DEUXIÈME GROUPE
L'ANÉVRYSME EST AMENÉ PAR DES LÉSIONS INFLAMMA- TOIRES OÙ DÉGÉNÉRATIVES
Cette théorie est la plus ancienne : elle devait nécessairement venir à l’idée en présence de la constance des lésions aortiques dans les cas d'anévrysme. Mais elle a été comprise différemment, soit pour ce qui est de la cause de ces lésions, soit aussi pour ce qui est du mécanisme par lequel elles amènent l’anévrysme.
Les lésions inflammatoires ou dégénératives de l’aorte sont d'ordres très divers, mais ces différences sont actuellement très imparfaitement connues et, dans l'esprit de beaucoup d'auteurs, elles ne marquent au fond, que des variétés, ou même des stades d’une seule affection: l'artério-sclérose. On sait l'abus qu’on a fait de cette conception simpliste qui aboutit à réunir dans un même cadre (comme le fait M. Huchard) non seulement toutes les scléroses artérielles, mais encore toutes les scléroses viscérales.
Pour nous en tenir à l'aorte, il semble que les auteurs aient pris àtâche non pas d’individualiser des types de lésions, mais, au contraire, de montrer com-
ment on pouvait faire rentrer dans un seul groupe
AH des faits qui se présentaient dans des conditions très différentes. Non seulement les anatomistes ont cherché à montrer queles aortites aigues setransformaient en aortites chroniques, dans lesquelles ils ne font guère de subdivisions et dont l’athérome représente
le terme final. Mais, même quand les cliniciens ont :
trouvé des aortites infectieuses et que les expérimentateurs les ont reproduites, ce qui leur a paru le plus intéressant ça a été d’en faire un mode d’origine de l’artério-sclérose et de l'athérome, qui constituent pour ainsi dire la maladie de l'aorte.
| Cette conception a une double influence néfaste vis-à-vis de la recherche de la pathogénie des anévrysmes. Au point de vue pratique elle fait, par exemple, qu’en présence de deux aortes, une de vieillard, calcifiée et semée de foyers athéromateux, mais dépourvue d'anévrysme, et une autre ne présentant que quelques plaques gélatiniformes, mais munie d'un anévrysme, un auteur qui n’admet pas de différences de nature concluera tantôt que l'anévrysme n’a pas de relations avec l'inflammation de l'aorte (puisque l'aorte la plus malade n'a pas d’anévrysme), tantôt que l'athérome est la cause de l'anévrysme (puisque, pour lui, les plaques gélatiniformes sont de l'athérome), et aucune des deux conclusions n'est cependant exacte, croyons-nous, car nous verrons que, dans ces deux cas, on a affaire à des lésions d'ordres différents. D'autre part, au point de vue théorique, cette conception rend irrationnelles les recherches étiologiques précises, puisqu'on admet en principe que toutes les causes étiologiques (âge, alcool, syphi-