‹ Supuration des fibromes au cours de la puerperalitéChapitre 7 sur 24 · EE · texte numérisé non relu

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üf, Cette capsule, tantôt adhère fortement à la tumeur sous-jacente dont elle ne saurait être séparée que très difficilement, tantôt, au contraire, lui est réumie par des adhérences assez lâches pour que l’énueléation au moins partielle de la tumeur soit opération aisée. Dans ce cas, nous trouvons séparant la capsule du fibrome, une cavité virtuelle composée en majeure partie de tissu conjonetif très lâche, peu vasculaire, qui sera un lieu d'élection pour la suppuration du fibrome.

Autour de la capsule, nous trouvons dans les myomes sous-périlonéaux la séreuse qui recouvre la tumeur en contractant avec elle des adhérences plus ou moins solides.

Dans les myomes sous-muqueux au contraire la tumeur est directement recouverte par la muqueuse utérine, et l'on comprend facilement que dans ce cas toute infecüon provenant de la muqueuse puisse facilement se transmettre à la tumeur.

La tumeur est irriguée par des vaisseaux sanguins, artères et veines. Ce sont des vaisseaux creusés dans le Ussu ambiant et non pas munis d’une paroi propre. Ce sont des vaisseaux lacunaires uniquement tapissés d’une couche endothéliale, Ceux qui ont un certain calibre sont entourés d’une couche de tissu fibreux dense.

Ces vaisseaux se thrombhosent facilement à cause de l'irrégularité de leurs parois, dont l’épithélum, parfois sallant, prolifère avec facilité. De plus ces vaisseaux, dépourvus de tunique élastique, ne peuvent de ce fat apporter à la tumeur une abondante irrigation.

Apportant le sang à la tumeur, nous trouvons souvent, surtout dans les fibromes pédiculés, une artère unique de

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gros volume ou bien plusieurs vaisseaux partant de points divers lorsque la tumeur n’est pas pédiculée.

De ces vaisseaux principaux se détachent successivement des vaisseaux secondaires, souvent visibles à l’œil nu, sans préparation, qui forment à l'intérieur de la capsule tout un réseau, dont les différents vaisseaux communiquent entre eux par des anastomoses d'inégal volume.

De ce réseau principal, que l’on pourrait appeler capsulaire, se détachent des réseaux secondaires qui, circu-

lant entre les différents lobes de la tumeur dans les

cloisons conjonctives qui les séparent les uns des autres, assurent la nutrition des parties dont se compose la tumeur. Mais ce qu'il faut remarquer, c’est que le centre de chacune de ces sphères ou de ces lobes reçoit une

irrigation très peu importante, comparativement aux

portions périphériques. Constatation des plus importantes, car si un fibrome se compose souvent de tumeurs surajoutées les unes aux autres, séparées par des cloisons conjonctives, on comprend qu’un même processus venant à le frapper, on puisse trouver dans une tumeur de quelque volume, présentant cette structure, des lésions plus ou moins avancées de dégénérescence, ou qu'une parlie seule de la tumeur, c’est à dire un lobe suppure.

Les réseaux veineux, qui souvent dans ces tumeurs sont très importants, ont à peu près même structure et surtout même topographie spéciale, c’est-à-dire périphérique, le centre de la tumeur n'ayant qu'une irrigation tout à fait insuffisante.

Or, pendant le cours de la grossesse, la tumeur subit

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des modifications très importantes que le Prof' Cornil expose ainsi; nous ne saurions mieux faire que de les reproduire (1). |

« Je pense que le plus grand nombre des faisceaux musculaires de la tumeur subissent pendant la grossesse la même congestion active que le reste de la paroi utérine dont elle fait partie intégrante. Les faisceaux musculaires atteints de cette hyperhémie, de cette activité nutritive touchant à l'inflammation, comprennent les faisceaux interposés au point d'y arrêter la circulation sanguine et l'apport des éléments nutritifs. Ces faisceaux restent atrophiés et leurs cellules contractiles se modifient. A la suite de ce premier stade, les vaisseaux turgides des muscles hypertrophiés laissent sortir des globules blancs en assez grande quantité ».

En résumé, pendant la durée de la grossesse, le fibrome subit une augmentation de volume très considérable, les fibres musculaires s’hypertrophient, se multiplient et ce processus ne va pas sans un certain degré d'inflammation qui s’accuse le plus souvent par une diapédèse énergique des globules blancs que l’on ren-

contre dans les espaces intermusculaires comblés par du tissu conjonctif.

Mais si le myome augmente de volume, le nombre des vaisseaux qui apportent directement le sang de l’extérieur ne s'accroît pas. Leur volume augmente peut-être mais assurément peu, car nous avons vu qu'ils étaient entourés d’une épaisse gangue fibreuse et qu'ils étaient dépourvus de paroi élastique.

(4) Connir. Bulletin Académie de médecine, 7 février 1893.

Il est probable qu'il doit en être de même pour les vaisseaux du réseau principal capsulaire et peut-être même pour les autres vaisseaux des réseaux secondaires qui s’enfoncent entre les différents lobes de la tumeur.

Il est donc des plus vraisemblables que les myomes au cours de la grossesse ne reçoivent qu'une irrigation insuffisante.

Sans doute, la congestion active de tous les organes du petit bassin au cours de la grossesse fournit au myome un surcroît d'alimentation, mais 1l est infiniment probable, étant donné:la fixité de ses vaisseaux nourriciers, que le sang n'arrive pas en quantité suffisante; ce qui le prouve bien, c’est la dégénérescence d’un grand nombre de faisceaux et l'absence de globules rouges dans un certain nombre d’artérioles, observées par le Proff Cornil dans une de ces tumeurs (1).

« Par contre, dit-il, sur des coupes on voit en certains points, au voisinage des vaisseaux sanguins, des îlots où les fibres musculaires très volumineuses sont en pleine prolifération. Par opposition à ce tissu en pleine activité, les îlots mortifiés situés au milieu de lui se colorent très mal.

On reconnaît que tous les vaisseaux morüfiés ne. contiennent pas de globules rouges mais seulement quelques fibrilles de fibrine mince et des globules blancs pales à contours minces et indécis ».

On voit que dans les parties centrales, la tumeur est complètement dégénérée, car elle ne reçoit pas de sang. Au contraire, dans les parties périphériques au voisinage des vaisseaux sanguins, on {rouve de nombreuses fibres

(1) Conniz. Bullelin Académie de médecine, 7 février 1893.

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musculaires hypertrophiées, Les phénomènes de nutrition sont donc la cause nécessaire de la désintégration des fibromes.

Or, ces tissus mortifiés sont dépourvus de toute vitalité et s'ils n'occasionnent pas de troubles dans l'organisme, c'est qu'ils conservent leur asepsie, mais que pour une cause ou une autre, des microbes pathogènes arrivent à les pénétrer; ils seront pour eux un excellent milieu de culture car ils ne trouveront pas de phagocytes pour les combattre.

Cette suppuration, d’ailleurs, se fait suivant deux modes différents, tantôt éclatant en plein centre d’un des lobes du fibrome, tantôt dans les parties périphériques directement au-dessous de la capsule, dans ce tissu cellulaire plus ou moins lâche qui la réunit à la tumeur.

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