Cf. la chanson (ibid
Es loc fu la contesse pois taillendere, Cane no vistes de mans tal fazendere.
Î9. — Selon le poème cette entrevue de Girart et de la reine sa belle-sœur eut lieu, non pas à la Pentecôte, mais le vendredi saint (Hofm. v. 6865, Mich. p. 217).
23-7. — Tout cela est fort arrangé. Dans le poème Charles pardonne à Girart parce qu'il le croit mort, mais lorsqu'il l'aperçoit devant ses yeux, il ne peut réprimer un mouvement de colère (Hofm. v. 7021 et suiv., Michel p. 221-2).
;t28 P. MEYER
30. — Cf. le poème, Hofm. v. 7185 et suiv., Mich. p. 226-7. 45. — L'auteur doit avoir mal compris son texte; nous voyons dans la chanson que Folcon, le cousin et le plus fidèle allié de Girart, joue constamment le rôle d'un sage conseiller qui cherche à calmer son bouillant cousin et à lui inspirer la modération. Il n'y a pas de raison pour qu'il ait été représenté sous un autre aspect dans la rédaction qu'avait sous les yeux l'auteur de la Vita.
53-72. — Ce récit d'une guerre entre Girart et Charles n'a pas son correspondant dans la chanson telle qu'elle nous est parvenue: Nulle part on ne voit dans celle-ci qu'il y ait eu entre les deux rivaux douze ou treize batailles (63), à la suite desquelles le roi aurait été obligé de se réfugier à Paris (66) ; nulle part il n'y est question de l'apparition miraculeuse qui met fin à la guerre (68). S9* — < Qh'î' ^^ v^^^ P^^ ^"'i' chaçoient lou roi. » Il y a dans cette même traduction d'autres imparfaits de l'indicatif employés au sens du subjonctif présent ou imparfait, ou du conditionnel, ni c li ovroU l'on les portes 1 (sens du subj. présent) ; 113 c li chasteau ne pouhoU estre pris » (sens du conditionnel) ; 142 f que ce qu'il laissoit 1 (sens du subj. présent); 162 f et li di qu'il entroit > (même sens) ; 172 c qu'il ne laissoient pas » (même sens) ; 186 c qu'il nou tenissent pas a gas, mas emportoient > (subj. imparfait) ; 201 < et le deprioit ... que il ... 11 deingnoit » (même sens). Déjà en bas-latin, dans la vie de sainte Euphrosyne, M. Boucherie a signalé l'emploi de l'imparfait de l'indicatif au lieu du présent ou de l'imparfait du subjonctif (Revue des langues romanes^ II, 57).
74. — Les mots c qui infra spatium unius anni vita excedens • rappellent ce pentamètre de Tépitaphe du jeune Thierri, fils de Girart, épitaphe autrefois placée dans l'église de Pothières, et que l'auteur de la Vie avait sans doute lue:
Vix anni unius transierat spatium.
{Gérard de Roussillon^ éd. Terrebasse, p. xxxv.) D'après la chanson Girart aurait eu de Berte deux garçons, qui moururent tous deux très-jeunes, l'un de mort naturelle, l'autre tué par un des hommes de Girart (Hofm. v. 7948-9, 81 17 et suiv., Michel p. 2jo et 256).
76 et suiv. — La seule fondation religieuse dont il soit parlé avec détail dans la chanson est celle de Vezelai (Hofm. v. 8007-8, 8487-9; Mich. p. 252, 267). Il est singulier qu'on n'y trouve aucune mention de Pothières. En outre il est deux fois question dans la chanson des monastères fondés par Girart, mais toujours avec peu de précision. D'abord à la suite de la première guerre : Girarz en fes mostiers ne sai canz faire En qu'el mes assaz monges e santuaire
(P. Meyer, Recueil, prov. 6, 7-8).
La seconde fois, tout à fait à la fin du poème, dans une sorte de conclusion qui ne se trouve que dans le ms. de Paris :
E fo molt om bénignes, religios, E basti ne mostiers, sapchatz, pluros :
Versalai l'abadia es us dels bos.
8960 Plus de .cccc. giiesas ab orazos Fetz far G. e Berta la dona pros,
E dotero las CoCas de fortz rixs dos, De chastek e de vilas, de rixs maios ; Fer totz neiro persooas, abatz, priors.
Tadi quant te la Bergonha on es Difos, I a be fMwchas gleias nus de lor dos...
78. — Il paraît que les actes auquel l'auteur &it allusion n'existent plus, car les auteurs de la nouvelle Gallia ckristiana ont révoqué en doute la fondation ou restauration du monastère de Saint-Pierre d'Auxerre par Girart de Roussillon. Ils s'expriment ainsi (Gall. chr, XII, 434-5) :
Restaoratum quidem référant Sammarthaai hoc moauterHim a Gerardo de Rossilione et Bertha ejus conjuge, constructa de novo basUica apostolorum Pétri et Pauli in suburbiis Antissiodori, et erecto collegio duodecim canoniconim qiù regularem degerent vitam snb Angelelmo decano, anno 749 ^ ; venrni ipsis hac in re fides habenda non est, quos fbrsan deceptt vel fabula qiuedam alr^ot âhhînc sneaHs scripta, vel necrologium domus cujas eo levior es autoritas quod toc traditio quaai lefert ad diem 5 octobris in ipso foerit incerta, Gerardumque mortuum eibibeat auios amplius centom quinquaginta ante Carolum Calvum, quo taroen régnante Gerardus, drca annum 867 Vizeliacum Augustidnnensem et Pultariam Lingonensem ante annum 868 condidit ut dizimus L IV, et mortuos est cum Bertha conjuge anno duntaiat 874.
79. — Je ne trouve aucune trace d'une abbaye de Sainte Marie Madeleine (selon la traduction) qui aurait existé dans le diocèse de Soissons.
83-101. — Les deux mincies ici racontés^ celui de Vézelai et celui de Pothières, se retrouvent fondas en nn dans la chanson (Hofoi. v. 8560-745 ; Mich. p. 269-275). La comtesse M kvait chaque noit pour aller, avec un pèlerin, travailler aux fondations de l'abbaye de Vézelai. A eaz deux ils portaient péniblement du sable en un sac» Le chambellan de Girart, pour se venger de la dame, sur la vertu de laquelle il avait fait nae vaine tentative, fit croire à son mattre que ces promenades nocturnes n'avaient rien d'innocent. Girart épia sa femme : il la vit empUr le sac avec l'aide du pèlerin, et à ce moment une grande darté descendit da ciel sur eux — comme ici dans le miracle de Pothières (g 88). -^ Un pea après la comtesse se mit en marche portant l'un des bouts de la perche à laquelle était suspendu le sac ; le pèlerin portait l'autre bout. En mar- • chant, elle se prit le pied dans sa robe et tomba ; mais, par un miracle, la perche se tint droite en l'air, — comme dans le miracle de Vézelai (§ 99).
L'auteur de la Vie latine peut aussi bien avoir recueilli ses deux miracles dans une tradition monastique que dans la chanson qui est sa principale source d'information ; mais, quelle que soit celle de ces deux hypothèses que Ton préfère, il me paraît vraisemblable que la version du poème est la plus ancienne ; qn'il n'y avait originairement qu'un seul récit, se rattachant à Vézelai, et que c'est l'auteur de la Vie qui a imaginé de couper ce récit en deux, afin que Pothières eût» tout comme Vézelai, un miracle à son origine.
104. — Voir la vie de saint Loup, évèque de Troyes^ Acta Sanctorum^ juillet, V, 80, S 46, et cf. la discussion des Bollandistes dans le Commcntarius
1 . Cette date est celle que donne le récit de la translation de sainte Marie- Madeleine (ci-après p. 232, § 2) pour la découverte du corps de la sainte.
230 p. MEYER
pravius^ ibid., p. 65, §§ 70, 71 ; voir aussi d'Arbois de Jubainville en son étude sur le Laçois, Bibl, de VEc. des chartes^ 4, IV, jjo.
116. — c ... secus Gemellos 1. Une colline située sur le territoire de la commune de Prusly-sur-Ource, à quatre kil. environ au N.-E. de ChâtîUonsur-Seine, à Test de l'ancien mont Laçois, s'appelle encore Lu Jumeaux.
ii-j et suiv. — Dans la chanson on voit Charles s'emparer à deux reprises différentes de Roussillon par trahison ; la première fois, vers le commencement du poëme (Hofm. v. 359 et suiv., Mich. p. 12-3), la seconde, beaucoup plus tard (Hofm. v. 5483 et suiv., Mich. p. 173). Dans le premier cas, le traître est le sénéchal de Girart, dans le second cas c'est le portier. Il est visible que l'hagiographe a eu en vue la première de ces deux affaires. Comparez le § 129 à ces vers (Mahn, Gedichte, I, 230; Hofm. 407-423 ; Mich. p. 13-4) :
Li cons Girarz jazi' en une tor,
E ne furent lui mais trei contor ;
Aicil sunt condurmit a la freidor.
E li cons rasidet de la freor,
E entendet la neise e la ru[m]or
Que funt la fors donzels e vavasor
E estranz e privât, grant e menor,
E reclament Girart lor dreit seinor ;
E vest aubère e elme qu'il a forçor
E près escu e lance qu'il sat meillor ;
La sat son cheval celé part cort :
Ja l'en.traîe[nt] fors trei lecador,
A cascun fait volar la teste por ;
Pois es montaz li cons de gran. vigor,
Per une porte pauce, n'i sai menor ;
Per la s'en ist li cons a grant iror,
E cubice (ms. de Paris apela) lo rei perjur tracor.
1 34. — Il n'est rien dit dans la chanson de cette c vallis sanguinolenta >. Il est notable aussi que la Vie ne parle pas du combat singulier de Girart et du roi, V. 743, 745, 755 (Michel, p. 24).
135. Selon la chanson la bataille aurait eu lieu sous < Fiere-nause > (Oxford, fol. 24), sous c Peira-nausa » (Hofm. v. 772 ; Mich. p. 25), et le roi vaincu aurait fui jusqu'à Troies (Hofm. v. 847 ; Mich. p. 27).
137. Dans la chanson, de nombreuses tirades (v. 878-1729; Mich. p. 28-54) sont consacrées aux délibérations de Girart et de ses barons, à la suite desquelles est décidé l'envoi à Charles d'un messager chargé de paroles de paix, au récit de l'entrevue de ce messager avec le roi, qui, contre l'avis de son conseil, repousse toutes les propositions de Girart, et au rapport fait par le messager à Girart. — Dans la chanson, c'est le messager qui assigne à Charles le lieu de la bataille (v. 1477-8, Mich. p. 47), qui est bien, comme dans la Vie, Valbeton, mais n'est pas déterminé par le voisinage de Vézelai et de Pierre-pertuise.
1 39. — Il est aussi spécifié dans la chanson que Drogon avait d'importantes possessions en Espagne (v. par ex. v. 1654-7), mais non qu'il fût en ce moment en guerre avec les Sarrazins; au contraire, il est dit, v. 960-3, qu'il était en
paix et que ceux de Mayorque, d'Afrique, et même d'Ascaione, lui payaient tribut. — On ne voit nulle part dans le poème que Drogon fût le fils de Gondebaut.
141. — La somme des troupes de Girart n'est pas donnée dans la chanson, mais en additionnant les chiffres des divers contingents on voit qu'elle dépasse de beaucoup le nombre ainsi indiqué.
146. Cette étymologie peu vraisemblable de la Cure, petite rivière qui passe près de Vézelai et se jette dans TYonne avant Auxerre, manque naturellement dans la chanson, qui ne connaît que FArcen, v. 1478, 1756.
208. — Raoul III, comme comte de Valois, qui par suite de son mariage avec Adélaïde, fille de Nocher 11^ comte de Bar sur-Aube, acquit le comté de Bar-sur-Aube. Il fut Tun des principaux alliés d'Etienne II, comte de Champagne, son seigneur, dans la guerre que soutint celui-ci contre le roi de France Henri en 1038, et y fut fait prisonnier. Plus tard il suivit son seigneur à l'expédition que le roi Henri dirigea contre le duc de Normandie Guillaume le Bâtard. 11 mourut en 1074. Voy. Art de vérifier les dates^ II, 702; d'Arbois de Jubainville, Histoire de Bar-sur-Aube^ p. xiv-xvj ; Histoire des comtes de Champagne,], 323. 3S7, 362, 389.
213-7. — Rainart occupe le siège de Langres de 1065 à 1085. Les faits que lui impute la Vie sont connus d'ailleurs. Ils se rapportent à l'année 1073 ; ^^' GalL christ, IV, $62. C'est donc un récit fondé sur une tradition encore trèsrécente, comme celui du miracle rapporté plus loin § 234 et suiv.
APPENDICE