‹ Sur L'Activité Biologique Du S-GaiazulèneChapitre 57 sur 84 · B) EFFETS DES DOSES MORTELLES · texte numérisé non relu

B) EFFETS DES DOSES MORTELLES

Nous avons essayé de déterminer, selon la méthode de TIFFENEAU (101), l'intoxication mortelle du chien en des temps aussi voisins que possible de 60 minutes.

Le S-gaïazulène à été administré pur, en perfusion lente, dans la saphène. |

Les variations de la pression artérielle, de la pression intratrachéale, du volume de la rate, de la motricité intesti-. nale cnt été enregistrées et la réflectivité neurovégétative explorée.

Nous avons toujours noté le rythme cardiaque et recherché les réponses tensionnelles à la compression des globes oculaires et à l’occlusion des carotides.

a) Effets tensionnels

L'administration de S-gaïazulène est toujours suivie d’hypotension. L’abaissement de la pression débute dès le passage des premières doses de l’hydrocarbure dans le torrent circulatoire.

La comparaison des tracés de la pression centrale carotidienne et de la pression fémorale périphérique montre que l'annulation de leurs valeurs respectives est également progressive et proportionnellement concommittente (graph. 16).

b) Effets cardiaques

La fréquence des contractions cardiaques est affectée dès le début de la perfusion. Elle peut perdre jusqu’à 40 % de sa valeur; elle se stabilise jusqu’au dernier quart du temps d’intoxication. Une légère et passagère accélération du rythme se produit alors. La chute de pression jusqu’à zéro est toujours accompagnée d’une extinction progressive des contractions cardiaques.

La différentielle se comporte de deux m'anières distinctes, au cours de l’intoxication mortelle, selon que le sujet est vagotonique ou non.

TBE

Graphique n° 16 Chien pesant 7 kg. (très vagotonique)

En f : Début de perfusion lente de S-gaïazulène pur. En À : Hypotension centrale immédiate. Bradycardie. Entre À et B : 5 minutes.

En B : Bradycardie. Différentielle très augmentée. Polypnée. En B et C : 25 minutes.

En C : Bradycardie maintenue mais atténuation de la différentielle.

Entre C et D : 21 minutes.

En D : Respiration de plus en plus difficile. Entre D et E : 23 minutes.

En E : Apnée. Pression fémorale récurrente encore notable. Mort de l’animal.

Si l'animal est vagotonique, la valeur de l'élément variable s'accroît très rapidement et les variations de pression entre chaque systole peuvent atteindre jusqu’à 7 cm. Hg (Graph. 16).

Les grandes oscillations perdent progressivement de leur ampleur et disparaissent avec l’hypotension réflexe consécu-

‘tive à la compression des globes oculaires.

Chez les chiens très. peu ou pas vagotoniques, on assiste très rapidement à une extinction de la différentielle (graph. n° 17) après, parfois, une courte phase d'augmentation.

L’excitabilité neurovégétative joue donc, en ceci, un rôle prépondérant.

c) Effets sur la rate

L'on assiste rapidement à une extinction des mouvements spléniques.

d) Effets respiratoires

Selon la vitesse avec laquelle les premières doses sont injectées, le S-gaïazulène provoque des effets plus ou moins intenses sur la respiration. |

L'arrivée brutale de quantités appréciables du toxique, dans le sang, entraîne une sidération brusque et temporaire des mouvements respiratoires. L’apnée ne dure pas plus d’une minute et elle est toujours suivie de polypnée persistante jusqu’à la dernière phase de l’intoxication mortelle.

La polypnée est primitive quand la perfusion est commencée de manière à ne permettre que le passage de très faibles doses de S-gaïazulène dans le sang. i

Le rythme respiratoire peut être multiplié par deux et sa valeur est toujours maintenue pendant les trois quarts de la durée de l’intoxication, c’est-à-dire jusqu'aux courts instants qui annoncent l’apnée mortelle. Dans cette dernière phase, la respiration est difficile, saccadée. Elle se fait parfois sur un rythme périodique. Elle est toujours gênée par l’écoulement d’un liquide sanguinolent et spumeux, issu des poumons.

L’apnée précède toujours l’hypotension totale et l'arrêt du cœur.

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Graphique n° 17 Chien pesant 6 kg.

En f : Début de perfusion lente de S-gaïazulène pur.

En À : Diminution de la différentielle. Bradycardie. Polypnée. Entre À et B : 40 minutes.

En B : Hypotention. Polypnée.

EntreB'et CÆ.14h.1437

En C : Extinction progressive des contractions cardiaques. Apnée, Mort de l’animal.

LORS ETS

e) Effets intestinaux

L'administration de S-gaïazulène par voie intraveineuse, en perfusion lente, est toujours suivie d’une excitation de la motricité intestinale. L’apparition des salves péristaltiques est assez précoce et semble souvent être en relation avec la stimulation du système parasympathique observée dès le passage des premières doses du produit dans la circulation.

Nceus avons cependant noté l'apparition de puissantes contractions au cours du deuxième tiers de l’intoxication mortelle en environ une heure. Ces salves, passagères, disparaissaient dans une troisième phase caractérisée par l’inertie de l’anse intestinale, comme si les doses fortes exerçaient sur l'organe une action inhibitrice.

f) Action sur les réflexes

La recherche de l’excitabilité parasympathique, par la méthode de la compression des globes oculaires, et de la valeur du tonus sympathique, par la méthode de l’occlusion des carotides, montre que le fonctionnement du système neurovégétatif est gravement perturbé: au cours de l’intoxication.

Le réflexe oculo-cardiaque est atténué progressivement. Dans de nombreux cas, il nous a été possible de constater son inversion après administration d’au moins 60 % de la dose léthale.

L’hypertension, consécutive à l’occlusion des carotides, est déjà nettement diminuée sitôt après le passage des premières fractions de S-gaïazulène et tend à s’annuler après le premier tiers du temps de l’intoxication.

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