I. Voir ci-dessus, pt
2)2 P. MKYER
poris «juidem beatîsûmc Aiarix Magdtlene ad iocam in qoo hodie TeiKFil»r translata sit^
2. Anno igitor passionis vel resurrectionis Dominicae^ pins minus septingcB* tesÎHO quadragesimo nono, régnante Ladovico regum piissimo, necnon et filio ejus Karolo, vigntt pax atqne profectus Cbristi ecclenae in orbe terrama, prêter infestationes gentis Sarracenonim qnc fiebant predpae a partibos Hîspaniaruni. j. Eo quoque tempore partem majdmam totios Bargundise Gerardos, comîtoii^ oobiiitate et amis copiaqne dificiarum prestantissînus, [ac predio toruro regum affînitate proximus*], jure hereditario possidebat. 4. Erat eaîn illi ttxor non dispar natatibus, admodumque moribis egregîa. 4. Qui sdlicet^ sezus utriusque proie destîtuti, res proprias larga nanu Deun timeotibos ejusque pauperibus impendebant. 5 . Dehinc quoque omne patrimoniom suarum possessionum ad ecdesiarum domos oronipotentis Dei coastmendas somma cua devotione transcnpserunt, potiore denique uteates oonsilio, ut propter camalen prolem Deum [sibi] etigerent coheredem. 6. Edificantes autem quamplin* mas sscclesias ac monasteria in suis latifiindiis, in quibus nondura fnerant, stabiliverunt in etsdera Deo Croulantes quampiurimos, ditantes ex rébus proprib ut absque penuria regulariter degerent. 7. Sub eodem quoque tempore, tam a rege Francorum quam ab eodem Gerardo comité Johannes papa Romanus aoœrsitus, devenit Gallias. 8. Qui, inter cetera sahbna quae [ibi] exercuit, monasteria quae Gerardus cornes «iîfica?erat, ejuadem precatu in hooorem Dei et ejus genitncis Mariae sanctorumque apostolomm Pétri et PauH consecrari fecit. 9. Qui Romam regressus, muîtorum sanctorum pignora ab amorem praedicti comitis ad loca quae consecraverat retransmisit. 10. Post aiiqua vero temporum curricula, déficiente regum Francorum valitudine, cepit gens barbarorum a transmarinis partibus veniens, per universas Galliarum provincias cbdes exercere permaximas, tam in cedibus hominum quam in predationibus rerum ac concremationibus domorum, aecclesias quoque ac monasteria dissipans igni consumpsit. 1 1 . Tune denique, inter caetera, monasterium Vicelaicum, quod a praedicto comité Gerardo cum ceteris ut premisimus juxta Core fluvium constructum fiierat, permissum est solo tenus destrui. 12. Post bec vero, ob defensionis tutelam, inartbsimo colle qui juxta eminebat, ab eodem Gerardo convenientissime reedificatum est ; quodetiam vocabuioejusdemlocibonorificecoogruit. Diciturenim Vicelaicum quasi inde videatur orizonta caHi circumtuentibus per amplissima, seuetiam Viuiaicus, quod exinde videatur amplissimum cadi latus, potestintelligi. 1 3. Ubi dum reedificatum, ut primitus, in honore genitricis Dei Manae et sanctorum Apostolorum Pétri et Pauli fuerat, innumerabiiibus signis et virtutibus, Deo opérante, ciaruit.
14. Sub eodem fere tempore contigit ut egressa gens Sarracenorum ab Hispaniae partibus depopulans, exterminavit pêne Aquitaniam ac maximam Pro* vinciae partem. 15. Interea Aquensem metropolitanam civitatem aggressa, ipsamque capiens, universam suppellectilem ipsius diripuit, captivorum multitudinem inde educens, reliqua autem gladio et igné consumpta sunt ; virorum
I . Je transcris par ae Pt ddilU du ms. — 2. Ms, comitatum. — 3. Ce qui est entre [] est omis dans ce ms.
namque et molienim quamplures vivos decoriantes, ut mos est Sarracenonim hominibos nostrx gentis facere, ut ipsiroet postmodum vidiinus, quievenint. i6. Cujus cladis cède peracta, quam credimus propter peccata inhabitancium illi terrs contigisse, in sua recesserunt. 17. Compertuin namque jam olim a multis longe lateque habebatur, quod beata Maria Magdalene in territorio civitatis Aquensis a sancto pontiiice Maximino sepulturae tradita fuerat, quodque ibidem iilius sacratissima ossa servabantur. 18. Hac denique fama instigati, tam comes Gerardus quam abbas Heudo < praedicti monasterii Viceiiacensis, delegaverunt satis accurate ad civitatem Aquensem fratrem quendam cui nomen erat Badilo, ea sdlicet devotione ut si, annuente Domino, illis in partibus aliquid pignus de corpore sacratissime Maris Magd^Iens repperire vaieret, revertens ad ilios deierret
La suite nous fait connaître comment Badiion réussit à découvrir le tombeau de la sainte, comment il en retira subrepticement ie corps et parvint à le transporter à Vézelai. Suivent, dans les mss., divers miracles opérés par l'intercession de la Madeleine.
Tout ce récit est apocryphe ; personne n'en doute. Ce que je veux {aire remarquer, c'est qu'il offre certains rapports, d'une part avec notre Vie de Girart de Roussillon, d'autre part avec le poëme.
Le rapport avec la Vie est surtout sensible aux §§ ) et 40Ù se retrouvent plusieurs expressions de la Vie : maximam partem ioiius BurgundU [GallU dans la Vie) ... jure hereditario possidebat^ cf. la Vie § 6 ; — Uxor non dispar naîalihuSy admodumque moribus eggregia^ cf. la Vie § 7. Il se peut que les deux récits aient puisé à une source commune, que je ne suis pas en état d'indiquer ; il se peut qu'il y ait eu imitation de part ou d'autre. Dans cette seconde hypothèse, quel est l'imitateur ? C'est l'auteur du récit de la translation, si on admet l'opinion des BoUandistes et de l'abbé Paillon sur la date de ce document. Les premiers pensent que le récit, dont ils ne donnent que quelques extraits, a dû être écrit après 1265 d'après une tradition un peu plus ancienne'. L'abbé Paillon, qui l'édite en entier, exprime avec plus de développement la même opinion :
Cette relation, composée au milieu du XIII' sïtch ou au iilclt suivant^ fiit ensuite envoyée à Rome, probablement par les religieux de Vézelay, pour l'opposer à la découverte du corps de sainte Madeleine faite en Provence par Charles, prince de Salerne, en 1 270. Elle a été conservée depuis à la bibliothèque du Vatican. L'abbé de Vézelay, étant allé à Rome en 1600, la transcrivit de sa propre main comme un monument qui n'était pas sans intérêt pour son monas-
1 . Le premier abbé de Vézelai. On fait durer son abbatial de 878 à 900 environ (Gall, Christ, IV, 467). Ces dates ne sont guère en rapport avec la daté de 7^9 donnée au début, laquelle accompagne assez singulièrement la mention des règnes de Louis le Pieux et de Charles le Chauve, mais tout ce pieux récit n'est au'un tissu d'absurdités.
2. Acta ES. y 22 juillet, commentarius historicO'Criticus, § 121.
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tère. Lacopiequ'il en fit alors, ou peut-être une autre transcrite dans le même temps, d'après la sienne, est aujourd'hui à la bibliothèque du roi, ^ c'est cette copie que nous donnons ici. Elle avait appartenu successivement à M. Fouquet, évêqoe d'Agde, à l'oratoire de cette ville, et enfin au collège de Navarre (n* 26 bis) ^.
L'abbé Faiilon était un compilateur aussi dépourvu d'érudition que de critique. S'il avait poussé ses recherches un peu plus loin, il aurait reconnu que le récit de la translation ne se trouvait pas seulement dans le ms. 26 bis du fonds de Navarre (maintenant n^ 17636 du fonds latin >) mais encore dans un grand nombre de mss. dont plusieurs remontent au XII* siècle et même aux premières années de ce siècle ), ce qui me dispense de rechercher quelles raisons on aurait pu avoir de fabriquer cette légende au xiii* ou au xiv*.
Le rédt de la translation est donc au plus tard du commencement du xii« siècle, et très-probablement d*un temps plus ancien. Comme la Vie appartient à la fin du xi* siècle, ou peut-être aux premières années du siècle suivant, on peut hésiter sur la question de savoir lequel des deux écrivains est Pimitateur. Je considère comme très-probable que c'est l'auteur de la Vie. La biographie latine de Girart de Roussillon n'a jamais été un ouvrage répandu ; le récit de la translation a eu en son temps une véritable célébrité. On en possède de très-nombreuses copies; Vincent de Beauvais l'a fait entrer sous une forme abrégée dans son Miroir historial 4 et Jacques de Varaggio dans sa Légende dorée. Il 7 a là une première présomption d'antériorité. Si je ne me trompe, c'est parce que le récit delà translation des reliques de la Madeleine à Vézdai par ordre de Girart avait mis ce monastère en grande réputation, qu'un moine de Pothières a eu l'idée de composer une vie de Girart, afin que Pothières eût aussi un corps saint à exposer à la vénération des fidèles. Et on s'explique sans peine que notre biographe, tout en mentionnant la fondation de Vézelai (§ 77), n'ait rien dit de la translation du corps de la Madeleine : il n'était pas de son rôle de rien dire qui pût contribuer à augmenter la réputation d'un monastère voisin et peut-être rival.
Quant au rapport du récit de la translation avec la chanson, il ne peut pas être établi d'une façon bien rigoureuse. Tout ce qu'on peut dire, c'est que le poème mentionne la translation de la Madeleine à Vézelai h
1. Monuments de r apostolat de sainte MarU-Madeleine en Provence^ II, 743.
2. Dans ce nis. le récit de la translation est précédé d'un court préambule, que je n'ai pas rencontré ailleurs, et probablement tiré du ms. envoyé à Rome, où Girart est qualifié c de Rosselione ».
5. Par ex. Bibl. nat. 12602 fol. 167 v<» (commencement du XI1« siècle), 13090 fol. 97 v«, 1^363 fol. 142 v<», 16734 fol. 31, 17005 fol. 26 V*.