‹ Sur l'Agnosie TactileChapitre 40 sur 60 · Raphaël P... Rennes, Asile · texte numérisé non relu

Raphaël P... Rennes, Asile

Hémiplégie droite assez légère, sans aphasie.

Réflexes tendineux plus forts à droite qu'à gauche; Babinski aboli à droite normal à gauche.

Douleurs avec exacerbations paroxystiques dans tout le côté droit.

Hémianesthésie droite superficielle (tactile douloureuse et thermique

et profonde [attitudes segmentaires).

Agnosie tactile. — Le malade ne peut reconnaitre un couteau, un crayon, une clé, etc...

Autopsie. — Lésion thalamique droite.

OrservarTion pe Durour (résumée).

(Société médicale des hôpitaux, 1902, p. 893).

54. — M. M..., 27 ans, confiseur, Andral (consultation), 1909.

Tuberculose osseuse, tuberculose pulmonaire fébrile bilatérale en voie de ramollissement ; céphalalgies violentes avec vomissements, remontant à 3 mois ; pas d'hystérie.

Incidemment, le malade accuse un phénomène bizarre, ayant rapidement | suivi l’apparition des maux de tête. Exerçant le métier de confiseur il a | constaté qu'il avait perdu la notion exacte des objets qu'il prend dans la main droite. Il écrase les sucreries qu'il manipule et cette maladresse l’a | contraint à quitter sa profession.

Motilité. — Aucun trouble à droite, au membre supérieur ou au membre inférieur ; tous les mouvements sont bien exécutés. Réflectivité. — Réflexes normaux, pas de Babinski, léger clonus du

pied droit, seule manifestation d'une lésion de la voie motrice descendante.

Sensibilité. — A droite, toutes les sensibilités, superficielles ou profondes, normales au bras et à l’avant-bras. présentent, à commencer du milieu des. métarcarpiens, une altération progressivement croissante jusqu'à l'extrémité des doigts, aussi bien à la face palmaire qu'à la face dorsale de la main.

Sensibilités superficielles. — Tactile surtout, mais aussi douloureuse et thermique. Il n’y à malheureusement aucun renseignement sur la localisation, ni sur la discrimination tactile.

Sensibilités profondes. — A la pression surtout. A l'extrémité des doigts, il faut ajouter à la pression initiale 100 grammes, 20 grammes à gauche, 100 grammes à droite, pour qu'un écart soit perçu.

Aux mouvements passifs. Aux deux dernières phalanges seulement, les. mouvements communiqués ne sont pas perçus ; à la première phalange, ils sont parfaitement perçus et décrits.

Agnosie tactile. — A la main droite, aucun objet usuel {canif, montre, tire-bouchon, porte-mine, clef, coupe-papier, etc...) n'éveille une représentation globale, malgré la palpation parfaite. Le malade dit bien : « Ceci est long, ceci rond, tel objet est lisse, ou rugueux », mais il lui est impossible de donner son nom.

L'auteur estime qu'il existe chez son malade, une plaque de méningite tuberculeuse chronique, sur les circonvolutions rolandiques.

Osservarion DE Max EGcer (résumée).

(Revue neurologique, 1907, p. 420).

55. — Mlle R. A..., 12 ans, Salpêtrière, salle Cruveilhier, 1907.

Décembre 1905. — Epilepsie jacksonnienne droite, à crises progressivement croissantes (12 par jour).

Octobre 1906. — Intervention, sans résultat, sur la région rolandique

gauche : hémiplégie droite consécutive,avec hémianesthésie absolue, réflexes tendineux exagérés à droite et Babinski bi-latéral.

Mars 1907. — Motilité. — Hémiplégie progressivement améliorée, crises épileptiques espacées.

Réflectivité. — Réflexes tendineux exagérés à droite, Babinski disparu.

Sensibilité. — Hémianesthésie progressivement amélicrée. — Tuctile. — 1. Seuil intensif. Attouchement au pinceau, senti partout, sauf à l'index et à l'annulaire.

2, Seuil extensif, Pour obtenir la discrimination tactile, il faut arriver aux écarts suivants :

Main droite : pouce, 70 millimètres ; index : 100 millimètres ; médius : 50 millimètres; annulaire: 5 millimètres ; auriculaire: 30 millimètres ; paume : 35 à 45 millimètres.

A la pression. — « La baresthésie est bonne, la malade distingue une différence de 40 grammes sur les doigts et dans l'intérieur de la main, La main gauche ne fait pas d'évaluations plus fines. »

Attitudes segmentaires. — Sensibilité normale.

« Les seules sensibilités qui soient au-dessous de la normale, ce sont la sensibilité à la piqüre et les sensibilités thermiques. Avant de procéder à l'examen de la fonction gnosique, nous réveillons, par la sommation, les deux sensibilités émoussées. Après un bain de main de 45° durant 10 minutes, les perceptions thermiques et douloureuses sont redevenues nor-

males.

Aussi, les cercles de Weber se sont rétrécis sous cette influence esthésio-

gêne à 3 et à { centimètre.

Ca Cite CRC

Revenons maintenant à notre malade agnosique.Elle a à sa disposition une sensibilité tactile normale, un sens des attitudes normal, une localisation normale ; le seul déficit est un petit élargissement des cercles de Weber. Et malgré cette riche sensibilité, elle est incapable de reconnaître, par la palpation, les objets les plus usuels avec sa main droite, tandis que la gauche les reconnait tous, en les palpant, et la plupart sans recourir à la palpation.

Morceau de sucre : c'est carré, c'est rugueux, c'est dur.

Cuillère : c'est long, c'est froid, c’est une clef.

Crayon : c'est long, dur, rond, c'est comme une canne.

Ciseaux : c'est une cuillère, elle arrive avec les doigts dans les anneaux, les écarte, et continue à dire que c’est une cuillère, etc., ete...

gt

Pomme de terre ; c'est rond, c'est gros, c’est dur, c'est un savon.

Nous pourrions ainsi allonger la liste de nombreux objets ; toujours, la malade reconnait plus ou moins les propriétés physiques ou moléculaires et le plus souvent, elle peut s'élever à la conception de la forme, mais jamais elle ne sait trouver la notion et le nom de l’objet. »

Ogservarions dE GASNE (résumées).

(Nouvelle iconographie de la Salpétrière, 1898).

56. —- A..., 36 ans, employé d'octroi, hystérique, auto-suggestionné sur sa main depuis qu'il a ressenti, dans tout le membre supérieur gauche, « quelque chose de bizarre » en voulant retenir un paquet qui tombait; auto suggestionné sur ses yeux, sur lesquels on a cherché et trouvé un trouble spécial à l'hystérie : l'abolition des mouvements oculaires absolue pour l'élévation et la convergence et relative pour les autres mouvements, quand on fait intervenir l'attention, — avec intégrité parfaite des mêmes mouvements quand ils s'exécutent inconsciemment.

Sensibilité superficielle ou profonde, normale à l'examen complet.

Agnosie tactile. — « qu’on mette dans la main gauche des objets très usuels, une montre, une clef, une pièce de monnaie, un crayon, du bois de l’étoffe, du papier, que la main droite reconnait instantanément, le malade ne peut dire ce que tient la main gauche; il dit c'est chaud, c'est froid, c'est lisse, mais je ne sais pas ce que c’est ».

IL (p. 47).

57. — Madame P.., 41 ans, hémiplégie gauche avec contracture d'origine hystérique apparue brusquement, disparue le surlendemain, avec hémianesthésie le premier jour, hyperesthésie douloureuse le lendemain.

Sensibilité. — Aucun trouble de la sensibilité n’a persisté, sauf l’atteinte à gauche de la discrimination tactile. Agnosie tactile. — « La main gauche ne reconnait ni une allumette,

piun crayon, ni une pièce de monnaie, ni une bille d'ivoire, elle ne distingue pas la soie du coton ou de la laine. La malade ne peut que dire, c’est chaud, c’est froid. »

Ogservarion pe Kuiprez, Sercuegr Er M. P. Wei (résumée). (Revue neurologique, 1908, p. 695).

58. — Paul C..., 69 ans, comptable, Tenon, salle des chroniques, 23,

Hémiplégie droite légère, sans aphasie, remontant à 4 ans. Réfilexes tendineux exagérés à droite. Babinski.

Douleurs du côté paralysé ; diminution du goût, perversion de l'odorat.

Sensibilité. — Superficielle. — Tactile peu altérée, douloureuse, dysesthésique, avec erreurs de localisation ; thermique dissociée.

Profonde. — Très atteinte (sensibilité à la pression, sens des attitudes segmentaires).

Agnosie tactile. — Absolue : le malade ferme la main sur l'objet, et déclare qu’il ne tient rien. Si l’objet est volumineux, il sent quelque chose qui l'empêche de fermer sa main.

Les auteurs estiment qu'il s'agit d’un syndrome thalamique.

OsservarTion DE LEJuNNE er Eccer (résumée).

(Revue neurologique, 1906, p. 571.)

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