‹ Sur certaines Attitudes en flexion d'origine cérébrale: Contribution à l'étude des réflexes hyperalgiquesChapitre 13 sur 24 · OBSERVATION HI · texte numérisé non relu

OBSERVATION HI

(Vincent, Giroire et David) \

Mme B.., 52 ans, ménagère. Entre le 23 décembre 1924, salle Bichat, n° 9, à l'hôpital Tenon, Elle entre, parce qu'elle souffre dé la tête et qu’elle n’a plus tout à fait ses idées à elle. Elle est venue à pied.

Son mari donne les renseignements suivants :

Le 15 novembre, elle était encore tout à fait bien portante. Vers le début de décembre, elle a commencé à souffrir de la tête ; cependant, elle vaquait à ses occupations, sortait de chez elle, faisait ses courses, Puis, tandis que la céphalée augmen- ‘tait, « elle se laissa un peu aller ». Elle ne s’occupa plus de son intérieur, oublia de préparer les repas de son mari. Le 0 décembre, il la trouva, au moment du déjeuner, assise près du lit, dans l'attitude où il l'avait laissée le matin ; elle semblait n'avoir pas bougé. Elle se plaignait très vivement de la tête.

Le 23, elle entrait dans notre service. VUE

Dès le premier àbord, elle se plaint d'une violente céphalée et de souffrir beaucoup des membres inférieurs.

La céphalalgie est permanente, massive, et donne à la malade un air hébété, Elle porte fréquemment les mains à ses cuisses, les frotte, comme pour faire disparaître quelque chose qui la fait souffrir, Interrogée à ce moment, elle est très lucide ; elle dit qu'elle a une sensation de cuisson, de brûlure permanente de la peau des cuisses, des jambes, comme si, ditelle, du feu coulait entre cuir et chair.

L'examen ne décèle aucun trouble de la motilité volontaire, les réflexes tendineux et cutanés sont normaux. Il n’y a pas de flexion dorsale réflexe du pied.

Les sensibilités au tact, à la température, le sens musculaire sont normaux. Cependant, tandis qu'on explore ces différents modes de perception, on s'aperçoit que, sur tout le corps, la

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malade est anormalement sensible, Le frôlement est douloureux, le pincement, la piqûre sont intolérables. Ils déterminent une douleur plus vive que celle provoquée par les mémes excitations chez les sujets normaux, si l’on s'en rapporte aux plaintes el aux grimaces de la malade.

Ces différentes excitations déterminent dans les membres inférieurs des réactions, toujours les mêmes, quel que soit le point excité.

Le pincement de la jambe droite produit un vif retrait du membre inférieur droit, mais aussi, un court instant après, un mouvement de même aspect du membre inférieur gauche, suivi d’un retour à la position primitive.

La même excitation à gauche produit des phénomènes identiques.

Le pincement de la région sous-claviculaire droite provoque, outre un cri et des grimaces, un mouvement adapté du membre supérieur droit : la main se porte au point traumatisé pour repousser l’injure, tandis que se produit un mouvement de retrait très rapide, comme spasmodique, du membre inférieur droit, puis du gauche, suivi de la remise en place. À

Le pincement de la région sous-claviculaire gauche produit le même phénomène, mais en sens inverse.

Le pincerment de la région abdominale droite et gauche produit des phénomènes de même aspect.

Au niveau des deux membres supérieurs, le pincement du biceps provoque la contraction du long supinateur.

Malgré l'absence des signes objectifs cliniques usuels, ces phénomènes donnent à penser que cette femme est atteinte d’une maladie organique du système nerveux : de fait, l’examen des yeux montre, avec des réflexes pupillaires normaux, une paralysie de la VI° paire droite, un œdème papillaire bilatéral avec dilatation veineuse, sans modification appréciable

de l’acuité visuelle,

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