BLESSURES DU CRANE
i l’Académie de médecine de M. Reynier
sur un cas de réparation d'une perte de substance osseuse crânienne au moyen d’un greffon pris sur un omoplate de lapin vivant recouvert de son périoste, j’ai précisé quelle pouvait être la valeur de pareilles opérations. J’ai rappelé que des expériences de laboratoire ont démontré que, seules, les greffes autoplastiques (provenant du sujet) peuvent être définitives, et que même les greffes homoplastiques (provenant d’un individu de même espèce et si possible d’une même famille) n’ont qu’une durée limitée. Quant aux greffes hétéroplastiques (relatives .1 des espèces différentes), elles n’ont aucune chance de donner un résultat durable. Si elles paraissent réussir pendant quelque temps, c’est simplement qu’il y a, comme le disait Claude Bernard, tolérance aseptique, mais non greffe avec union véritable. En effet, chez l’homme, le tissu animal finit toujours par être résorbé.
Je conclus en disant que la greffe pour être persistante chez un blessé, doit être faite avec des greffons pris sur le sujet lui-même.
L'opération primitive des blessés du crâne. (Discüssios.) Séance commune de la Société Nationale de Chirurgie et de la Société de Neurologie de Paris. — Bull, et Mém. de la Soc. de Chir., 24 mai 1916, t. XUÏ, p. 1529-1531.
Au cours de la discussion relative à l’opération primitive des blessés du crâne, M. Pierre Marie avait affirmé que la présence d’esquilles de la table interne dans le crâne ou même de projectiles dans l’épaisseur du cerveau peut ne pas provoquer d’accidents, le me suis élevé contre ce que celle proposition avait de trop absolu et surtout contre les conséquences thérapeutiques qu’on en avait tiré.
1" Relativement à l’innocuité des esquilles de la table interne qu’il faut toujours soupçonner dans le cas de fissure de la table externe, j’affirme qu’elle est problématique, quand il s’agit d’une plaie infectée comme celle par éclat d’obus. En effet, par cettè fissure l’infection peut se propager à l’intérieur du crâne et à l’esquille. On doit toujours le redouter et par conséquent, on doit trépaner dans cette éventualité.
2“ En ce qui concerne l’innocuité des projectiles intracrâniens, on doit distinguer les cas : ou bien (on le détermine par la radiographie et la localisation au compas de Hirlz), ils sont très rapprochés, et alors, l’extraction est facile et doit être faite ; ou bien ils sont très profonds, ce qui est une condition défavorable pour l’extraction mais favorable pour la tolérance. Toutefois, étant donné ce que nous savons sur le microbisme latent, cette tolérance peut n’êlre qu’éphémère et la présence du projectile constitue une menace perpétuelle, quoique l'effet puisse s’en faire attendre
des mois et même des années ; le chirurgien doit donc intervenir sans attendre l’apparition d’accidents, toutes les fois que le siège du projectile ne rend pas son extraction très dangereuse. On s’abstiendrait alors et on aimerait mieux attendre un danger éventuel mais éloigné, qu’affronter un danger immédiat trop redoutable.