‹ Sur l'Agnosie TactileChapitre 45 sur 60 · Mme P..., 52 ans, Salpêtrière (Consultation · texte numérisé non relu

Mme P..., 52 ans, Salpêtrière (Consultation

Motilité. — n ; a 6 ans, Hémiplégie brusque à droite avec ictus complet. Dans les jours suivants, l’hémiplégie persista avec légers troubles urinaires, puis diminua progressivement, si bien qu'aujourd'hui, le membre supérieur est très amélioré, la face et le membre inférieur sont presque revenus à l’état normal.

Sensibilité. — En même temps que la paralysie disparaissait, les troubles de sensibilité devenaient de plus en plus nets. Dès le début, ils avaient

existé sous la forme de violentes douleurs dans la moitié droite de la figure et dans le bras droit. Ils ont persisté jusqu’à ce jour et actuellement encore, ce sont eux qui dominent dans le tableau symptomatique.

A ces troubles, s'ajoute une hémianesthésie objective totale, assez intense pour sensibilité superficielle, tactile, douloureuse et thermique, et surtout marquée pour la sensibilité profonde, sens des attitudes segmentaires et sensibilité osseuse au diapason.

Réflectivité. — Réflexes exagérés à droite, sans Babinski.

Agnosie tactile. — Abolie à droite : la malade n'arrive pas à reconnaitre la forme, Le relief, ou même la consistance des objets, à plus forte raison, l’objet lui-même, clé, monnaie, etc.

Les auteurs concluent au syndrome Ne par lésions localisées à la couche optique gauche.

OBSERVATIONS DE VERGER (résumées).

(Archives de médecine, 1900, IL.)

IT (p. 527).

81. — Hémiplégie droite récente, sans aphasie, avec paresthésies, anesthésie, hypoalgésie, sens des attitudes altéré chez une femme de 63 ans : Agnosie tactile absolue.

VI (p. 534).

82. — Hémiplégie gauche récente avec hypoesthésie, analgésie, sens des attitudes profondément altéré, chez une femme de 60 ans : Agnosie tactile gauche.

VII (p. 539).

83. — Hémiplégie gauche, avec contracture, hypoesthésie, hypoalgésie, hypothermésie, sens des attitudes altéré, remontant à neuf mois, chez un homme de 32 ans : Agnosie tactile gauche absolue.

VII (p. 536).

84. — Hémiplégie gauche avec hypoesthésie tactile, douloureuse (erreurs de localisation) et thermique, limitées à la main et à l'avant-bras gauche, sens des attitudes altéré profondément à tout le membre supérieur gauche, remontant à trois semaines, chez un homme de #4 ans : à gauche, agnosie tactile absolue : quand on ferme les doigts immobiles sur un objet (8 fr., 1 {r., morceau de pain, mouchoir, doigt, etc...), le malade dit immédiatement : « Je sens quelque chose », mais c’est tout ce qu'il arrive à reconnaitre : à droite, aux mêmes conditions, sans palpation, reconnaissance immédiate.

IX (p. 538).

85. — Hémiplégie gauche, avec hypoesthèsise légère {erreurs de loca-

Vouters 6

lisation) et sens des attitudes altéré profondément aux doigts, remontant à dix mois, chez un homme de 30 ans : Agnosie tactile gauche absolue. Le malade ne différencie pas un doigt d’un crayon.

XII (p. 541).

86. — Maladresse de la main droite avec hypoesthésie (erreurs de localisation, hypoalgésie, sensibilité à la pression et sens des attitudes altérés, après une hémiplégie droite remontant à six ans, chez une femme de 30 ans : Agnosie tactile droite (crayon, porte-monnaie, 5 fr., etc...).

XIII (p. 543).

ST Ge. brans 25 marselSOpe Hémiparésie gauche après apoplexie récente avec hypoesthésie marquée, sens des attitudes altéré profondément à la main : Agnosie tactile

gauche absolue. — Le malade n'arrive pas à reconnaitre une chaussette, un torchon, un doigt, un porte-plume en métal, un crayon ou un couteau,

12 avril 1897. — Motilité très améliorée, sensibilité légèrement améliorée : Agnosie tactile persistante, mais à moindre degré. . 24 mai 1897. — Motilité améliorée, sensibilité très améliorée. Agnosie tactile disparue. — A la main gauche, la reconnaissance est possible, mais

il faut au malade, toujours moins affirmatif, beaucoup plus de temps qu'à la main droite.

XIV (p. 544).

88. — Hémiplégie gauche récente, avec hypoesthésie et hypoalgésie marquées, sens des attitudes profondément altéré, chez une femme de 51 ans : Agnosie tactile gauche.

XV (p. 545).

89. — Hémiplégie gauche, avec contracture, hypoesthésie (erreurs de localisation), paralgésie (erreurs de localisation), hypothermésie, sens des attitudes altéré profondément à la main gauche, remontant à 2 ans, chez un homme de 48 ans : Agnosie tactile gauche absolue. — Quand l'objet est petit, un sou, par exemple, le malade sent à peine qu'il a quelque chose dans la main.

XVII (p. 547).

90. — Hémiplégie droite, avec contracture, hypoesthésie et hypoalgésie à la main, sens des attitudes altéré aux doigts, remontant à 18 mois chez un homme : Agnosie tactile droite absolue.

XXII (p. 562).

91. — Hémiplégie gauche, avec contraclure, sensibilité superficielle intacte à l'examen grossier, sens des attitudes altéré profondément à la

main, remontant à 7 mois chez un homme : Agnosie tactile gauche absolue. — La présence d'un objet seule est constatée dans la main.

XXII (p. 564).

92. — Hémiplégie gauche, avec hémiathétose et hémitremblement remontant à 1 an, chez un homme de 63 ans.

Sensibilité. — Les contacts et les piqüres sont partout perçus normalement sur les membres paralysés. La sensibilité thermique est également intacte,

Agnosie tactile. — A la main gauche, le malade n’arrive à reconnaitre ni un crayon, ni une pipe, ni une pièce de monnaie.

XXIV (p. 565).

93. — Hémiparésie droite légère avec aphasie motrice incomplète, après hémiplégie droite avec aphasie motrice remontant à 1 an chez une femme.

Sensibilité. — Hypoesthésie légère avec erreurs dans la localisation (3 à 4 centimètres\, hypoalgésie, sens des attitudes altéré aux doigts.

Agnosie tactile. — A la main droite absolue. La malade répond uniquement: «Je ne sais pas ce que c'est ».

XXV (p. 565).

94. — Hémiparésie gauche légère avec maladresse de la main gauche, après hémiplégie gauche avec dysarthrie, remontant à 6 ans, chez un

homme de 50 ans.

Sensibilité. — Hypoesthésie avec altération profonde dans la notion de

position des doigts.

Agnosie tactile gauche absolue.

XXXII (p. 660).

95. — Hémiplégie gauche récente avec hypoesthésie et hypoalgésie (erreurs de localisation) marquées au membre supérieur, sens des attitudes altéré profondément au membre supérieur: Agnosie tactile gauche

absolue.

XXX VII (p. 673).

96. — Hémiplégie gauche avec épilepsie jacksonnienne,hypoesthésie, hypoalgésie (erreurs de localisation), hypothermésie, sens des attitudes altéré, remontant à 3 mois. chez un homme de 46 ans: Agnosie tactile

gauche absolue.

Intervention. — Caillot hémorragique sur la partie moyenne des circon-

volutions rolandiques. Mort.

XXXVIIL (p. 675).

97. — Trépanation pour épilepsie jacksonnienne, remon'ant à 18 mois,

Te

avec hémiparésie droite récente, sans troubles de la sensibilité, chez un homme de 31 ans : évacuation d’un abcès sous-rolandique gauche, au tiers moyen de la scissure.

Monoplégie brachiale droite consécutive avec hypoesthésie, erreurs dans localisation des piqüres, sens des attitudes altéré profondément à la main : Agnosie tactile droite absolue.

OBSERVATION DE VERGER ET ABADIE (in exlenso). (Société de biologie, 1903, p. 487).

98. — Sur un cas de stéréoagnosie au cours d’une polynévrile.

Nous avons eu l'occasion d'observer une perte complète du sens stéréognostique dans les conditions suivantes. Il s'agit d’une femme de 33 ans du service de M. le Professeur Pitres, qui présente une parésie incomplète des quatre membres due à une polynévrite d'origine vraisemblablement infectieuse, Sa parésie ne la rend pas incapable de palper les objets : sur les mains les sensibilités tactile, douloureuse et thermique sont conservées avec leur vivacité ordinaire. Les sensations tactile et douloureuse sont non seulement senties, mais parfaitement localisées. La malade se rend bien compte, les yeux fermés, des positions qu'on imprime à ses doigts. Néanmoins, elle est tout à fait incapable, les yeux fermés, de reconnaitre par le palper des objets les plus usuels, tels qu’une clef, une pièce de monnaie, un crayon, etc... Jusqu'ici, on admettait que la stéréoagnosie, au moins lorsqu'elle est isolée et coïncide avec la conservation intégrale des sensibilités élémentaires, ne se montre qu'en fonction des lésions cérébrales intéressant la zone rolandique ou son voisinage. Comme rien ne nous permet dans le cas présent de croire à une lésion cérébrale, il faut admettre que des lésions des nerfs périphériques sont aussi susceptibles de la produire. Il ne s’agit à la vérité que d’un fait isolé, mais comme il est bien difficile de l’interpréter, avec les seules théories actuelles, et comme il n’a jamais été signalé à notre connaissance, il peut être utile d'attirer l’attention de ce côté,

(résumées).

OBSERVATIONS DE BONHOEFFER.

A. — Monatss. für Psych. und Neur., 1898, III (résumée par Markova. Thèse de Genève, 1900, p. 66, obs. IX).

99. — Ouvrier, 52 ans; à la suite d'une chute sur la tête, plusieurs attaques jacksonniennes. Début par la main gauche. Après la crise, paralysie complète de la main gauche. Sensibilité : contact : normal; douleur : affaiblie ; localisation : inexacte ; notion de position: affaiblie ; mourements passifs : bien perçus.

Perception stéréognostique absolument abolie à gauche, même si l’on promène sous les doigts du malade les objets à reconnaître ; tandis qu'à

droite, les objets simplement posés sont reconnus aussitôt.

Abcès au tiers moyen des circonvolutions rolandiques.

B. — Deutsche Zeils. für Nervenheilk., 1904, XXVT.

400. — M. R.., 24 ans, 1904. Attaques épileptiformes progressivement rapprochées, remontant à 12 ans.

1900. — Trépanation pariétale droite sur la région rolandique : ligature de quelques veines pie-mériennes dilatées à la partie moyenne de la frontale ascendante.

Quelques mois après. Motilité. — Le malade accuse un peu d'incertitude à la main gauche : il accompagne mal au piano, saisit maladroitement les objets ; les mouvements délicats sont troublés aux doigts gauches.

Sensibilité. — Superficielle. — Tactile, douloureuse et thermique. Bien conservée avec erreurs dans la localisation, exagérée par l'exercice ; la discrimination tactile n’a pas été examinée.

Profonde. — Evaluation des poids bonne, évaluation des longueurs mauvaise, mouvements passifs exactement perçus, sauf à l'index.

Agnosie tactile. — Cinq examens rapportés, sur # ans, à peu près superposables l’un à l'autre. À la main gauche, quelques objets sont recon-

86 OBSERVATIONS DARCOS nn

nus, d'autres lentement, d'autres après une première erreur, mais la grande majorité n’est pas reconnue, quelquefois même dans ses qualités les plus grossières. À la main droite, la reconnaissance, franchement meilleure toutefois, n'est d'ailleurs pas toujours parfaite.

IL (p. 63).

1404. — M.7J. B..., 24 ans. Enfoncement ancien du pariétal gauche, par coup de pied de cheval.

Motilité. — Hémiparésie du seul membre supérieur droit, avec exagéra-

tion des réflexes tendineux, raideur légère, gêne à peine accusée dans les mouvements délicats des doigts (écriture facile et lisible), ataxie dans jes mouvements digitaux après occlusion des veux

Sensibilité excellente à la main droite, sauf retards dans la perception des excitations tactiles, avec erreurs légères dans la localisation, exagérées par l'exercice, mouvements passife mal perçus au seul annulaire.

Agnosie tactile. — A la main droite, le malade reconnait à peu près tout, avec exactitude (5 marks, un mètre roulé, etc...), tantôt après un temps assez court, tantôt après une assez longue palpation, mais les objets lui semblent froids, gluants ; à partir du sixième objet, la reconnaissance est moins bonne {un nœud en ficelle n’a pas été reconnu) ; à la main gauche, reconnaissance immédiate.

Intervention. — Ablation d'un large segment osseux, obliquement enfoncé dans la substance rolandique à sa partie moyenne.

Dix jours après. Motilité. — Affaiblissement musculaire à la main droite, sans altération des mouvements.

Sensibilité. — Troubles nettement aggravés : la sensibilité au contact persiste, mais avec exagération grossière des erreurs de localisation, sans renseignements sur la discrimination lactile.

Agnosie tactile. — A la main droite, aggravée : le malade n'arrive pas à reconnaitre les petits objets (une clé, un porte-plume, un crayon, une monire). sd

Dans les semaines qui suivent, la localisation des excitations et la reconpaissance tactile s'améliorent parallèlement mais sant encore troublées à la sortie du malade.

III (p. 65).

102. -- M. A.S..., 30 ans. Il y a quelques années, dans un escalier,chute sur la tête, ayant laissé une large dépression sur le pariétal gauche audessus de l'oreille : hémiplégie droite avec aphasie, guéries après quinze jours, mais suivies d’épilepsie jacksonnienne droite à début par la main.

Actuellement. Motilité. — Hémiparésie droite légère, sans clonus du pied, ni Bakinski, avec un peu d'affaiblissement musculaire à la main, sans contracture ni gêne aucune des mouvements délicats, sauf ataxie légère aux doigts après occlusion des yeux.

Sensibilité. — Tactile, — bonne,avec erreurs dans la localisation digitale,

moins à la face palmaire, plus à la face dorsale, et champs de Weber élargis (5 à 7 mm. à la pulpe droite, 2 à 4 mm, à la pulpe gauche) ; douloureuse, variable, sans erreurs dans la localisation des piqûres ; thermique, normale ; mouvements passifs aux doigts moins nettement perçus qu'à gauche.

Agnosie tactile. — A la main gauche, reconnaissance assez légèrement altérée : le malade identifie bien, sauf les tout petits objets ou les fines différences entre les choses (crayon prismatique et crayon rond, clés de diverses grandeurs).

IV (p. 67).

103. — Homme, 33 ans, ouvrier. —- Il y a 5 ans, chute sur la tête suivie d'attaques épileptiques pendant 15 jours : dépression plus grande qu’un thaier sur le pariétal droit, au tiers moyen d’une perpendiculaire. à la suture

. sagittale élevée du méat auditif.

Actuellement. Motilité. — Hémiparésie gauche légère, avec affaiblissement du bras, mouvements délicats gênés aux doigts, surtout au pouce, un peu d’atrophie musculaire à l'épaule.

Réflectivité. — Réflexes tendineux exagérés à gauche, pas de clonus du pied.

Sensibilité (main gauche). — Tactile, normale (un peu moins sûre qu'à

droite) sauf au niveau des trois derniers doigts et de la paume où elle apparaît très affaiblie, avec erreurs marquées dans la localisation ; douloureuse alfaiblie ; mouvements passifs très mal perçus aux trois derniers doigts, beaucoup mieux aux deux premiers.

Agnosie tactile. — A première vue. tout se passe comme s’il y avait agnosie absolue ; à l'examen plus soigné, identification juste entre l'index et le pouce (clé, papier, montre, crayon, chaîne, thaler, porte-monnaie, etc...), aucune identification possible aux trois derniers doigts.

404. — Homme, 51 ans, ingénieur, syphilis remontant à 12 ans. 1900. — Hémiparésie droite, avec aphasie motrice à constitution progres-

sive, en voie de régression, sans aphasie sensorielle, ni troubles des réflexes, ni Babinski, ni Argyll-Robertson, ni lésion du fond d'œil. Engourdissements paresthésies dans le membre supérieur droit.

Motilité (membre supérieur droit). — Parésie sans raideur, avec alfaiblissement léger, mouvements digitaux malhabiles, surtout les yeux fermés : le malade ne peut plus jouer de violon.

Sensibilité (membre supérieur droit). — Tactile. — Affaiblie à la main, surtout aux doigts.

Attitudes segmentaires. — Mouvements passifs ignorés aux doigts ; la

main gauche n'arrive pas à reproduire l'attitude qu’on imprime à la main

droite.

Agnosie tactile. -— Absolue, même pour les très gros objets.

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OBsERVATION DE DUBBERS,

(Neur. Centr. Bl., 1897, p. 61).

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