C) DISCUSSION DES PHENOMENES OBSERVES
a) Effets tensionnels
La dépression tensionnelle peut dépendre de plusieurs causes susceptibles d'agir isolément ou de façon concommittente. En effet, la valeur de la pression artérielle est sous la dépen-
dance de facteurs cardiaques, vasculaires et sanguins, dont nous avons essayé de reconnaître le rôle dans l'apparition des phénomènes observés.
a) Action cardiaque.
Bien que son organisation lui confère la possibilité de fonctionner en dehors de toute influence des centres nerveux, puisque isolé et maintenu en milieu de survie, il continue à se contracter, le cœur, in situ, est sous le contrôle permanent du système nerveux cérébro-spinal, agent régulateur de son activité. !
Les fibres cardio-modératrices sont issues de la moitié inférieure du noyau dorsal du bulbe. Elles entrent dans la constitution des deux gros cordons nerveux que forment les pneumogastriques et sont particulièrement abondantes dans le nerf droit. La démonstration de leur influence est faite par l'excitation faradique du bout périphérique de l’un des deux pneumogastriques. Cette excitation est contemporaine, dans le cœur, d’une bradycardie, d’une augmentation de l’excitabilité, d'une diminution de la puissance des contractions et du tonus du myocarde, ainsi que de la vitesse de conduction de l'onde contractile.
La conséquence de la faradisation du vague sur la circulation générale se manifeste par une hypotension.
L'action inhibitrice permanente exercée par le système nerveux parasympathique sur le cœur est témoignée par l’accélération du rythme qui succède à la section des deux nerfs vagues au cou ou à leur suppression physiologique par l’atropine.
Nous avons vu que l'injection de S-gaïazulène, à l’animal vagotomisé et atropinisé, détermine une hypotension contemporaine d'effets chronotrope et tonotrope négatifs, plus lents à s’accuser et moins marqués que chez l’animal entier. Ceci témoignerait de la participation directe du vague dans les processus cardio-modérateurs.
La compression des globes oculaires détermine le départ d’un influx dont la voie centripète est le trijumeau, nerf sensible, et dont la voie centrifuge emprunte les fibres des pneumogastriques. Les effets enregistrés sur le cœur et sur la circulation sont ceux oktenus après faradisation des vagues.
L'étude du réflexe oculo-cardiaque constitue un mode d’'investigation susceptible de renseigner quant à l'excitabilité des centres végétatifs cardio-modérateurs. La comparaison des réponses à la compression des globes oculaires avant et après administration d'une substance rend compte de l’action obtenue.
Nous avons vu aussi que le réflexe oculo-cardiaque est toujours plus ou moins diminué par les doses faibles, selon la réflectivité propre du sujet, après action du S-gaïazulène.
Le S-gaïazulène aurait donc une action dépressive sur le tonus et sur le rythme cardiaque. La comparaison de cet effet à celui observé sur l'animal vagotomisé et atropinisé, de même que les modifications du réflexe à la compression des globes oculaires témoignent d’une participation du vague aux processus cardio-modérateurs.
Action du S-gaïazulène sur le cœur isolé de grenouille.
Nous avons essayé de compléter cette étude en soumettant le cœur isolé de grenouille, maintenu en survie par le liquide de Ringer (*), à l’action du S-gaïazulène en milieu tweené, à 1 %o, répondant à la formule :
DS -EAIAZUIÈNE à ed en ds a Dent, 1 g.
AMC 2 DR PE RCE Le ESS pee Tiduidendes Ringer ni MA lA 1.000 cm‘
L'organe est préparé comme suit :
Une grenouille immobilisée par décérébration et destruction de la mcelle est épinglée sur le dos. Son cœur est mis à nu en découpant un plastron que l’on rejette. L’aorte droite est ligaturée. L’extrémité du cœur est saisie au moyen d’une petite pince cardiaque ou mieux, attachée au moyen d’un fil de soie.
Une canule en verre, simple tube effilé et modérément renflé en olive à un bout, est introduite dans l'aorte gauche précautionneusement incisée dans ce but.
Peur éviter tout ennui résultant de coagulations sangui-
(*) Liquide de Ringer :
Chlorure de sodium 6,5 g., chlorure de potassium 0,14 g., Chlorure de sodium 0,12 g., bicarbonate de sodium 0,20 g., Phosphate monosodique 0,20 g., Eau distillée 1000 cms.
pes, il est prudent de procéder immédiatement a un lavage du cœur par la solution de Ringer. L’organe est ensuite isolé et l'extrémité libre du fil appendu à sa pointe est fixée à un myographe qui inscrit ses contractions sur un cylindre enregistreur.
Nous avons dû tenir compte de la présence des tweens dans les émulsions et rechercher leurs effets propres.
Les solutions de tweens 20 cu 80 ont une action toxique sur le cœur de grenouille isolé dont elles suppriment les centractions en une à deux minutes après leur addition au milieu. Leurs effets se manifestent dès la coñcentration de 10°* en tween 20 ou 80 (graph. 18).
Nous devons signaler, cependant, l'effet retardateur du S-gaïazulène sur l’action nocive exercée par les deux corps précités.
En présence du S-gaïazulène, aux mêmes concentrations que les tweens dans le milieu de survie, l'apparition des troubles cardiaques ne se fait plus qu’au bout de 6 à 8 minutes (graph. 19).
Peut-être que l’hydrocarbure n'agit qu’en retardant la vitesse d'absorption des produits actifs. En effet, nous avons constaté par ailleurs que les membranes cellulaires n’autorisent qu’un passage très lent de cet hydrocarbure. Ceci est confirmé par le fait que les phénomènes toxiques ne se manifestent que lorsque l’organe bleuit. |
L'arrêt du ventricule précède celui de l'oreillette et se fait en systole très accusée alors que les tweens l’immobilisent en diastole.
B) Action vasculaire.
Le mécanisme de l’hypotension observée relève donc d'une action vagale plus ou moins transitoire et d’une action sur le myccarde. Le S-gaïazulène ne provoquerait-il pas une stase sanguine, non dans la rate qui perd toute tonicité, mais dans les territoires vasculaires périphériques et particulièrement dans les vaisseaux des membres (vasodilatation périphérique) ?
La recherche d’une action vasculaire périphérique peut se faire en appliquant l'élégante technique des trois manomè-
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