‹ Sur certaines Attitudes en flexion d'origine cérébrale: Contribution à l'étude des réflexes hyperalgiquesChapitre 16 sur 24 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

(Personnelle) / Mme B... Mathilde (Salle Cruveillier). Entrée le 8 mai pour hémiplégie droite avec aphasie. Bien portante jusque-là. Ictus avec perte complète de la connaissance. Examen le 11 juin. —- La malade est une grande aphasique. Elle ne sait dire que « non ».

Attilude. — Ce qui nous frappe, tout d'abord, c’est que cette malade présente une attitude de flexion des membres inférieurs. Nous l’avons vue, depuis son entrée, tous les jours, matin et soir ; toujours, ses cuisses étaient à angle droit sur le bassin, ses jambes en flexion aiguë sur la cuisse.

Motilité active, — Hémiplégique droite, elle a conservé cependant un certain degré de motilité du membre inférieur droit ; elle peut le soulever au-dessus du plan du lit, quand on Île lui demande. Les mouvements volontaires de flexion de la jambe sur la cuisse sont plus difficiles.

A gauche, tous les mouvements sont conservés.

Motililé passive. — A droite, on peut allonger la jambe sur la cuisse. Cependant, il faut vaincre une certaine contracture des muscles fléchisseurs de la jambe, dont les tendons, même au repos, apparaissent tendus sous la peau.

Il en est de même à gauche, mais la résistance à l’extension

passive est moindre.

Sensibilité. — Il est difficile, eu raison de l’aphasie, d’explorer avec précision les divers modes de la sensibilité ; mais la malade paraît hyperesthésique du côté droit. Le moindre contact paraît lui être désagréable, et si les excitations sont un peu vives, elle manifeste sa douleur par des pleurs et des exclamations hors de proportion avec le mal qu’on lui fait.

Réflectivité. — Au moindre pincement, même léger, du membre, celui-ci se replace en flexion. Et, si le pincement est un peu plus fort, la jambe gauche se fléchit également. Quand les membres sont dans leur attitude de flexion, et qu’on vienne à pincer le membre paralysé, on observe une contraction brusque des muscles postérieurs de la cuisse du côté opposé.

Le moindre frottement sur le membre paralysé provoque une réaction identique. |

Si l’excitation porte sur le membre gauche, on voit :

À une très légère excitation : chiquenaude sur les orteils, se produire une réponse vive dans les muscles fléchisseurs de la jambe.

À une excitation un peu plus forte, tout le membre se met en flexion, ou exagère cette flexion, s’il était préalablement: fléchi.

Le membre gauche est d’ailleurs indemne, tant au point de vue de la motilité active que passive. Des examens multiples ont toujours motivé les mêmes réactions motrices.

Les réflexes osso-tendineux vifs à droite, sont normaux à gauche.

À droite, extension de l’orteil. «

À gauche, flexion.

Conscience. — La malade est aphasique, mais non obnubilée. Cela explique, semble-t-il, que si l'attitude en flexion est constante à droite, du côté hyperalgique, elle soit moins constante à gauche du côté normal. En effet, quand on éveille son atltention, on peut étendre le membre inférieur gauche,

et il reste étendu un moment. Puis, spontanément, quand

Si

l'attention faiblit, plus vivement si on le pince, il se replace en flexion.

La malade pleure facilement, mais il ne s’agit en aucune {façon de pleurer spasmodique.

Membres supérieurs. — Le membre supérieur droit est {rès paralysé, dans l'attitude classique des hémiplégiques. On est frappé par la prédominance des troubles paralytiques sur le membre supérieur. Gette prédominance monoplégique paraît en rapport avec la cause de l'hémiplégie (embolie chez une malade atteinte de rétrécissement mitral.

À gauche, on observe avec la plus grande netteté la contraction sur place du long supinateur, lorsqu'on pince le biceps.

D'ailleurs, ce long supinateur a une tendance à se contracter spontanément, dès qu’on met l’avant-bras en flexion sur le bas, et ce symptôme paraît expliquer la position habituelle du bras gauche en hyperflexion, quand la malade est en attitude de repos, ou qu’elle dort.

Résumé. — Malade chez laquelle on observe an plus haut point la surréflectivité hyperalgique, dont l’attitude en flexion est certaine à droite, et la tendance à cette même attitude, à gauche, indubitable, tant pour le membre inférieur que supérieur.

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