procédés les plus usités sont : la sous-hyoïdienne de Malgaigne ou Langenbeck, la transhyoïdienne de Yallas, les procédés latéraux de Polaillon, Cheever, Krônlein.

En 1879, Langenbeck avait conseillé et pratiqué la pharyngotomie totale.

En vue d’obtenir de meilleurs résultats, le P r Gluck recommande d’enlever le larynx en même temps que le pharynx. Un mois après, il met en place un appareil prothétique grâce auquel l’opéré peut s’alimenter.

IV. Tumeurs malignes du pharynx Inférieur— Elles doivent être traitées par des opérations complexes ou seulement palliatives.

Krônlein a eu recours à la pharyngotomie latérale sousthyroïdienne.

J’ai moi-même employé la voie latérale, en contournant le squelette cartilagineux du larynx pour éviter les gros vaisseaux carotidiens et en réséquant la corne supérieure du cartilage thyroïde.

Jaboulay a proposé (en 1897) d’établir un canal alimentaire artificiel à côté du canal naturel, au moyen d’une sonde à demeure qui relie le pharynx buccal à l’œsophage.

V. Conclusions. — En thèse générale, les opérations restreintes mais complètes assurent au malade une « survie supportable » (P' Glück), mais les opérations vastes sont pleines de dangers, dont les plus redoutables sont le shock opératoire, les hémorragies et les infections pulmonaires.

2. — 1909. Pharyngotomie sous-hyoïdienne pour un épithéliome de l’épiglotte.

{Société de laiyngologie, otologie, rhinologie de Paris, 12 février 1909.)

J’ai présenté un de mes opérés âgé de cinquante-quatre ans, dont toute l’épiglotte était envahie par une tumeur maligne qui empiétait un peu sur la partie voisine de la base de la langue. Comme les ganglions n’étaient pas envahis, j’ai pratiqué l’ablation de la tumeur, principalement pour faire cesser les douleurs très pénibles que causait la déglutition. J’ai eu recours à la pharyngotomie sous-hyoïdienne parce qu’elle donne une large voie d’accès. La tumeur fut enlevée au thermocautère. Pour empêcher l’écartement des lèvyes de la brèche opératoire, j’ai placé de chaque côté un gros fil d’argent qui,

traversant les parties molles périthyroïdiennes, passait par-dessus l’os hyoïde, formant ainsi une anse dont les deux bouts s’entortillaient au dehors de l’incision. Une sonde œsophagienne fut mise en place, passant par une des narines. Suites opératoires très bonnes. Pas de gêne pour la déglutition malgré la suppression de l’épiglotte.

Le résultat a été tout différent pour un deuxième opéré dont le cas était analogue. Il était brusquement emporté trente-six heures après, par une oppression intense à siège pulmonaire.

Me fondant sur cette observation et sur celle d’une laryngectomie où la trachée avait été cependant abouchée à la peau, j’ai pensé que quelques-unes de ces morts rapides sont explicables par un œdème pulmonaire brusque et diffus dont la cause est peut-être un réflexe parti du pneumogastrique et de filets sympathiques irrités au niveau du pharynx.

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