I. Par épisode pulmonaire aigu
Avant tout la broncho-pneumonie.
Celle-c1, peut être primitive. C’est un enfant qui sans raison ou après avoir pris froid fait une bronchopneumonie grave. L’enfant est dyspnéique, cyanosé, adynamique ; il a du tirage, du battement des ailes du nez ; la toux fréquente, fatigante, ne donne pas d’expectoration ; la température est élevée et oscillante. Les signes physiques sont ceux des broncho-pneumonies cLassiQues. La maladie évolue vers la guérison ; mais le petit malade est long à se remettre et surtout en un point précis persiste un foyer de râles humides, longs à disparaître ou ne
J. Prar. 2
disparaissant pas. La famille ramène l’enfant parce que la toux persiste, grasse, comme si l'enfant allait cracher ; mais pas d’expectoration. À l’auscultation on trouve à une base le même foyer de râles, foyer que l’on retrouvera à chaque examen avec une persistancé remarquable jusqu’au jour où la première poussée apparaîtra. (Observations V, VI, VIII, XVI, XVII). L | ;
Il existe aussi des épisodes pulmonaires aigus, primitifs, qu’on a intitulés broncho-pneumonies bien qu'ils n’aient pas présenté les symptômes précis de cette affection, et qui n'étaient souvent que la première poussée d’une série d’autres poussées que
l’on rencontrera par la ‘suite.
Ce mode de début est fréquent. (Observations FT, VIL.) C’est un adénoïdien qui fait une poussée d’infection dans son naso-pharynx : à ce moment, si on ausculte l’enfant on entend à une ou aux deux bases des râles humides en un point ; disséminés, des ronflants et sibillants de bronchite : on dit bronchopneumonie. Mais il n’y a pas de matité, pas de souffle, pas de signes de condensation. La toux n’est pas déchirante ; au contraire elle est grasse, facile. Les signes fonctionnels sont réduits au minimum : pas de dyspnée, température pas très élevée, pas- de battements des ailes du nez, pas d’adynamie, état général peu touché. En un mot on observe un contraste frappant entre l’intensité des signes stéthacous-
En he
tiques et Ja. bénignité relative des signes fonctionnels et généraux. La maladie évolue lentement, la témpérature descend petit à. petit, mais reste au-dessus dé 380 ; les signes locaux persistent longtemps. On fait le diagnostie de broncho-pneumonie subaiguë, et ce n’est que lorsque apparaît uhe poussée nouvelle avec râ'es humides à la même base; que l’on perse à la suppuration bronchiqué qui s’est installée d'emblée lors de la première poussée.
Mais le plus souvent la broného-pneumonie est secondaire à une maladie infectieuse de l’enfant.
En tête et avant tout la Coqueluche, surtout les coqueluches graves (Delacour, Sotiroff, Dieudonné). (Observations I, IX, XII, XIV.)
Le petit malade, au cours-de sa Coqueluche, fait urie ascension thermique, la toux change de caractère, une broncho:pneumonie «apparaît. Celle-ci évolue vers la guérison, mais comme dans la forme primitive vue plus haut, le retour à la normale se fait difhicilement ; et surtout l’auséultation révèle un foyer de râles humides qui persiste à une où aux deux bases, — foyer que l’on retrouvera lorsque la première poussée apparaîtra.
La Rougeole (Triboulet, Mazani), moins souvent en cause que la coqueluche est aussi parfois au début d’une suppuration bronchique fruste lorsqu'elle se complique de brontho-pneumonie : au'39 et 4° jour de sa rougeole, l'enfant fait une température élevée, là toux apparaît et à l’auscultation on trouve des
Es
signes de foyer parmi les râles de bronchite. Cet épisode évolue vers la guérison, mais le petit malade se remet lentement de sa rougeole et de la complication ; il a une fébricule persistante, pas d’appétit, on pense à une adénopathie trachéo-bronchique, on craint une tuberculose. | L’alarme est donnée par la ténacité de la toux grasse, humide, survenant le matin au réveil, souvent émétisante ; à l’auscultation on trouve encore un. foyer fixe de râles humides aux bases, au niveau de l’ancien foyer de la broncho-pneumonie. (Observations IIT, IV, XV). | La grippe (Laënnec, Rendu), la diphtérie, la typhoide, la scarlatine (Hutinel), en un mot toutes les maladies infectieuses qui surviennent chez l’enfant et qui se compliquent de broncho-pneumonie peuvent se trouver au début des suppurations bronchiques. Citons Ja Broncho-pneumontie pseudo-tuberculeuse qu'a décrite Hutinel. Cette forme est, semble-t-il, un foyer de suppuration bronchique qui se développe à l’endroit même où siégeait la pneumopathie aigue : on a en effet, en foyer, des gros râles sous-crépitants, bulleux, humides ; en même temps, une toux grasse, facile, mais pas d’expectoration ; une température subfébrile, en somme un état infectieux pulmonaire qui traîne et par cela même atteint gravement l’état général de l’enfant qui se cachectise. En général, ces formes guérissent, mais par la suite, — à cause sans doute de la fragilité pulmonaire qu’a laissée. l’affection initiale, — se répètent des épisodes pul-
Die
monaires aigus au cours desquels on retrouve au
point même de l'affection initiale, un foyer de râles humides. Ces poussées s’espacent peu à peu pour disparaître complètement : évolution semblable à
celle de la dilatätion bronchique bénigne de l’enfant
Signalons aussi que l’on a vu des suppurations
bronchiques survenir à la suite de bronchites aiguës
généralisées, traînantes surtout consécutives à la rougeole.
IT. Sans épisode pulmonaire aigu D'abord la Coqueluche prolongée et fébrile. (Obser-
vations XI, XII).
L’expectoration filante et glaireuse survenant
habituellement après la quinte de toux se transforme,
et dans le mucus que l’enfant crache à la fin de la quinte apparaissent quelques crachats verdâtres
Les quintes diminuent en fréquence et en intensité mais une légère température persiste aux environs de 380. |
À lPauscultation, on découvre à une ou aux deux bases une. légère submatité, de l’affaiblissement ou de la rudesse du murmure vésiculaire, des signes de bronchite qui persistent et auxquels se surajoutent des râles humides, bulleux, groupés en foyer, mais déplacés par la toux ; — signes que l’on retrouve à chaque examen dans le même point avec une fixité
remarquable et tenace.
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Les quintes de toux de la coqueluche peu à peu disparaissent, mais sont remplacées par une toux persistante, humide, grasse, parfois ramenant une expectoration muco-purulente, surtout le matm au réveil, parfois provoquant un vomissement, parfois ne ramenant aucun crachat ; et cependant à l’auseultation on trouve toujours des râles muqueux au. même point que dans les examens précédents.
Le début de l'affection est donc difficile à fixer ; mais cet enfant qui à souvent des antécédents pulmonaires ou pleuraux, qui tousse, qui ne crache pas, dont parfois la respiration est courte, présente, à des examens pratiqués à des intervalles différents, toujours à une base un foyer de râles. Et un jour cette affection si latente et si difficile à soupçonner se réveille par un épisode aigu. C’est alors que lon pense à une suppuration pulmonaire.
L°Adénoïdite chronique avec infection bronchique descendante. Il s’agit d’un enfant, toujours adénoïdien, qui a fait successivement une série de « rhumes de cerveau », puis de la trachéite, et des « rhumes de poitrine » ; 1l a ainsi par voie descendante infecté ses bronches à bas bruit ; ces rhumes tenaces et prolongés ont alarmé sa famille qui l’amène au médeein. L’attention est attirée par la présence, à Pauscultation, en un point, d’un foyer de râles au niveau duquel plus tard se fera la poussée aiguë. (Observa-
tion X.)
Au total, les suppurations bronchiques de l'enfant
apparaissent le plus souvent à la suite d’affections aiguës de l’appareil respiratoire. Soit d'emblée, soit le plus souvent venues compliquer une maladie infectieuse parmi lesquelles se trouvent les plus fréquentes chez l'enfant : Rougeole et Coqueluche. Celle-c1 est de beaucoup la plus mcriminée à l’origine des suppurations bronchiques, qu’elle soit compliquée ou seulement traînante : aussi est-elle la grande pourvoyeuse d’infectés bronchiques.