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II. — MALADIES DU LARYNX

1. — 1907. Traité des maladies du larynx, du nés et des oreilles,

1907, 3* édition.

La nouvelle édition de mon Traité des maladies du larynx, du nez et des oreilles a été rédigée, comme les deux précédentes, spécialement ù l’usage des étudiants et des praticiens.

Pour en rendre la lecture plus profitable, je me suis appliqué à l’écrire d’après l’observation journalière des malades et à faire de la « pathologie vécue », en m’inspirant des meilleurs modèles dans ce genre de livres. Pendant que j’y travaillais, j’avais soin de tenir mes notes à jour pour reproduire fidèlement l’état actuel de la spécialité. J’espère avoir de la sorte comblé les lacunes des éditions antérieures. Cherchant à ne rien omettre, j’ai dû forcément rester incomplet sur certaines questions de moindre importance. De préférence j’ai étudié les cas morbides qui, selon l’usage logique,

viennent se confier aux soins des oto-rhino-laryngologistes, ou ceux qui ne trouvent pas aisément leur place dans les traités voisins de pathologie, mais sans perdre de vue que j’écrivais pour des praticiens et que la technique devait tenir une large place dans les pages de ce traité.

C’est du document français qu’on trouvera surtout dans mon livre. N’est-on pas plus digne de foi quand on parle de ce qu'on a vu par soi-même ? Et n’est-ce pas le plus sûr moyen pour contribuer, de façon positive, au mouvement général d’une spécialité?

On trouvera dans cette troisième édition un certain nombre de chapitres nouveaux :

Les maladies du voile du palais, les tumeurs bénignes et malignes des amygdales palatines, les rétrécissements du pharynx ;

La trachéobronchoscopie, créée par Killian (de Fribourg-en- Brisgau) et très heureusement mise en pratique à Paris par mon assistant J. Guisez, la laryngite diphtérique, les abcès et la lèpre du larynx, les laryngocèles, un important chapitre sur les maladies du corps thyroïde et du thymus dont le spécialiste ne peut se désintéresser.

Dans la partie consacrée aux maladies des fosses nasales, j’ai ajouté l’étude de la rhinométrie et de l’olfactométrie, ainsi que la diphtérie nasale.

Pour l’otologie, j’ai cherché à ne rien omettre d’important dans les complications et dans les procédés opératoires récemment mis en pratique. Un chapitre est consacré aux suppurations de l’oreille interne.

Enfin j’ai cru devoir ajouter un chapitre sur la médecine légale en oto-rhino-laryngologie. La promulgation de la loi sur les « accidents du travail » donne à cette étude une importance d’actualité.

Quelques pages sur l’cesophagoscopie terminent le volume.

Les notes bibliographiques ont été complétées pour permettre des recherches plus étendues que ne le permettait le format de ce traité.

D’assez nombreuses figures ont été ajoutées : photographies

opératoires pour le toucher naso-pharyngien, l’opération des végétations adénoïdes, etc. ; planches coloriées originales, translumination des sinus pour le diagnostic des sinusites, schémas pour la trachéobronchoscopie, d’après J. Guisez.

2. — 1907. Sur les instituts oto-rhino-laryngologiques dans le nord de l’Europe. Paris', 1907.

Au cours d’un voyage que j’ai fait en Danemark, Norvège, Suède et Allemagne pour visiter les institutions de sourds-muets, j’ai pu voir ou revoir quelques installations d’oto-rhino-laryngo-

Copenhague. — Notre sympathique collègue le P' Schmiegelow m’a proposé tout d’abord une visite au monumentde Hans Wilhelm Meyer. 11 a été placé non loin du port, sur le Strand boulevard. L’inspiration en est intéressante. Le buste de l’illustre spécialiste s’élève sur une stèle devant laquelle une femme présente une palme. La tête est bien modelée. Le type est du milieu du siècle dernier, figure songeuse encadrée de favoris : une tête à la Trousseau. On lit sur le monument : >

Kommunehospital (Hôpital communal). — J’ai visité le grand et nouvel hôpital où, depuis 1905, la municipalité de Copenhague a réuni l’ensemble des spécialités. 11 est situé à Bartolinsgade, sur le bord d’un lac et orné de jardins entre les divers pavillons.

Je désirais voir surtout l’installation du P' Mygind.

La clinique occupe un grand pavillon isolé donnant sur une

Au rez-de-chaussée, la policlinique (consultation externe), comprenant une salle d’attente et une grande salle d’examens. Autour de celle-ci, huit postes pour autant d’étudiants. Chaque poste est isolé par des cloisons blanches en tôle et dans chacun d’eux on trouve un bec Auër, une boîte stérilisée à instruments, une deuxième boîte placée au-dessous dé la première et destinée à recevoir les

trait. Les cliniques oto-rhino-laryngologique et ophtalmologique sont à côté l’une de l’autre. Toutes deux ont une même galerie d’attente pour les malades très nombreux qui viennent consulter, mais sur la galerie commune s’ouvrent des pièces distinctes pour chaque spécialité.

L’enseignement est donné par le P r Stangerberg.

Berlin. — J’ai visité la clinique du P' Fraenkel, grâce à l’obligeance de son assistant, le D r Bœrger.

Quel beau changement réalisé depuis que je suivais, il y a quelque quinze ans, les leçons de l’éminent professeur. C’était alors un simple appartement où les malades et les élèves se trouvaient à l’étroit.

Aujourd’hui c’est un élégant et grand pavillon, entre rue et jardin, environné de-corbeillés de fleurs, comme les plus jolis hôtels particuliers. Tout le confort moderne. Partout les peintures blanches et le pitchpin.

En bas la policlinique, avec salle d’attente, salle d’examens, salle des cours, salle d’opérations pour les malades du dehors, etc. Une douzaine d’élèves travaillent sous la direction du maître et de ses quatre assistants. Chacun a son poste isolé par des cloisons de pitchpin et muni de tous les instruments nécessaires.

Au premier étage, 24 lits répartis en petites salles, 12 pour les hommes, 12 pour les femmes. Ces malades ne sont pas reçus gratuitement. Ils paient deux marks par jour, donnés par eux-mêmes ou par les corporations d’assistance dont ils font partie.

Le mouvement des malades est considérable. Il y a environ 7000 consultants par an et une centaine de grandes opérations.

Au deuxième étage est le service du P' Passow qui représente seul et exclusivement l’otologie. Installation analogue.

On aurait grand tort de passer par Berlin sans aller voir Jansen à sa grande maison de santé particulière (Hardenbergstrasse, 12).

Jansen opère en s’éclairant d’une grosse lampe électrique fixe, et au moyen du réflecteur qu’il tient par une tige serrée entre ses

Je l’ai vu opérer des sinusites et des mastoïdes.

Pour les pansinusites, il pratique une longue incision courbe à concavité externe entre l’oeil et le nez. Le squelette mis à nu, il attaque d’abord l’ethmoïde, puis le sinus frontal, le sphénoïdal d’avant en arrière, le maxillaire de haut en bas. Il termine en

quatre ans, qui remonte à deux ans. L epiglotte, le vestibule du larynx et une partie de la base de la langue sont envahis par de grosses fongosités grisâtres qui présentent par places des points sphacéliques.

Le malade ayant eu un chancre induré en 1887, j’ai pensé que le diagnostic doit être « parasyphilis du larynx », mais l’aspect des lésions fait craindre une transformation en épithélioma. Le traitement n'a consisté, jusqu’à présent, qu’en inhalations antiseptiques, mais, si la transformation épithéliomateuse se confirmait, je procéderais à la trachéotomie.

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