‹ Sur L'absorption Vésicale: Étude De La Question Et Recherches ExpérimentalesChapitre 6 sur 21 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Ce n’est certes pas un sujet nouveau que nous nous présentons à votre indulgence. Beaucoup d’autres avant nous, et beaucoup plus autorisés, quelques-uns parmi les plus grands maîtres de la science se sont occupés de l'absorption vésicale et semblent avoir résolu la question les uns par l’affirmative, les autres par la négative. D’après les ouvrages classiques qui font autorité actuellement, 1l semble que cette question est close, qu’il ne reste plus rien à dire, et que l’épithélium vésical est absolument imperméable. Cependant, si lon parcourt la littérature médicale, depuis le commencement du siècle dernier jusqu’à notre époque, on voit que la question de l'absorption vésicale est loin d'être tranchée. On peut

encore dire aujourd’hui, comme on le trouve écrit dans un

numéro de la Gazette des hôpitaux de 1868 (1): «Médecins et physiologistes sont encore partagés sur ce point; les uns prétendent que l'absorption se fait par la muqueuse vésicale aussi activement et plus activement même que par la muqueuse stomacale; d’autres n’admettent cette propriété d’ab- ‘sorption qu’à un très faible degré; d’autres enfin la contestent complètement et considèrent l’épithélium vésical comme une barrière à l’absorption».

Nous n’avons pas la prétention de venir apporter la solution d’une question si importante, qui a préoccupé tant de chercheurs pendant de si longues années, qui a occupé tant de séances de la Société de Biologie et de l’Académie des Sciences, et qui à tant fait écrire, soulevant quelquefois de véritables polémiques entre savants. Notre but est beaucoup plus modeste. Nous nous contentons de vouloir apporter une légère contribution à l’étude de cette question, qui n’intéresse pas seulement la physiologie, mais encore la pathologie et la thérapeutique elle-même, à laquelle elle pourrait fournir dans quelques circonstances particulières des indications ou des contre-indications utiles à connaître. Frappé par les divergences d’opinions de physiologistes, de chirurgiens et de cliniciens distingués, étonné des conclusions diamétralement opposées oblenues par des expérimentateurs éminents, et guidé par notre maître M. le professeur Magon, à qui la vitalité de l’épithélium ne suffisait pas pour expliquer l'imperméabilité de la vessie, nous avons voulu essayer de nous expliquer pourquoi, avec des expériences qui nous paraissent semblables, les différents expérimentateurs sont arrivés à des résultats si disparates et si contradictoires.

(1) Gazette des hôpitaux { Lancelte française), 1 mars 1868, p. 109,

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Après avoir résumé, sous forme d'historique, tout ce que nous connaissons touchant à la question de l'absorption vésicale, après avoir donné les opinions des auteurs et montré les diverses phases parcourues par cette question, nous essaierons d'expliquer les raisons qui ont conduit les expérimentateurs à des résultats si opposés, en nous appuyant sur la différence des conditions où ils s'étaient placés. Ensuite, nous nous efforcerons de démontrer que l’épithélium vésical, dans les conditions physiologiques ordinaires, est capable d'absorber; puis, après avoir essayé de déterminer le degré de ce pouvoir absorbant, nous tâcherons de rechercher les conditions susceptibles d'accélérer ou de retarder, de faciliter ou d’empêcher l'absorption vésicale.

Enfin, nous relaterons les expériences que nous avons entreprises, soit seul, soiten collaboration de M. le professeur Magon. Nous y joindrons les détails de notre manuel opératoire pour bien déterminer les conditions de notre expérimen-

tation.

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