COMBAT DE CHATEAU-CHALON
Ce combat est du mois de novem^e 870, et non de la saison cTété comme le poète le croit par erreur, Gérard fait des prodiges de valeur, et est emporté blessé du champ de bataille.
(Vers le 6 novembre 870.)
Li rois assaut Girart^ ce fust ou temps d'esté; Mas Girars out pou gent^ pou y a conquesté.
Li siens furent tuit mort desconfit ou navrés^ Saichés tant en y ot ja compte n'en saurés.
Li rois ne trova pas qui li parast chastaignes (3) : Ses meilleurs y perdist de toutes ses compaignes. Guens Girars et li sien firent cel jour tant d'armes Que de cedx qui sunt mort et qui gisent senz armes
(1) Métaphrase du latin non erit» 11 ne sera ni brûlé ni noyé.
(2) Equivoque sur ce que convent signifie à la fois abbaye et convention. Ces sortes de jeux de mots de très-mauvais goût étaient alors fort en usage.
(3) Celte locution familière : ne trouver pas même quelqu'un pour éplucher des châtaignes, ne répondrait-elle pas ici , d'une manière éloignée, il est vrai, à cette autre plus récente, et que Molière, si habile dans l'art de dépister les proverbes, met dans la bouche de Sgarnarelle:
Si je sois affligé, oe n'est pas pour des prunes.
Senz les bleciés à mort nombrer De les sauroie (i)
Que tel meschiés ne fut en ung jour devant Troie (2).
Quant Girars voit des siens si grant mortalité^
Âropris de mal talant (3), ung sopir ha gité ;
Âinssin com li bergiers met devant li sa proie
Les batailles Gharlon met devant li en voie (k).
Fel (5), desvés dire esprès d'armes il fait mervoilles
Tant pies, tant poings, tant bras, tant lestes fait vermoilles (6) I
Deux, cens en ha occis, saichés, en petit d'ore :
Li loups est qui tout tue, tout mort et tout dévore.
Es tas les plus espès s'embat et s'entrelance (7),
Fiers d'espée et d'escu, brisié avoit sa lance.
Qui le fiers ne li chalt (8), les rans ront et dessoivre (9),
En corps et en cervelles son branc fait partout boivre (10) :
Tuit cilz de l'ost le doublent com passer l'espervier;
L'on redoupte son colp com d'un ferrey levier.
Amprès lui, sui neveu sunt souvant trestuit quatre,
Fourques, Seguins, Gibers, Booz : bien sevent (il) abatre
Chascungs son chevalier trestout jus du cheval (12) :
Miaudres ne fut de celz Gauvains ne Perceval.
Las! quelle mortalité! com maint en ont tué
G'oncques puis de la place ne furent remué.
Que voulés que vous die? Il est confusion
Et mervoilles très grant et griefs abusion
De regarder les morz que cil quatre tuèrent
(1) Ne tes pourroye, (Arsenal.)
(2) Tellement qu'une aussi grande catastrophe n'arriva pas jadis devant Troie.
(8) Saisi de rage.
(4) 11 met en fuite les bataillons de Charles.
(5) Fel ou feil signifie feuille de papier. C'est la partie pour le tout, car le sens est celui-ci : mon livre , vous devez raconter formellement les merveilles de ses armes.
(6) Fait rouges de sang.
(7) S'abat et s'élance.
(8) Chait pour chaut. Peu lui importe qui le frappe.
(9) Sépare. Dessoivre vient du bas latin dissire.
(10) Boivre pour boire. Même forme que le mot italien bevere.
(11) Savent.
(12) Tout à fait à bas de cheval.
NOTES ET PIÈCES JUSTinCATIVES. 67
Et que Girars tua : les enseignes y pèrent (1). Quant Girars fiert es eux (2) si les fait sembeler (3) Que quatre chars de front iroient senz chanceler. S'ou corps ne fut bleciés (4)^ nul ne sce'ut la perte Que li gens li rois Charles héust par li suflerte. Girars est desconûs^ bien le cognut et voit; Quar li rois eut cent hommes pour ung qu'il en avoit. Descoinûs ne fut pas, mas fut en ragerie, Quant le roy attendit (5). Out si grant coropaignie^ Qu'il n'avoit pas ou lui pour luy commenier (6). Com foulz les attendit^ nulz ne le puet nier ; Plus y perdit li rois les trois pars senz doubtance Que ne fit cuens Girars : s'en ha au cuer grevance (7).
Avant ce que Girars feïst de l'ost partie (8)^ S'en estoit de sa gent aie trop grant partie : 11 s'aperçoivent bien, plus ne peuvent durier (9)^ Ne de cest grant esiour les grans fais endurier. Avoir n'en doivent blasme, qu'il n'ont brans ne jusarmes (10] ; Tout ont brisié, ou sunt toutes routes (il) leurs armes : Ce n'est pas de mervoille, onc si pesant estour. De si pou contre tant ne vit Ion puis Hectour (12). Diex absouille les morz, les vifs vuille garder!
(1) Les marques en paraissent.
(2) Qaand Girart porte ses coups au milieu d'eux. — On lit en eus dans la copie de l'Arsenal.
(3) Trébucher, tournoyer. Sembel signifie trébuchet. (Voir au glossaire occitanien.) 11 signifie aussi tournois, danses. (Voir au glossaire de Roquefort.) Le m" de Sens écrit cembeter,
(4) Si Girard n'eût été blessé.
(5) Il ne fut pas véritablement déconfit, mais ce fut une folie d'attendre le roi.
(C) Le roi avait si grande compagnie, que lui Girart n'avait pas avec lui de quoi lui opposer rien d'égal.
(7) On lit pesance dans la copie de TArsenal : cela pèse au cœur du roi.
(8) Avant que Girart ne se fût retiré de l'année, c'est-à-dire du champ de bataille.
(9) Résister, tenir bon.
(10) Puisqu'ils n'ont plus ni épées ni lances, jli) Rompues, du latin rupta (arma).
(12) Depuis Hector.
Se Girars plus demore^ trop y Tporra tarder (1). Girars estoit ou champ soi tousjours combatant^ Navrés estoit ou corps^ mais garison atant (2). Fourques le prist au frains (3)^ cui mult en ha pesé (4)^ Pour blecier ou tuer tient le branc entesé (5) ; GuiberS; Seguins et Booz outre son gré Temmeignent.
(Poème cité, p. 75.)
Champ de bataille sous Château-Chalcn.
Comme nous l'avons dit, M. Monnier constate, sans l'expliquer et même sans la comprendre, la tradition de cette grande bataille. On n'en a pas étudié le théâtre au point de irue du IX« siècle, et cette étude importante est à faire. Dès ce moment, ce qui est sûr, c'est que les sépultures sont nombreuses, dans tous les lieux situés au pied de Château- Chalon, même à une assez grande distance. A Domblans, le nombre des cadavres découverts à la Sarrazine , étaient en telle quantité, que la population s'y est portée en foule, croyant, à cet aspect, que c'était l'ancien cimetière de la paroisse (6).
On a retrouvé aussi dans toute cette contrée, à Charin, à Voileur, à Saint-Germain, en Villon, beaucoup de tombes; mais l'époque n'en est pas déterminée.
Ce pajs doit être désormais un champ d'observation pour la science,
c L'entrée de Yoiteur et la plaine voisine , dit M. Mon-
(1) Empêcher les vivants d'attendre l'effet de la protection divine.
(2) Attend (Arsenal).
(3) Saisit son cheval au frein.
(4) Lui à qui il en a beaucoup coûté de se retirer ainsi.
(5) 11 tient encore le glaive levé, apprêté. Entesé vient évideminent du latin inlensum.
(6) Anmaire du Jura. 1845, p. 95 et 346.
B nier (1), sont en quelque sorte remplies de sépultures D antiques^ aussi bien que la côte de Meure^ où Ton exhume B quelquefois des morts sans sépulture. ;d
Même observation à Nevy sous Ghftteau-Chalon : a On y a » trouvé, dit le même historien^ des corps également sans » sépulture i fleur de terre dans les vignes : indice du champ D de bataille qui s*est étendu jusqu'à la plaine de Dom- » blans (2). »
Fuite de Girard au château de Qrimont if après la chrcmique de ce lieu.
(Novembre 870.)
a Diocus fut roi de Bourgoingne^ et fonda Yezelay (3) fonda B dix-sept abbayes^ et recouvra tout. le royaume deBourgoin- D gne que les rois de France avaient usurpé, et fit refaire le » chastel de Grimont sur Polingny^ auquel il se sauva et se » retira au temps de son adversité, d
{Croniq. du château de Grinum, publiée à Genève^ 4535.
Même récit dans le poème que dans la chronique précédente. — Gérard se retire à Gaillardon, puis à Poligny; plus de moitié des vassaux et hommes de guerre qu'il a mandés n'ont pas répondu à son appel.
(Novembre 870.)
De lieu en lieu Girars se pensoit à retraire ; Mas ne trêve cité^ chastel ne fort repaire (4)
(1) Ibid. 1855, p. 195.
(2) Ibid. no 174 de 1844.
(3) Comme Gérard de RooBsillon a fondé Yezelay, il est certain que c'est loi que la chronique désigne sous le nom de Diocus.
(4) Ni forte retraite.
Que Charles n'ait saisi et sa geot dedans mise
Par amour^ par agait (1), par force ou par maistrise.
Girars est esbais^ Girars est eschafnis (2)
Quant de touz ses forz lieux se trcTe desgarnis :
Or ne scet ou aler; cy ha pute (3) besoigne :
Ainssin corn plus biau puet, le roi foint et esloigne (4) :
A ceulz qu'ot avec lui dit : a Plus point ne tardon^
Alons en mon chastel que Ton dit Gaillardon :
Si attendrons anqui ma gent que j'ai mandée^
Et penserons comment moi sera amandée
L'injure que me fait Charles li rois de France^
Bien la cuit (5) amander^ s'a moi vient ma puissance (6). o
— A Gaillardon s'en Tont^ ung pou y demorërent, Pour le lieu qu'est petis autre part s'en alèrent. Près out (7) une monteigne^ Girars s'y va retraire^ Sa garnison y met, très fort lieu y fait faire^ De bars et de chaffaux la clouse (8) tout entonr, N'a lésir (9) son argent mette en mur ne en tour; Anqui pense sa gent qu'a mandée attendra.
Et dit ce qu'on li fait, moult chièremeut vendra.
Hélas I envers le roi ne puet avoir deffense. L'on dit qu u faut assenz (10) de ce que li fouc pense (ii)! La gent que Girars ha l'uns à l'autre consoille (12) ; a Et qu'est-ce que sera? nous véons ci mervoille, Girars le roi Charlon fouit tousiours et esloigne! » — Girars les oit, si dist : a Mal savez la besoigne :
(1) Par subtilité, surprise, artifices.
(2) RaUlé, insulté.
(3) Vilaine besogne. Cy a mole besougne. (Arsenal.)
(4) 11 ftiit du mieux qu'U peut le roi et s'en éloigne.
(5) Pour cuide, je crois, je présume.
(6) Mon armée.
(7) Près de là U y eut.
(8) De claudert, l'enferme.
(9) N'a loisir son argent mettre en mur ne en tour. (Copie de l'Arsenal.)
(10) On dit qu'il faut être de l'assentiment.
(U) De ce que la foule, le peuple pense. Four et Fùuik signifient troupe, multitude.
(12) Devise, se consulte.
Vous parlés de ce qu'ai le roi si pourioignié
Ou mes fors me faudra ou je l'ai pou loignié (i). d — Pour ccst mot Poligni fut cilz fortz lieus nommés, Quor androit (i) est chastiaux ires fors très renommés. Quant Charles sont cela, ou toute sa compaigne (3) S'en Tient après Girars en une autre montaigne : Ânqui se va loigier, une tour y funda; Anqui de toutes parts sa gent ii habunda.
Li lieux est biaux et fors et tousiours en parlon : Charles li Chauf le fit, s'a nom Cbastiaux Charlon (4).
A Poligny se tient Girars senz faire tours (5), De trestoutes ses terres attendoit le secours ; Mas il n*y vindrent mie ne tuit ne la moiliés, Quar li rois les a touz devers lui exploitiés; Mas toutes voies y vindrent li plus grant de Bourgoigne Et ses proichain lignaige et touz cilz de Gascoigne. S'il fussient tuit venu cilz qui venir dehussent, Contr'eulx contretenu (6) ja li réaul (7) ne fussent. Guiz de Montmorancy tout ce plait (8) li basti Après ce que Girars au roi Charle hasti (9);
(I) Le président Bonhier Q*a pas compris ce passage , rendu inintelligible par lui dans la copie de Troyes. Voici la version du nis. de Sens, qui est toujours la plus exacte :
Oa mes fon me {aadra, ou je l'ay poa loignié^
c'est-à-dire : ou ma forteresse me fera défaut, et alors je ne me serai pas encore teou assez éloigné du toi.
{i) Auquel endroit.
(3) Avec toute son armée.
(4) Si a nom, c'est-à-dire il a le nom de.
(5) Voici la Tariante de la copie de l'Arsenal :
A Pouloagny se tint Girart sans faire cours.
(6) On lit dans le ms. de Sens ne pussent contretenir, et dans la copie de TArsenal : ne pussent contrevenir, La première de ces deux versions nous semble préférable.
(7) Les royaux, c'est-à-dire les troupes royales.
(8) Lui ourdit toute cette machination.
(9) On Ht ïasti dans la copie de r Arsenal , et Lacurne-Sainte- Palaye traduit ce mot en marge par s'attaqua, défia, Hastif signifie colèie, emporté. Un verbe> construit sur cet adjectif, signifierait donc
i^ GÉRARD DE ROUSSIIXON.
Tous les subjis Girars (i) par grans dons suborna Et par doTers le roi tout i bout les tourna (2).
(Poème cité, p. 72.)
Lb roi poursuivant sa victoire vers Poîigny dont le territoire iétend jusqu'à Vextrémité de la forêt de la Vaivre en face de Saint-Lauthein, s'arrête au bord ouest de cette forêt dans un lieu dont on voit encore les débris et qui, de ce séjour numentané, a pris et conservé le nom de Ghambrette au Roy.
(Novembre 870.)
a Charlon marcba en Bourgogne contre le roy Boson (3) » Ton dit que lors fust édifié le cbasteau de Chastel-dbarlon B en Bourgougne sur une montagne pour faire un fort cortre B le roy Boson. Pendant la stucture et bastiment du quel D chasteau; le roy Gbarlon se logeoit à bas en la plaine en un » lieu qu'on nomme encore de présent la ehambrelte au
B roy Quoiqu'il en soit, on tient que ce Charlon ou son
B frère Gharles le Ghauve sont les architectes de Ghastel- B Gharlon.
B G'est une fort belle assiète^ bien aérée et encore mieux B abreuvée des plus frians et plus délicats vins quasi de toute B la Gaule, b
{Annal, de Bourgogne^ par PARADm^ p. 114^ publiées en 4566.)
s'emporter contre, ce qui ne s'éloigne pas du sens indiqué par Lacume-Sainte-Palaye.
(1) Tons les sujets de Girart.
(2) Et les tourna entièrement vers le parti du roi.
(3) Paradin dénature un peu la tra^'ition, en supposant que le roi Charlon poursuivait Boson, son beau-frère. Mais il rectifie lui-même l'erreur en rattachant le fait à la construction de Chàteau-Chalon, que nos poèmes fixent à la guerre contre le duc Girard.
Il y a longtemps que ce curieux bâtiment, à raison de son nom, attire l'attention des historiens et des savants, sans qu'ils aient retrouvé Torigine de ce nom. Msrula et Gilbert Cousin croyaient que c'était un palais des premiers rois de Bourgogne.
XYl,
Le Boi, de retour à ChdteaurChaUm, en deeeend pour tisiter le champ de bataille, et s'étonne, en le parcourant, et avoir perdu contre une si faible armée un si grand nombre de soldaJts.
(NoYembre 870.)
Li rois arrière retome : Li jour fut à Yesprës Deeoubz Chastiau-Charlon est descendu exprès.
Trestous les prisonniers li ha Ion lors rendu
Charles s'en Ta tantost visiter sa gent morte.
Tant en trèye de morts^ de bleciés et navrés^
Après lui nulz tel deul autre ne vous n'avrez^
Hélas, se dit li rois^ qui out scu^ pour voir dire^
Qu'un si petit de gent feissent tel martyre? |
Us n'avient pas de gent à nous communier, '
Et nous ont desconfin, je ne lou puis nier
Je voi pour ung des lor cens des miens morts en gisent.
(Poème cité, p. 81.)
Girart, ne pouoant se maintenir à Besançon et poursuivi par le roi, fuit vers les montagnes de Pontarlier, et s'enferme au château de Jougne.
(Novembre 870.)
Girars s'en va fmans, dolans pour ses amis Qu'à doleur et i mort par son orgueil ha mis. De chevachier bientost ne cessent soir et main. Li rois out Besançon tout droit le lendemain. Girars voit et perçoit que mal va sa besoigne, A un fort lieu s'en va, que l'on appelle Joigne, U lieux est bien caichés et fort à démesure,
Ik GÉRABD DE ROUSSILLON.
N'a garde d'estre pris^ si vitaille li dure^ Dix jours y demoura....^
(Poème cité, p. 86.)
Ici, à Teiception des œuvres pieuses dans lesquelles s'achève la vie du héros ^ finit la parlie historique du chant de geste sur Gérard de Roussîllon. Le poëte n'a connu ni la bataille de Pontarlier, qui précède immédiatement sa retraite à Jougne^ ni le siège de Vienne qui la suit... Le nom de l'auteur du poème est encore une énigme. On sait seulement que cette chronique en vers date de 1316.
DONATION A l'ABBAYE DE MOUTHIER HAUTKPIERRE (1) DE VERNIER-FONTAINE DANS LA CENTENA DE NODS.
il résulte de cet acte qu'en 934^ et par conséquent dans les siècles précédents, les montagnes du Warasgau,^ où, Girard se retira, étaient divisées en centena , selon les capitulaires des rois francks, — Etrange latin de cette époque.
In nomine Domini Dei eterni^ divina favente clementia^ gloriosus omOj dum res sancta Dei ecclesia crescere conamus , ideô petimus, Ingaldrannus et uior sua Monegundis^ misericordiam et sancti Pétri Âltapethnse et inspirando pro illorum peccata vel pro remedium animas eorum et pro remedium animas fratre suo Laifino^ dederunt sancto Petro ecclesia una que est in onore sancti Andrée^ ut omnis consors concium fratrum Altapetrinse cibum manducandi ad mensam illorum abeant^ ut illorum preces sociantur Ingeidran et uxore sua
(1) Moatbier Hautepierre abbaye désignée sous le nom d*Altapetra dans le partage de 870 ; eUe est située dans le Warasgau entre Ornans ville de refage do ce comté, et Pontarlier, lieu de la dernière bataille.
Monegunt et Layfiao ad régna celorum^ oc est ipsa ecclesia in coMiTÀTu Warasgorum^ mcENTEHA NEiiDEifTENSB(l);in yillâ Warnbrio FoNTAiYA^ dum DOS vivimus^ abemus, tenemus^ et in festivitate sancti Andrée de tritico modio I pro vestituria dedimus et post dessessu nostro ipsa ecclesia et res et inancipiis que ad ipsa deservire debent servis et ancillis^ Ayroono^ Randuyno^ Maria et infantes suos^ Winivergi et infantes suos Ermengelt, Geldiert, Amalgert et infantes suos tam terris, caropis^ pratis^ aquis, omniam rem, per inquisita ipsa ecclesia et orone datum ecclesie post discessum nostrum, Ingaldran et Mongunt, a sancto Petro Altapetrlnse permanet et at suos custodes sine ullo contradicente ad possidendum. Si quis fuerit ullus boroo aut ullus de eredibus nostris qui contra ipsa ecclesia sancti Pétri ulla calumpnia generare presumpserlt, in primis iram Dei incurrat et acroina sanctorum extraneus appareat, nec inler cimiteriis christianorum corpus illorum non sit receplus, sed aves celi devorabuntur. Et inferamus una cum sociante ad altare sancto Petro auri libras C. Et
(i) Centena Neudentense, centaine de Nods. — Villa Vamerio-Fon' tona^ Vernier- Fontaine. 11 y aune demi-heure de chemin entre ces deux YiUages, qui faisaient partie de la même centaine. Cette charte précieuse peut servir à éclabcir une question posée par M. Guerard, membre de l'Institut. (Eclaircis, sur les divis. terriL de la Gaule, p. 60.) « La centaine, dit ce savant, ne renfermait que des habitations » isolées; la vicairie comprenait des maisons rapprochées autour » d'une église ou d'un monastère. »
On voit au contraire que la centaine, composée de cent familles libres, pouvait renfermer plusieurs villages. Vemierfontaine, portion de la centaine de Nods, avait une église qui, aujourd'hui, comme au temps de cette charte, est consacrée à saint André. Nods, village plus important, puis qu'il avait donné son nom à la centaine, devait avoir également une église.
En 876, Charles le Chauve, qui venait d'être couronné empereur en Italie, revenait en Gaule par ces contrées : « Si se hasta moult de » journées pour faire la feste de la Résurrection en l'église SaintrDeuys » en France. Et l'impereriz Richeut, que en la cité de Senlis'demo- » roits ala encontre lui, tantost comme elle en ol noveles, si passa » par Rains et Chaalon, parmi Langre et Besençon, jusques à une » ville qui a nom Warnlfonténes; avec Fempereor retoma parmi les 9 cités devant dites à Compiegne, de la s'en vint à Saint-Denys pour » faire la feste de la Résurrection. » {Chroniq. de Saint-Denys, D . fiou- OUET, VU, 141-142.)
76 GÉRARD DE ROCSSILLON.
omnique tempore donacio ista finna et stabilis permaneat ad stipulatioDe subnixa.
Actum Alta Petra^ monasterio publico.
Signum logaldran et uxor sua MoneguDdis qui anc donacione ista fierint et finnare rogaverunt : Liulfus qui genitore suo et génitrice sua consensit et nomen suum scribere rogayit : Leutboldus qui consensit et nomen suum scribere roga?it. Signum Rotboldo teste, Signum Wibert teste, Signum Ugo cornes, Signum Bernart, Signum Tulfang, Signum Bernart, Signum Robert, Signum Braydico.
Signum Rorgo testes, Ucbolt, Ynolterio, Âcbert, Richart, testes.
Ermingart, Emino, Berengario, testes.
Ego Adalemus presbiter scripsi et snbscripsi die sabbati tu idus junii, anno xxn, régnante Rodulfo filio Rodulforege.
(Copié sur l'original aux archives de Gluny par Lambert de Basi?e, le 2i janvier 1780.)
{Bibl. Nai.y mss. Fonds Mareau, vol. F, fol. 137.)