‹ Sur Barbey d'AurevillyChapitre 26 sur 54 · C'est le grand ami de Louis Veuillot · texte numérisé non relu

C'est le grand ami de Louis Veuillot

2. A cette époque, labbé d'Aurevilly, qui souiïrait vivement des maux de la patrie et qui passait son temps à dire son chapelet pour elle — il appelait son chapelet « sa mitrailleuse de poche » — avait, en expiation des péchés de la France et pour conjurer les maux

mais il a, selon moi, le plus mauvais des symptômes; il est découragé et sans volonté d'aucune sorte pour réagir contre son mal, qui est plus dans les nerfs qu'ailleurs et qu'il pourrait dominer, je n'en doute point, s'il faisait l'effort de vouloir.

Il vous dit les choses les plus charmantes et attend — et moi aussi, Monsieur î — le recueil de rimes que vous lui annoncez, au lieu de les lui envoyer par moi, comme c'était votre devoir. L'abhé est à Saint- Sauveur, logé féodalement dans le donjon de Néel de Né hou \ qui a vu Bertrand du Guesclin, — un véritable logement de poète, — et de prêtre aussi, puisqu'ils ont fait du château fort un hôpital, logeant les pauvres où logeaient les soldats, idée sublime ! Mon frère, qui n'a pas cessé d'être Eudiste, est le chapelain, pour l'heure, des religieuses de Saint- Paul de Chartres qui desservent l'hôpilal de Saint- Sauveur, et c'est là qu'il faut lui écrire, si on veut que la lettre lui arrive en droiture et n'aille pas se perdre dans sa communauté de Perriers.

Quelque langue trop longue vous dira peut-être, mon cher Saint-Maur, qu'on m'a vu à Paris, ces jours derniers, — et c'est vrai, j'y ai passé deux fois

qu'il craignait pour elle, l'ait à Dieu le sacrifice de son intelligence, qui était très belle. Dès lors, il tomba pou à peu dans le gâtisme, ol soullrit avec une volupté iUYsti([ue de cette déchéance, quil sentait fort bien.

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