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Le liquide Céphalo-rachidien présente une augmentation du taux de l’albumine : 0,45, sans lymphocytose, avec réaction de Wassermann négative.
Le diagnostic est celui de tumeur cérébrale, sans localisation actuelle possible,
Peu à peu la torpeur s’accentue, la posture en flexion s’installe aux membres inférieurs d’abord, aux membres supérieurs ensuite.
Passagère d’abord, elle devient permanente ensuite.
Le 15 janvier, le tableau est'caractéristique. Torpeur cérébrale très prononcée. Pseudo-tétraplégie par contracture des quatre membres en flexion. Pas de paralysie. Pas de signes cliniques d'une altération de là voie pyramidale. Hyperalgie
exagération des réflexes hypéralgiques.
1° La torpeur. -— La malade passe toute la journée les yeux clos. Elle ne manifeste pas qu’elle a faim, soif, besoin d’uriner ,et d'aller à la seile. Elle fait tout sous elle. Cependant, si après de fortes excitations cutanées on lui parle fort, elle répond à quelques questions, elle exécute les actes qui lui sont demandés, C’est ainsi qu'on peut voir qu'elle n'est pas paralysée : elle fléchit et étend alternativement l’avant-bras sur le bras, la jambe sur la cuisse. Elle peut corriger l'attitude en flexion des quatre membres. Il est impossible, d'ailleurs, de maintenir plus d’un instant sa conscience éveillée : très vite la malade retombe dans son état de torpeur.
Après qu’elle a perdu conscience, l'attitude en flexion des quatre membres s'établit à nouveau.
2° L'atlitude en flexion. -— Jusqu'à la mort de la malade, on n'’observera guère une autre attitude spontanée. La malade conserve, jour et nuit, les quatre membres fléchis, C’est dans cette posture qu'on la trouve le matin, quand on entre dans la salle, quand, dans la journée, on n’a pas dérangé la malade depuis un certain temps. Elle repose sur le dos, le bassin en
légère rotation gauche, les deux cuisses fléchies sur le bassin,
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suivant un angle presque droit, les jambes fléchies sur les cuisses à environ 80° : les pieds sont, ordinairement, en légère torsion interne, les cuisses accollées l’une à l’autre.
Les deux membres supérieurs sont en adduction, les deux avant-bras fléchis, les deux mains portées au visage comme pour le défendre.
Dans les premiers temps, on pouvait vaincre avec une relative facilité la contracture en flexion ; plus tard, au moment où la photographie fut prise, on rencontrait une très forte résistance ; cependant, en insistant, l’extension était possible.
Toutes les excitations cutanées, même faibles, à plus forte raison si elles étaient douloureuses, exagéraient cette posture.
3° L'hyperalgie. — Chez cette femme en état de torpeur prononcée, le pincement arrache des cris, et des cris qui se prolongent, alors que l'excitation a cessé depuis un certain temps, comme si la douleur se prolongeait plus longtemps que l’application de la cause vulnérante, Une irritation cutanée désagréable, mais supportable pour les malades voisins, ne déterminant pas de cri, à peine une moue, provoque, chez elle, une grimace prononcée, persistante, des plaintes prolongées et des mouvements qui exagèrent l'attitude en flexion, et sur lesquels nous allons maintenant donner quelques détails.
4° Réflexes hyperalgiques. — En général, le pincement modéré d'un point quelconque du corps produit une exagération de la flexion des quatre membres. Le pincement du pied droit provoque d’abord la flexion du membre inférieur droit, puis, après une succession de myoclonies dans le mollet et dans les muscles postérieurs de la cuisse, le retrait de tout le membre avec torsion du pied en dedans. Parfois, la flexion du membre inférieur gauche seule se produit. Si l'excitation est plus forte, les membres inférieurs se fléchissent ensemble, tandis que la pointe du pied se porte fortement en dedans et se relève ; dans le même temps, la flexion des deux membres supérieurs
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s’accuse, et l’on voit fortement saillir la éorde du long supinateur. Parfois, l’une des deux mains frotte la face.
Quand certaines excitations sont par trop fortes, après que la flexion de l’avant-bras sur le bras s’est produite, on voit l’une des mains se détacher du visage et se porter vivement vers l'endroit traumalisé.
Le pincement du dos du pied gauche produit des phénomènes de même aspect.
Le pincement de la peau de l’abdomen à droite produit la rétraction du membre inférieur droit ou celle des deux membres ; parfois, c’est seulement le membre opposé (c'est-à-dire le gauche) qui se fléchit. Il en est de même quand on pince l’abdomen à gauche.
Le pincement de la région sus-mammaire droite est suivie d’une flexion du membre inférieur droit, puis du gauche.
Toutes ces excitations accusent la flexion de l'avant-bras, et provoquent une saillie durable du long supinateur,
Le pincement de la peau de l’un des bras, mais plus encore le pincement du biceps déterminent une forte contraction persistante du long supinateur correspondant, tandis que Ja flexion s’accuse, mais moins énergiquement du côté opposé.
Tous les réflexes tendineux sont normaux, le réflexe cutané - plantaire se fait en flexion. Il n’y a pas de flexion dorsale du pied.
Cet état s’accentue progressivement.
À la fin de janvier, il devient impôssible de faire sortir la malade de sa torpeur ; la résistance de la contracture. augmente, et l’on voit apparaître, des deux côtés, le signe de Babinski. Il persistera jusqu’à sa mort.
Le jour de la mort, 9 février, deux heures avant que se produise l'ultime soupir, la contracture des quatre membres reste la même ; peut-être est-elle moins difficile à vaincre. Les excitations cutanées l’exagèrent encore ; c’est ainsi qu'on note sur l'observation : le pincement di pied gauche produit d’abord la flexion du membre inférieur droit, puis celle du
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membre supérieur droit, avec torsion du pied droit en dedans, et aussi torsion du pied gauche. Ces mouvements s’accompagnent toujours de flexion des membres supérieurs, de grimaces. Il n’y a plus de plaintes.