‹ Supplément. Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 13 sur 18 · BLESSURES DES NERFS · texte numérisé non relu

BLESSURES DES NERFS

Sur les traumatismes des nerfs par les projectiles et les traitements qu’ils réclament. (Discussion.) — Bull, de l'Acad. de Med., 19 janvier 1915, t. LXXIII, p. 100-102 et p. 104. — Bull, de l'Acad. de Med., 2 février 1915, t. LXXIII, p. 160. — Bull, de l'Acad. de Méd., 9 février 1915, t. LXXIII, p. 186-194

Sur le traitement des blessures des nerfs par projectiles. — Presse Médicale, 18 février 1915, p. 49 et 50.

Le 18 janvier 1915, devant l’Académie des Sciences, et le lendemain, devant l’Académie de Médecine, M. Delorme faisait une importante communication : Sur les traumatismes des nerfs par les projectiles et les opérations

qu'ils réclament. Le point capital de ce travail, basé sur 90 opérations, est qu’il faut pratiquer la résection de toute portion nerveuse paraissant à l’œil nu altérée jusqu’à ce que l’on ait obtenu, par tranches successives, un aspect tout à fait normal des surfaces de section.

La nouvelle méthode ne me semble justifiée ni par l’expérience clinique ni par l’expérimentation physiologique. Elle part d’une conception théorique que j’ai vivement combattue pour les raisons suivantes :

1° La nouvelle thérapeutique ne reposait sur aucun succès établi. L’auteur a pratiqué 90 opérations, sans qu’aucun résultat soit venu montrer, non seulement que les premières avaient amélioré le sort des blessés, mais encore qu’elles ne l’avaient pas empiré. Aucun cas de guérison de paralysie ainsi obtenue n’a été publié.

Par contre, on sent que la simple libération des nerfs comprimés par des cicatrices ou des cals, sans résection, a donné un nombre considérable de succès dans les lésions partielles par armes à feu. Ainsi, sur 250 cas, relevés (guerre russo-japonaise) par Volojaïkine, on a trouvé 70.7 pour 100 de guérisons complètes et 94.7 pour 100 d’améliorations. Oppel est arrivé aux mêmes conclusions et il affirme que les chirurgiens japonais Hoshimolo et Tokuoko ont également la même pratique. Donc l’opération de choix doit être l’opération conservatrice : la libération du nerf. C’est ce qu’a appris la clinique.

2“ La base physiologique de la nouvelle méthode est absolument discutable. L’examen du bout périphérique atteint fatalement de dégénérescence vvallénenne doit être d’abord mis hors de cause, comme ne pouvant donner lieu qu’à des erreurs. En outre, même pour le bout central, on ne peut affirmer, par la simple inspection à l’oeil nu du tronc nerveux ni même de la tranche du nerf sectionné, qu’il est irrémédiablement altéré.

On a depuis longtemps noté que les nerfs contus ou simplement comprimés par un cal ont un aspect anormal grisâtre, rougeâtre, apTati ou aminci. La guérison n’en serait pas moins la règle dans de tels cas, (après dégagement) ainsi que MM. Monod et Vànverts l’indiquaient il y a une dizaine d’années dans leur excellent Traité de technique opératoire, ouvrage qui est devenu classique. Ce mauvais aspect du nerf est cependant, pour M. Delorme, une raison suffisante de le réséquer et cela « par tranches successives » jusqu’à ce qu’on arrive à un point qui aurait l’aspect normal. Je fais remarquer combien il paraît peu justifié de substituer à la chirurgie conservatrice, qui a donné de si beaux succès, la chirurgie pour le moins téméraire qui consiste à sectionner et à réséquer, puis à suturer un nerf, même quand sa continuité n’est pas interrompue, mais que seul

absolu. J'ai vu disparaître progressivement les pulsations et le souffle de la poche anévrismale qui s’est spontanément transformée en une petite masse dure. Un autre cas analogue a depuis été observé par M. Routier. — Mon blessé revu un an après ne présentait pas de récidive.

Quatre autres cas inédits d’anévrismes traumatiques opérés par moi ont été publiés dans la thèse de mon élève Bornot.

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