Edouard R..., 69 ans, tailleur, Bicêtre
MAIN GAUCHE
Une clé.
Un dé à coudre.
Une pièce de deux sous.
C'est une montre.
car je ne le recon-
Une boite d'allumettes.
Tube court en verre.
Un morceau de sucre,
Crochet à bottines.
Hémiplégie droite légère, à régression rapide, sans aphasie. Hémiataxie,
hémichorée, très nettes.
Réflexes tendineux, plus forts à droite qu'à gauche, pas de Babinski. Douleurs atroces, uniquement cantonnées dans la moitié droite de la
face.
Hémianesthésie superficielle tactile douloureuse et thermique, et profonde (sensibilité à la pression, sens des attitudes, sensibilité osseuse).
Agnosie tactile absolue : non seulement, le malade n'arrive pas à reconnaître les objets qu’on lui met dans la main droite, mais il est incapable d'en indiquer les propriétés physiques ou la forme.
Autopsie (1908). — Lésion thalamique gauche, localisée ayant léché le segment postérieur de la capsule interne.
IL (p. 306).
77. — B..., 63 ans, imprimeur en taille-douce, Bicêtre, 1901.
Hémiplégie droite progressive, sans aphasie, à crises successives (lacunaire) qui, dès le début, revêt un caractère spasmodique.
Douleurs d'intensité moyenne du côté paralysé. |
Hémianesthésie persistante pendant 8 ans, légère et variable pour les sensibilités superficielles, accusée et définitive pour les sensibilités profondes (attitudes segmentaires).
Agnosie tactile absolue.
Autopsie (1907). — Lésion thalamique gauche unique, probablement par coalescence de plusieurs foyers lacunaires, empiétant sur le segment postérieur de la capsule interne pour atteindre la queue du noyau lenticulaire.
OBSERVATION DE SOUQUES (résumée).
(Revue neurologique, 1908, p. 225.)
98 — Pierre M..., 48 ans, graveur sur métaux, [vry, 1900.
Mal de Pott sous-occipital ancien, avec atrophie linguale, hémiplégie bilatérale incomplète, sans participation faciale, avec asynergie, parésie du droit externe à droite, exagération des réflexes tendineux et signe de Babinski, sans
atrophie musculaire.
Sensibilité. — Tactile. — Affaiblie légèrement avec erreurs dans la localisation et champs de Weber élargis (plusieurs cms à la face palmaire des doigts.
Douloureuse. — À peu près normale, beaucoup plus persistante qu’à l’état normal (plusieurs minutes).
Thermique. — Affaiblie légèrement : la différence des deux degrés n'est paÿ perçue.
Sens des attitudes segmentaires et sensibilité osseuse (au diapason). — Abolis aux quatre extrémités, progressivement moins altérés vers la racine des membres, normaux à la tête et au cou. :
Agnosie tactile. — Absolue aux deux mains pour la consistance, la forme et la signification des objets, qu'il serre avec une telle force qu'il ar. rive à se blesser. Dans l’obscurité,il n'arrive pas à trouver l’anse du vase de nuit ;ilignore, pour uriner, s'il tient sa verge ou ses testicules, à moins ‘qu'il ne soit renseigné par la douleur testiculaire, éveillée par la pression.
L'auteur conclut à la lésion bilatérale du bulbe ou de la région bulbaire.
En 1903, ce malade avait été vu par Dupré (Revue neurologique, 1903, p. 733) qui avait attiré l'attention sur l'agnosie, tactile surtout gauche, contrastant avec un état à peu près normal des sensibilités superficielles.
OBseRVATIONS DE ANDRÉ-THomas (résumées).
(Revue neurologique, 1904.)
79. — Madame F., 48 ans, 20 juin 1901. Au cours d’une crise mélancolique, la malade s'enfonce un couteau poignard dans la région sus-sternale, à droite de la ligne médiane : plaie artérielle, sections du plexus brachial.
21 juin 1901. — A gauche, paralysie radiculaire du plexus brachial, à type inférieur (doigts immobiles, flexion ou pronation de la main impossibles) ; fourmillements dans le membre supérieur gauche, particulièrement aux doigts ; rétrécissement de la fente palpébrale, enophtalmie légère et myosis ; oreille gauche rouge et congestionnée (7° paire, 8° paire, sympathique).
Sensibilité, superficielle. — Anesthésie tactile, douloureuse et thermique, à topographie radiculaire, sur la face cubitale de l'avant-bras, la moitié cubitale de la main, la moitié cubitale du médius, l’annulaire et l’auriculaire.
Profonde. — Abolie, suivant la même topographie radiculaire à la pression, abolie dans le 5e doigt, le 5° métacarpien, et l'extrémité inférieure du cubi- {us — aux mouvements passifs abolie dans l’annulaïe et l’auriculaire, altérées eulement dans le médius
Agnosie tactile. — Abolition des perceptions objectives dans la zone radiculaire, anesthésie.
8 juillet 1901. — Intervention sur la poche anévrysmale consécutive à la plaie artérielle, avec essai de sutures radiculaires. |
Septembre 1901. — Atrophie musculaire progressivement croissante, en étendue comme en intensité. |
Troubles de la sensibilité plus diffus, d'intensité moindre pour la sensibilité superficielle, à peu près identique pour ia sensibilité profonde.