IV. — Source i : la Charte de fondation
La charte de fondation des monastères de Pothières et de Vézelai forme le début de la Chronique de Vézelai. Elle a été publiée, avec cette chronique, par d'Achery > qui l'a aussi imprimée dans les notes de son édition de Guibert de Nogent ^, M. Quantin Pa comprise dans son Car^ tulaire général de PYonne, I, n® xuii.
Cette charte n'est pas datée, mais il existe dumémeGirart(ouGerart, car les chartes portent Gerardus) une longue lettre au pape Nicolas I, relativement à la même fondation, et conservée aussi par la Chronique de Vézelai ). Elle est datée de 863 :
Data in mense martio, anno vicesimo tertio, régnante gloriosissimo et serenissimo rege et domino nostro Caroio.
Notre hagiographe a connu la première au moins de ces deux pièces, sinon les deux. Il en a tiré non-seulement le nom de ses héros, Girart et sa femme Berte, mais encore les noms du père de celle-ci et la notion du temps où vivait Girart. Selon lui Girart aurait vécu sous quatre rois : Charlemagne, Louis le Pieux, Charles le Chauve, Louis le Bègue (§ })• Or, Girart s'exprime ainsi dans Taae de fondation :
Non immemores etenim sumus eorum circa nos benerolentix ipsomm, id est domini senioris Ludovici Augusti, Judith domina et reginae, Caroli filii ipsorum, similiter domini et senioris, qui nunc superest regnans.
Charlemagne et Louis le Bègue ne sont pas nommés : il est probable que le biographe les aura ajoutés de son autorité privée. La Vie nous présente Berte comme fille de Hugues, comte de Sens (§ 7). Hugues vient de la charte de fondation, qui mentionne les parents des deux époux : d'une part Leuthardus et Grimildis, d'autre part Hugo et Bava. Mais je ne saurais dire sur quel fondement il a donné à ce Hugues la qualité de comte de Sens.
C'est probablement encore à des chartes, connues directement ou indi-