INTRODUCTION
La question des dilatations bronchiques posée par Laënnec dans son Traité de l’Auscultation Médiate, en 1819, est restée longtemps en suspens.
D'abord considérée comme assez rare, on apprit à la connaître spécialement chez l’enfant.
En 1894, Deracour, dans sa thèse l’avait déjà décrite et en avait montré la fréquence : « La dilatation des bronches chez l’enfant est assez souvent méconnue, plus fréquente qu’on ne le croit généralement ; elle est en outre souvent curable. »
Actuellement, on connaît bien la forme de grande
ectasie avec destruction complète des tissus et de,
l’armature bronchique ; ce qui donne lieu à la formation d’une cavité qui suppure à l'infini. L'histoire clinique de cette grande ectasie bronchique est faite depuis longtemps ; — de même sa description anatomo-pathologique. |
Cette dilatation bronchique de l’enfant ressemble à celle de l’adulte, elle se présente dans sa forme typique classique, pseudo-cavitaire sous laspect
suivant :
C’est un enfant tousseur et cracheur chronique : l'expectoration purulente constitue l’élément capital du ‘diagnostic,
L’affection évolue avec des poussées aiguës, frébriles, pseudo-tubereuleuses,, avec température hectique, toux grasse, signes cliniques de ramollissement pulmonaire, — surtout localisés aux bases.
Dans l’intervalle des poussées, 1l persiste à l'auscultation de gros signes humides. L'état général peu touché classiquement, dénote cependant des signes de suppuration chronique : pâleur, dyspnée d'effort, hippocratisme digital, ete. L'examen radiologique montre des signes de selérose pulmoriaire des bases avec adhérences pleurales, rétractions costales, défaut d’expansion respiratoire, parfois aspect en fromage de gruyère ; — et surtout l’exploration lipiodolée révèle l'existence des dilatations ampullaires ou fusiformes très caractéristiques et devenues ch siques. ù F
Ce ne sont pas ces formes avérées et bien connues de la difatation bronchique que nous voulons étudier.
Nous voulons attirer l'attention sur les suppurations des bronches, chroniques, frustes, observées. plus souvent en ville qu’à Hôpital et qui méritent d’être décrites :
Parce qu’elles sont fréquentes en pratique médicale ;
Pärce qu’elles sont curables habituellement, lorsqu’elles sont dépistées et traitées à temps ;
- Parce qu’elles peuvent donner lieu à des erreurs de diagnostic et d'interprétation ;
Parce qu'elles constituent quelquefois une forme .de début de la grande dilatation bronchique.
Ces formes ont une individualité plus clinique qu’anatomique et c’est, par conséquent, sur le terrain chinrique que nous voulons nous cantonner avant tout. a
Elles sont d’ailleurs eonmues et décrites depuis Jongtemps. Mais 1l nous semble que le praticien ne leur a pas donné l'importance qu’elles méritent.
Déjà, en 1905, puis en 1911, V. Hurinez a attiré l'attention sur les formes spéciales que prend la -bronchectaste chez les enfants ; et c’est là son grand “mérite d’avoir su faire entrer dans le cadre des dilatations bronchiques, des formes frustes qui jusque à étaient considérées comme des broncho-pneumonies subaiguës, des tuberculoses curables, ete.
Puis J. Huriez, dans sa thèse en 1922, a insité sur la fréquence des formes frustes de la bronchectasie chez les enfants et a bien montré les erreurs de diagnostic dont elles étaient le point de départ ; dans es poussées aiguës elles sont confondues avec les broncho-pneumonies, avec les bronchites et congestions pulmonaires, avec les adénopathies trachéo- -bronchiques (dont les travaux récenits ont montré la rareté anatomique) et surtout elles peuvent être “interprétées comme tuberculose pulmonaire.
Cette dernière erreur est grave «et préjudiciable peur le petit malade. Elle n’est plus permise alors
que nous connaissons maintenant les critères bio-
logiques fournis avec quasi-certitude par la cutiréaction à la tuberculine et par les lésions radiolo-
giques si caractéristiques de cette terrible infection.
I s’agit donc de ce que V: Hurinez appelait des «petites dilatations bronchiques ».
« Dans cette forme, c’est à peine si on à le droit de « prononcer le mot de dilatation de bronches et « cependant les accidents qui se présentent avec des « caractères frustes et atténués, sont l’ébauche de « ceux que nous retrouvons dans les formes plus « sévères », J. Hutinel, (thèse).
Elles sont sûrement en rapport avec une suppuration atténuée de la muqueuse bronchique, peutêtre avec une augmentation du calibre de la bronche (dilatation cylindrique).
« On retrouve cette disposition initiale des « conduits bronchiques dilatés dans les formes « subaiguës et chroniques de la même affection ; « elle constitue alors le premier stade de l’évolution « de la maladie » (Delacour, thèse).
Ces dilatations bronchiques frustes ou plus exactement ces suppurations bronchiques curables de l’enfance nous paraissent caractérisées : :
19 Par des épisodes aigus d’allure broncho-pneumonique ou bronchique se Horse pendant plusieurs années ;
29 Par la fixité de leurs signes cliniques au cours ou dans l’intervalle ‘des différentes manifestations pathologiques ; |
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3° Par leur curabilité habituelle bien que certaines d’entre elles soient le début des formes plus graves et définitives se prolongeant à l’âge adulte ;
40 Par la multiplicité des erreurs de diagnostic dont elles sont le point de départ.