‹ Sur l'aimantation des terres cuites et ses applications géophysiquesChapitre 33 sur 74 · AIMANTATIONS DES TERRES CUITES · texte numérisé non relu

AIMANTATIONS DES TERRES CUITES

40. Historique. — Un grand nombre de travaux ont été consacrés à l’aimantation permanente des terres cuites et des roches ; maïs les lois de ce phénomène ont été relativement peu étudiées.

Les premiers auteurs (Delesse, Melloni), ont surtout montré l’existence de l’aimantation prise par refroidissement dans un champ magnétique ; après Folgheraiter, on a pu admettre quelques principes simples mais assez mal vérifiés :

19 L’aimantation permanente est uniforme (°).

20 Elle est dirigée comme le champ qui l’a provoquée.

39 Elle est très stable : les variations saisonnières de température et un séjour prolongé dans le champ terrestre actuel ne la modifient pas Folgheraiter et d’autres auteurs, s'appuyant sur ces principes, ont dirigé tous leurs efforts vers les applications, surtout géophysiques et particulièrement vers la recherche du champ magnétique terrestre dans le passé. Ces applications seront étudiées dans la 3€ partie.

Les études des lois de l’aimantetion ont porté principalement sur les roches : disparition de l’aimantation rémanente par réchauffement, réaimantation par refroidissement en champ magnétique, aimantations rémanentes à froid dans les champs intenses, analyse thermomagnétique, relations entre les propriétés magnétiques et la composition minéralogique (Lœwinson-Lessing et Turcev, Jacquet, Chevallier, Kænigsberger, Puzicha). Ces études, dont l’intérêt minéralogique est grand, n’ont peut-être pas donné beaucoup de résultats géophysiques mais elles ont évidemment fourni des valeurs numériques précieuses. On verra au $ 91 combien l’aimantation des roches peut être compliquée. J’ai préféré étudier celle des terres cuites qui présentent plusieurs avantages : 1° La terre utilisée peut être rendue assez homogène ; elle est moulée facilement en corps de forme régulière ce qui permet l'emploi du magnétomètre, en même temps que de l’appareïl d’induction. Grâce au magnétomètre, on peut mesurer les faibles aimantations et étudier les propriétés ferromagnétiques.

20 La terre crue, homogène, constitue un corps assez constant sur lequel on peut étudier, avec sûreté, les nombreux facteurs de l’aimantation.

30 Par cuisson en champ magnétique d’une terre crue, on crée une matière dont l’histoire (tem-

pérature, atmosphère, champ) est exactement connue.

(1) Ce qui permettrait de la mesurer au magnétomètre, On a vu au $9 ce qu'il faut penser de cette uniformité pour les corps naturels.

4° Les aimantations des terres cuites sont souvent faibles ce qui rend négligeables les champs démagnétisants dus à la forme de l’objet. %

59 Enfin, on verra que l’aimantation permanente des terres cuites est stable : ces corps gardent bien les aimantations thermiques et-prennent rarement, à froid, des aimantations rémanentes importantes. Leur étude s’en trouve simplifiée et les applications géophysiques sont plus sûres qu’avec bien des roches.

Des cuissons de terres avaient été faites déjà par Folgheraiter dont la méthode de mesures magnétiques était assez imprécise et qui, d’ailleurs, s’intéressait surtout à la direction de l’aimantation. Il a cependant montré que la cuisson modifie la composition de la terre et entraîne une variation de sa susceptibilité, phénomène magnétique important qui vient s'ajouter à celui de l’aimantation permanente. J. Kœnigsberger a fait quelques cuissons de terres ('), surtout pour vérifier la méthode de Folgheraiter : recherche de l’inclinaison du champ magnétique terrestre dans le passé sur des poteries. J'avais fait moi-même, en 1931 (2), des cuissons d’aroiles à température et en champ connus, mais en atmosphère (air) assez mal définie et j’avais mesuré les aimantations permanentes et les susceptibilités des produits 6btenus. Reprenant ce sujet, en 1933, en vue des applications géophysiques, j'ai entrepris d’abord une étude assez vaste de l’aimantation des terres cuites : une même argile a été cuite dans des conditions variées (champ, température, atmosphère) et bien connues ; puis les terres cuites obtenues ont été étudiées au point de vue des aimantations permanentes (direction, valeur, stabilité) et induites à froid (susceptibilité, aimantation rémanente, traînage magnétique) La 2€ partie sera tout entière consacrée aux résultats de ce long travail.

Je me suis intéressé, en premier lieu, à la direction de l’aimantation thermique ; cette étude étant faite, j'ai pu ensuite opérer sur des cylindres pour lesquels je ne considérais plus que les valeurs des aimantations permanentes et induites.

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