‹ Sur Gérard de Roussillon. 5 [1] piècesChapitre 35 sur 59 · COMMENTAIRE · texte numérisé non relu

COMMENTAIRE

1 . — La traduction de la première phrase est particulièrement embarrassée. Le traducteur a détaché les premiers mots. Gcsta ... Rossellon, les considérant comme un titre. Il a lu inimicorum à la place de nimirum^ peut-être annuendo (cf. 138) pour admirando^ et est arrivé tant bien que mal à Finterprétatioa bizarre c par outroy de ses ennemis •• Il a lu cum au lieu de tum^ d'où t ensemble les louanges t ; il a déplacé tum sputabilis nobilitatis magnificentia. — Je vais indiquer sommairement un assez grand nombre de fautes du même genre que je n'aurais pu signaler au bas des pages du texte sans détruire Téquilibre

entre le latin et le français : — 6. c et la forme ansivoit » ; le trad. paraît avoir lu et scquens au lien d^eUgans. — 13. c ou jugement t, iadicio au lieu de indkio; même fente à 97 et 101. — 27. c continué >, continuata au lieu de condnnata; même faute à 98. — 48. « menaces a menaces », minis au lieu de nimis, — 84. c favor > , favore au lieu de fervorc (on pourrait aussi bien corriger € fervor »). — 124. • atraissant », trahtns au lieu de ttnns. — 134. c gaaingneors », agricolarum au lieu de accokrum. Ce n'est pas très-sûr, car, au S 188, incoU est rendu par • laboreurs ». — 140. c Boemie », Botmiam au lieu de Baoniam ou Baionam, — i $0. « par oevre », contre-sens sur opère pre* tium est. — 152. f suit », sequtndo au lieu de sevUndo, — 153. Contre-sens sur superitts taxûtam. — 167. c digne de Dieu », a Deo au lieu de adeo. — 181. f aveques », cum au lieu de tam. — 195. — < sainteez », sanctitatum au lieu desanitatum, — 199. c en ravissant », rapiendo au lieu de reptando, — 226. ff occises », il est difficile d'admettre que le traducteur ait lu exterarum, — 230. < quant il se regardoient », respicientes au lieu de resipiscentes,

4. — D'après la chanson, Girart était en effet le fils du comte Drogon {consttlis)^ puissant seigneur dont les possessions s'étendaient sur une partie de la France et de l'Espagne (ms. de Paris, Hofm. v. 955-9 ; Michel, p. 30-1) et de qui il tenait la Bourgogne et Avignon (Hofm. v. 6497 > Mjch. p. 205). C'est à Avignon que Girart se réfugie et tient conseil avec les siens après que le roi s*est emparé de Roussillon par trahison (Hofm. v. 506, 551, Mich. p. 17, 18). Mais je ne vois nulle part que Girart fût natif de cette ville.

9. — Ce motif est très- vaguement emprunté à la chanson. Le prétexte de la querelle est proprement que Charles, jaloux de la puissance de Girart, demande que celui-ci lui fasse hommage pour Roussillon. Refus de Girart qui prétend tenir ce château en alleu. Voir les premières pages du ms. de Paris.

12. — D'après la chanson, Girart aurait exercé non pas sept ans, mais vingt-deux, le métier de charbonnier (Oxf. fol. 40; Paris, Hofm. v. 6743, 6821 ; Mich. p. 213, 21 5 ; cf. mon Recueil d'anciens textes, p. 66). — Il est à remarquer que Texil de Girart est placé par l'auteur de la Vie latine à la suite de la première guerre entre Girart et le roi, tandis que dans la chanson cet exil prend place bien plus tard, à la suite de la seconde guerre.

13. — € Honera ingentia propriis humeris^ convectans. » Cf. ces vers de la chanson (mon Recueil, p. 67) :

Il ac bone vertut, forte e plencre, E portet major fais d'une saumere.

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