‹ Sur l'Anatomie Pathologique et la Pathogénie des Anévrysmes Spontanés de l'AorteChapitre 24 sur 73 · GAST · texte numérisé non relu

GAST

Anévrysme de la crosse de l'aorte rompu dans la péricarde (Nous devons cette pièce à l'obligeance de M. le docteur Cade, qui l'avait présentée à la Soc. des Sc. méd. de Lyon).

Homme de 55 ans, mort le 3 novembre 1899, dans le service de M. le professeur Bondet. Le malade fut trouvé sans connaissance sur la voie publique et mourut le lendemain sans avoir pu donner de renseignements sur Sa maladie.

A l’autopsie, péricarde rempli de caillots. Sur la face antérolatérale droite de l'aorte ascendante, à 4 cent. au-dessus des sigmoïdes, on trouve un anévrysme gros comme un petit œuf de poule, sacciforme, à paroi épaisse et comme cartonnée. Il contient peu de caillots. L'orifice est assez régulièrement arrondi. Le collet est très net, brusque, mais ne forme pas de diaphragme. Il forme un bourrelet au niveau duquel l'intime, épaissie, présente un aspect semblable à celui des plaques gélatiniformes. Vers la partie inférieure du sac, près de son union avec l’aorte, on trouve la fissure qui a donné lieu à l'hémorrhagie. L'aorte présente de nombreuses plaques gélatiniformes, mais pas de plaques calcaires, ni d’abcès athéromateux.

Nous avons pratiqué l’examen histologique (conservation dans l'alcool) de plusieurs points du collet et de la poche. Nous avons examiné aussi les autres parties de l'aorte, mais nous en parlerons plus loin.

Aux coupes d’un premier fragment (fig. 1) pris au niveau du collet, on voit qu'avant d'arriver à celui-ci la paroi aortique présente les lésions suivantes. L’intime est épaissie; elle présente, en outre, des épaississements nodulaires formés dans ses couches superficielles et qui constituent des plaques

LS qE

gélatiniformes. La moyenne a une épaisseur normale, mais elle contient des cellules embryonnaires formant soit de petites travées répondant aux vaso vasorum, soit de petits amas. L’adventice est épaissie, dense, et contient de nombreux amas arrondis de cellules rondes, généralement situés autour des vaisseaux. Au niveau du collet, l'adventice et l’intime se recourbent à angle aigu pour se continuer dans le sac. Au niveau du point où elle change de direction, l'intime s’épaissit et devient plus riche en cellules; cet épaississement semble formé dans la couche superficielle de l’intime, car on voit ce tissu, riche en cellules, se continuer directement avec la partie superficielle (ou interne) de l'intime de l’aorte, tandis que la partie profonde de celle-ci est plus homogène et passe au collet un peu amincie, mais sans changer de structure. Cet épaississement a, en somme, la même constitution que les plaques gélatiniformes.

Fig. I. — Schém.

La ligne oblique qui sépare, au niveau du collet, les deux couches de l’intime ne saurait être prise pour une interruption véritable de l’intime; elle marque seulement la limite profonde de l'épaississement gélatiniforme.

La moyenne, en arrivant au collet, se recourbe un peu comme les autres tuniques, mais présente de suite une interruption complète. Cette interruption est occupée par un

HONTE ve

tissu riche en noyaux, formé surtout d'éléments fusiformes dirigés perpendiculairement à la moyenne, et qui unissent l’adventice à la face profonde de l’intime. Cette interruption correspond au maximum d’épaississement de l’intime. Ce tissu envoie un petit prolongement dans l’épaisseur de l’extrémité légèrement bifide de la moyenne. De suite après cette interruption on trouve un petit îlot de moyenne déformé et dégénéré, puis une nouvelle interruption, puis encore deux petits îlots semblables. A partir de là on netrouve dans la coupe que quelques débris de moyenne très petits, disséminés, presque complètement dégénérés. L’intime se continue

#4 dans le sac dans toute la longueur du fragment intéressé dans la coupe. On trouve le caïllot en dedans d’elle.

Un deuxième fragment est semblable.

Un troisième est analogue. Cependant, dans la partie qui précède le collet, la moyenne est plus malade, contient davantage

de formations conjonctives. D'autre part,7 millimètres après 2 l'interruption de la moyenne au collet, on retrouve un long ilot de moyenne bien conservé, qui est doncsituéen plein sac. Enfin, dans un quatrième fragment, l'interruption de la moyenne au collet est moins brusque. On voit qu’au niveau 2 de celui-ci elle se réduit à une couche très mince qui va en | s’effilant et disparaît après un trajet de 6 millimêtres. Quelques millimètres plus loin on trouve un petit îlot de moyenne presque complètement dégénéré.

Nous avons examiné quatre fragments du fond de la poche. Dans aucun nous n'avons trouvé de moyenne. La paroi était formée par une couche conjonctive assez épaisse qui semblait représenter l'adventice, contenant des traînées de cellules rondes et quelques amas de pigment. Dans un fragment on trouvait en dedans d'elle un tissu formé de fibres plus fines, plus riche en noyaux, rappelant tout à fait l'aspect de l’intime au niveau du collet. Dans les autres fragments ce revêtement n'existait que par places; tantôt il semblait se continuer avec l’adventice en changeant peu à peu d'aspect; tantôt il sem blait cesser peu à peu.

Page 1