‹ Sur Gérard de Roussillon. 5 [1] piècesChapitre 8 sur 59 · SIÉGB ET CAPITULATION DE VIENNE · texte numérisé non relu

SIÉGB ET CAPITULATION DE VIENNE

(Décembre 870.)

In quaqaft obsidione circurojacentes regiones nimis fuerunt vastats. Garolus autem ingeniosè cogitans^ magnam partem eorum qui in Yieanâ erani sibi conciliaTÎt. Quod sentiens. Bertapost Gerardum direxit; qui Ycnieus^ Carolo ci?itatem dédit, in quâidem rex, Tîgilia Nativitatis Domini intrans, Nativitatem Domini celebravit.

(Anml. Beriin, an 870. D. Bouquet^ TII^ p. 112.)

Charles le Chauve maître de Vienne, en nomme Boson gouoemeur. Gérard donne des otages pour la reddition des autres châteaux, et s^éloigne avec trois bateaux.

(Janvier 871.)

GaroluS; Viennft in potestate susceptfi Gerardo sibi obsides dari pro aliis castelles suis Missis tradendis coegit , et tribus navibus Gerardo datîs per Rbodanum cum suâ uxore Bertft et mobilibus suisaTiennft permisit abscedere^ et ipsam Yiennam Bosoni fratri uioris su» commisit.

{Atmal. Bertin, D. Bouquet, YII^ p. 111, 113.)

£n souvenir de sa victoire, Charles le Chauve fait relever et agrandir CîiâteaurChalon.

Cestdans la terrible bataillelivrée au pied de cette montagne, que la cause de l'empereur Louis a été réellement perdue.

Le vainqueur tint à immortaliser ce souvenir par un grand monument; c'est-à-dire par Torgueilleuse reconstruction de la forteresse qui domine le champ de bataille ^ et à laquelle il donna son nom.

Les poèmes ont pris cette reconstruction pour une première érection du château.

Anqui se va loger^ une tour y funda

Li lieus est biaux et fors, et toujours en parlon Charles li Ghauf le fit, s'a nom Ghastiaui-Cbarlon.

Une tradition en quelque sorte obstinée fait de Charles le Chauve le créateur de Château-Châlon. Paradin la publiait en 1566, et Goliut vingt ans après. <c Sous ce prince , dit le » vieil historien. Ton met la construction de Ghastel-Gharlon, » qu'il feist bastir contre Girard de Roussiilon, qui estoit D gouverneur ou comte de Bourgougne, et qui havoit prins les armes, soit qu'il favorisât l'empereur, ou qu'il pensât x> que le pays leur appartenoit ou par quelque autre raison. » (Mémoires, 1. rv, c. 8.) 11 est certain cependant que le roi n'est pas le créateur de cette forteresse, puisque d'après les monuments écrits de 869 et 870, elle existait et s'appelait Chastel Camony Castellum Comonû. Les chroniques de Saint-Denis traduisent par Chastiau Camon ce nom qui est de haute antiquité.

Il a subsisté encore longtemps dans les actes officiels même après Charles le Chauve. Mais, celui de Chasteau-Charlon s'est introduit et perpétué dans les habitudes des peuples, depuis la reconstruction du château par ce roi des francs. Dès les premières années du xn^ siècle, il était tellement en usage, que le vieux nom était éteint, même dans les documents écrits. Le nom de Ghâteau-Charlon traduit en latin par Casirum Caroli se trouve dans le récit des miracles de saint Prudent en i\^k {BolL, 6 octobre, p. 371), dans une charte de l'empereur Frédéric Barberousse en H 65, et dans tous les actes des siècles suivants [Lettre sur Béatrix, p. 65.) Les tombes de l'intérieur de l'église portent au xvi« siècle le nom de ChA» teau-Charlan, d'où le langage moderne a fait Château-Châlon.

(Annuaire du Jura, p. 56.)

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