Revue contemporaine, mars
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mais on ne s'est élevé que tard à la conception d'une littérature européenne. Nous autres Français, nous apprenons, dès Técole primaire, que nos philosophes du xvni*' siècle ont exercé sur les intellig-ences en Europe une domination presque absolue. Mais nous parvenons à TAge mùr sans nous demander comment ce succès universel a été possible. C'est tout a-i plus si nous avons un vag-ue soupçon de l'espèce d'invasion violente que nos théories du xvn'' siècle ont faite à la fois dans toutes les littératures. A peine nous 4loutons-nous que nous avons réussi à rendre Shakespeare presque odieux aux Anglais; que grâce à nous, les Espagnols ont pour un temps oublié Galderon, et les Allemands la prose de Luther. Nous ne savons pas, ou nous savons mal que, durant une cinquantaine d'années, Boileau a converti à ses idées plus d'écrivains et de poètes que Voltaire et Rousseau n'ont séduit de rois et de ministres . Même au xvm*" siècle, il y a un fait d'une importance capitale qui nous échappe presque toujours : c'est la révolution que les drames de Diderot, à peine lus aujourd'hui par ceux qui lisent le plus,
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ont opérée en Allemagne. Insoucieux des richesses que les autres nous dérobent, nous ne le sommes pas moins de celles que nous tenons d'eux. Combien de gens ne surprendrait-on pas, si Ton affirmait que la poésie de Lamartine, si spontanée, si profondément originale, nous est cependant venue d'Allemagne, apportée par M'"'' de Staël? Et les Allemands mêmes, que leur esprit d'investigation pousse en éclaireurs sur toutes les routes de la science, qui réduisent tout en lois générales, dont la mission en toutes choses semble être de découvrir et de révéler l'universel, les Allemands méconnaissent à chaque instant les liens qui rattachent leur littérature à la nôtre. Dans le vaste domaine de l'histoire, il n'y a pas de ténèbres qu'ils ne se llattent d'éclaircir, grâce à ce don de seconde vue, qui fait chez eux de la critique une œuvre, d'inspiration presque autant que de réflexion. En ce point seulement ils sont aveugles. Leurs préjugés les éblouissent et les rendent injustes. Longtemps opprimés par Gottsched et les admirateurs du xvu*" siècle, ils proclament que le génie n"a été émancipé chez eux que du jour où
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ils ont connu et goûté Shakespeare. Ils veulent tout devoir à TAngletcrre et rien aux Français, si ce n'est de plates tragédies et des drames larmoyants dont nous ne revendiquons nullement la créance. Gœthe, dans le jugement qu'il porte de Paul et Virginie, s'aperçoit très bien que Paul est le petit-cousin de Werther. Mais quand il se demande naïvement à quoi l'on peut comparer Werther même, il ne s'avise pas de nommer la Nouvelle Iléloïse, Werther est cependant l'élève de Rousseau; cela saute aux yeux. 11 sait par cœur, quoiqu'il se garde bien de le dire, la troisième lettre à M. de Malesherbes, et même tout Français un peu instruit remarquera d'abord qu*il n'aurait pas à sa disposition un tel trésor d'expressions subtiles pour peindre la sensibilité maladive dont il souffre, si durant sa première jeunesse, tandis que les troupes du roi Louis XV occupaient Francfort, il n'était allé au théâtre, un peu plus souvent peut-être qu'il ne convenait à son imagination exaltée, pleurer avec Bérénice et se tuer avec Phèdre. Gœthe, lui, ne s'en doute pas. Werther lui a été uniquement inspiré par les Nuits d'Young.
Ainsi nous vivons, ignorants des services réciproques qui nous obligent les uns envers les autres. Il est cependant impossible d'apprécier sainement les différentes littératures de l'Europe, si l'on n'a une connaissance exacte de leurs rapports; et on juge mal ces rapports si on les regarde comme des accidents isolés, si on ne s'élève pas jusqu'à l'idée d'un enchaînement nécessaire de toutes les littératures entre elles. La solidarité politique des peuples de l'Europe est un fait qui, depuis longtemps, n'échappe plus à personne. C'est le grand intérêt de l'histoire moderne de nous montrer cette solidarité chaque jour plus forte et plus complète; depuis les guerres de la Réforme et du système d'équilibre jusqu'à la guerre actuelle, l'Europe va s'étendant et se concentrant sans cesse. Se peut-il que la poésie ait seule échappé à ce mouvement universel vers l'unité, ou plutôt vers l'union des forces, vers le mélange des intérêts et des idées? Puisqu'il existe aujourd'hui une confédération européenne divisée en plusieurs peuples, ne doitil pas y avoir aussi une littérature européenne
en plusieurs langues, qui soit partout l'expres-
sion des mêmes sentiments et des mêmes besoins, Tapplication des mêmes formules, la reproduction du même idéal? De même que chacune des grandes puissances de l'Europe a successivement menacé Tindépendance de toutes les autres, et qu'après avoir pour un temps dominé, elle a été réduite à rentrer dans Tég-alité commune, ajoutant encore, en dépit de son ambition, à la force et à la stabilité de l'union générale et mêlant quelques flots de plus à ce grand fleuve formé de tant de sources dilTércntos; de même, n'est-il pas légitime de supposer que chaque littérature n'a exercé à son tour la suprématie et n'a momentanément comprimé chez les autres peuples ou détourné l'essor du génie national, que pour communiquer à leur langage et à leur esprit des qualités indispensables qui leur manquaient? N'est-ce pas à l'équilibre des facultés contradictoires de l'Italien, de l'Espagnol, du Français, de l'Anglais, de l'Allemand, n'est-ce pas à un admirable concert des intelligences et des imaginations que doivent aboutir tant de projets avortés de monarchie universelle en littérature et tant de résistances glorieuses qu'on y a
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opposées? Et s'il se trouvait un critique ayant assez d'instruction et de génie pour entreprendre de raconter l'histoire de la poésie en Europe depuis Dante, ou seulement depuis la Renaissance jusqu'à nos jours, n'arriverait-il pas à établir, dans cette histoire, des divisions et un progrès analogue à celui que l'on observe dans les événements politiques?
il. Ilettner n'a pas cru devoir embrasser en une fois ce vaste ensemble. Mais puisqu'il voulait choisir parmi les quatre grands siècles de l'histoire moderne, le xvnf était en efYet le plus propre à faire nettement ressortir ce que l'on peut appeler la solidarité littéraire de l'Europe. Outre que ce siècle a légué aux générations contemporaines l'héritage qu'il avait reçu du xvi® et du xvu*^, toutes les littératures sont alors étroitement liées l'une à l'autre; et jamais l'unité de l'esprit humain ne s'est mieux révélée dans la variété infinie de ses manifestations. Philosophie, lettres, politique, sciences, semblent ne former qu'un seul empire indivisible. Un principe, bon ou mauvais, d'où qu'il parte, produit partout les mêmes conséquences; et il s'opère
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dans les mœurs et dans les idées, aussi bien que dans les lois, une suite de révolutions, fâcheuses ou salutaires, dont Tempreinte se retrouve dans les ouvrages de l'art et dont il faut peut-être chercher Texplication la plus vraie et la plus profonde dans la grande poésie de ce temjjs-là, dans Bernardin de Saint-Pierre, dans Gœlhe et dans Schiller. On peut reprocher à M. Ileltner d'avoir fait de temps à autre la part trop large à l'histoire purement politique. Quelque sympathie que méritent de nous inspirer beaucoup de ses théories, nous ne saurions accepter sans réclamation un système historique qui, sans être hostile au Christianisme, affecte trop de s'élever audessus de lui et de s'en détacher. Mais il faut convenir que Tétudc de la littérature générale et comparée communique à l'esprit une étendue singulière et une impartialité rare. Ceux des compatriotes de M. Ilettner qui envisagent en eux-mêmes nos poètes du xvn"" siècle, apportent dans la discussion de leurs œuvres une faveur de dénigrement à peine concevable. Le sangfroid de M. Ilettner contraste avec la sauvagerie de ces Vandales. M. Ilettner n'est pas sans doute
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un admirateur de Corneille et de Racine : ce serait trop que de demander à un Allemand de l'admiration pour notre théâtre. Au fond il accepte et reproduit quelques-unes des critiques les plus violentes de ses devanciers, bien qu'il les exprime avec plus de modération. On ne lui persuadera point que les chefs-d'œuvre de la scène française soient autre chose que « des tragédies mécaniques. » Mais du moins il distingue Corneille et Racine des plats imitateurs qu'ils ont rencontrés en Espagne, en Italie, en Angleterre et surtout en Allemagne. Il fait plus : il émet l'idée encore neuve au delà du Rhin, bien que Gœthe l'ait déjà risquée timidement dans ses Mémoires, il émet l'idée que Gottsched, en poussant les Allemands vers rimitation du xvii'' siècle, a plutôt favorisé chez eux que contrarié le progrès littéraire. Examinant quelle a été l'influence de nos classiques sur le développement général de la littérature, il remarque qu'on leur doit ce qui était d'abord indispensable pour la culture des intelligences et des idiomes : la pureté des formes, le goût, la méthode; qu'ils
ont poli l'Europe, restée rude et grossière, en
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dépit (le Dante, de Shakespeare et de Cervantes; que par là ils ont contribué pour leur part à préparer la grande poésie allemande, la poésie par excellence, qui allie à la perfection de la forme l'indépendance complète de l'inspiration, qui est naïve et non pas inculte, populaire sans bassesse, simple et hardie, savante et pleine d'abandon, et qui a épuisé l'art pour reproduire toute, la fougue et toute l'aimable liberté de la nature en lui laissant ses laideurs et la brusquerie trop souvent choquante de ses contrastes. C'est la langue française, dit M. Hettner, qui vulgarise les idées, quelle que soit leur origine, et qui seule peut leur donner droit de cité dans l'univers. Or, cette langue, le xwf siècle Ta créée. Hommage plus décisif qu'on ne croit rendu à notre supériorité! hommage doublement flatteur quand c'est de Brunswick qu'il nous arrive! Quelle gloire en effet pour nos écrivains (quand bien même il serait vrai qu'ils ne doivent prétendre à aucune autre) d'avoir été les interprètes du monde dans ce fécond et admirable commerce des esprits! Quelle gloire pour eux d'avoir seuls sauvé tant d'idées utiles, qui sans eux
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lieraient lourdement retombées à terre, et de leur avoir i)rété les ailes de cette belle langue française, langue de conquérants, langue victorieuse et irrésistible, qui va partout où elle veut aller, comme les soldats qui la parlent!
Le xviii' siècle anglais, dont M. Hettner nous retrace aujourd'hui l'histoire, off*re un exemple frappant de ces vicissitudes intellectuelles et de ce mélange des théories littéraires de tous les peuples que nous signalons au début de notre article. H s'ouvre par l'invasion de la littérature française en Angleterre, tandis que, par un juste retour, la philosophie et les doctrines politiques de l'Angleterre commencent à faire irruption sur le continent; il se termine par la résurrection du génie anglo-saxon qui, volant par-dessus le détroit, et se glissant de compagnie avec Rousseau au delà du Rhin, en dépit de la surveillance rigoureuse exercée par les fidèles de Goltsched, y provoque ces efforts gigantesques et d'abord malheureux de rénovation à outrance, désignés du nom de Tilanisme. Subissant le joug de la France, puis imposant pour quelques années le sien à l'Allemagne, l'Angleterre était merveil-*
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leusement préparée à ce double rôle par la double origine, normande et saxonne, qui la rattache à la fois aux deux pays et la rend également capable, dans le domaine des lettres, d'agir sur l'un et de se modeler sur lautre sans faire violence à son génie propre. M. Ilettner a eu raison, avant de nous jeter dans le xvni° siècle proprement dit, de tracer un tableau de la littérature et de la société sous la Restauration. C'est le vestibule du temple; vestibule bigarré, qui nous laisse pressentir combien, avant de pénétrer jusqu'au saint des saints, nous rencontrerons sur notre route de dieux différents. Le sceptique Ashley Cooper inaugure, sous les Stuarts, l'athéisme de salon et l'immortalité élégante, qui aura plus tard ses représentants accomplis dans Bolingbroke et dans Chesterfield. Butler, en poursuivant de ses sarcasmes le puritanisme abattu, fait la place nette aux mœurs et aux idées françaises, tandis que sous la poésie biblique de Milton couvent déjà le roman moral et le roman de famille par où doit renaître le génie anglais. 11 n'y a pas jusqu'aux comédies cyniques de Wycherley, délices du monde frivole et
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corrompu de ce temps-là qui, par une réaction salutaire, ne contribueront à rejeter les esprits vers la littérature puritaine et moralisante , comme les excès mêmes et les prétentions exclusives de cette littérature moralisante feront éclore le génie de Fielding. Importées de France dès le temps de Charles II et de Dryden, les doctrines du xvii*' siècle exercent une domination incontestée en Angleterre avec Pope et Addison. Alors se développe une sorte de poésie philosophique, où le goût a plus de part que le génie, où l'imagination cède la place à l'intelligence, où la raison et la science tiennent lieu d'inspiration. Les poètes dissertent ou imitent; on dirait qu'ils ont peur de créer; car Gulliver et Rohinson, œuvres originales qui paraissent, il est vrai, à cette époque, doivent être considérés comme des phénomènes exceptionnels et isolés au milieu du mouvement général qui entraîne les esprits vers l'imitation de la France. Samuel Johnson se fait le critique et le panégyriste de Técole classique au moment où son règne est ébranlé et où le roman, révélant au public l'intérêt profond de la vie réelle,
va le rendre désormais indifférent à tout ce qui n'est que convention de l'art. Voici venir Richardson avec Paméla et Clarisse, héroïnes bourgeoises, qui se présentent sans pompe et sans apparat, sinon toujours sans apprêt, figures du temps présent, figures anglaises que toute l'Angleterre salue avec enthousiasme. Et à côté de lui, contre lui, mais aussi Anglais que lui-même, s'élève l'aimable et souriant Fielding, le réaliste à la bouche d'or, le poète de la muse familière. Il ne se joue pas de la morale, comme les puritains l'en accusent, mais il l'embellit enfin de toutes les grâces de la fantaisie; il ne se perd pas dans l'idéal, mais il ne s'enfonce pas non plus dans la terre, et des vertes collines sur lesquelles il pose, toujours prêt à s'envoler et toujours rasant le sol, il fait briller à nos yeux ce quelque chose de charmant et de désirable, moitié divin, moitié terrestre, que l'on rêve à vingt ans, que Ton se rappelle à soixante, et que l'on n'a cependant jamais rencontré dans l'intervalle. M. Hettner a écrit, sur la chute de ce qu'il appelle la classique et sur le roman anglais, une suite de chapitres d'un grand inté-
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rèt, nourris d'idées et de faits, oii il nous montre, à leur naissance en Angleterre, ces théories sur l'originalité poétique et sur f inspiration, développées presque aussitôt et fécondées en Allemagne par Herder. Nous regrettons vivement, qu'après s'être arrêté si longtemps sur Richardson, il ait passé si vite sur Goldsmith. N'est-ce pas, après tout, le succès du Vicaire de Wakefield qui met fin à la domination exclusive des théories classiques? La poésie devient dès lors plus franchement populaire, et, si je puis dire, plus intime. Déjà Young, précurseur et prophète de cette révolution, avait prévenu les secrets instincts du siècle en écrivant les Nuits, Macpherson essaie de les tromper en inventant les poèmes d'Ossian. Bientôt paraît Burns, et Burns est le contemporain de Gœthe.
Nous n'avons montré à nos lecteurs qu'une moitié du tableau que M. Hettner déroule devant nous. Pour donner une idée complète de son livre, il faudrait le suivre dans ses explorations sur le terrain de la science, de la politique, de la philosophie et des beaux-arts. Il embrasse et il expose sans confusion tous les faits qui carac-
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lériseiit le travail de l'esprit humain au xviii' siècle. Sa méthode est toute française : beaucoup d'analyse et peu de synthèse, des anecdotes familières mêlées aux jugements de la critique, des peintures de mœurs avec des biographies, des récits, et seulement ce qu'il faut de système pour que l'esprit du lecteur ne se promène pas à l'aventure, sans savoir où il arrivera. Les Allemands reprocheront sans doute à M. lïettner d'être superficiel. Ils chercheront vainement dans son livre cette vigueur de conception et cette logique serrée qu'ils admirent à juste titre dans les ouvrages de Gervinus et d'IIillebrand.
Nous, Français, qui retrouvons en lui des qualités que nous aimons, parce qu'elles sont les nôtres, nous le féliciterons de sa science sans prétention, de son langage rapide et clair, quoiqu'un peu trop dépourvu de force et d'élévation, de son art de conter, du charme sympathique ou de la compassion sévère avec lesquels il rappelle les fautes de Swift et les malheurs de Daniel Defoè. L'ouvrage de M. lïettner, quand il sera achevé, prouvera, une fois de plus, que
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si les étrangers risquent toujours beaucoup à vouloir se faire nos imitateurs trop fidèles, ce n'est jamais du moins sans profit pour euxmêmes qu'ils nous étudient et nous rendent justice.
HENRI HEINE
{Souvenirs, par A. Meissner; Hambourg, 1856*.)
Ce sont ici les souvenirs d'un poète sur un autre poète. Ils contiennent beaucoup de détails intimes auxquels le nom de Henri Heine, la piété de M. Meissner envers une mémoire illustre, son style vif et coloré ont pu seuls ajouter du prix. Certaines anecdotes y ont un air de scandale, sorte de friandise qui allèche, à ce qu il paraît, la bonhomie allemande aussi bien que la malice française, mais dont le livre de M. Meissner aurait pu aisément se passer. Ce qui domine tout, c'est le tableau de la longue agonie de Henri Heine, et un tel tableau n'a besoin que d'être vrai pour être d'une éloquence saisissante.