TABLEAU XXXIV
Atmosphère
Air 7550
Azote 6709 Azote 6659 buis 8000 Azote 8700
Gaz 5400
Le résultat est assez inattendu : les conditions très variées de cuisson rences considérables dans les propriétés magnétiques n’ont apporté que minimes. Îl est donc sans intérêt, si on cherche à connaître les propriétés magnétiques des terres cuites (et d’ailleurs des roches), d’étudier leur composition chimique. L'inverse n’est pas vrai; sion se propose d’étudier les modifications chimiques d’un système, l'étude des variations m pourra être intéressante. C’est le cas des études de G. Chaudron et de ses fer : la méthode utilisée est l’analyse thermomagnétique qui consiste à suivre, à la balance de Curie, l’aimantation induite par un champ constant, pendant la chauffe et le refroidissement du corps. On trouvera dans les deux thèses de H. Forestier () et de J. Huggett (?) de nombreux renseignements sur les propriétés magnétiques, à chaud, de la magnétite et du sesquioxyde de fer. Les 2 courbes (fig. 25 et 26, p. 54) de la thèse de H. Forestier qui se rapportent à ces deux corps sont particulièrement intéressantes. Elles présentent une grande ressemblance avec celles z = /(T”!) que J'ai données ($$ 5r et 52) ; il s’agit pourtant de choses très différentes puisque l’aimantation z que J'étudie est
qui ont provoqué des diffédes changements chimiques
agnétiques élèves sur les composés du
F)} H. Foresrier. — Transformations magnétiques du sesquioxyde de fer, de ses solutions solid magnétiques. Thèse, Paris, 1928 et Ann. chim., 10€ série, 9, 1928, p. 316.
(*) J. Huccsrr. — Application de l'analyse thermomagnétique à l'étude de et Ann. chim., 10€ série, 11, 1929, p. 447,
es et dé ses combinaisons ferro-
$ oxydes et des minerais de fer. Thèse, Paris, 1928,
l'aimantation permanente seule, gardée à la température ordinaire {?). La parenté vient de ce que cette aimantation permanente et l’aimantation induite du corps à la température T”’ varient dans le même sens d’une part ; d'autre part, les courbes se terminent à des températures analogues, soit 5800, soit 6709, ce qui m'a conduit à admettre, d’ailleurs, que les températures T, que j'obtiens sont les points de Curie des constituants magnétiques des terres cuites, ceux-ci étant le sesquioxyde de fer et la magnétite. On remarquera que dans ces études thermomagnétiques qui portent sur des corps purs, on considère seulement le cas de la réversibilité : les réchauffeménts successifs font repasser le corps par les mêmes états ; pour les terres cuites, au phénomène magnétique réversible, s’ajoutent souvent des modifications minéralogiques où chimiques qui peuvent faire varier les aimantations permanentes et les susceptibilités.
20 ETUDE MINÉRALOGIQUE. — J'ai systématiquement abandonné aussi toute étude minéralo- gique des terres cuites (2), d’ailleurs difficile, pour la même raison que précédemment : la connaissance de la constitution d’une terre cuite ne permet pas de prévoir numériquement ses propriétés magnétiques. Là encore, l’inverse n’est pas vrai et l'étude des propriétés magnétiques a un intérêt minéralogique limité, bien entendu, à quelques minéraux. La méthode à utiliser est la recherche des points de Curie par analyse thermomagnétique ; l'important travail de R. Chevallier et J. Pierre (®) sur ce sujet est, d’après ses auteurs, une étude thermomagnétique des roches volcaniques faite« tout spécialement en vue de déterminer la naturé de leurs éléments ferromagnétiques ». Ces auteurs se sont proposé d'identifier par leurs points de Curie les constituants magnétiques des roches ; leurs essais sur un grand nombre d'échantillons les ont conduits à l'hypothèse que l’élément magnétique des roches est une solution solide (Fe?0°, FeO, TiO? en proportions variables) ; cette hypothèse est imposée par la variation continue des points de Curie. Dans l’étude des terres cuites que j’ai présentée, on trouverait plutôt le phénomène opposé : deux points de Curie, 5800 et 6509, reviennent constamment et semblent indiquer deux constituants définis indépendants FeO et FefO{; cependant par recuits successifs j'ai constaté aussi, mais peu nettement, uné rétrogradation des points de Curie. Je n’ai pas essayé de préciser ce phénomène, d’une part parce qu’il n’a pas d'intérêt direct dans mon étude, d’autre part,
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(!) L'analyse thermique peut d’ailleurs donner des renseignements intéressants sur l’aimantation permanente (H, FoREsTIER, loc. cit, p. 81 et 82).
(2?) Pour les roches, un grand nombre de travaux ont été consacrés à la recherche de relations entre la composition minéralogique et les propriétés magnétiques (susceptibilité, aimantation thermique, aimantation rémanente). Par exemple :
A. TurcEv. — Investigation of the magnetic properties of rocks. Bull. Ac. Sc. U. R. S. S., 1928, p. 89-119.
K. Puzicna, — Loc. cit., Zeitsch, f. prakt. Geologie, 38, 1930, p. 161-192 et 184-180.
G. Jouravsxy, P. CHarczenxo et G. CHouBEert. — C. R., 197, 1933, p. 522 et 200, 1935,.p. 541. J. Kænrcssercer. — Gesteismagnetismus und Säkularvariation. Zeitsch. [. Geophysik, 8, 1932, p. 322-394. « Magnetische Eigenschaften der ferromagnetischéen Mineralien in den Gésteinen. Beitr. 7. angew.
Geophysik, 4, 1934, p. 385-394.
{ Ferromagnetismus von y-Fe?O$, Die Naturwissenschaften, 22, 1934, p. 90.
« Thérinoremanénz und spontane Magnéetisierung. Phys. Zeitsch., 33, 1939, p. 408-454.
« Die Abhängigkeit der natürlichen remanenten Magnetisierung bei Eruptivgesteinen von deren Alter und Zusammensetzung. Beitr. z. ange”. Geophysik, 5, 1935, p. 195-246.
Dans ces études un grand nombre d'observations ont été faites, intéressantes au point de vue minéralogique, mais elles n’ont pas permis d'établir une relation susceptible d'applications numériques entre les propriétés magnétiques et la composition minéralogique.
(3) R. Caevazzrer et J. Pierre. — Propriétés thermomagnétiques des roches volcaniques. Ann. Phys., Paris, t. 18, 1932, p.383-499.
On trouvera encore des renseignements bibliographiques et une étude expérimentale importante de ce sujet dans :
Ch. Jacquer. == Contribution à l’étude de la radioactivité des eaux minérales et du magnétisme des roches volcaniques du département du Puy-de-Dôme, Thèse, Paris, 1928,
parce que la détermination des points de Curie par réchauffements successifs est longue : pour cette recherche l’analyse thermique est évidemment plus rapide et plus exacte.
Finalement, la composition chimique et minéralogique n’a donc pas un intérêt géophysique direct. À ce point de vue, chaque échantillon doit être considéré comme un complexe dont il faut étudier les propriétés magnétiques (aimantation rémanente à chaud, susceptibilité, aimantation rémanente dans les champs forts, ete.). Ces propriétés serviront, en quelque sorte, d’étalon individuel pour l’étude des aimantations naturelles que présentait le corps : exemple : recherche de l’intensité du
champ magnétique terrestre dans lé passé ($ 93).