‹ Suppuration des Fibromes au Cours de la PuérperalitéChapitre 6 sur 31 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Dans la littérature médicale on ne trouve qu'un très petit nombre d’auteurs quise soient spécialement occupés de la suppuration des fibromes au cours ou à la suite de la grossesse. La plupart ne mentionnent pas les caractères spéciaux qu'elle peut revêtir quand elle accompagne la gravidité.

D'ailleurs, un très grand nombre d'auteurs confondent ensemble sphacèle, gangrène et purulence.

Dans les observations medicæ raræ, de Shenk, en 1665, l’auteur dit avoir observé des pierres nées dans l'utérus ; or, il est très vraisemblable que ces pierres n'étaient autre chose que de vieux fibromes purulents dont la masse centrale s'était calcifiée. À

Levret, en 1749, fit paraître un ouvrage sur les polypes utérins et vaginaux, dans lequel il déclare que l'ulcéralion et la gangrène de ces tumeurs sont possibles.

Pinault, en 1828, cite des observations de fibromes purulents, et Viardin, en 1834. en apporte de nouvelles.

En 1833, Duplay fait paraître une thèse sur le ramollissement et particulièrement sur le ramollissement gangréneux des fibromes. Vas

Malgaigne, en 1835, publie une thèse sur le sphacèle des fibromes.

ENMO IS

En 1858, dans le Traité pratique des organes sexuels de la femme, Sceanzoni dit : « Il existe des observations de la formation dans les fibromes d’une cavité plus ou moins grande, remplie d'un liquide séreux, sanguin et putride qui, par la fluctuation qui en résultait, rendait très difficile pendant la vie le diagnostic de corps fibreux. »

Ziennessen, Braxton Hicks, Saugier publient successivement de 1859 à 1865, leurs mémoires sur la purulence des myomes.

Dans la traduction française d’Aronssobn ({t. II, p- 351), de la pathologie des tumeurs de Virchow, l'auteur décrit la suppuration des fibromes et accuse l’inflammation de la capsule ou des adhérences péritonéales, de causer la dégénérescence de la tumeur.

Mais comme {ous les auteurs précédents, Virchow ne s'occupe nullement de la coexistence de la gravidité et ce n'est qu'en 1875, dans la thèse de Sevastopoulo, que l’on trouve neltement rapprochées la grossesse et la suppuration.

Hartmann et René Mignot (Annales de gynécologie, juin 1896), dans une note sur la suppuration gangréneuse des fibromes indépendants de la cavité utérine, font une étude approfondie de l'une de ces tumeurs.

En 1897, à Bordeaux, paraît la thèse de Lasnier sur le sphacèle et la purulence des fibromes.

Guéry, en 1901, dans sa thèse, traite non seulement de la suppuration des fibromes, en général, qu'il sépare nettement du sphacèle et de la gangrène, mais dans un chapitre spécial de la suppuration des fibromes au cours de la grossesse.

Richelot, Lepage, Pinard, en 1901, dans les Comptes rendus de la Société d'O. G. P. |

Delbet, en 1902, dans le Bulletin de la Société de chirurgie.

S. Maix, en 1905, dans le Journal of obstetrics, posent les règles des interventions dans les grossesses compliquées de fibrome.

Mauclaire, en 1906, apporte dans les Comptes rendus de la Société d'O. G. P., une observation de fibrome suppuré à la suite d’un avortement.

ETIOLOGIE ET PATHOGÉNIE

La suppuration des fibromes est provoquée par une infection de voisinage provenant le plus souvent de la muqueuse utérine et parfois des organes voisins particulièrement des trompes.

La suppuration des fibromes, en général, est un phénomène peu fréquent et qui devient actuellement de plus en plus rare avec les méthodes aseptiques et antiseptiques de plus en plus parfaites ; dans ces dernières années, le Prof” Pinard, sur 13,915 accouchements relevés à la clinique Baudelocque, en trouve 84 qui s’accompagnent de fibromes et pas un seul d'entre eux ne suppure (1).

Néanmoins, cet accident arrive parfois et parmi les causes les plus habituelles de la suppuration de ces fibromes, on doit en première ligne citer la grossesse et surtout le travail.

Ce fait ne doit pas nous surprendre, étant donné les relations étroites qui existent entre l'utérus et la tumeur. Nous voyons, en effet, comme l'a démontré Claisse dans sa thèse, qu'un fibrome utérin s'accompagne, habituellement de lésions inflammatoires de la muqueuse uté-

(1) Comptes rendus de la Société d'obstétrique, de pédiatrie et de gynecologie, 8 juillet 1901. :

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