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ïîgnal de défiance que je me tub concïuîc ainfi , & que j'ai réfifté aux follicitation9 de mes amis , inquiets de voir en un feul lieu une fi grande partie de ma fortune.
C'eft cependant ce dépôt, ce dépôt façré fous tant d'afpe&s , qu'une Sc&ion de Pari»
propofoit il y a peu de teftips aux autres divifions de la Capitale , d'arrêter & de faitu, fi jene venois pas , dans trois mois, rendre compte des deniers dont j'ai eu la geftion. Quel aveuglement ! Se peut-il que les hommes foient fi faciles à tromper ! Certes c'eft «à moi que Ton doit des comptes 5 & des comptes bien difficiles à rendre ; mais les miens font tous à découvert* & depuis long-temps nul myftère , nulle obfcurité ne les environne j on l'apprendroit à grand bruit, s'ils offroient feulement le prétexte à une critique remarquable ; car rien , je le crois , n'a échappé aux recherches ; on peut s'en fisr aux -divers argus qui forment les Comités relatifs aux finances ; on peut s'en fier aux Commis efpions, dont on s'eû
afluré de bonne heure ; on peut sen fier
aux ennemis qu une longue févérité vous
ménage , & aux hommes auflî qui , (an?
paffion particulière % ne font pas moins difc pofés à brifer les vieilles idoles > ne fut-ce que pour en offrir les débris eir témoignage de leur nouveau culte. On doit fe fouvenir que dans le regiftre fec£et, connu fous le nom de Livre rouge , on. n'a rient trouvé qui pût fervir defujat de reprocher à mon adminiftration , pendant le cours de deux Miniûères. Mes détrà&eura eurent u« moment d'efpérance , enr me voyant oppofer de la réfiftance à l'ardente euriofité qu'on avoit de viHter ce regiftre, afin de faire éclat de chaque faute échappée au Gouvernement. On ne comprenoitpas, 6u Ton ne vouloit pas entendre que c'était au Miniftre, étranger à routes léser-* reurs paffées, à en retenir , s'H le pouvoir,' le trifte fecret ; que c'étok à lui, pour ainfî dire , à les couvrir de fon manteaa , di* moment que leur publicité ne pouvok procurer aucun avantage. Ce quii y avoit de généreux de ma part dans cette conduite, les uns n'ont pas daigné l'appercevoir r lcs autres m en ont feit un reproche. On diroiç
qu'il n'y a plus de place aujourd'hui dans les cœurs, fi ce n eft pour la haine & pour lavengcapce. Ah! le mien eft fermé & Iq fera* toujours à ces feqtimerrs que jç n'ai point çonnus , & que je ne veux point concoure, yéf rouve en ce moment danstouta (on étendue l oppr.eflîpn des injuftices eaccr* çées contre mpi; m%i$ çft les reffentant pari* blement, c'eft encore, je laffure t d'anema* nière douce & fatisauc.une efpècê d aigreur^ ! Quelquefois feulement aux piedsrde.cea montagnes , oiv ^ingratitude partlculièrQ des Repréfen tans des Çomnuinas ma re : ]én gué 5 & dans les momena où j'entends: les vents fqrieux s'ejïorçcr d'ébranler >mon afyle, & renverfer les arbres dont il eft enyirqnnd , il rnarrive alors peut-être de <Jire comme le Roi Léar : „ . • j : . « Blow winds , rage blow , I tax noc » you^ you éléments, of unkindncfè ; I » ça lied not you niy children , I never » gave you Kingdom (1) ».
t (l) Soufflez , vents impétueux , livrez - vous à votre foreur. j je rie vaus aoeufe point d'ingratitude, vous ne me devez point votre «Jytence , vous qe tenez pointée #Joi votre empire.
Il me fembloit, en commençant cetOuvrage, que je le remplirois de mes reproches , & que je les adrefferois à la Nation entière ; mais en me reflbuvenant des fervicei qu^je lui ai rendus , je me fuis rappelé de même les marques honorables de bienveillance que j'avois reçues d'elle en d'autrès temps, & comme le Prophète , aprèï ttre venu fur la montagne pour maudire, je ne, vouloisy r,efter due pour vènir.
Il faut néanmoins, pour l'inftruSion de ceux qui fe livrent fans défiance a la faveut publique, & qui vont avec elle à pleines Voiles, il faut que je leur montre comment, fur toutes les mers, on eft toujours près des écueils. On verra , je ne puis l'empêcher, combien a ét^ dure envers moi la
conduite de l'AfTemblée Nationale, ou plutôt celle d'un petit nombre d'hommes qui f s'emparant de fon efpfit, lui ont' infpiré toutes leurs palpons , & qui ont ainfi revêtu de leurs petites toges ce qu'il y a de plus majçftueux . dans la penfée , les Députés réunis! de la plus grande des Nation»*
Ce *
Ils étoient jaloux, envieux , vindicatifs, Se ils ont voulu que chacun le fût autour d'eux; ils étoient impérieux , & ils ont pofé leur premier joug fur l'Aflemblée nationale ellemême ; -nouveaux Popilius, ils ont fait un cercle autour de fes opinions & de fes penfées, & ils lui ont défendu d'en fortir. Alors TAfTemblée devenue captive , & le Milûftre encore fier & indépendant , ne fe font plus rencontrés fur leur route. L'un fe dégageoit de lui-même pour s'élever aux idées générales & aux fentimens publics , & pour ne reconnoître que l'empire de la raifon & de la juftice; l'autre s'inclinant quelquefois, fe laiffoit alfervir à la politique du jour, aux volontés de fes guides, & à leurs paffions particulières. ^
Je reviens de mon exil, & je profite du mouvement dafFeâion & de confiance dont je fuis un moment l'objet, pour élever les efprits à une grande généroficé nationale, & à une vue politique d'une çonféquence durable & d'un avantage* upiverfel. Ceux
gui m'entendent à rHôtel-de;ville t s'affo*
tient d'une commune voix au fentiment dont j'étbis animé , & cette impreffion fe communique de toutes parts ; mais les Chefs de TAflemblée Nationale ne voient dans ma démarche & dans fonheureufe réufïite, qu'un^fcendantdont ils font offenfés, & ils prennent la réfolution, non feulement de faire échouer mes efpérances, mais d'employer tous leurs moyens à me dépopularifer; & en effet, depuis cet inftant, rien ne fut négligé: l'armée auxiliaire des Journaliftes, des fabricateurs de libelles, desmotionnaires, & des crieurs publics, les correfpondans nommés poifr diriger l'opinion des Provinces \ les divers affiliés à ces nombreux fonâionnaires, & les agens fecrets éduqués par les uns , excités par les autres , tout fut mis en mouvement; & les calom- : nies, les fauffes infinuations, les reproches les plus abfurdcs furent les premières arme?
rcmifesà ceux qui dévoient me circonvenir & me perdre. C'étoit pour la plus p^fite monnoie, c'étoit pour rien que chaque matin, chaque foir, on débitoit à haute * voix & fans aucun obftacle • les plus affreux
écrits contre moi ; & afin d'entretenir la curiofité du peuple , on relevoit ces écrits du titre le plus audacieux & le plus piquant. Si le non-paiement d'une partie des impôts, fi l'acquittement de l'autre en papieijg , m'obligeoient à chercher par-tout du numéraire y & à en raflembler avec peine au Tréfor public la quantité indifpenfable, fort pour payer les farines & les beftiaux néce£faites à la fubfiftance de Paris, foie pour falarier la multitude des ouvriers employés
""à des travaux de charité, foit pour d'autres dépenfes également importantes à Tordre public, & qui dévoient être faitesen efpèces réelles, tous ces foins de ma part étoient ailnoncés comme un deffein perfide de «réunir l'argent du Royaume au tréfor royal , afin d'exciter enfuite on ne fait quelle révolution. Ce même numéraire étoit-il expédié de Paris par les Tréforiers de la Guerre & de la Marine, pour fervîr de fonds à la folde dégroupes & aux travaux du port de Breft , j'étois aceufé de vouloir faire fortir l'argent du Royaume, Si javois le courage & 1 honnêteté de défendre les droits des créanfcieÀ
8e M. le Comte d'Artois , ou d'expliquer dumoins lesanciensengagemens contradés avec eux, j'avois des liaifons fufpedes avec ce Prince. Si je recorpmandois la juftice & la douceur envers les citoyens opprimés, je ti'étois occupé que de leurs intérêts, & je ^artageois toUtê^ léurs opinions. Si je parfois âuhôm du Roi d'une maniéré fage mais élevée, je cheVchôis à fétablif fé defpotiP tnfc.Ét dans un autre genre, fi je ne pou voit remettre à jbur nbmmé tous les comptes qui hi'étoient demandés, jecheVchôîs àdi£ fimulèr des déprédations. Enfin les achat* de blé & de farines dans les pays étrangers, Ces approvifionnemens dus à mavigilance, & qui nous ont fauyés de la famine , on'les dénonçoit, tantôt comme la caufe de la Cherté , & tantôt comme un accaparement ou un monopoleé Les plus importans fervicès devenoient des attentats fous le pin- Cèau facrilègedes hommes que le peuple écoutoit, que le peuple croyoit, & que les perfonnes en autorité laiflbient écrire foirSc jhatin, & parler en public à tous lès momens du jour, ïïto*4fk arrivé 1 commué bien 4W
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très , d'apercevdir au coin d'une ri^e urç groupe d'hommes de peine, qui , en écoutant attentivement , en prêtant une attention favorable à l'orateur chargé de lire un libelle où j'étois indignement déchiré, fe repaitfoienten même temps d'un pain blanc qu'ils tenoient dans leurs mains, d'un pain le plus fouvent affuré par mes foins & le prix de mes veilles. Quelles trames cependant que celles dont le dernier terme eft de rendre le peuple ingrat ! C eft femer à deflein l'ivraie dans un terrein qui, de luimême, eût porté des fruits falutaires ; ç'eft
utter ouvertement contre les grandes vues de^la morale; c eft faire un mal enfin dont la mefure eft incertaine : car on ne fait à quel point toutes le6 obligations, toutes les vertus fe tiennent, & comment , pour ainfî dire , elles fe gardent réciproquement; en forte qu'un premier afFranchiffement entraîne quelquefois un relâchement géoéraù
Je propofe,au mois d'août de i 7 8.9, un Emprunt nécelfaire, & je fais fentir çomfcienil eft imgor tant gue l'empreffement des
prêteurs fignlte le premier ufege du crédit national ; j'indique en même temps l'intérêt de cinq pour cent, comme une portion convenable fous différens rapports; l'afTemblée dédaigne mon opinion & l'autorité de mon expérience; on trouve quelque chofe de piquant à me déjouer , ou à me découvrir en faute, dans une matière où l'on peut me fuppofer le plus de connoiffance , & Ton fixe l'intérêt à quatre & demi. L'événement ne juftifie pas cette détermination; l'Emprunt échoue , les difficultés de l'AcE»
miniftration des finances fe trouvent augmentées , & l'on montre à toute l'Europe ce qu'il falloit^ui cacher , les limites du 0 crédit national , & la défunion naiflante entre l'Affemblée & le Miniftre.
Je fais hommage à l'Aflemblée d'une contribution patriotique; je l'annohce , ainfi qu'elle l'étoit, fupérieure aux proportions établies ; l'on n y prend pas garde , & l'on fait réfonnçr le plus petit don de la part du premier venu ; peu importe : mais j'excite anciens compatriotes XSà montrer li-
par enquêtes & par recherches ; niais quanrî je le greffe de s'affocier aux juftes inquié-» tudes de l'Adminiftration y il refufe abfolument d'y prendre part; il veut bien, quand il lui plaît, propofer à mon infu des difpofitions générales, & qui fouvent augmentent l'embarras du moment ; mais il fe retire prudemment de toutes les difficulté! relies. *
Le Roi, déterminé par les motifs que je ltri préfente, prefle l'Affemblée de confentir à la formation d J un Bureau de direûibn du Tréfor national , dont S. M. choifiroit les membres parmi les Repréfentans de la nation : rien n'eût été plus conforme au bien public ; rien n'eût entretenu plus d'union entre le Corps légiflatif & l'adminiftration; mais on ne veut pdlnt non plus de ce genre • de refponfabilité, tant que les difficulté»
fubfiftent& que les hafards portent fur moi; mais dès que je n'y fuis plus , & dès que la création d'une quantité confidérable d'aflignats de toutes fommes , affure pour longtemps le fervicedu tréfor public, & ftduit fa dire&ion à une fimple ^jiftribution de
près. Elle croit avoir acquis le droit d'étendre fes commandemens jusqu'aux opinions gies races futures ; nouveau Saint Bernard , elle croit» pouvoir partager le domaine de l'avenir ; elle croit enfin que fbus les tems vont être soumis à son unique empire ; 8c moi , par cet écrit d'un fimple citoyen i j'élèverai un poteau qui ne croulera point, Se auquel elle demeurera attachée jusques à la fin des fiècles , avec cet écriteau : Pour crime d'ingratitude.
Je continue ma route , et dans plusieurs villes je reçois les marques d'affection les plus touchantes ; preuve certaine que les égaremens du peuple dépendent d'un mouvement étranger à ses propres sentimens ; & ce mouvement diffère félon le crédit & le caractère de ceux , qui , du sein de l'Assemblée ou des Clubs de la Capitale, ont entrepris de commander partout aux opinions , & sont encouragés à maintenir de # tous leurs efforts , cette importante supré* matie.
Une réflexion cependant se présente à mon esprit. La plus terrible puiffance eft
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celle qui donne le moyen de remuer le peuple ? en fe tenant soi-même dans l'ombre ; il n'en exifte aucune , effrayante at| même degré , dans les Etats fournis à l'autorité la plus tyrannique ; car le Vifir , le Sultan , connoissent au moins la mesure de leurs vengeances , & ils apperçoivent aufii des dangers -pour leurs perfonnes , dans la répétition fréquente de leurs injustes rigueurs : mais ceux qui peuvent' éveiller la fureur du peuple par de {impies insinuations, ignorent abfolument l'excès auquel cette fureur pourra fe portfer , et fa progreffion fert encore à les abfoudre , devant tout autre tribunal que oelui de leur confeience ; car enfe bornant à tenir des difeoursqui échauffent les efprits , le crefeendo semble n'être pas leur crime ; et comme ils fe cachent ou fe retirent lorfque le premier mouvement est donné , ils jouiffent , sans aucun péril, 'du fpectacle de leur ouvrage. Je ne conçois donc point d'influence dont l'application foit en même-tems plus lâche et plus redoutable ; je ne connois point d'hommes plus dangereux que ceux dont la méchan-
ceté fç développe d'une telle manière ; il vaudroit mieux pour nous que le ciel leur prêtât fon tonnerre ; placés au milieu des nuages , ils échapperoient de même à nos regards ; mais de leurs mains mal-adroites , ce ne feroit pas toujours l'homme vertueux , l'homme innocent qu'ils pourroient atteindre.
# I1 y a peut-être aujourd'hui dans le Royaume dix mille perf onnes qui , fans, fe compromettre , & peut-être fans être apperçues , auroient le moyen d'exciter le peuple contre- un honnête homme. Il fuffiroit que celui-ci , par sa conduite ou fa pofition , donnât le moindre prétexte aux infinuations du genre de celles dont l'influence eft maintenant éprouvée. Cependant , près d'une autorité pareille ^ qu'eftce que le Conseil des Dix à Venise , clont on parle avec tant d'effroi ?
. . Les événemens de Vesoul , ceux d'Arcyrfur-Aube , les dangers que j'ai courus , ceux qu'on peut m'avoir encore préparés dans d'autres lieuî:; ces cqnfidérations .m'obligent
cependant à renoncer aux eaux d'e «Plombières , et à chercher promptement une terre étrangère , lamêmk que j'avois quittée quatorze mois auparavant pour venir fervir de nouveau la France et les François.
Inconflance des événemens ! viciflitudes de la vie ! je ferois bien malheureux , si j'avois été meilleur dans le tems où *on me portoit en triomphe , que dans les jours où Ton m'a traité fi criffellement : mais félon le témoignage de ma conscience intime , c'eft de la dernière année de mon admijiiftration publique que je puis conferver le fouvenir le plus honorable.
Il restoit encore un mal à me faire , c'était de calomnier les motifs de mon éloi-
gnement ; et par une fingularité dont il n'y a poinf d'exemple , on s'est permis de blâmer ma réfolution dans cette même Affemblée Nationale où un parfait filence a régné lorsque je l'ai informée de ma prochaine retraite; dans cette AfTemblée, qui peut-être d'un mot d'affection auroit pu me retenir. Ils le favoient bien,* ils le crai-
uigitiz
gnoient du moins , ceux qui ont'dirigé ce filence; mais dans leur marche politique , il y avoit une combinaifon de choix à décider ma retraite par toutes fortes de dégoûts , et à faisir enfuite comme uq nouveau .moyen d'attaqne , la détermination même dont on m'avoit fait une néceflité. // ne devoit pas abandonner le Roi Ah ! qu'on a fu trouver , en tenant ce langage , le point fensible de. mon cœur ; qu'on a fu deviner où Ton pouvoit tourner le poignard avec plus de cruauté ! Mais j'invite le parti qui s'est chargé de ce genre de reproche , à considérer avec plus de réflexion , fi fans aucune des obligations qu'il a contractées, celle des bienfaits Se de la reconnoiffance , je n'ai pas montré le dévouement le plus entier à la perfonne du Roi , et un dévouement qui peut foutenir toutes les.comparaifons. C'est après une première retraite forcée, c'est après deux exils que j'ai fait au Roi , de nouveau , l'hommage de mon zèle,& fuis venu me placer au milieu des orages* dont le Trôjie étoit environné. Je ferois encore près de Sa Majesté , fi l'on
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m'avoit Iaiffé le moyen de la fervir ; mais depuis quelque tems abandonné de l'Affcmblée Nationale , j'avois fait connoître au Roi plufieurs fois que je ne pouvois plus lui être utile, et que fon intérêt même exigeoit mon éloignemçnt. Je n etois plus en.
eftet qu'un point de mire , dont TAffemblée fe fervoit encore pour le pré Tenter aux traits des mécontens , dans les momens où le recouvrement des impôts épjrouvoit des retardemens , dans les momens où la rareté du numéraire occafionnoit des embarras , où le prix du pain ne diminuoit pas affez promptement , et lorfque d'autres événemens défagréables , effets delà néceffitéou des difpofitions même de l'Affemblée, excitoient de la part du peuple^ , des plaintes • & des réclamations. Il convenoit donc au Roi que perfonne autour de lui ne reftàt par habitude le garant , dans l'opinion des chofes fur lefquelles un pouvoir étranger au fien avoit feul influence ; il lui convenoit q ue cette garantie illufoire ne fervîtpas uniquement à interrompre , en quelque manière, la comptabilité dci'Aflemblée envers
la Nation, et des gouvern ans envers les gouvernés. Sans doute aue ces motifs et peutêtre d'autres encore, Turent apperçus de fa Majefté , puifque s'étant montrée conftamment bonne envers moi, depuis le moment où je revins de Suiffe pour me rendre à fes ordres , Elle ne me marqua point cependant le défir que je reftaffe plus longtems auprès d'Elle.
Enfin , je dois le dire :l'impoflibilité où fe trotjvoit le Gouvernement d'arrêter les défordres dans leur fource , et les fcènes fanglantes de Nancy , m'avoient offert le préfage des divers actes de rigueur auxquels une fuite d'événemens obligeroit à recourir J & je doutois fi un Ministre pouvoit avec convenance & même avec probité , s'y aflbcier par fes confeils , lorfque félon fon opinion, toutes auroiént pu être écartées, en fe rapprochant davantage des principes de la jufiice & des règles de la modération ; en donnant au Pouvoir exécutif une plus grande autorité , & en établiffant fur de meilleures proportions lechelle graduée de* diverfes fubordinations. J'ai le fenti-
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. ( 44° ) ment, que même en des temps ordinaires,
mon ame ne pourrokfe faire à des févéritès qui deviendroient fréquemment néceffaires; mais la plus dure des deflinées , c'est de participer à l'exécution des vengeances, lorfqu'elles font ordonnées pour le foutien d'opinions impératives , à la difcuflioh desquelles on n'est point appelé (i), et dont la fanction eft implicite par la fituation où fe trouvent le Roi et son Confeil.
Je m'étois encore apperçudela diminution de mon crédit dans le Confeil , & cette diminution étoit naturelle ; j'avois perdu ma force en perdant de ma popularité , 5c les
(i) Ces principes ne font pas nouveaux en moi ; car }Yt quitté mon premier Miniftère , parce qu'en m'impofant l'obligation de fournir des refTourc.es pour la guerre en me refufa la féance aux délibérations politiques j, & de plus., l'autorité que je demandais peur veiller efficacement fur les dépenfes. des deux Département de la Guerre & de la Marine. Je defirois d'affilier au Confeil , afrn de pouvoir féconder le retour de la paix , après avoir fait tant d'efforts inutiles pour empêcher la guerre ; mais dans ce temps-là , comm* aujourd'hui, les rivalités 8c les jaloufies avoient fou vent plus
4 énergie que l'amour du bien public,
Miniftres par la refponfabilité qu'on leur avoit impofée & dont l'Aflemblée leur rappeloit à .chaque inftant h févérité, avoient acquis le droit de fe gouverner, chacun dans leur Département félon leur propre jugement ; maisffii eux ni le Miniftre des finances ne pouvoient plus être que des machines mouvantes fous la main de FAffemblée Nationale ou de ses Comités , & je dois avouer que je n'ai rien en moi de propre à cet état. Je ne fais trop non plus fi je fuis apte à fervir tant de maîtres. L'Affemblé^Nationaledansun certain éloignement, préfente une forte d'abftraction qui rappelle aux idées de grandeur & de majefté ; mais de près, cette multitude de Commandans que l'on voit circuler devant foi , et dont l'éducation , les mœurs & le caractère ne font pas toujours en harmonie avec la part de chacun a l'orgueil légiflatif, ce fpectacle fait fouvent de l'obéifTance un devoir pénible. Enfin , je ne fais trop pourquoi le contraire habituel entre la rudeffe impérieufe de l'Affemblée Nationale , & la pompe fervile des Miniftres du Roi , rend ces der-
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nières places infupportables à certains caractères. On a bien vu des Princes & des Généraux , attachés autrefois au char triomphant des citoyens Romains ; mais ces citoyens étoient des guerriers quiavoient rempli l'Univers du bruit de leuiffexploits, ces citoyens étoient les Marcellus , les Scipions, les Emiles. On n'étoit donc qu'impaifaitenient préparé par cet exemple , à voir aujourd'hui l'Affemblée , avec une renommée encore en efpérance , & au nom d'un pouvoir acquis & gardé fans péril , imposer altiérement un joug rigoureux , & parler fans-ceffe aux Miniftres de punition , de refpohfabilité perfonelle , de garantie fur leur tête , ou d'autres corrections de ce genre. Auffi l'on ne peut comprendre comment il fe trouve des hommes affez faciles pour s'accommoder de ces manières, ou d'affez bonne humeur pour se prêter fans répugnance à toutes ces familiarités politiques (i)
(i) Lorsque ce paragraphe a été écrit, les difeourg habituels de l'Affemblée fui les Ministres du Roi , me
Il y a long-temps que féprouvois la gueur d'une pareille position , [& mon courage se soutenoit parce que je pouvois de
fembloient parvenus au dernier terme de difconvenance 5 cependant , je vois en ce moment, dans les papiers pAblics,le projet de Code pénal lu à l'Aflemblée du 7 de , ce mois , au nom du Comité de Constitution.. Il a bien dû s'amufer ce Comité, en attachant en imagination les Miniftres tantôt à la rame gt rantot.au carcan , en leur qualité de Fonctionnaires publics. Je lui fais mon compliment fur ces belles & nobles idées,*elles s'accordent à merveille avec une autre disposition nationale du même jour e celle qui admet l'offrande prcfentée à i'Affemblée par tous les Exécuteurs des hautes-œuvres ; on leur prépare , en effet , un boa temps, et ils peuvent bien fe réfottdre à quelque facrifice.
C'eft la raison,dira-t-on,c'eft la raison première,celle que nous avons retrouvée, qui, mettant tous les hommes au niveau devant nos yeux . nous engage à recevoir , en pleine AlTemblée Nationale , l'hommage des Exécuteurs de la juiVice , comme celui de tous les autres citoyens , & àtraiter avec la même ignominie les Miniftres du monarque Ôc les plus vils criminels. Voilà fans doute où peu* vent conduire toutes ces abstractions qui ferventde rudU ment aux Légiflateurs de la France. On les prend pour des découvertes nouvelles , & ce font uniquement def principes élémentaires qu'on a dépouillés de toutes leurs idées acceiToires ; & ces idées , que Ton met à l'écart , étoient le réfultat des lumières de l'expérience , du fentiment, des convenances, et des apperçuf du génie.
temps à autre , faire entendre à l'Assemblée Nationale quelques obfervations raisonnables ; n^ais ces observations lui devinrent
Ceft ainsi qu'après avoir arraché les plumes du paon , on pourroit le préfenter à la foire comme un animal inconnu.
L'on a fu de tout temps que les Exécuteurs des hautes-œuvres étoient membres de la Société 5 mais l'esprit a confeillé de le* tenirj^ns l'avilissement 3 afin que cet aviliflement accrût la partie morale des fupplices, & diminuât l'affreuse nécefïïté des peines phyfiques.
On a fu de tout temps que les Miniftres étoient de firaples citoyens; mais l'esprit a confeillé d'accroître leur confidératton de toutes les manières, afin que cette partie morale du pouvoir d'adminiftration , rendît plus rare la nécessité de recourir aux voies de contrainte et aux moyens de rigueur.
• Ceft en arrêtant fon attention sur fes idées ufeeptibles d'une infinité â'extenfions , qu« l'on auroit vu Tin- ' suffifance des abstractions pour le gouvernement d'un Empire. Cesprétendues vérités originelles sont les quartiers de roche que l'on extrait des carrières, jamais uri architecte ne s'en eft fervi pour un édifice > avant d'y avoir appliqué i'équerre & le ciseau,
Ceft encore une vue bien courte, confacrée , à la vérité, dans la Déclaration des droits , que de confondre l'égalité des peines avec l'égalité des punitions. Ce sont deux idées absolument diftinéles. Infligez le carcan , j'ai honte d'employer une fi basse expreflion, infligez cette 'peine à un ho»me qui, par soh état > ses mœurs et
odieufes , & le temps étoit arrivé . où il n'étoit plus poflible de communiquer avec elle que par des louanges, & par une déférence abfolue. Je n etois guère plus en haimonie avec les idées extrêmes que je
voyois par- tout répandues, & avec les fyfi . ternes exagérés dont on ayoit ménagé le triomphe. On le favoit , & Ton vouloit à tout prix que je m'en allafle. Je devois le faire ; je ne convenois plus à ma place , & dans un moment de fiereté , je dirois peutêtre qu'elle n'étoit plus digne de moi. J'avois comme Yurvécu aux principes & aux fenti-
fes habitudes , eft devenu prefque indifférent i l'opinion il trouvera peut-être la punition fupportable ; mais fi vous foumettez aumême genre d'aviliflement un homme qui par fon éducation & fa pofition dans le monde , f eft pénétré toute fa vie des idées d'honneur & de confidération, vous le puniffez bien différemment, puifqu'il préféreroit mille morts à cette infamie.
Ce que Ton voft chaque jougdavantage , c'eft le mépris jetté , de plus-en-plus , fur les Àgens du Pouvoir Exécutif. Et Ton veut, dit-on , que ce Pouvoir exifte î Et l'on veut qu'il refte quelque chofe de la majefté royale!
Je ne fais en vérité jufques où l'on fe propofe d'aller # & je ne le demande niàTAflemblée Nationale , nia la France ; car Tune 6c l'autre ne font pas encore du fecrer.
mens qui furent long- temps en honneur, & une retraite fans tache étoit le dernier terme qu je devois afpirer.
Ah! je le fens bien, je ne fuis plus de ce monde ;la modération eft proferite de toutes parts, &l'on ne peut plus fe montrer que fous un drapeau. On veut trouver par-tout . . une cocarde ou un panache , tout le relie paroît fugitif, & ces marques diftinftives de parti, on veut encore qu'elles foient portées par le.Miniftre du Roi. Les uns lui demandent de s'occuper uniquement de l'autorité royale ; les autres , de fe fêrvir de la confiance qui lui efl accordée par le Monarque, pour dépouiller le Trône de fes dernières pompes. Et les amis de la raifon font fi froids, font fi calmes, qu'ils n'ofent marquer une route au milieu des exagérations de tout "genre. Déjà même on ne fe cdnnoît plus à la marche de la fageffe & de la vertu ; cette marche , qui décrit toujours un cercle autour d'un point fixe, doit paroître vacillante aux hommes de parti , parce qu'ils ne font pas toujours placés au même degré fur le méridien de leurs paflions j <
mais tandis que ces pallions ont effuyé plufieurs fois des révolutions, & en éprouveront encore, l'homme gouverné par un principe de morale ,. fe trouve aujourd'hui tel qu'il fut en d'autres temps, & tel que l'avenir • le verra. C'efl: donc parce que je fi'avois point changé, qu'on ma préféré les derniers venus 8c qu'on les a trouvés les feuls véritables amis de la Liberté. Cependant je ^ouis le demander : lorfque feul , pour ainfi âte dire, à la Cour, fans # appui, fans compa- *^ignon , fans modèle , &c au milieu de la guerre , en ces temps malheureux où les Républicains eux-mêmes élèvent pour un temps un pouvoir arbitraire ; lorfque feul , en de pareilles circonftances , j*ài profeffé le premier les fentimens généreux d'une Liberté raifonnable; lorfque je faifois en- --tendre un langage inconnu jufqu'alors ; lorfque feul, je réfiftois aux Grands; lorfque feul encore, je prenois en rtiain la caufe di* •Peuple; je puis le demander, que faifoient alors la plupart de ceux qui, dans ce moment, proclament à fi haute voix leurs vertus civiques ? Il faut le dire : je les ai vus
courbés fous les pas des Minières ou des premiers Commis en faveur ; je les ai vus s'humilier volontairement devant le Pouvoir , & s'occuper avec une moëlleufë adreffe du foin de lui plaire & de la flatter je les. ai vus fervir & féconder battement tous les genres de defpotifme ; je les ai vus enfin fe glorifiant de leurs livrées, donner dédaigne?! fement le nom d'efprit exalté à celui qu'ils trouvent aujourd'hui trop en arrière de leurs partons ou de leurs fenr ' mens compofés.
Cependant, d'autres temps font venus ; & -alors les uns , fans le dire , ont vu dans le renverfementabfolu du Gouvernement, une carrière nouvelle ouverte à leur intérêt , à leur gloire & à leur ambition ; & d'autres , fans aucun motif particulier , mais occupés pour la première fois des idées de Liberté:-, ont reflenti toute la flamme qu'infpire un nouveau culte; & d'abord excités .par les applaudiffemens , enfuite par les circonftances, ils fe font'difputè l'honneur des extrêmes ; & de degrés en degrés , arrivés au fommet des opinions &des principes les
plus
Voici # le discours que tient de tnoî le î?euple dans une grande partie du royaume:
Nous [aimions ; nous aurions dmné notre vie pour lui ; mais nous somme? changés depuis quon nous a dit qu'il avoit emporté le bien de la nation. Comment pouvez - vous la croire , lui répond-on ? Oh! c est sur , nous, Pavons vu imprimé. Voila par -tout l'effet des libelles dont la circulation a été tolérée^ et encouragée ; voila ce qu'on parvient à faire croire sur l'homme qui à servi l'Etat avec une pureté et une générosité dont il n'yajamais eu d'exemple. Mais le Peuple reviendra de lui-même, ajoute-t-on : oui ^ * f quand je ne serai plus^et quand les méchans d'aujourd'hui auront épuisé leur venin.
, C'est au mois de Juillet 1 790 , que \q remis à l'Assemblée Nationale un Compte immense , celui de toutes les recettes et dç • toutes les dépenses , depuis le premier Mai 1789, jusqu'au premier de Mai 1790: ainsi par un effort de célérité sans çgal, au milieu du courant des affaires , on a employé que trois mois à un pareil ouvrage. Cependant, • qui n'a pas entendu parler des plaintes d©
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rassemblée sur le retard de ce compte ? et dès qu'on la reçu , on y fait si peu d'attention quepfusieurs députés le demandent encore aujourd'hui et person ne n'est surpris que l'on n'en ait pas fait le rapport. On l'examine , dit-on ; mais si à soixante Députés dont le comité des finances est composé , Jiuit mois n'ont pas encore suffi pour la vé, rification d'un compte,comment se fâchoit on , lorsqu'une seule personne en prenoit trois pour sa confection ? Tout réussit, tout succède aux heureux , ou , pour parler avec franchise , la raison du plus fort est toujours la meilleure.
Que dirai-je encore ? Des millions et des milliards oht été sous ma direction et ma sauve-garde pendant le cours de sept anhées sans que jamaisonaitpu élever contre ma gestion économique , aucun reproche réel ; et cependant , à l'époque de la première créatiqn des assignats , il entre toutà-coup dans l'esprit de l'assemblée de ne faire remettre ces billets au trésor public fe[ue par gradation j c'est tantôt par mois *
tantôt par quinze jours , tantôt pat sëîiiâînè 1 < qu'elle en mesure la distribution ; et cette circonspection s'adresse à celui que dans toute l'Europe on eût peut-être voulu pouf caution de l'Assemblée Nationale ellei tnêrne*
Cependant , toujours suivie dafts sa m&* fciére, l'Assemblée, à chaque demande dé Ces Assignats , sétonne , se fâche , jette par fois les hauts cris j et les hommes de boit éens , dans Son Comité des finances , n'ar^»
rivent pas aisément à lui faire comprendre que les besoins de l'Etat une fo,is connus et constatés* il faut bien les pa^er avec la *inonnoie qu'on s est faite. Mais une circonë* tancifloujours remarquable, c'gst qu'après tnoi , les besoins grossissent > et cependant tout devient facile ; on dit pour colorer c0 changement qu'enfin on reçoit des compte* a8on goût ; mais la même personne qui les faisoit sous moi , les fait encore, et sa mé* thode étant fort bonne, il ne l'a point chan* gée. Les orateurs à l'Assemblée nationale a ont peut-être jamais lu ces comptes , ila
n'en ont pas le tems ; ainsi cest de sentiment qu'ils en jugent. >
On croiroit que l'Assemblée , toujours soutenue à mon égard dans son esprit de critique, profitera d'une occasion de faire sortir avec éloge quelque partie de ma conduite , un trait du moins de mon administration ; mais jamais la plus petite louange ne lui échappe , et dans ses ijnmenses recettes en ce genre , et qui lui fon,t toutes plaisir, elle se garde bien de rien céder au Ministre , et de le rendre heureux un moment. Ce n'est pas assez de cette parcimonie ; l'on fait à chaque instant au milieu d'elle , le récit des abus du tems passé , et « l'on s'abandonne contre ces abus an$*plus ardentes déclamations : la justice demanderoit qu'on fit la part à chacun , et qu'une distinction honorable fût accordée à ceux qui Font méritée ; mais on l'évite soigneusement, ef Ion se permet > qui plus est , d'éta. blir cette conduite en principes : ce Le coa mité, cest celui dispensions qui s exprime «ainsi, le comité poursuit donc cette
t ce recherche , celle des dilapidations , avec «ardeur, et il la poursuit dans tous les ce actes , registres et états qu'il peut déboute vrir, sans s'inquiéter des diverses admic< nistrations , parce que c'est la chose qu'il « poursuit, et non les personnj. Si jamais a on intenta une action de responsabilité ce contre quelqu'un des Ministres qui ont
ce géré depuis 1774 1 ce sera a l° rs H lie l es ce Ministres pourront se quereller les uns edes autres, comme bon leur semblera,* pour ce se rejeter les fautes de l'un à lautre. Le ce Comité des Pensions n'a aucune part à ce prendre à ces débat* ce. Quel principe en Leo;slation!Ainsi,rors([uils'agitdeLensure ou de reproche x au lieu d'en faire une juste répartition, on croit pl is convenable de prendre les années en inass<^|ki!hi que les
Administrateurs , bons ou mauvais arent leur part du coup de griffe , sauf à eux k 8'enteudre ensemble sur la légitimité des égratignures. C est à eux , dit le Comité des Pensions , cest à eux à se quereller les uns les autres , comme bon leur semblera. Quel trait; de hauteur! sou ridicule seul en aduoeit.
J'nripression, Mais c'est ainsi qu'avec diverses nuances , les Comités et les Orateurs de Assemblée se sont trop , souvent expliqués à l'égard des Ministres. La pol iesse aussi , probablement , leur paroissoit aris»
tocratique,.
Ils donnent le nom cC insolences ministé*.
rielles , à des observations sages et modé» rées que je leur adresse , à des observations cependant presque toujours accompagnées d'homages , rendus avec respect et .aux travaux et aux lumières de l'Assemblée j mais il est vrai que j'ai toujours s>tntx forte^ ment la dignité qui appartient à un homme vertueux ; car il est uni par ses sentimensà' quelque chose de plus grand encore que (| l'autorité,
Jamais aussi je n'ai perdu de vue la majesté decel ui qui parle au nom du Chef de J'fimpire , et j'ai toujours eu présent à Tes» prit , le rang que devoit tenir le Moftarque dans les affaires de l'Etat s ces divers senti* jpens dont j'éto's pénétré , ont sans doute,
élevé le tonde mes discours au-dessus du
langage que l'Assemblée Nationale étoit accoutumée à entendre.
Il y avoit une politique suivie dans la marche de cette Assemblée : elle voufoit que tout fut à elle, que tout existât par elle; ainsi les Ministres , avec un peu de réputation en propre, ne pouvoient lui convenir , et j'ai bien lieu de croire que sans le mouvement soutenu de Paris et du Royaume, et sans l'éloquence ardente de M. de Lally , on m'eut doucement oublié lors de mon exil du 1 1 Juillet.
Cet esprit n'étoit point encore formé lors de l'arrivée des Députés à Paris ; mais la peur individuelle de chacun deux de nuire à leur influence en s'approchant des Ministres , se manifesta de très- bonne heure j et des considérations particulières contrarièrent ainsi le mouvement naturel qui devoit porter les Rtprésentaus de la Nation il s'unir de toutes les manières au plus ancien ami du peuple , et au premier défenseur de la liberté.
Enfin , je m'apperçois trop sensiblemenjt que les Chefs de l'Assemblée National**
que ceuxdu Club dominateur de Paris sont impatiens dénie voir éloigné des affaires ; et pour décider ma retraite , chaque jour on invente quelque mensonges , où Ton dresse quelque machination. Deux foison forme le projetclem'attaquerdansma maison : je ne m'étonne point des complots des Jnéchans ; mais nue ces complots soient connus , et que l'Assemblée Nationale n'en prenne aucun souci , qu'elle tolère ouvertement des écrivains incendiaires , et les maintienne ainsi dans l'habitude d'égarer à leur gré l'esprit du peuple et de l'exciter aux plus grands excès , on ne peut alors se permettre aucune réflectioù , et c'est par le silence qu'on doit exprimer sa pensée. * t
Ce fut à trois reprises , et de distance en distance, que je prévins l'Assemblée Nationale de mon éloignemeiffc prochain du Ministère; l'état de ma santé, le seul motif que j'alléguai , ne me valut de sa part aucun témoignage d'intérêt; et lorsque le lendemain d'une insurrection , qui m'obligea de sortir <ïe ma maison et fut la dernière goutte dn
calîèe amer dont on m'abreuvoit. depuis si long-tems , je parlai d une manière précise de mon prochain dopait pour les eaux; lorsque je fis connoître , en même tems , que je nie retirois ensuite dans ma terre , le plus parfait silence régna dans l'Assemblée , et Ion s'occupa de Tordre du jour.
Ainsi le dédain le (Mus marqué , Tindiférence lapins absolue, sont Tunique réponce que reçoit des Représentons de la Nation celui qui , pendant cette année , avoit fait [ à TEtat tous les sacrifices qu'on peut attendre d'un homme. J'eusse pu demander davantage à la simple-pitié; car un pareil traitement, après tanrde services, un traitement que j'attendois si peu , a pesé sur pion cœur pour y rester toujours ; il fera tachç d£is l'histoire ou pour T Assemblée ou pour moi; et dans Tune ou l'autre chance , je ne vois que du malheur. • . .
' Je ne pouvois plus différerde m'éloigner après ce dernier trait , envers moi , de la conduite la plusinouie; je reste cependant encore huit jours à Paris au milieu de toute* les horreurs de la haiçe et de la calomnie ,
èt an milieu d'un acharnement excité pat • des mains infernales. Je ne sais si feus un moment la foiblesse d'attendre, de quelque part , un sentiment de justice ou de bonté ; je pafrs enfin ; et seul dans mes longs souve^ nirs, je connois mes. combats et mes profondes peines ; je pars , et déjà m ont précédé ces lettres redoutaBles , ces correspondances funestes qui dnseignent aux provinces la haine, Tin justice et la persécution . Aussi rapides en leurs effets que la baguette de Médée , elles appaiserit et raniment k léur gré Tes furies. Je ne tarde pas à faire l'épreuve de cette mfdigne influence ; je nié «repose quelques momens , et sans défiance, dhns la maison de porte de la petite ville d'Arçis- sur-Aube, à 40 lieues de Paris, et fcientût je vois paroîtrê la foule du peuple et plusieurs gens armés qui entrent dans ma chambre : on commence par me demander mes passe-ports ; j'en avois trois et un billet particulier du roi ; je les montre ; la municipalité , le directoire du district les trouvent en règle; mais des hommes ardens excitent |a garde nationale à penser différemment t
et le triomphe demeure aux plus emporté*^ On nous conduit , Mme. Necker et moi , au pilieu d 1 une haie de fusiliers, à une auberge qu'on nous assigne , et où Ton veut d'abord npus séparer de nos gens ; mais on se contente ensuite de donper la consigne à la porte de l'auberge , et de nous interdire toute communication avec personne ; oa . • multiplie autour de nous ) es postes de senti» nelles , et pour observer toutes lès règles de la prudence ., on place au-dessous de nous un corps-de-garde. Je veux écrire k l'assemblée nationale , on y consent ; mais à condition qu aucjip homme à moi ne porte la letttre;l'on en charge deux citoyens d'Arcis, , qui , à leur arrivée, se concertent avec les personne de l'Assemblée dont les sentimens me sont le plus contraires : on prend jour et heure pour la remise de ma lettre à Rassemblée nationale , et après un débat où des intentions perfides, mais impuissantes, 3e manifestent ; on consent à me faire jouir au moin$ des droits de l'homme , ça défendant qu'on mette obstacle k la continua tion de ma route ; mais on s'abstient
* Soigneusement d'ihiprouver la conduite de ia Garde nationale-d'Arcis. On a peur cependant que le Président , homme de bien , if ado {te dans sa réponse un style qui ressemble à celui de la reconnoissance ; et comme un ou deux députés , dans ira moment de hardiesse , ont prononcé le mot de remereiment de mes services , on exige du président qu'il communique sa lettre avant de la faire partir , et il est obligé , peut-être contreson sentiment particulier, de se tenir dans les termes de rigueur qui lui sont imposés.
Une telle conduite de la part de rassemblée passe à mes yeux toute imagination :
c'est à moi que les Représentaris de l'état craignent d'adresser un mot d'honnêteté !
c'est à moi qu'ils refusent une parole de re- - * connoissance ! On voudroit croire un mohient qu'en raison de leur majesté, un approbation de leur part est un acte extraordinaire, et dont les nouveaux fastes- ne présentent point d'exemple , mais je n'ai pas cette consolation. L'Assemblée accorde ce genre de faveur avec la plus grande fa-
cilité ; les plus petites Municipalités et una, multitude de particuliers en ont joui , et en jouissent encore tous les jours. Il niesou- . vient entre autre, d'avoir vu décerner par un décret formel, des remercîmens public à un Officier dans la Garde Nationale , qui avoit arrêté un particulier proscrit par le Comité des Recherches , ou qui simplement avoit découvert et enseigné son asyle. Certes , il faut convenir que dans les règles communes de la.reconnoissance , il y a quelque choses à redire à cette justice distributive de l'Assemblée ; il y a dans ses sys^ têmes de répartition y un degré de perfection à désirer. k Je quitte Arcis-sur-Aube , cette vills qui regrette peut-être aujourd'hui sa conduite envers moi ; et mupi d un quatrième passe, port, celui de Y Assemblée Nationale , je continue ma route : mais en arrivant à Ve-.
soul , je suis retenu par le Peuple ; il arrêts ma voiture , il cou *e le s traits des chevaux , il tient les discours les plus menaçans , et je ri échappe qu'avec peine , à son aveugle emportement. Le soir , mes domestiques do
suite courent un plus grand danger; on les saisit tumultueusement. On ouvre les maleè de leur voiture , on en brise les cadenas , on fait une recherche de tout ce quelles contiennent ; et de l'intérieur de la maison où tous ces actes d'iniquités s'exercent , ori crie à la foule du dehors : attendez , ottendez , on vous avertira quand on fiura trouvé quelque chose. Il ne manquoit donc qu'un prétexte aux plus grands excès ; heureu-* fcement on ne le trouva pas ; les papiers étoient un recueil des principales lettres de reconnoissance ou de sentiment que j'avoisi reçues depuis quelque tems ; les livres manuscrits étaient les registres de dépense dé ma maison : on fut donc contraint de laisser partir iies gens ; mais ils se crurent pendant près de cinq heures , entre la vie et la mort; et au milieu de leur péril , ils se lièrent par des vœux qu'immédiatement après leur délivrance ils se sont empressés de remplir. Je dois rendre justice à la municipalité de Vesoul et au département de la Haute-Saône; j'ai reçu d'eux les témoignages de regret les plus affectueux ; mais en Franche-Comté ;
plus populaires, ils s'y font trouvés enclavés, & comme tenus prifonniers pair cette même multitude qu'ils avoient appelée £ ieux pour être aidés dans leurs premiers pas.
Quelle a été alors la conduite de ce même Miniftre , qui , après avoir fe/vi la Liberté dans lecours de fa première adminiftration , h après l'avoir avancée d'une manière fi remarquable dans fort Rapport au Cohfeil du 27 Décembre 1788 , l'avoit encore fécondée par les différentes difpofitions ëffentielles dont il à rendu compte? Certes il lui étoit aifé j avec ïous les titres qu'il kvoit acquis & avec tant d'avances pâr-deffus les Autres ; de conferver les triomphes de la popularité ; il avoit fait le plus difficile qu^nd il avoit lutté contre les puiffans , & quand il avoit fi long-temps combattu poux le Peuple & pour fes droits ; mais il n'a pas voulu de l'éclat qu'il falloit acheter paf Fefclavage de fa peiïfée du par l'ahaiflemenc de fon caractère ; & laiffant aux autres le foin de réparer, par l'exàgérârion de leur* opinions , le long retardement de leurs génév X^m principes ; il çft demeuré conftam-'
•ment fur fa ligne, & il a mieux aimé reftér fëul au milieu de tous , qne de défobéir à fa .raifon &àTa confeience, en s'uniffant fans réferve à tous les fentimens & à toutes les opinions du parti triomphant. C'eft par cette .'conduite',' cpùrageirfe peut-être, mais au ,moiiis eftimable , qu'il s'eft trouvé pareil à celui qui ttvoit préparé la Liberté publique, &-quilavoit accélérée par tous les moyens, •dont la raifon , l'honneur &*le devoir •avoient permis de faire ufage. Loin donc d'avoir changé , il s'eft vu le même , & lorfque- pour défendre fa caufe des Communes, de cette claffe de citoyens trop oubliée, il s'expofoit à tant de haines , & lorfqu'il fe fotimettoit à leur dr grâce plutôt que d'être infidèle à fa morale & à fes principes. Sans '<lou{e, ce fécond facrifice a été le plus ♦grand; j'y ai joué le refte de mon bien, celui qui m'étoit demeuré d'une longue fuite de travaux 5c de dévouement , celui que j'avois fauvé des mains des méchans , celui qui m'étoit fi cher , cette affeftiorr , * cette bienveillance du Peuple , qui m'a voit fi long-temps confôlé de mes peines. Il fal-
l'oit bien qu'on le trompât ce Peùpie , a moh égard , comme on lavoit trompé sur tant d'autres choses. Jai^u paffer fa faveur i ceux qui ne Taimoient que d'hier $ à ceux que j'avois apperçus dans la foule de fes oppresseurs , à ceux qui ont médit du Gouvernement; après avoir demandé leur part aux abus , & après l'avoir obtenue. Il leur falloit au moins un air de courage, ils ont fu le prendre en attaquant ouvertement les Ministres ; ils sàvoient qu'il ne restoit plus aucun pouvoir entre les mains des anciens Chefs de l'Administration ; mais ce fecret n'étoit pas encore devenu populaire ; ils ont profité d'une fi heureuse combinaison pour fe faire valoir d'une fauffe hardieifei On eût exigé d'eux , s'ils fe fuffent déclarés ce qu'ils - étoient , les feuls forts , les feuls puiflans , les feuls dominateurs ; an eût exigé d'eux , sousi ce titre de la modération , de la sageffe 8e <ée la générosité ; ils fe font difpenfés de ces entraves, en dirigeant toute l'attention vers un defpotisme qui n'exifïoit plus* en s annonçant comme entraînés par un ardent patriotisme & diflraits par ee généreux
Sentiment de toute l'étendue de leur per& L'Affemblée ne pouvoit les ïeprendre de rette fiâion , elle qui se piaisoit quelquefois a décrire ; à représenter sa carrière comme difficile, cahoteuse, parfemée de dangers; ■& cependant cette route étoit devenue aulîî plane, auffi facile que les voies préparées pour la marche des triomphateur*
Ah! qu'une noble fimplicité eût jeté plus féante ! elle n'eft pas seulement 1 apanage des grands caraftères , elle efî encore le fceau des grandes pensées. Rien n'efl: beau xjue de foi; & toute efpèce d*art altère cette pure effence. C'est par la fimplicité qu'on paroît le- même en toutes fes actions , fk qu'on efl fans effort dans la mefure de* xïtofes ; au lieu qu'on ne peut éviter ni les exagérations , ni lè$ difcordances , quand on s'eft Êiit l'ouvrage de la polirique. On vejit ajouter à fes opinions ce qu'on ne peut ajouter à fon efprit , & Ton prend encoge pour la perfeétion des idées , les principes extrêmes , ceux au-delà desquels personne ne peut aller. C'est donc par la simplicité qu'on fe maintient dans un parfait équiUlwf j
& comme alors tous les mouvement de 1 aipe deviennent faciles , on efî courageux fans bravade , partisan de l'égalité fans être jaloux de toutes les diftin&ions , protefteur de l'indigence fans insulte? à la fortune & sans être injuÔe envers les riches , ami du Peuple fans chercher à le flatter , adorateur de la Liberté sans aucune indulgence pour le défordre , & févère dans ces principes sans humeur & sans roguerie ; c'eft alors enfin que Ton n'a hefoin d'aucune affe&ation , & que Ton peut fefier à ce qu'on eft; ç'eft alors aufii que l'on marche sans tambour & sans échaffes, & qu'on ne veut d'éclat que le fien , d'autre grandeur que sa propre ftature.
Les divers intérêts que la plupart des hommes cherchent à concilier , les diverfes paffions. qu'ils veulent feïvir , deviennent un grand obftacle à l'unité & à la /implicite de leur conduite , & lorsque parmi ces paffions celle de la vanité domine, l'on devient femblable au tourne-Sol , & l'on eft fouvent obligé d'être encore plus mobile que lui ; car l'aftre dont cette plahtte fuit les mûùve- $iens,eft xéglé daty marche; mai* les
petits applaudiffemens du moment , vert lesquels la vanité fe dirige sansceiïe, l'agitent dans tous les sens , & ne laiffent aucun repos à ceux qu'elle a mis daqs fes liens.
Il faut donc un fentimept d élévation pouffe fixer { il faut se placer à une certaine hauteur pçur ne voir des hommes que leurs gfands monvemeus, &pqur n'être pas tenu de fe diverfifier au gré de toutes les fiuâua T tions d'opinion , dpnt la fociété présente le tableau, '
Je me fuis toujours défendu de ces inxpreffions vacillantes. L'unique foumifiion que j'ai euç , c'eft peut-être pour la voix publique , pour ce retentiflement qui reffemble au bruit de la gloire ; # mais ce q'ell point en efclave que j'ai fuivi ce culte : toute dépendance abfolue eût offenfé mon cœur £c bleffé ma fierté. Le seul autel que j'ai drcfje, c'est à l'honneur & à la morale ; celui-là jamais je ne l'ai quitté , pi au milieu des rayons de la majesté royale , ni au milieu des violences & des cris menaçons de l'autorité populaire^ Ah! fi près de çeç autel il y euf eu plus dç foule , fi fçuîemei\t tqm ceux de ma croyance
avoîent voulu l'environner, la raifon , cette, célefle flamme , auroit eu plus d'empire ; mais le découragement les a iaifis , & ils font devenus indifférens à leurs opinions & à leurs amis ; on diroit que le mouvement & la vie ont paffé ep. entier à l'esprit de parti , Se qu'ailleurs il n'en refte plus ni pour animer les fentimens honnêtes 8c généreux, ni pour faire honte aux ingrats. On doit* donc me pardonner d'avoir voulu retracer les principes circQnftances de moit adminiflration : un jour , en des momens plus calmes, quelques fouvenirs , quelques dif-* pofitions de bonté s'y reprendront pQutêtre , & ce sçra m^t feule récompense. Ah \ quelle juftice eût été moins onéreuse que celle dont j'euffe été fatisfait, que celle due à un homme dont tous les vœux febor-" noient à recevoir un peu d'affe&ion eh retour de tant de fervices, en retour au moins de cette profufion de fentimens dont il avoit donné des preuves fi réelles! Rejeté donc de mes espérances , déchu de ma légi-^ time attente , je me recueillerai dans mes propres penfées , & là , je retrouverai celle
Dig
quï m'a fi long-temps diftrait de moi-même & qui pèut m'en diftraire encore , l'occupation de la France , l'intérêt à sa situation , l'inquiétude fur fa deftinée. Je voudrois en vain m'affranchir de tous les liens qui m'unifient à fon bonheur & à fa gloire ; je réfléchis fans çefle k une Nation que f ai tant aimée ; & 7 quand elle m'oublie , quand elle me dit comme Horace ,je ne te connois plus , j'ai présenté à mon cœur cette douce réponse de fon frère , je te connois encore a ù cefl ce qui me tue.
. Ah ! je Pefpère , U eft temps çncore pour, telle d'arriver au bonheur ! Il eft temps en-: fore pour elle de fe livrer à de juftes efpérances ! Cette France t ce beau Royaume eft encore-là dans fon entier ; un Ciel pur & ferein couvre encore fon vafte horifon ; un air jnenfaifant , un fouffle tempéré y répaadent partout leurs douces influences ; une terre féconde , une terre bénite ouvre pneore fon fein avec amour aux laborieux:
efforts du vigilant agriculteur ? qui tous les gns y çhwçhe de Jiouvegux tréfors y lç§
mers viennent encore riiouilîér fes rivage^ & lui apporter eh échangé de Ibrï fuperflu^ les diverfes richesses dés autrès contrées ; le même efprit , enfin , la même activité 35 entretiennent encore Témulafioa de fes induftrieux habitans . 6c par-tout on voit quelques flammes de ces nombreux fignaux de profpérité , qui ont fend fi long-temps à diftinguer un pays fortuné , l'ancien favori de la nature. Que ces fouveriirs , que ces idées confolantes adouciffetit nos ames & çalment nos payions ; & lorfque tant de bienfaits nous appellent â la reconnoiflance , n'y mêlons pas ces fentimens de haine qu'une longue fuite de malheurs ; pourrait k peine excufer. Ah ! h paix & l'un ion t la paix & l'amour entre les ehfaQs de la même patrie , & que châciin pouf arriver à ce terme , faite quelques sacrifices t Vous qui, par un. exemple ûiuqud dàfli les annales du mohde , âvez cru pouVbir mettre aux voix la justifce , là compàffïon * la bonté & jtifqûës aux fehtiménâ de la çonfcience , tendez enfin une main [fra-' têrnelle à; ceux <^ue vpUs ziïïz pQursuivi?
fi rigoureufement ; ne regardez pas avec négligence le défefpoir de cent mille fa^ milles, vos aînées au moins par l'ancien-.
> neté non interrompue de leurs fervices en-v vers l'Etat ; adouçiffez l'effet des atteintes que vous avez portées à leurs propriétés, & à tous les droits qui composoient leur héritage; & entrçjes différentes égalités dont vous êtes épris, n'oubliez pas celle du bonheur , la plus réelle de toutes* Vous n'ayçz voulu agir que par la force fec par la contrainte, & vous avez ainfi créé toutes les réfiftances qui naiffent de la fierté du caractère ; celles-là cependant chez tous les hommes , 8c chez les Français en particu- ^ier , font les plus difïîciles à vaincre. Vous, avez irrité , par des formes impérieuses , ceux que vous avez rendus malheureux, & comme fi vous eufliez été jaloux de leurs, $entimens de générofité , vous ne leur avez pas ménagé le moyen d'y céder d'une manière honorable. Vous avez toujours parlé au nom de la loi , mais d'une loi que vous, aviez faite ; mettez quelque prix auffi à celle qui a fondé les Empires y celle que
les Çonquérans eux-mêmes ont refpectée, à cette loi de fagefle & d équité, qui, pre-/ liant les hommes dans l'état où ils font,ten4 k rapprocher toutes les clafles de citoyens par leurs divers intérêts , & par la variété de leurs rapporrs. On eût dit, à votre em?
preffement de tout renverfet dans un temps donné, que vqus éflez des Députés d'un autre monde planétaire, & que forcés d'y retourner à jour fixe , & devant remporter avec vous les idées de juftice & de raifon , vous vous trouviez dans la néceffité de tout entreprendre, de tout arranger avant votre départ , & de nous donner à la hâte des loix pour la durée des fiècles. Mais rien de tout cela n'exifte , vous êtes des hommes de cette terre , des hommes paffagers comme nous , des hommes élevés à la même école, à celle du temps 6c de ^expérience, & qui recevrez encore tous les jours de nouvelles inftruftions. Ceut qui vous fuivront vous pafleront en fcience , comme vous-mêmes en avez paffé d'autres. Soyez donc timides . & circonspects dans la* revifïon que vous
allez faire de vos différens Décrets. Ns
perde? pas de viré que c'eft àà sêîn des divisions, au'milieu des paffions dé tout genre , que vous avez compofé la Légiftation de la France. Votre ouvrage a dû fe . ieffentir de ces circonftances ; PEuftspé le 1 voit, l'Europe en juge ainsi ; rte % doftÇ pas feulsà y donner une confianée fet& bornes. Ne décernez le fiom , le grand nom d'immuables qu'à uïi petit nombre de bafes , qui font évidemment néceffafres pour le bonheur des Nations , & pour le maintien d'une fage liberté.
: Confidérez tous les. motift puiffans qui.
vous y convient ; jugez au fond de votre çonfdence i fi vous avez eu cohftamment uire opinion libre & indépendante ; exa*tniftez fi vous avez été au milieu des mouvement de Paris , tels que vous vous feriez trouvés dans l'afyle du fage , & dans une retraite écartée où vous n auriez eu pour guides # que vos fentimens & vos propres penfées ; examinez encore fi nul retour fur vous-mêmes n'eft venu vous dé-
Tanger de la tàute^que vous auriez fuivie .
nom dii bien public ; faites le compte
fecxet des féduftions que voué ont préferi* tées & le défir de la réputation, i&cJ'efpon: de la gloire , & les charmes habituels de U louange , £c les idées confufes d'uneambition vague, &jant d'autres confidérations perfonnelles. JRéfléçhiffez enfin fi vous n'avez pas eu plus foiivent les regards fixés fur l'étroite galerie de votre amphithéâtre , que fur l'efpace immenfe où la poftérité prendra place* » . . * *
• Et quand vous aufez fait cû reeenfe-»
ment, jugez vous-mêmes^ fi vous voulez i fi vous pouvez vous en rendre garans à voua feub , envers les générations Suivantes, de toutes les loix que vous leur avez faites foiis le nom irrévocable de conftitution-* nellcs. Examinez fi fans aucun aôe fpécial de tutèle , à vous remis par les générations précédentes , vous avez pu changer en entier & bouleverfer de fond en comble l'héritage qui apartient par fubftitution aux races futures , & le leur tranfmettre en cet état fous la feule caution de votre génie, Enfin , lors même que vous borneriez vos regards & vos inquiétudes au temps pré* #
ferit, ne perdez pas de vue qu'il eft des difficultés prochaines dont vous n'avez pas encore apperçu les commencemens ; fongez au défir qu'auront vos fuccefTeurs d être remarqués à leur tour ; fongçz' à Tinfludnce des divers amour-propres; l^ue vous avez mis en aftivité; fongez à l'accroiffement infenfible du bruit des mécontens* à rae- # fure que les hommes prudens fe permettront d élever leur voix , & que les timides loferont ; enfin, fongez au cara&ère d'une Nation, qui n'eft forte & confiante qu'en avançant oii en «'élevant, & qui cherche un autre but, un autre mouvement , quand elle touche aux termes de fes premiers vœux, •
• C'eft une fituation bien favorable, que celle ou Ton n'a plus befoin que de prudence & de modération ; que celle où pour alïurer les triomphes, il iuffit 4e les cir- 1 confcrire, & où pour confolidcrfon empire j il fuffit de lui marquer des iimitesi Ne vous refiera-t-il pas allez de gloire , & fuftout aflez de bonheur, fi tant d'excellentes irçftitutions que l'on pourra rapporter à votrd
ièle & à vos travaux, furvivent à l'agitation de nos premières paflions , & fi l'on recueille en paix après vous , les fruits de vos généreufes femences. Faites que les regrets des uns, que les larmes des autres, que les dfiéances 8c les craintes de tous, viennent enfin à çeffer , 8c Ton relèvera d'un commun accord tout le bien dont on vous eil redevable. Ce n*eft pas d'une approbation implicite & craintive dont l'Aflemblée doit être jaloufe ; il n'eft point de tyran , iln'elt point d'ufurpateur qui n'en ait obtenu de pareille àu- tems de fa puiflance ; & fî Tamerlan après fes viôoïres avoit exigé qu'on lui jurât qu'il étoit le Prince le plus doux & le plus clément de la terre , il auroit obtenu ce ferment avec la plus grande , facilité , 8c Bajazet l'auroit figné lui-même à travers les barreaux de fa cage.
Ce n'est pas à de pareilles déférences que l'Affemblée doit borner fon ambition; elle a fait affez de chofes dignes % de louange , pour afpirer à des hommages éclairés , 8c pour tolérer que le vœii pur de la Nation fe faffe entendre après elle*
Ce vœu pur fans doute eft difficile a
connaître ; car ce n'eft pas au milieu deè paflïons le$ plus ardentes, ce n'eft pas aux premiers momens d'une grande révolution^ ce n'eft pas fur-tout au milieu d'une ville oif la licence interdit la liberté , qu'on peut di£ cerner les fouhait* penpauens 8c les fentimens de durée; mais je crois qu'il dépend de r Affembléé , je çroi* qu'il dépend furtout de plufie^r? de fes Députés de câliner îrtfenûblement les efprits & d'approcher àinfî les opinions du point de modération iuquel elles feront amenées par la feule force du temps.
On doit défixéx aufii que les méconten* n'éloigpent pas èttVmêmes le triomphe de la mfon , Mt par leur conduite au dedans du Rpy^nie , foit pat leuxs agitations au* dehors. Ils n'ont pas apperçii de quelle force (put été 4àrçs . leur cahute une contenance noble & fereipe , & ce ftlenCe majeiiueux de l'opprimé , qui a fou vent -.accablé l'orgueil de Yàppjétipaf ; mai$ ils devroient (avoir auVnains que pluûeurs de leurs démarche!
marches ont servi les vues de deu* qui ont besoin des apparences de danger,pour soutenir à la fois et leur crédit, et leurs opinions extrêmes , et leurs projets inconnus.
Je ne demanderois pas à des hommes offensés de tant de manières , je ne leur demanderois pas de revenir en France sous le règne de la présente Législature ; ils ont trop de sujet de s'en plaindre , et dans les formes et dans les choses réelles. Ainsi lors qu'ils diroient : nous attendrons pour céder aux circonstances, que la Nation s'explique par un autre organe , on àppercevroit dans cette conduite quelque chose dont toutes les ames fïères auroient le sentiment ; et ce qu'on entend mieux encore, c'est comment ils ne fléchissent pas sous les peines pécuniaires auxquelles on a eu l'impolitique de recourir ; c étoit peut - être une nouvelle offense que d'à tendre d'eux cette foiblesse. Mais s'ils étendoient leur ressentiment jusques sur la patrie. .... s'ils ne voy oient pas tous les maux dont ils seraient
la malheureuse origine je ne puis te
penser. . . . ce sont des bruits mensongers
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4*fe
ce «ont dé fauéte* terreurs ........ Voudroienf-*
H* venir en -ennemis sur cette terre qui le* â vu naître? Dans qnellieu pourraient - ils marcher , y fouler aux pieds la cendre àe leurs aïeux, de ces héros de la France, pérîsen défendant le Royaume, et qui dans te cours de leur vie avoient éprouvé quelqusfets l'ingratitude de leur patrie,sans avoir jamais cessé de l'aimer. Ils vous crie-' rment du fond de leurs tombeauxrarrêtez f àf rêtéz , ces titres que nous vous avons #fensrms , c'est par nos vertus et notre courage que nous les avons acquis,etces biens âont vous âve£ hérité de nous , nous les tmpkms sacrifié pour l'Etat , s'ïleût été nécessaire. Notre itom qui vous reste , vous impose tes mêfnfcs devoirs. Ils vous diroient encore: et pays oà vous- porteriez laguerre ft'-tttpolut à (èm% dont vous vous plaignes, il est à vôus comme à eux , îl eK à vos ei> fàm t&n\M aux leurs; attendez avec calme la justice dirtems; mais dût-elle tarder, dût* èîle ne jamais venk , osez tout supporter plutôt, qtfê d'avoir- un seul reproche à voits
0c ne dois paj m£ler ma voîx à relie que
: Reviens de faç*e entendre; je n'ai pas le d»oit déparier à ceux qui ne m'aiment point; et dbms im moment où tant de motifs animé-
-roient mon langage,) e ressens péniblement une injustice qui retient mon émotion . et
rarrêteàvec contrainfetous les élans de mon
( ame. * — '•
* Je ipe permettrai seulement d'inviter les citoyens iïécontens > à ne pas détourner
• leurs regards des t iens généraux.,des biens éminens auxquels ils ^participeront > si la paix, fei i 5 ordt;e se ré tabligsent, et si des
- idées de modération succèdent aux preopères passions. Qfobt quelque chose pour * -tous, que um 4'abufc détruits ; c'est quelque «Jho»potfr'toii3 1 que ce rapport inexpugnable opposé an Tetour des anciens dé- •tordes ; c'est quelque chose pour tous, qiie ? i^abcrfhion desîmpotë considérés si long tems epittrae oppressifs, et 'l'affranchissement de cette multitude d'entraves nui- -mm àlâ^rcdlâtidn et à ^accroissement '4des JicJtefisesnationales; c'estf aussi quelque ilAoseî/aWAiti ifeitheur peur tofà, que ht
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faire tumulte au milieu de nous, et nous empêcher d'écouter les leçons de la sagesse , nous verrons de près le terme de nos vœux, sans être jamais sûrs d'y atteindre.
Défions-nous des amis cachés du despotisme, mais défions-nous aussi de ceux qui se servent du nom de la liberté pour exciter un aveugle enthousiasme ; car nous ne savons pas ce qu'ils veulent faire d'un mouvement de ce genre. Us ignorent encore eux-mêmes le genre d'autorité dont ils désirent la conservation , et plusieurs souhaiterait peut-être que tout fut remis en commun, que tout fût replacé dans l'état de nature, afin de se saisir d'une meilleure pan que celle dont le hasard de la fortune les a favorisés. On est véritablement effrayé, en cherchant à présager le dernier degré de la désorganisation civile, politique, morale et religieuse , auquel des génies dangereux ou des esprits désordonnés voudraient insensiblement nous conduire. Ils auront , n'en doutons point, un abus à dénoncer, une épouvante à donner , jusqu'à ce qu'ils aient i amené le nivellement le plus absolu de*.
Digitizt
hommes et des choses; et s'ik. avaient la hardiesse des Titans, parvenus à renverser le royaume, ils se senriroient de ses débris pour escalader le ciel; et là, s'ils le pouvoient* après avoir égalisé l'action des élémens , aprëslesavpir confondus, après avoir rompu les liens qui retiennent la fureur des vents * ils jouiraient un moment du bouleversement
général de l'univers.
1 Hélas ! nous voyons de toutes parts leur, ouvrage, et nous devons en pleurer ; la confusion nous environne , et nous ne savons pas encore si nous pourrons échapper aux malheurs, dont elle est l'origine. Ah ! vous qqi deviez être nos sages et qui l'avez été.
quelquefois , comment n'avez - vous pas mieux calculé l'effet des différentes passions? cqpiment n'avez -vous pas observé leur marché agressive , et kurs envahissemens journaliers? Semblables, je le crains, au philosophe Archimède t tandis que vous cherchiez la solution de vos problêmes théoriques,, tandis qu.e vous étiez occupés à tirer d«-consécjBçnccs de ce que vous apf citez k principe À vous m vous, ête&f^
apperçus qrçe les ennemis ét oient dans vos murs , et que la ville étoit prise.
Rien de si beau que de rendre les hommes uniquement dépendons de la loi ; car elle n'a ni favoris, ni partialité, ni foiblesse; mais cette soumission , il la faut demander à une multitude ignorante, aveugle et malheureuse, et qui voudroit tirer tous les joûrs à la grande loterie des changemens et des subversions. Il est aisé de Tavoir pour soi, tant qu'on lui parle d'innovations; mais quand le moment est venu, où il faut enfin garder et maintenir quelque chose, c'est alors que les difficultés commencent. Et si Ton avoit cherché l'appui de cette multitude pour tout renverser , corn- - ment la rameneroit-oa subitement atout respecter ? Et si l'on avoit permis à tous les génies malfaisans de la tromper , comment ( la ramèneroit-on facilement aux notions de la vérité ? Ah ! venez aux secours de la chose publique, & montrez-vous enfin pour notre assistance ; & vous tous qui réunissez à dessentimens civiques un esprit droit & un caractère modéré, hasardez -Vous insensible-r
ment à devenir nos ministres de paix , & les Négociateurs de la félicité publique ; choisissez le moment propice pour réussir dans cette vertueuse entreprise ; indiquez alors aux uns ce qu'ils doivent souffrir , & aux autres ce qu'ils doivent céder ; plénipotentiaires honorables de la raison , & accrédités par elle , faites valoir ses droits & son autorité , & travaillez à former cette opinion , la souveraine du monde , & le guide des Législateurs eux-mêmes. Mêlézvous à toutes les assemblées publiques , non pour heurter, non pour offenser les passions dominantes , mais pour tempérer avec prudence les idées exagérées , mais pour contrebalancer un peu le pouvoir de ceux qui entraînent les esprits parla seule puissance de leur caractère. Vous aurez déjà beaucoup fait , si vous pouvez parvenir à rétablir la réputation de la sagesse,& si vous pouvez lui gagner quelques amis , ou obtenir du moins qu'il y ait sûreté pour elle. Vous aurez déjà beaucoup fait , si vous pouvez commencer un traite d'union , si vous pouvez, pour ainsi dire, ouvrÎF des conférences gntre Pbrdre et la liberté, eutre la popi^
larité & la justice, entre les systèmes exagérés & les vieilles leçons de l'expérience , entre le contentement des uns & l'entière satisfaction des autres, entre lesressentimens de l'esprit de parti & l'oubli général qu'exige l'intérêt public. Ne vous laissez , point effrayer par des contrariétés auxquelles vos efforts seront soumis. Le moral des hommes a ses tempêtes comme la nature physique ; mais l'espérance renaît après les alarmes; les orages de la liberté passeront & elle nous restera , & nous la garderons avec ses bienfaits. Nous la garderons comme nous l'avons désirée , non pas pour le triomphe de quelques-uns , mais pour le bonheur de tous ; car ce bonheur, ce bonheur général est la seule garantie durable , l'unique sauve-garde certaine des établissemens humains; & c'est à le consolider, c'est à l'accroître par des moyens justes & raisonnables, que notre science est destinée. Vous donc, qui aimez la liberté dans la pureté de votre cœur, vous qui l'aimez sans art & sans forfanterie, environnez-là de toutes les idées sensibles qui peuvent la rendre plus chère aux hommes a & de toutes.
les idées exactes qui peuvent lui conserver l'appui de la raison- A ! qu'après tant d'agi-r tations 5 la France voie enfin le terme de ?es inquiétudes ! Ah ! qu'ils arrivent enfin ces jours désirés , ces jours de paix & de contentement universel , ces jours qui seront le commencement d'une longue & mémorable suite de prospérités! mon coeur s'y réunira, mon cœur en jouira de toutes les manières, & à ce premier sentiment il m'est permis, je crois, de mêler une autre pensée.
L'époque du bonheur des nations est aussi le tems de leur justice ; car ce bonheur ne peut exister, nepeut être assis sur des bases durables, qu'après la disparition de toutes les idées mensongères, après la fuite honteuse de tous les vices. J'attendrai donc cette époque pour être jugé de nouveau, & jusques-là je laisserai passer tous ces favoris de la fortune, tous ces vainqueurs de la morale* triomphateurs éphémères et dont les chars glorieux se briseront avant d'arri* ver aux premières stations , avant d'avoir fait les premières journées sur larouteét^rv nçlle du t;em§.